droit de l'homme

  • «Durban III» par Karl Grünberg

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    32232_431398756795_236413916795_5720753_535464_n.jpgCela fait un moment que je guette Karl Grünberg, grand militant devant l’éternel, travailleur social et animateur de ACOR SOS Racisme. Je n’arrête pas de le rencontrer lors des manifestations à Genève. Nos chemins se sont croisés à plusieurs reprises et ni l’un ni l’autre n’a pris les devants pour se voir dans un cadre autre que celui des manifs. Une fois un rendez-vous était pris dans un bistrot vers la gare mais la providence a voulu qu’on se rate pour quelques minutes. Hier soir, sans rendez-vous on s’est retrouvé au même endroit...par coïncidence. Oui Genève est un grand village! On ne s’est pas quitté durant un long moment pour partager une longue réflexion au sujet de l’UDC, des droits de l’homme et des opprimés. Je suis impressionné et en bien, Karl est un spécialiste du parti agrarien qu’il suit assidûment. Il est même capable d’en faire un film ou plusieurs livres...si on lui donne les moyens! Dorénavant Karl a carte blanche sur mon blog et il peut intervenir quand il veut. Première intervention dans le cadre de la conférence «Durban III» qui aura lieu le 22 septembre à New York! D’autres rendez-vous sont pris au début du mois d’octobre...


    20110113_4014-ssssss1111.jpgKarl Grünberg en quelques lignes:
    Travailleur social et animateur de ACOR SOS Racisme. Il milite pour la justice sociale et le respect des droits humains. Son combat il le mène contre le racisme pour lequel il s’est engagé dès 1985 en développant SOS Racisme en Suisse et en participant à la Fédération internationale de SOS Racisme (FISR). A ce sujet, Karl Grünberg répond à quelques questions:
    -Pourquoi une telle lutte gagne-t-elle en importance. Et le racisme c'est quoi?
    “Albert Memmi, définit le racisme comme la valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier ses privilèges ou son agression.”
    -En quoi sa définition s'applique-t-elle à notre époque?
    “Depuis le milieu des années 1980, il se développe comme conséquence d'une oppression accrue de pays ayant été soumis aux anciens empires coloniaux et d'une augmentation du nombre des ressortissants de ces pays (immigration ou asile) vers les anciennes métropoles coloniales. L'oppression croissante des peuples autrefois colonisés n'est pas la seule expression de la puissance des dominants. Elle s'exprime également par la mise en cause des acquis sociaux de leurs propres peuples et l'affaiblissement des institutions étatiques dans lesquelles ils ont pu se développer.
    Un nombre croissant de leurs citoyens croient l'accusateur et combinent le mépris des peuples dominés à la colère que l'immigration les appauvrisse. Les uns et les autres pâtissent de cette situation et le chemin de nouvelles solidarités doit être tracé. En s'efforçant d'affaiblir l'accusateur et l'agresseur la lutte contre le racisme contribue à cette perspective.”
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    Les buts de ACOR SOS Racisme:
    •    défense des droits et de la dignité des personnes concernées par le racisme,
    •    promotion du débat public sur les circonstances qui ont conduit à cette valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelles ou imaginaires et sur les privilèges qu'elle protège,
    •    élaboration de législations plus justes dans le sens de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale que la Suisse a ratifiée en 1994 et de la nouvelle Constitution suisse (2000) qui refuse la discrimination.
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    © kentoh - Fotolia.com.jpg22 septembre 2011, «Durban III» à New York
    L’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, le Canada, l’Italie, la République Tchèque demandent avec Israël, le boycott de la Conférence mondiale sur le racisme, dite Durban III, après s’être efforcés d’empêcher Durban II (Genève, 2009). Pourquoi?
    Dès 1973, les Chicago boys ont soutenu Pinochet et sa dictature. Leurs «réformes» se sont appliquées de façon croissante contre les idéaux sociaux des Trente Glorieuses. En 1990, Bush père avait mené sa première guerre contre l’Irak.
    Samuel Huntington publiait en 1996 le «Clash des civilisations»: «Les trois questions suivantes résument les efforts de l’Occident sur la scène internationale: 1) le maintien de sa supériorité militaire par les politiques de non-prolifération et de contre-prolifération des armes nucléaires, biologiques et chimiques et des moyens de les utiliser; 2) la promotion des valeurs politiques et des institutions occidentales en pressant les autres sociétés à respecter les droits humains tels qu’ils sont conçus à l’Ouest et à adopter la démocratie à l’occidentale; 3) la protection de l’intégrité culturelle, sociale et ethnique des sociétés occidentales par la restriction du nombre des non-occidentaux admis comme immigrants ou réfugiés.»
    Le 11 septembre ouvre une nouvelle période
    Quelques semaines après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, Bush faisait voter une loi liberticide, le Patriot Act, et ouvrait le camp de concentration de Guantanamo. Il engageait la «guerre contre le terrorisme» en Afghanistan puis, le 20 mars 2003, l'invasion de l'Irak.
    Le 11 Septembre, les kamikazes, les attentats criminels de Londres, Madrid et Bombay ont tracé la voie à une horrible rumeur: la révolte des «jeunes nés de l'immigration» n’aurait rien à voir avec l’explosion d’une colère qu’a couvée trois décennies de discriminations mais serait du racisme anti-blanc.
    Le rouleau compresseur de l’islamophobie a remodelé le paysage politique et imposé l’image de migrant-e-s accusé-e-s d’attiser la crise sociale, de mettre en danger «nos» valeurs, de menacer «notre» indépendance. Il a gonflé un racisme identitaire et victimaire. Des idéologies nationalistes et racistes nées au temps des empires coloniaux connaissent une nouvelle jeunesse.
    Sans titre.jpgEt Durban, alors?
    «La lutte contre le racisme a été au cœur de la mission des Nations Unies depuis sa fondation à l'ombre des horreurs de la seconde guerre mondiale. Les auteurs de la Charte des Nations Unies se sont juré que jamais plus le monde ne serait témoin de persécutions fondées sur la race. Ils ont énoncé dans ce document historique que chacun, sans distinction de couleur, de sexe, de langue ou de religion, peut se prévaloir des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Que reste-t-il de cette vision cinquante ans plus tard? […] les rêves n'ont été réalisés qu'à moitié. Tandis que la technologie continue de rapprocher les populations du monde et que les barrières politiques s'effondrent, la discrimination raciale, la xénophobie et d'autres formes d'intolérance continuent de ravager nos sociétés» écrit Koffi Annan à la veille de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban qui prit fin le 8 septembre 2001 avec d’inacceptables manifestations d’antisémitisme et la terreur du 11 septembre.
    Une manipulation cynique
    Ces circonstances ont permis de cacher les résultats de la conférence. Il faut être naïf pour ne pas le voir. Leur manipulation a permis de taire les avancées de la conférence concernant les méfaits du colonialisme, de la traite négrière et de la discrimination des migrants et des réfugiés.
    Fin septembre 2000, Ariel Sharon avait investi l’esplanade des Mosquées avec sa garde prétorienne et orchestré la répression de la seconde Intifada. Porté au printemps 2001 à la tête du gouvernement israélien, il fit ériger le Mur de la honte soi-disant nécessaire à la défense d’Israël. Les politiques islamophobes européennes recourront à la même rhétorique pour justifier la xénophobie et la «guerre démocratique» en Orient contre des peuples présentés comme des agresseurs aux cultures meurtrières.
    Heureuse surprise cet antisémitisme, ces crimes. Les Etats-Unis surendettés s’efforceront de se maintenir à la force de leurs armes et d’autres puissances en recul, avides de pétrole, justifieront leurs violences.
    © alain wacquier - Fotolia.com.jpgDialectique diabolique
    Les gouvernements israéliens invoquent la shoah et la destruction des Juifs d’Europe pour justifier une politique colonialiste qui provoque la colère du peuple palestinien, qui la subit.
    Comment certains ne penseraient-ils être antisémites lorsque le gouvernement israélien justifie leur oppression en prétendant combattre l’antisémitisme.
    Comment ces derniers comprendraient-ils Guido Westerwelle, le ministre des Affaires Etrangères allemand, lorsqu’il déclare «Le conflit israélo-palestinien est l'un des nombreux conflits qui ont lieu autour du globe, et ne devrait pas être distingué dans un document sur le racisme» ou Dieter Graumann, le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, lorsqu’il demande à l'Allemagne de boycotter cette conférence parce que cette dernière doit comprendre qu’Israël continue à se battre pour l'existence.
    Ah, vivement que l’Allemagne contemporaine et Israël poursuivent leur travail de mémoire. Qu’ils se rappellent que l’Allemagne sous Guillaume II, en 1904, avait voulu l’extermination des quelque 120 000 habitant-e-s de cette Afrique de l’Ouest qu’elle s’efforçait de coloniser.
    Bien sûr, cette opinion désorientée est manipulée par des politiciens antisémites qui déclarent, comme Dieudonné, «Les Juifs? Un peuple qui a bradé l’Holocauste, qui a vendu la souffrance et la mort, pour monter un pays et gagner de l’argent» (2002), des «négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et l’action terroriste» qui auraient «fondé des empires et des fortunes sur la traite des noirs et l’esclavage» (2004).
    Karl Grünberg
    ACOR SOS Racisme

    Photo 1 & 2: Haykel

    Photo "Discrimination": © kentoh - Fotolia.com

    Photo "Moutons": © Aldo Gragnaniello - Fotolia.com

    Photo "Interdiction racisme": © alain wacquier - Fotolia.com

    Et demain est un autre jour!
  • Kurdes d’Iran, Kurdes de Turquie même combat!

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    28682_427352216795_236413916795_5599347_4761411_n.jpgAprès les kurdes d’Iran hier c’est autour des kurdes turques de monter aujourd’hui une petite manifestation à la Place des Nations devant le siège de l’ONU. Comme hier une trentaine de kurdes ont fait le déplacement pour condamner les exécutions en Iran, les arrestations arbitraires et l’absence de liberté politique (voir la note précédente). Dans le collimateur de la FEKAR (Fédération des Associations Kurdes en Suisse) organisatrice du rassemblement d’aujourd’hui et de demain l’Iran mais aussi la Turquie. Les deux pays sont fortement soupçonnés d’agir en toute impunité et en parfaite complicité contre les kurdes. Les revendications comme hier sont adressées à l’ONU et à la Suisse pour faire pression contre l’Iran et la Turquie en les poussant à accepter une solution définitive avec le peuple kurde. 28682_427352246795_236413916795_5599351_669777_n.jpgDans son communiqué distribué devant l’ONU le FEKAR appelle également à l’abolition de la peine de mort en Iran. Quelques drapeaux d’Abdullah Öcalan et du PKK jouent avec le vent et deux fausses potences installées à quelques mètres de la grande chaise de la Place des Nations rappelle l’existence de la peine de mort en Iran. Sur une grande banderole ont pouvait lire “Dites halte aux exécutions en Iran, lute contre la peine de mort”. Prochaine manifestation, demain même endroit, même heure, même cause, même organisateur avec des kurdes “suisses allemands” (venant de Zurich, de Berne et de Bâle). La lute est encore longue camarade et le combat continue!

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    Avant de partir, visitez mes autres blogs:

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    Et le
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    Et demain est un autre jour!
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    Toutes nos pensées pour Max Göldi victime du terrorisme d'état
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  • Huit questions à Hafid Ouardiri

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    Il est sous les feux de l’actualité. C’est l’homme qui a osé aller jusqu’au Tribunal européen des droits de l’homme pour condamner la Suisse et les suisses qui ont voté pour l’interdiction de construire de nouveaux minarets. Cette initiative, il la trouve 16362_1244574887430_1621127854_654067_1881546_n.jpgcomme beaucoup d’hommes libres raciste et contre productive qui ternit l’image du pays, qui sème la discorde au sein de la diversité et qui jette le discrédit sur la communauté musulmane pourtant parfaitement bien intégrée. Hafid Ouardiri s’est beaucoup investi avant, pendant et après le vote sur les minarets. Son combat il le porte maintenant devant les instances européennes. Je lui ai posé huit questions “directes” sans ménagement  et il a répondu sans fioritures “en son âme et conscience” comme il se plait à le répéter.
    Avant de répondre à mes questions je l’ai eu à deux reprises au téléphone. Ce combat des minarets l’habite jour et nuit. Il est imbibé par cette réflexion qui dépasse selon lui le clivage politique. Ce n’est pas une guerre de religions c’est un combat contre la liberté et contre toute une communauté.
    A lire ce témoignage sur un homme qui se bat contre l’obscurantisme et l'incompréhension et qui se défend de toute arrière pensée politique. Je lui ai demandé s’il ne voulait pas devenir le leader des musulmans en Suisse. Il m’a répondu par une pirouette: “Ce sont les médias qui ont fait de moi le porte-parole de la mosquée de Genève. Je n’avais aucune fonction officielle qui abonde dans ce sens.” Pour résumer: Hafid Ouardiri est un bon interlocuteur, homme de dialogue et d’écoute et maintenant un combattant pour la liberté des minarets, pour la liberté tout court. 

    « La preuve de la douceur du miel, c’est le miel lui-même ! » |Genève 18.12.09


    -M.Ouardiri pourquoi avez-vous déposé un recours auprès de la Cour Européenne des droits de l’homme contre l’initiative anti-minarets? Etes-vous un mauvais perdant?

    Même si je considère cette votation « anti-minarets » comme une sorte de dangereux jeu de « hasard » ou bien plus comme une cruelle « roulette russe », je suis loin de penser à tout cela en terme de « perdant » ou de « gagnant ». Je crois qu’il est important et urgent d’analyser le résultat effrayant qui est sorti des urnes avec les outils de la conscience et de la raison et non avec l’émotion même si celle-ci a été forte et l’est encore combien le choc a été violent et déconcertant.
    Malheureusement, les perdants dans cette triste histoire sont la liberté de religion et de conscience, la paix confessionnelle, l’Etat de droit, la démocratie, la laïcité et bien sûr notre chère Constitution. Quant aux gagnants ce sont la discrimination, le racisme, la xénophobie, l’ignorance, la peur, la haine et il faut le dire la montée de l’islamophobie ou de ce que certains appellent « la légitime défiance ». Sans oublier les extrémismes de tous bords qui s’alimentent les uns les autres.
    La requête qui a été présentée à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) est d’abord et avant tout un acte de « légitime défense » individuel et collectif qui va au-delà de la communauté de la communauté musulmane. Il est aussi l’expression d’un acte démocratique et juridique car c’est le seul moyen de recours possible étant entendu que les instances juridiques suisses ne peuvent rien faire ou entreprendre dans ce domaine précis.
    La Suisse a ratifié cette Convention qui oblige tous les Etats signataires au respect et à l’application des articles 9, 13 et 14 qui garantissent les valeurs que cette « loi d’exception anti-minarets » viole de manière grave et anti constitutionnelle comme le déclare le Conseil Fédéral lui-même. Les avocats et Bâtonniers qui ont travaillé, avec noblesse et courage, à l’élaboration de cette requête pourront mieux répondre aux questions techniques de la procédure. La preuve de la douceur du miel, c’est le miel lui-même !

    -Pensez-vous que votre requête va aboutir?
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    Ce qui était important et urgent jusqu’au 16 décembre 2009, c’était l’élaboration de la requête et son envoi à la CEDH de Strasbourg afin qu’elle soit réceptionnée et inscrite. Ce qui a été fait grâce, encore une fois, au travail sérieux, appliqué, intelligent et bénévole entrepris par mes très chers Bâtonniers, Maîtres Pierre de Preux et Pascal Maurer à Genève, Maîtres Christophe Pettiti et Bertrand Favreau en France ainsi que Maître Georges-Alber Dal à Bruxelles en Belgique. Ils se sont honorablement engagés à suivre cette requête jusqu’à son aboutissement en ayant conscience de la complexité de la procédure. Que Dieu les soutiennent dans leur persévérance et dans leur foi en la défense des Droits Humains.

    -Depuis quelques jours des associations et centres islamiques suisses font un certain forcing pour devenir les portes-paroles des musulmans en Suisse. Pendant la compagne anti-minarets, ces mêmes groupements ont brillé par leur discrétion. Pensez-vous que leur démarche actuelle est bénéfique pour la communauté musulmane en Suisse?

    Il ne faut pas perdre de vue que cette votation a jeté le trouble et le désespoir dans la communauté musulmane au sens large du terme, qui vivait en paix dans le cadre légal de la Suisse. Bien sûr il y avait des questions auxquelles il fallait et il faut répondre. La place de l’islam et des musulmans, Dieu merci ne laisse pas indifférent, fallait-il répondre à tout cela en inscrivant un article de loi discriminatoire au cœur de la Constitution ?
    Face à cette turbulence provoquée par l’extrémisme populiste, chacune et chacun, musulman ou pas, c’est senti concerné par cette nouvelle situation troublante qui au lieu de régler les problèmes en a provoqué d’autres bien plus graves et difficilement contrôlables. C’est la raison pour laquelle ils essayent de s’organiser, ce qui n’est pas toujours aisé dans l’urgence et la passion. Ils essayent d’apporter leur quote-part dans ce débat déstabilisé et fortement déstabilisant. Avant la votation, ils se sont mis sous la protection de l’Etat de droit et des élus, aujourd’hui, après la votation, on leur reproche leur discrétion. Soyons magnanimes à leur égard maintenant qu’ils font un effort pour être plus visibles et plus engagés dans les débats de société.


    -Dans quel état d’esprit vous êtes actuellement à quelques jours de votre rencontre avec la Conseillère Eveline Widmer-Schlumpf?


    Je suis toujours spirituellement dans un excellent état d’esprit car je crois profondément que le bien a la capacité de repousser le mal. J’ai eu un grand plaisir de rencontrer Madame la Conseillère Eveline Widmer-Schlumpf avec d’autres personnalités musulmanes avant les votations, l’entretien a été franc et constructif. Ce qui augure que notre prochaine rencontre le sera tout autant. Donc je suis serein et confiant.

    -Vous l’avez déjà rencontré le mois de septembre dernier. De quoi vous avez parlé?


    On a parlé de la collaboration que nous devons construire dans la confiance et le respect de la Constitution pour apporter des réponses et des solutions à la place de l’islam et des musulmans en Suisse et bien sûr, plus largement au bien vivre ensemble.

    848693086.jpg-Avant de déposer recours devant Strasbourg avez-vous tenu au courant les autorités suisses de votre démarche?

    Les avocats non seulement ont écris à tous les Conseiller fédéraux pour les informer du recours mais aussi à tous les gouvernements signataires de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. Toute cette démarche se fait dans la clarté la plus absolue et dans un esprit profondément démocrate.

    -Quel sera le sujet principal du 21 décembre, y aura-t’il des propositions concrètes que vous allez présenter à la Ministre de Justice et Police?

    L’analyse des votations et des perspectives d’avenir. Divers projets en vue d’apaiser la situation et de construire un avenir meilleur.

    -Depuis quelques jours, les médias cherchent un leader pour les musulmans suisses. Après avoir été le porte-parole de la Mosquée de Genève seriez vous l’homme providence pour porter la parole de votre communauté auprès des autorités et de la société civile? Un genre de recteur comme Dalil Boubaker de la Mosquée de Paris qui parle au nom des musulmans en France?

    Depuis plus de trente ans je suis au service du dialogue interculturel, interreligieux ainsi que celui du dialogue des civilisations. Je sais que l’Histoire est truffée de « bombes à retardement » il faut donc être très averti et prudent pour les désamorcer les unes après les autres ce qui demande un travail de tous les instants, une sagesse et une patience sans limite. J’ai toujours cru que l’individu pouvait œuvrer pour la collectivité et vice-versa. Loin de moi toute ambition d’être le porte-parole ou le représentant d’une communauté riche par sa diversité culturelle et complexe aussi. A savoir que ce sont les médias qui m’ont affublé de ce titre de « porte-parole » malgré moi. Il y a un point qui me semble extrêmement important c’est celui qui consisterait en l’état de la situation d’urgence de prétendre ou d’imaginer à l’existence d’un représentant « unique » pour la communauté musulmane. Cela pourrait créer des tensions dont on se passerait volontiers, il faut c’est impératif que l’on apprenne à réfléchir et à travailler ensemble avant tout. Ceci préparera le terrain à la désignation d’un représentant ou d’un groupe de représentants de manière démocratique. Malgré la situation provoquée par cette malheureuse votation, la Suisse reste un espace ou nous pouvons construire un modèle exemplaire qui naîtra de cette profonde secousse.

    -Le mot de la fin...
    Vaste programme auquel il faut associer toutes les femmes et les hommes de bonne volonté, celles et ceux amoureux de la liberté, de la dignité, du respect et du droit pour tous. J’invite ces nobles personnes à prendre contact avec la Fondation de l’Entre-Connaissance (fec@worldcom.ch) afin de nous mette au travail pour construire un monde de paix.
    Merci pour l’aide que vous nous accordez en nous permettant de répondre à des questions certes difficiles mais néanmoins essentielles.

    Et demain est un autre jour!
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