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  • Le 7 mai l'Assemblée constituante genevoise a accouché d’une souris!

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    Jeudi 31 mai aura lieu le vote final pour la nouvelle constitution genevoise. Acor Sos Racisme Suisse n'est pas d'accord avec certains volets du projet de cette nouvelle constitution qui sera soumis au vote du peuple le 14 octobre prochain. Voici sa prise de position que partage également le MouReDiN (Mouvement pour le Respect de la dignité du Noir):

    581275_10151147614984554_627074553_13413174_1704759869_n.jpgApprouver le projet de constitution de la République et canton de Genève ?
    L’Assemblée constituante a drapé son projet dans un superbe préambule
    Le peuple de Genève, reconnaissant de son héritage humaniste, spirituel, culturel et scientifique, ainsi que de son appartenance à la Confédération suisse, convaincu de la richesse que constituent les apports successifs et la diversité de ses membres, résolu à renouveler son contrat social afin de préserver la justice et la paix, et à assurer le bien-être des générations actuelles et futures, attaché à l’ouverture de Genève au monde, à sa vocation humanitaire et aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, déterminé à renforcer une république fondée sur les décisions de la majorité et le respect des minorités, dans le respect du droit fédéral et international, adopte la présente constitution :

    Les articles 2 et 15 de sa Constitution l’affirment crânement :
    •    La souveraineté réside dans le peuple, qui l’exerce directement ou par voie d’élection. Tous les pouvoirs politiques et toutes les fonctions publiques ne sont qu’une délégation de sa suprême autorité (Art. 2).
    •    1.  Toutes les personnes sont égales en droit. 2.  Nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son origine, de sa situation sociale, de son orientation sexuelle, de ses convictions ou d’une déficience. 3.  La femme et l’homme sont égaux en droit. La loi pourvoit à l’égalité de droit et de fait en particulier dans les domaines de la famille, de la formation et du travail. 4.  La femme et l’homme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale. (Art. 15).
    Il était permis de douter de l’intérêt qu’il y avait à forger une constitution à froid, en l’absence de ces grands bonds en avant qui projettent les sociétés vers de nouveaux horizons et demandent la rédaction de nouvelles règles, plus démocratiques.

    A Genève, ont leurs sièges l’ONU et ses agences spécialisées, le HCR, le Conseil des droits humains, le CICR au même titre que nombre des entreprises multinationales.
    A Genève, les organismes qui sont nés ou qui ont retrouvé un sens au lendemain de l’adoption de la Déclaration universelle des droits humains côtoient les entreprises qui travaillent à leur mise en pièces.

    Dans l’esprit de Rousseau, dont Genève célèbre cette année le tricentenaire de la naissance, sa nouvelle constitution genevoise, aurait pu, aurait dû s’élever à la hauteur des enjeux que la démocratie affronte dans le monde entier et accorder tous les droits politiques à tou-te-s ses citoyen-ne-s. « Tous les pouvoirs politiques et toutes les fonctions publiques ne sont qu’une délégation de la suprême autorité du peuple » affirme le projet de Constitution mais quelle voie trace-t-il, quels principes impose-t-il pour rendre effective l’égalité en droit de chacun-e quels que soient «son sexe, son origine, sa situation sociale, son orientation sexuelle, ses convictions» ?

    Au lieu de cela l’Assemblée constituante genevoise a accouché d’une souris :

    Pour ses auteur-e-s ses citoyen-ne-s devraient être discriminé-e-s en deux catégories différentes. Les titulaires des droits politiques, les Suisses. Et les étrangèr-e-s, dont les droits sont limités à ceux d’élire, de voter et de signer des initiatives et des demandes de référendum sur le plan communal.
    ACOR SOS Racisme ne peut appeler à adopter une constitution qui sanctionne dans ses murs les inégalités qui, dans le monde entier, confortent les privilèges.

    ACOR SOS Racisme
    Moulai aldjia, vendredi 25 mai 2012

    Le MouReDiN par la voix de son président, George Blézon se joint à cette prise de position.


    Le MouReDiN, regrette le manque de volonté politique de la part des autorités de Genève, quand on sait le nombre d'étrangers qui y vivent. notamment, les représentations et leurs employés et leurs familles, les ONG internationales et leur employés et leurs familles etc...Le MouReDiN, fustige  cette insulte, cette infantilisation des étrangers, alors même que la constitution nationale encourage leur implication dans la vie de la société dans laquelle il vivent.

    Il est donc incontestable, et c'est la maxime fondamentale de tout le droit politique, que les peuples se sont donné des chefs pour défendre leur liberté et non pour les asservir. Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755) Source : Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755).

  • L’hiver avec l’islamophobie comme cache-misère ? par Karl Grünberg

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    Sans titre.jpgKarl Grünberg (ACOR SOS Racisme) persiste et signe. Je lui ai demandé ce que signifie actuellement l’islamophobie en Suisse. Sa réponse n’a pas tardé. L’islamophobie est un racisme latent et certain…en Suisse et ailleurs!
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    Combattre l’islamophobie est difficile. L’extrême-droite la porte, mais dans la crise politique que nous vivons l’extrême-droite se libère de l’image gore qui l’a longtemps plombée. Et certains se disent islamophobes qui se distinguent de l’extrême-droite.
    Une forme de racisme mal identifiée
    Pourquoi cette controverse sur sa dénomination? L’islamophobie dirait pour certain-e-s la crainte (légitime) du dogmatisme religieux. La «peur de l’islam» n’aurait rien de raciste. Mais ils n’appliquent pas cette rigueur sémantique à la judéophobie et à l’homophobie. Chacun-e sait qu’elles discriminent les Juifs et les homosexuels. Ni à la xénophobie, que tou-te-s nient éprouver.
    La dénomination des différentes formes du racisme ne sort pas du silence paisible des cabinets de lecture et tous leurs noms sont impropres. «L’antisémitisme» est né à la fin du 19e siècle. Mais combien de Juifs parlent une langue «sémite» comme langue maternelle? Et certainement pas les Juifs d’Europe que visent les antisémites.
    Selon certain-e-s, recourir à ce mot serait un piège islamiste. «Les mollahs iraniens (auraient) utilisé pour la première fois en 1979 le terme islamophobie pour faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de "mauvaises musulmanes" en les accusant d'être "islamophobes", en 1989 la fatwa de Khomeiny contre Salman Rushdie l’aurait réactivé». Caroline Fourest, Libération, 17 novembre 2003.
    Pascal Brückner après d’autres, développe la même idée «Forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour contrer les féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme», Libération, 23 novembre 2010. La rumeur réapparaît dans Marianne en avril 2011.
    Sans titre-2.jpgUne information documentée a pourtant dissipé la confusion
    En 1910, Alain Quellien parle d’«islamophobie» lorsqu’il relève qu’«il y a toujours eu, et il y a encore, un préjugé contre l'islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne».
    En 1912, un ouvrage collectif le rappelle, «quoi qu'en disent ceux pour qui l’islamophobie est un principe d'administration indigène, la France n'a rien de plus à craindre des musulmans au Soudan que des non musulmans». La Revue du Monde Musulman en 1912 et 1918, la Revue du Mercure de France en 1912, «Haut-Sénégal-Niger», de Maurice Delafosse, en 1912 et le Journal of Theological Studies en 1924 citent la référence. A une époque qui voit naître le débat moderne contre le colonialisme, la référence à l’islamophobie a le sens que lui donne aujourd’hui le combat contre le racisme.
    La terreur des attentats intégristes et de la «décennie noire» en Algérie nourrissent les préjugés. Mais la grande presse, et précisément pour cette raison, n’aurait-elle pas dû faire connaître une information trop ignorée? Frappant des populations musulmanes dans un premier temps, la purification ethnique a joué un rôle tragique dans les guerres en «ex-Yougoslavie», mais cette terreur-là - et pourquoi ? - est moins rapportée.
    Le racisme comme fond de commerce
    La perte des colonies a affaibli les empires européens et les partis qui combattent l’immigration agitent le fantasme d’une invasion musulmane qui vengerait les victimes du colonialisme. La crise et la rapacité capitaliste ne nourrissent pas la solidarité des autochtones et des migrant-e-s pour la défense des acquis sociaux mais la peur des classes moyennes de partager le peu qui leur reste avec les migrants. Cette peur (phobie) est la source de l’islamophobie moderne.
    Peur d’autant plus forte que les gouvernements européens et les partis qui les soutiennent ne la combattent pas. La liquidation des acquis sociaux, certains la veulent et d’autres ne savent comment l’éviter. Et tous n’acceptent-ils pas le pillage colonial, cette bouée de sauvetage qu’ils s’efforcent de regonfler?
    Le 12 octobre, les bombardiers français n’ont pas encore permis de tuer Kadhafi. Mais ce jour-là une délégation de 80 entreprises françaises, pour moitié des PME, accompagne déjà à Tripoli le secrétaire d'État français au Commerce extérieur «parce que la France entend réamorcer dès à présent ses échanges commerciaux avec la Libye dont elle était, sous l'ère Kadhafi, le deuxième client et le sixième fournisseur (avec 6% de part de marché en 2010)» (Les patrons français en Libye pour de futurs contrats, Le Figaro, 13 octobre 2011).
    Si la promotion de la démocratie est le slogan qui justifie les guerres en Afghanistan, en Irak et en Libye, l’argument facilite évidemment la propagande des partis qui effraient les peuples européens en dénonçant la prétendue infiltration musulmane des migrants.
    Dans la bouche du bel Oskar, le bruyant candidat à la vice-présidence de l’UDC, cela donne: «En France, à peu près 6 millions de musulmans ont imposé partiellement leur loi dans certains ghettos. Il est difficile de les rappeler à l’ordre. La dégénérescence est à tel point avancée que les anticorps sont comme paralysés. La capacité de la France à défendre des millénaires de culture occidentale judéo-chrétienne est très avariée. En Suisse on a encore cette possibilité».
    Au cours de la même intervention le politicien de Savièse «souhaite vraiment de tout son cœur que l’Union Européenne vole en éclats avec la crise actuelle car elle est soumise à un internationalisme factice qui paralyse les systèmes immunitaires des communautés nationales».
    Poids lourds de la banque et de la finance, les barons de l’UDC partagent-ils ce souhait de tout leur cœur? Notre nouveau Charles Martel se rêve-t-il en cousin suisse de la famille Le Pen?
    Dimanche 27 novembre a vu Toni Brunner, président de l’UDC, mordre la poussière devant Paul Rechsteiner, président de l’Union syndicale suisse et Christoph Blocher rater sa course au sénat. Des tensions centrifuges vont s’aiguiser au sein de ce parti entre des populistes plébéiens et les grands patrons.
    Karl Grünberg
    ACOR SOS Racisme

    Et demain est un autre jour!