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  • En direct de Tunis lundi 17 janvier par Ridha Kéfi

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    24281684.jpgFace aux évènements qui se déroulent en Tunisie, nous sommes entrain d’assister à la naissance d’une nouvelle démocratie en Afrique du Nord. Les enjeux politiques sont nombreux et ce nouveau modèle de démocratie en devenir en Afrique du Nord semble créer une certaine tension auprès des pays voisins voire auprès de toute la région où gouvernent des Présidents au pouvoir unique et inique. Juste après la chute du dictateur Ben Ali le chaos a commencé à s’installer dans le pays. Des milices armées sèment la panique sans savoir vraiment qui les emploie. Certains y voient une main étrangère. Il est vrai qu’aucun pays arabe ne voit avec un bon oeil l’arrivée de cette nouvelle liberté qui s’est emparée du peuple tunisien. Pour comprendre et accompagner cette révolution, j’ai demandé à mon ami le tunisien Ridha Kéfi(*), écrivain et journaliste émérite, directeur du portail d’information Kapitalis de me livrer un témoignage quotidien pendant une semaine sur le vif en direct de Tunis.

    Le printemps tunisien en plein hiver
    Carthographie Hachette Tourisme.jpgLa Tunisie offre aujourd’hui l’image d’un pays qui se réveille d’une griserie révolutionnaire et prend conscience de l’ampleur de la tâche qui l’attend pour restaurer la paix civile, reconstruire la scène politique, détruite par 23 ans de dictature atroce, faire redémarrer la machine économique, grippée depuis près d’un mois, et rétablir la confiance des populations dans les institutions de l’Etat, largement discréditées par les dérives de l’ancien pouvoir.
    La situation est certes encore moyennement agitée. Les sbires de Ben Ali – parmi les membres de l’ancien service de sécurité présidentielle et de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique progressiste (RCD) – continuent de terroriser les populations civiles.
    Hier soir, des échanges de tirs nourris ont été enregistrés dans plusieurs quartiers de Tunis et d’autres villes. Des éléments incontrôlables poursuivent leurs actes de pillage et de dégradation, ciblant des propriétés et des biens de la famille du président déchu, mais aussi des établissements publics et privés.
    Les citoyens, qui ont décidé de reprendre aujourd’hui leur travail, sont écœurés par le spectacle désolant des destructions commises ces derniers jours.
    Le réveil est brutal, mais des éléments positifs sont enregistrés, qui dénotent une normalisation progressive de la situation.
    L’armée, déployée dans tout le pays, est très bien accueillie par la population. Les comités de quartiers veillent à l’ordre public et collaborent étroitement avec les forces de l’ordre dans la traque des éléments réfractaires de l’ancien régime. 
    Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi va annoncer ce matin la composition du gouvernement d’union nationale où les principales forces poTunisie 1.jpglitiques et mouvements de la société civile seront représentés.  
    Les médias, longtemps muselés, sont repris en main par les journalistes et contribuent aujourd’hui à l’effort national de stabilisation. La télévision nationale sert de courroie de communication entre le peuple et l’armée, informant en temps réel sur la situation dans toutes les régions et contribuant à la traque des mercenaires (dont plusieurs tireurs d’élite européens) à la solde du président déchu.
    L’approvisionnement en produits de première nécessité (carburants, produits alimentaires…) est assuré par les commerces de proximité qui commencent à ouvrir, profitant du début d’accalmie. Les banques, les administrations, les entreprises et les divers établissements reprennent ce matin leur activité normale.
    Les touristes européens, qui ont quitté précipitamment ces derniers jours les stations balnéaires du pays,Tunisie 3.jpg ne tarderont pas à revenir pour profiter de nouveau de la qualité de l’offre touristique tunisienne: l’hospitalité des gens, les équipements hôteliers haut de gamme, les plages de sable fin, les vestiges historiques et le patrimoine culturel… Car les Tunisiens sont un peuple modéré, civilisé et pacifiste. Il a horreur de la violence et du sang. Il a été acculé à se soulever pour se débarrasser d’une dictature atroce qui l’oppresse et le prive de liberté. Il l’a fait les mains nues, en manifestant pacifiquement dans la rue.
    Ce peuple, qui a le sens de la mesure et du compromis, ne tardera pas à rétablir la paix civile et à se remettre au travail. Il reconstruira rapidement ce qui a été détruit et repartira de bon pied, inaugurant une nouvelle ère de liberté, de paix et d’ouverture sur le monde. 
    Dans ce processus, les pays occidentaux, y compris la Suisse, auront un rôle important à jouer, notamment en soutenant la démocratie naissante en Tunisie. Ce soutien peut s’exprimer de diverses façons: en aidant la nouvelle direction à reconstruire le champ politique et en appuyant la reprise économique, par la relance des échanges, des investissements et des flux touristiques.
    Ridha Kéfi de Tunis

    (*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres.

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  • La révolution tunisienne, merci Facebook

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    437487740.jpgLes tunisiens viennent de livrer un extraordinaire message d’espoir à toutes les populations opprimées, muselées et ignorées par leurs gouvernants. On n’a pas cessé de dire, d’affirmer et de confirmer que Ben Ali est un rempart contre les intégristes, un barrage contre l’immigration clandestine, un garant d’un équilibre stratégique, économique et social en Afrique du Nord. Une sorte de Superman à la sauce maghrébine saupoudrée d’un zeste d’arrière pensée occidentale. Le plat aussi bien cuisiné aurait pu bien prendre. 161112_100001978501988_3162464_n.jpgEt il a pris deux ou trois années le temps que les visites inopinées d’un Président à l’entregent inhabituel fassent de l’effet sur le public des démunis, les crédules et la classe moyenne. Après, peu à peu la routine s’est installée et les vieux réflexes de l’adoration sans borne à celui qui gouverne le pays ont repris leur place dans un paysage que le prédécesseur et estimé Bourguiba a installé avec un naturel de bon aloi, je parle de ses premières années. Parce que après le combattant suprême au lieu de partir combattre la sénilité et profiter d’une retraite bien méritée il a été “maintenu” au pouvoir par son entourage pour perpétuer les avantages et les acquis à leur profit. Lui, il a quitté la scène politique sans avoir détourné le moindre dinar, normal, il considérait le pays comme sa propriété! La seule différence entre le règne de Bourguiba et celui de son tombeur réside dans le fait que le premier a combattu pacifiquement la colonisation française, a réalisé de grandes ch1473980785.jpgoses pour le pays, a inscrit son nom dans l’histoire mais n’a pas su partir au beau moment et le second a donné l’occasion à son épouse et à son entourage de faire de la Tunisie, un pays pour gérer leurs affaires en puisant dans les deniers publics et a fini une carrière de 50 ans de politique, chassé du pouvoir par la seule volonté du peuple. Le règne sanguinaire de Ben Ali a marqué profondément les esprits et l’Etat policier qu’il a constitué durant ses 23 ans de pouvoir absolu mérite d’être publié pour l’éternité dans les manuels d’histoire. D’ailleurs, l’histoire avec un grand H retiendra que le peuple tunisien par son sacrifice humain, son abnégation et son courage a mis fin à l’arbitraire, à l’injustice et à une dictature redoutable. Les autres pays arabes et les voisins maghrébins devraient prendre l’exemple.
    1790640321.jpgDurant maintenant presque un mois je passe mes jours et mes nuits sur internet pour avoir des nouvelles sur ma Tunisie. J’ai visionné des centaines de vidéo, j’ai partagé autant de liens avec mon entourage. Cette révolution ou ce soulèvement populaire appelez-le comme vous voulez a réussi grâce et surtout à l’héroïsme de nombreux tunisiens. Mais il faut reconnaître le rôle oh combien important d’internet en général et de Facebook en particulier. Des informations à la pelle presque en direct, bruts dans la plus part du temps, de l’intox des fois, des montages maladroits, des exagérations, des vérités incontournables ont supplié le déficit de la presse tunisienne jusqu’au bout. En résumé, le peuple tunisien a gagné et mérité sa révolution tout en assurant lui même la couverture et le partage de l’information. Quelle belle leçon! Ce modèle de la révolte tunisienne mérite d’être exportée ailleurs!

    Photos Maurizio Giuliani

     

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  • Elections fédérales, les socialistes annoncent la couleur

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    IMGP2736-ssssss.jpgConférence de presse aujourd’hui du parti socialise aux Halles de l’île pour présenter sa liste des candidats pour les élections fédérales de l’automne 2011. Six candidates et cinq candidats seront en course pour briguer un siège au Conseil des Etats (Liliane Maury Pasquier) et maintenir la position actuelle voir la renforcer au Conseil National. La seule surprise est la candidature du Conseiller administratif de la Ville de Genève Manuel Tornare.
    A travers cette conférence de presse les socialistes ont dressé les grandes lignes de leur campagne et ont fixé leur objectif. Les 4 candidats(es) sortants(es) Pasquier, Rielle, Bernasconi et Sommaruga ont chacun défendu un thème précis. IMGP2739-ssssss.jpgLiliane Maury Pasquier a parlé de la prévoyance professionnelle et son désir de poursuivre son travail au Conseil aux Etats, alors que Charles Rielle a évoqué les combats de son parti pour une justice sociale dans le domaine de la santé et des assurances maladie. La Conseillère nationale Maria Roth-Bernasconi a fustigé l’inégalité économique et a rappelé le taux de chômage record qui frappe Genève. Le Parti socialiste a son mot à dire et compte intervenir pour imposer une égalité salariale. Et sur le même sillage Carlo Sommaruga a donné ses solutions pour résorber la crise de logement qui frappe les grandes villes en Suisse comme par exemple imposer au niveau fédéral des quotas de logements bons marchés dans tout déclassement. Avant de conclure sur les méfaits des forfaits fiscaux qui vident les caisses de l’Etat à cause de la concurrence fiscale.
    IMGP2737-ssssss.jpgLe Président des socialistes René Longet a insisté sur les prochaines échéances électorales qui attendent son parti l’année prochaine. Toutes les campagnes de 2011 y compris celles des municipales et du Conseil administratif s’inscrivent dans une logique de continuité. Pas question de découpage institutionnel. Le plus important c’est de répondre aux attentes des genevois. Pour le budget de la campagne pas de plan marketing professionnel avec un peu plus de 200’000 chf. les socialistes feront surtout confiance au militantisme de leurs  membres pour donner à cette année 2011 toutes les conditions de réussite.

    Les candidats:
    Conseil aux Etats:
    Liliane Maury Pasquier


    Conseil National:
    Jean-Charles Rielle
    Maria Roth-Bernasconi
    Carlo Sommaruga
    Valérie Boillat
    Loly Bolay
    Monique Cahannes
    Françoise Joliat
    Eric Peytremann
    Jacques Robert
    Christine Serdaly
    Manuel Tornare

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  • La Suisse n’écarte pas une reconnaissance unilatérale de la Palestine

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    C’est, en tout cas, ce qu’a laissé entendre la présidente de la Confédération Suisse Micheline Calmy-Rey, au cours d’un meeting dimanche dernier. Haykel Ezzeddine, Genève.


    Dimanche 12 décembre, c’est le cortège de l’Escalade, une manifestation très suivie par les Genevois pour commémorer la victoire de Genève sur les savoyards en 1602. Costumes d’époque, chevaux et reconstitution de la mémorable nuit qui a vu la lutte et la victoire des Genevois sur l’agresseur savoyard.
    Mais c’est aussi le jour qu’a choisi la socialiste Micheline Calmy-Rey pour fêter sa deuxième intronisation à la tête de la confédération. Quatre jours plutôt pour la punir d’une gestion calamiteuse de l’affaire des otages retenus en Libye, ses pairs sous la coupole de Berne n’ont pas hésité à l’élire avec le pire des scores: 106 voix sur 189!


    La nouvelle Présidente de la confédération: Micheline Calmy-Rey (Photo Haykel)

    En Suisse, il n’y a pas de suffrage universel. Le conseil fédéral composé de sept conseillers l’équivalent de ministres dans d’autres pays, par la magie d’un savant tournus entre partis font et défont les présidents de la Confédération helvétique.
    Ce dimanche, comme pour laver l’affront qu’a subi la Romande et Genevoise Calmy-Rey, les Genevois ont choisi de lui rendre hommage lors de cette fête, la plus populaire dans la cité de Calvin.
    Pour marquer le coup, la nouvelle présidente a organisé au Parc des Bastions un débat direct avec la population. Parmi les questions posées, une concerne la reconnaissance d’un Etat palestinien. Voici la réponse de la nouvelle Présidente de la Suisse: «Pour la Suisse nous procédons actuellement à une analyse de la situation au Département fédérale des Affaires étrangères (Dfae) pour voir si une telle reconnaissance a une chance de faire avancer la création de deux Etats qui pourraient vivre en paix à savoir Israël et la Palestine. C’est la position officielle de la Suisse. Vous savez qu’aujourd’hui les pourparlers directs sont en difficultés, que ce conflit dure maintenant et que plus il dure plus la situation politique est difficile. Vous savez aussi peut-être que, pour ce qui concerne la Suisse, nous n’avons pas de rôle stratégique dans ce conflit israélo-palestinien, que nous contentons “d’échauffer” et c’est déjà beaucoup et d’aider la population palestinienne en particulier les réfugiés à travers l’organisation Unrwa... La Suisse investit 20 millions de francs par année dans les territoires palestiniens au bénéfice des gens qui vivent dans des situations extrêmement difficiles en particulier dans la bande de Gaza... C’est donc notre priorité, nous analysons la situation telle qu’elle va se développer et nous verrons si une reconnaissance unilatérale de la Palestine peut faire avancer les choses.»

    Lien pour écouter la question sur la Palestine
    Et sur le blog de Haykel Ezzeddine qui parle de l’Escalade.

    Article paru dans Kapitalis le Mercredi 15 Décembre 2010 à 07:50

  • La photo du jour: la revanche des femmes!

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    En attendant la vraie Escalade!

  • Et c’est parti pour Sami Kanaan, sa campagne a commencé aujourd’hui!

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    IMGP2342-ssssss.jpgMardi 7 décembre au Cult café aux Eaux-vives Sami Kanaan a invité les médias entre 11h30 et 13h30 pour marquer le début de sa campagne électorale en tant que candidat socialiste au Conseil administratif de la Ville de Genève au côté de Sandrine Salerno. Et c’est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir ce jeune socialiste de 46 ans qui a déjà fait ses preuves en tant que  Conseiller municipal de la Ville de Genève (1997-2001) et en tant que député au Grand Conseil (2001-2005)
    Grégoire CARASSO, Conseiller municipal (PS) de la Ville de Genève a pris la parole au début de cette conférence pour louer les qualités de Sami Kanaan qu’il considère comme un vrai bosseur et non comme un bluffeur, à l’écoute des ses concitoyens, un pragmatique, un candidat idéal pour mener à bien les projets du parti socialiste. IMGP2326-ssssss.jpgJustement le parti de la rose veut poursuivre ce qui a déjà été entamé par l’exécutif encore en place du tandem Tornare-Salerno. Sami Kanaan s’inscrit dans une dynamique de continuité avec un nouveau souffle qui portera son empreinte. A la question quel département vous intéresse en cas d’une élection? le candidat n’a pas hésité un instant pour répondre qu’il aimerait reprendre celui de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports et que celui de la Culture le tenterait tellement il y a à faire dans ce domaine. Mais on est pas encore arrivé à la dernière étape celle des résultats des urnes et du partage des fonctions. Sami Kanaan est conscient que la route sera longue et que cette campagne sera difficile. Il vient de la commencer officiellement aujourd’hui avec la présentation aux médias de son nouveau site internet qui arrive en complément de sa page Facebook et de son blog sur la Tribune de Genève. Pour la petite histoire, le site internet a coûté 5000.- chf et que toute la campagne qui s'échelonnera jusqu'au mois d'avril prochain le parti socialiste dépensera un montant entre 320'000 et 350'000 chf.

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  • Le 5 décembre, commémoration de l’assassinat du syndicaliste Farhat Hached

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    n8865944946_404248_3024.jpgLe contenu de cette note m’a été inspiré par mon amie, la talentueuse blogueuse Djemâa Chraiti. L'histoire de son père me rappelle une autre histoire douloureuse.
    Dimanche le 5 décembre c’est la commémoration de l’assassinat du syndicaliste Farhat Hached, figure bien connue du syndicat international, homme politique tunisien, un être généreux et sincère. Je ne l’ai pas connu mais je suis fier de le compter parmi les membres de ma famille. Il est l’oncle de ma mère. Depuis mon jeune âge et pendant toute ma scolarité le nom de Farhat Hached m’a accompagné. Et chaque fois qu’on évoquait son nom, son parcours  ou son assassinat, l’émotion m’envahit. Il y a quelques années en arrière j’avais eu la visite de son épouse Oum El Khir qui m’a raconté la dernière journée du défunt. Un petit rappel historique: le 5 décembre 1952 en pleine lute contre le protectorat français, Farhat Hached (38 ans) est victime d’un guet-apens. Il a été exécuté froidement alors qu’il conduisait sa voiture à la sortie de Radès, une banlieue tunisienne. Une première voiture a tiré sur lui et l’a blessé à l’épaule et à une main et une seconde s’est arrêtée pour l’achever d’une balle dans la tête. Oum El Khir a poursuivi son poignant récit pendant une bonne heure. Elle s’est souvenue de tous les détails de cette journée funeste. Son dernier petit déjeuner, les habits qu’il portait, les amis qu’ils allaient voir, la nouvelle de son soi disant “accident” et la longue attente avant la confirmation de son décès qui a suivi cette interminable journée. Cet assassinat politique comme plusieurs d’autres dans de nombreux pays est resté impuni. Plusieurs hypothèses sont avancées et dont la plus crédible est l’incrimination de l’Etat Français de l’époque. Depuis plusieurs années sa famille cherche la vérité sur cet assassinat, frappe à toutes les portes, remue ciel et terre pour trouver des indices, récolte des informations afin de confondre les responsables... Deux groupes sur Facebook comptabilisent ses recherches. L’attente d’Oum El Khir, de ses enfants, de sa famille et des tunisiens en général constitue une lutte contre l’arbitraire et l’oubli. L’attente pour soulager la mémoire collective. L’attente pour faire un deuil définitif. L’attente pour mettre fin aux doutes. L’attente pour guérir des plaies qui resteront à jamais ouvertes à défaut de trouver et de punir les coupables.

    Haykel Ezzeddine

    Photo d'archive

    Texte paru dans le blog collectif le 5 décembre 2010

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  • Le criminel c’est l’électeur????????

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    Sans titre-ssssss.jpgCe n’est pas La Tribune de Genève qui l’annonce mais une affiche détournée placardée sur de nombreuses caissettes de la Julie qui l’affirme. Loin de la période du poisson d’avril, ce surprenant acte donne à réfléchir. Ce matin gueule de bois après le succès de l’UDC, la veille. Qui se cache derrière ce piratage? Des citoyens de la gauche déçus par le résultat de ce dimanche funeste ou un clin d’oeil de l’extrême droite pour culpabiliser ceux qui ont voté NON contre cette énième initiative raciste. Plusieurs lectures peuvent être tirées de cette affiche sauvage qui utilise un journal de la place pour véhiculer un message stupide et irréfléchi. La Tribune de Genève menace de poursuivre le et ou les coupables ce qui est de son droit. On ne percera peut-être jamais le secret de cette mystérieuse affiche.

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  • En Suisse, le racisme s’institutionnalise ?

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    suisse-raciste.jpgLa Suisse est en train de prendre un virage dangereux dans la xénophobie. A force de laisser le peuple décider de tout et de rien, ce pays est en train de déraper. Dangereusement… Haykel Ezzeddine, Genève.


    Le parti d’extrême droite l’Union démocratique du centre (Udc) vient de remporter une nouvelle victoire contre les étrangers qui vivent en Suisse. Après l’interdiction de construire des minarets sur sol helvétique, son initiative pour le renvoi des criminels étrangers est acceptée.
    Une journée noire, ce 28 novembre 2010, pour une certaine catégorie de Suisses, ceux qui ont voté un double ‘‘Non’’ contre le renvoi des criminels étrangers et le contre-projet du parlement qui introduisait un volet d’intégration.
    C’est aussi «une journée noire pour les droits humains en Suisse» selon la section suisse d’Amnesty International qui condamne énergiquement «l’abus du droit d’initiative dans le but d’augmenter le capital politique par des propos xénophobes.» Quant à l’Union européenne (Ue) elle se pose des questions sur cette initiative qui contreviendrait à l’accord sur la libre circulation des personnes.

    blocher-470.jpgA 52,9%, l’initiative raciste de l’Union démocratique du centre (Udc) a passé la rampe facilement. A coup de millions dépensés par son riche président et ex-conseiller fédéral (ministre) de 2004 à 2008, Cristoph Blocher, ce vote, qui fait honte à l’ensemble de la famille de gauche, a trouvé un écho des plus favorables en Suisse allemande justifiant ainsi l’effet du Röstigraben – où comment le fossé linguistique entre les cantons germanophones et francophones continue de diviser le pays.
    Dorénavant, tout criminel étranger est susceptible d’un renvoi dans sons pays en cas de meurtre, de viol, de trafic de drogue, d’arnaque à l’assurance ou à l’aide sociale, mais aussi de… brigandage, de traite d’êtres humains, et le catalogue des motifs est loin d’être clos. Et pour enfoncer le clou, on accompagne ce renvoi par une interdiction d’entrée sur le territoire qui peut aller de 5 à 20 ans pour les récidivistes.
    L’Udc, le parti d’extrême droite, est à sa sixième victoire en sept ans. L’année dernière, presque jour pour jour, il a gagné son initiative contre la construction des minarets et en 2004 il a réussi à imposer ses référendums contre la naturalisation facilitée de la 2ème génération d’étrangers et la naturalisation de la 3ème génération.
    La Suisse se referme de plus en plus sur elle-même et les partis de droite et d’extrême droite poursuivent leur offensive contre les étrangers accusés de tous les maux qui frappent la société suisse.

    Article paru dans Kapitlas

  • Manif antinucléaire à Genève

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    Encore une manifestation antinucléaire en marge de la dernère assemblée de la Constituante. Date: jeudi 11 novembre 2010. Lieux: devant l'Hôtel de ville. Heure: à partir de 16h30. Objet: le nucléaire. Merci Demir pour les photos.

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  • Un clip pour Pierre Maudet!

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    Comme je l’ai déjà annoncé dans une précédente note datée du 18 octobre dernier la Ville de Genève lance une nouvelle campagne  pour endiguer l’effet dévastateur du débarras sauvage. Les services de Pierre Maudet ont préparé un clip qui sera diffusé par Léman Bleu et dans les salles de cinéma. Ce clip qui ne casse pas des brics est appelé à dissuader avec un ton humoristique tous ceux de plus en plus nombreux qui se débarrassent de leurs meubles sur la voie publique sans passer par les services de la voirie. De l’humour en attendant le prochain clip qui illustrera le côté répressif de cette longue et difficile campagne tant la tâche s’annonce ardue!


    Cliquez deux fois sur l'image pour ouvrir le clip

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  • Deux questions à Ueli Leuenberg

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    Rencontré le 9 novembre sur la plaine de Plainpalais lors de la commémoration de la fusillade de 1932, le Conseiller National Ueli Leuenberg également Président des Verts a bien voulu répondre à deux questions concernant l’initiative et le contre-projet sur le renvoi des criminels étrangers. Ses consignes: votez deux fois non.

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  • Commémoration du 9 novembre 1932

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    IMGP1200-ssssss.jpgComme chaque année le 9 novembre est consacré à la commémoration de la fusillade qui a eu lieu à Genève en 1932 où l’armée a tiré sur une foule de manifestants venue condamner le fascisme. 13 personnes ont perdu la vie devant l’université à quelques mètres du monument érigé en 1982 sur la plaine de Plainpalais pour leur rendre hommage. Et c’est précisément à cet endroit que société civile, syndicalistes et politiciens viennent s’incliner chaque 9 novembre.
    DSC00896-ssssss.jpgCe soir entre 18h00 et 18h30 environ trois cent personnes ont bravé les mauvaises conditions météo pour honorer par leur présence une cérémonie ancrée dans la mémoire des genevois.
    Le syndicaliste Georges Tissot, le conseiller d’Etat Charles Beer chargé du département de l’instruction publique, de la culture et du sport, le conseiller administratif Rémy Pagani responsable du département des constructions et de l’aménagement,  Tobia Schnebli  membre du groupe Suisse sans armée se sont succédés au micro pour relater les faits survenus en ce triste soir du 9 novembre 1932, les condamner et rendre hommage aux 13 victimes dont on a lu les noms avec les fonctions qu’ils occupaient. Les quatre intervenants ont ouvert au passage une parenthèse pour appeler l’assistance à voter 2 x non à l’initiative et contre-projet pour le renvoi des criminels étrangers. Ce soir, j’ai pu croiser Ueli Leuenberg, Sami Kannan, Boris Drahusak, Laurent Moutinot, Albert Rodrik...et Elo Morenzoni ancien brigadier international de la guerre d’Espagne décoré au mois de janvier par la ville de Genève.

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    Ueli Leuenberg et Elo Morenzoni
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    Désolé pour la qualité des vidéos, je suis en période d'apprentissage

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  • Le nouveau combat du citoyen Alain Bittar

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    Une information PLANETE PHOTOS

    Les habitants de la rue de Fribourg aux Pâquis découvrent depuis samedi 6 novembre un autocollant assez étrange apposé sur la vitrine de la prestigieuse librairie arabe L’Olivier. Voici le texte: “Le propriétaire de cette librairie est en Suisse depuis 51 ans. Le 28 novembre il sera peut être expulsable!!! Votez 2 x non”.
    Vous l’avez compris, son propriétaire Alain Bittar s’engage contre l’initiative et le contre-projet sur le renvoi des criminels étrangers. La première réaction que j’ai eue en voyant cet autocollant, je me suis demandé si Bittar est entrain de faire de la politique? Et si oui pourquoi maintenant? Pour en savoir plus, j’ai passé chez lui une heure ce matin et j’ai pu voir et mesurer l’impact de cette action sur les habitants du quartier. Sans titre-ssssss.jpgSurpris mais pas insensibles à cette démarche, certains ont poussé la porte de la librairie pour comprendre le sens de cet engagement. Alain Bittar, personnage connu et apprécié dans les milieux interculturels et associatifs  plaide pour un mieux vivre ensemble et surtout se bat contre le populisme. Son ennemi actuel est l’UDC.
    L’initiative du 28 novembre sur le renvoi des criminels étrangers est une arnaque me dit Alain Bittar dans une interview express  réalisée devant sa librairie qui fait office depuis maintenant 31 ans de trait d’union entre les différentes cultures et communautés qui vivent à Genève. 20101108_2471-ssssss.jpgLe citoyen Alain Bittar mène à sa façon une compagne contre la malhonnêteté et l’escroquerie  pour reprendre ses propres termes d’une initiative raciste et populiste. Le comble, c’est que l’initiateur de ce coup de gueule ne pourra pas voter, n’ayant pas la nationalité suisse. Ce qui donnera à cette action un impact encore plus percutant. Comme lui, bon nombre de personnes voient en cette initiative une charge contre l’étranger qui partage notre vie et non comme une solution pour expulser le vrai délinquant qui par absence de convention entre son pays et la Suisse continuera de sévir dans nos rues.

    Alain Bittar en quelques mots:
    20101108_2467-ssssss.jpgD’origine Syro-Libanaise, né en 1953 en Egypte, a vécu au Soudan avant d’arriver en Suisse à l’âge de 6 ans. Alain Bittar a une vie qui ressemble à un roman riche par le vécu et intense par sa diversité. L’homme ne laisse pas indifférent. Volubile, engagé et chaleureux Alain Bittar est de tous les combats. Ces dernières années il a fait campagne contre l’insécurité et la dégradation de la qualité de vie aux Pâquis. Il a même abrité dans sa librairie la conférence de presse d’Isabelle Rochat sur l’opération Figaro le 10 juin dernier. Il préside avec Rachel Bebecoff “Le manifeste pour une paix juste et durable”, une association composée de juifs et d’arabes vivant en Suisse et dont  le but est de rapprocher les partisans des deux camps. En 2006 la ville de Genève a décerné au citoyen Alain Bittar, la médaille de la Genève reconnaissante pour ses engagements et son esprit humaniste.

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  • Sandrine Salerno reçoit le Prix de la Fondation de l’Entre-Connaissance

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    Une information Planète photos.

    FEC 6 Nnovembre 2010 086.jpgDans le cadre des journées portes ouvertes organisées ce jour par la Fondation de l’Entre-Connaissance, Sandrine Salermo maire de Genève a reçu un prix. Un prix symbolique décerné par la même fondation qui œuvre pour la connaissance et la compréhension des cultures et des peuples. Une récompense pour son engagement au service du dialogue interculturel qui s’est concrétisé lors des Salons Citoyens de la Ville de Genève qui avait pour thème « Citoyenneté genevoise et cultures musulmanes » le 23 novembre 2009.
    Sandrine Salerno accompagnée par Sami Kanaan la nouvelle coqueluche des socialistes qui se présente sur le même ticket électoral pour les élections au Conseil administratif ont fait le déplacement au 14 rue du Môle pour honorer une invitation dont le slogan est:"Discuter c'est partager : l'islam parlons-en !"FEC 6 Nnovembre 2010 157.jpg
    Après le discours de Salerno, le pasteur William McComish a lu une déclaration condamnant le dernier attentat criminel contre l’église Notre Dame à Bagdad. Une déclaration faite auparavant par les responsables religieux chrétiens et musulmans réunis au siège du Conseil oecuménique des Eglises de Genève du 1er au 4 novembre dernier lors d’une rencontre internationale. L’engagement de Sandrine Salerno dans la vie active des différents courants religieux est à mettre à son actif. Une maire qui roule pour toutes les religions de sa ville il faut le relever et le signaler.
    Nemat Mardam-Bey, Présidente de la Fondation de l’Entre-Connaissance qui a remis le prix à Sandrine Salerno et son infatigable directeur Hafid Ouardiri se réjouissent de ce genre de rencontres et nous promettent d’autres rendez-vous de partages et de dialogues avec les différentes communautés pour un mieux vivre ensemble.

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    Sandrine Salerno maire de genève, Hafid Ouardiri directeur de l'Entre-Connaissance et Sami Kanaan candidat au Conseil administratif de la ville de Genève
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    Nemat Mardam-Bey présidente de l'Entre-Connaisance, Hafid Ouardiri directeur de l'Entre-Connaissance et Sandrine Salerno maire de genève
    Et demain est un autre jour!