Politique - Page 4

  • La Constituante près de chez vous

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    Programme de la Constituante du 5 février au 10 mars:

    Les communes reçoivent l'Assemblée constituante autour de la consultation sur l'avant-projet de constitution et le questionnaire qui l’accompagne.
    Journée de lancement de la consultation du 5 février 2011
    Dans un bus à impériale, les constituantes et constituants sillonneront le canton, faisant des haltes dans cinq communes.
    • 9h -10h Vésenaz, devant Manor, route de Thonon 40
    • 10h30 - 11h30 Carouge, devant la Mairie, place du Marché
    • 11h45 - 12h45 Ville de Genève, place du Molard
    • 13h30 - 14h30 Vernier, route de Meyrin, arrêt TPG de Balexert
    • 15h - 16h Grand-Saconnex, quartier de la Tour et du Pommier
    Soirées-rencontres dans les communes (19h30 - 22h)
    Discussions et débats autour de la consultation sur l'avant-projet de constitution et le questionnaire qui l’accompagne, avec un apéritif dînatoire.
    • Jeudi 17 février Ville de Genève, salle des Assemblées de la salle communale de Plainpalais, rue de Carouge 52
    • Mercredi 2 mars Onex, buvette de la salle communale, route de Chancy 131
    • Jeudi 3 mars Versoix, Maison du Charron, rue des Moulins 5
    • Mercredi 9 mars Chêne-Bougeries, salle communale Jean-Jacques Gautier, route du Vallon 1
    • Jeudi 10 mars Meyrin, Ferme de la Golette, rue de la Golette 32

    Et demain est un autre jour!
  • Genève: 17 plaintes contre Georges W. Bush

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    IMGP3487-ssssss.jpgLa résistance s’organise contre la venue de l’ex-président américain George W. Bush à Genève. Une forte mobilisation est prévue pour le samedi 12 février devant la Poste du Mont-Blanc à 14h30. Jamais un refus de la part de la société civile de recevoir une personnalité politique n’a été aussi unanime. J’ai sous les yeux le flyer  officiel qui appelle  à manifester contre “un criminel de guerre” pour parler de l’ex président américain. En arrivant au chiffre 40, j’ai arrêté de compter le nombre des associations et partis politiques qui soutiennent le collectif pour l’application des Conventions de Genève, contre l’impunité pour les criminels de guerre, derrière le rassemblement du 12 février.
    Aujourd’hui à 11h30, le même collectif a invité les médias pour un point de presse sur la Place du Bourg-de-Four à quelques mètres du Tribunal de Genève. IMGP3485-ssssss.jpgPaolo Gilardi (Gauche-anticapitaliste) accompagné de Hafid Ouardiri (Fondation de l’Entre-connaissance) et d’autres militants a pris la parole pour condamner la venue de Bush, informer sur les actions du collectif et s’indigner devant le silence des autorités. Dans le collimateur du militant Gilardi, la Présidente de la Confédération Micheline Calmy Rey bien sûr mais aussi la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, le procureur général Zappelli ainsi que le Conseil d’Etat...qui selon lui brillent par l’indifférence qu’ils manifestent envers la venue à Genève d’”un criminel de guerre”. A la fin de son intervention Paolo Gilardi a annoncé le dépôt de 17 plaintes individuelles de suisses et de quelques irakiens naturalisés suisses contre Bush en complément de deux plaintes collectives une auprès de la Confédération et une deuxième auprès du procureur de Genève. Action beaucoup plus symbolique qu’efficace. Un coup d’épée dans l’eau! Bush ne sera jamais traduit devant un tribunal.
    PS:  Georges W. Bush est l’invité du gala annuel de charité au profit de la Fondation juive Keren Hayessod. Un gala de récolte de fonds en faveur de l’Etat d’Israël.

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    Et demain est un autre jour!
  • Décaillet, Hodgers et Ben Sedrine

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    817604455.jpgQuelle mouche a piqué Pascal Décaillet? Ce talentueux journaliste érudit qui met à l’aise ses interlocuteurs lors de son excellente émission Genève à chaud vient de porter plainte contre un élu. Il l’a annoncé sur son blog et il a été repris par la Tribune de Genève. L’élu c’est le conseiller national vert Antonio Hodgers. Motif: “diffamation”. Crime de lèse majesté ou usurpation de la fonction de journaliste?

    Retour en arrière

    Zisyadis et Hodgers pour ne nommer que les vedettes qui ont fait le voyage le week-end dernier à Tunis afin de féliciter la révolution tunisienne en période de transition ont été brocardés dans le blog de son altesse Décaillet, qui fait le bon et le mauvais temps dans le PAG (paysage audiovisuel genevois). Une plume alerte, agréable à lire aussi bien sur le vif (son blog Liberté) que dans ses chroniques programmées et publiées par des quotidiens romands, le style Décaillet plaît et ne laisse personne indifférent. Moi le premier,  j’en suis un fan. J20962_293037981881_655306881_4541029_6245097_n.jpge me demande des fois comment il fait pour tenir debout toute une journée. Il est là, il est partout...à la télévision...à la radio...dans la presse écrite...il a même le temps d’aller chez un avocat pour déposer plainte...Décaillet fait école! L’homme mérite le respect, l’intellectuel le coup de chapeau mais son indignation contre Antonio Hodgers que je n’ai jamais croisé est un peu cavalière à l’heure de la révolte arabe.

    Facebook

    Antonio Hodgers, l’un des pieds nickelés qui a fait le voyage à Carthage a rapporté sur sa page facebook (3412 amis) que l’omniprésent Décaillet (1109 amis sur FB) a commis le crime suprême de ne pas avoir donné à la militante tunisienne Siham Ben Sedrine un droit de réponse quand un pro Ben Ali l’a attaqué et diffamé lors de Genève à chaud il y a une année. Par recoupement, je ne crois pas une seconde que Décaillet a pu commettre un tel impair professionnel. Par contre en suivant dernièrement les informations concernant la militante Sihem Ben Sedrine j’ai pu constaté qu’elle lance des accusations à tort et à travers. Elle prêche le faux pour savoir le vrai et lance des attaques à la légère sans avoir des preuves. Dernièrement, elles s’est fourvoyée en visant un ex-ministre de Ben Ali, Kamel Morjane en direct à la télévision. Ce dernier l’a remis à sa place et lui a demandé d’étayer ses griefs envers lui avec des preuves à l’appui. Ce qu’elle n’a pu fournir.
    Conclusion:
    -Antonio Hodgers a eu raison de faire son voyage en Tunisie pour écouter et apporter  notre soutien à cette démocratie naissante que ça déplaise à notre ami le roi du PAG. Certes l’élu vert a un peu péché je pense par naïveté en ne vérifiant pas les propos de Sihem Ben Sedrine qui jusqu’à présent n’a commis aucun impair dans sa carrière de militante à part d’accuser gratuitement et sans preuve un homme politique respecté et honnête dont le seul défaut est d’avoir travaillé pour son pays et non d’avoir “collaboré avec un dictateur”. Hodgers a été un peu léger dans sa transcription de cet évènement sur sa page Ben sedrine.jpgFacebook.
    -Sihem Ben Sedrine mérite tous les honneurs pour avoir tenu tête à Ben Ali durant tout son règne. Mais un peu de recul de sa part est le bienvenu. Tous ceux qui ont travaillé avec l’ancien régime ne sont pas forcement des pourris et peut être c’est grâce à certains d’entre eux que la Tunisie n’a pas sombré dans le chaos.
    -Pascal Décaillet je le dis et je le redis est UN EXCELLENT journaliste complet (radio, télévision et écrit). Un professionnel qui fait des jaloux dans sa branche et dans d’autres domaines. Il est certes humble et modeste mais peut être pas trop à cause sa forte présence médiatique. Et si Décaillet décide un jour de se présenter à un poste politique?© meailleluc.com - Fotolia.com.jpg

    3 procès?

    Bon combien de procès va accumuler le pourfendeur des contradictions, votre humble serviteur? Trois...pas grave. J’ai parmi mes lecteurs deux avocats exerçants à Genève et un à Tunis. Bon, trêve de plaisanterie, je ne pense pas que Décaillet va aller jusqu’au bout de sa démarche contre Hodgers. A moins qu’il y ait des dessous que j’ignore. Mais moi le premier je ne vois aucun inconvénient à un tel procès, curieux d’assister à un éventuel premier antécédent judiciaire  made in Suisse causé par Facebook! Décaillet-Hodgers, une bonne bouteille de blanc, une assiette valaisanne en entrée et une fondue ou une raclette en tête à tête vous fera du bien. Si jamais je peux organiser ce rendez-vous avec comme guest star Ben Sedrine!

    Photo 1: Pascal Décaillet (Haykel)

    Photo 2: Antonio Hodgers (photo de profil sur son Facebook)

    Photo 3: Sihem Ben Sedrine

    Photo 4: achetée sur Fotolia (© meailleluc.com - Fotolia.com)

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  • Manifestation de soutien en faveur du peuple égyptien

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    167329_1560308979771_1596716979_31352978_6810872_n.jpgLa révolution du Jasmin est contagieuse. Elle sait voyager et bien. Après la Tunisie c’est le pays des pharaons qui est entrain de vivre presque le même scénario. L’histoire se répète avec quelques variantes. Le peuple égyptien ne peut compter sur internet (constamment censuré), ni sur son armée aux ordres de la dictature. Deux atouts qui ont joué un rôle important en Tunisie. Aujourd’hui, vers 13h30 devant le Palais Wilson, une centaine de manifestants est venue par le biais de Facebook apporter son soutien à cette révolution égyptienne en gestation. En attendant de donner une étiquette à cette révolution, parce qu’il en faut bien une, c’est plus facile à retenir de ce côté de la planète, le soulèvement du peuple égyptien ne peut passer inaperçu, ni laisser indifférent. 179433_1560279939045_1596716979_31352864_2427433_n.jpgEt c’est unanimement que tous les présents à ce rassemblement ont condamné la corruption, l’absence de liberté, le chômage endémique et la dictature de Housni Moubarak qui veut léguer la présidence à son fils. Sur les pancartes on pouvait lire des slogans écrits en français, anglais et arabes tels que: “L’Egypte n’est pas une propriété à Moubarak pour qu’il la donne à son fils”, “Egypte-Tunisie tous unis”, La tyrannie ça suffit”, “Free Egypt”, “Dégage”, “30 ans ça suffit”, “Pain et eaux et Moubarak non”, Down dictator”, “Freedom social justice democraty”, “L’Egypte en colère”, “Stop supporting the dictator”, “Le peuple veut la fin du régime”...ça vous donne une idée sur l’ambiance qui a régné cet après midi pas loin du Jet d’eau devant le somptueux Palais Wilson qui abrite le siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

    Reportage photos Demir Sönmez, texte: la rédaction

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  • Mohamed Bouazizi, le déclencheur de la révolte du jasmin aura son film

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    800px-Mohamed_Bouazizi_candle.jpgLa radio privée tunisienne Mosaïque fm vient de décrocher un scoop. Le célèbre producteur tunisien Tarek Ben Ammar qui a produit une soixantaine de films dont quelques chefs-d’œuvre a annoncé aujourd'hui sur les ondes de cette radio locale très suivie à Tunis qu’il réalisera un film sur Mohamed Bouazizi. Le symbole de la révolte tunisienne, celui qui par son immolation a déclenché la révolution du jasmin fera l’objet d’un film avec lequel le producteur de la “Traviata” ou encore des “Pirates” compte participer au prochain Festival de Cannes. Il s’est engagé à verser tous les bénéfices qu’il récolterait à la famille de Bouazizi et à la région de Sidi Bouzid. Sans titre.jpgPour immortaliser son nom et donner un sens à son geste, Bouazizi aura un premier hommage...cinématographique en attendant d’autres reconnaissances du peuple et du gouvernement tunisien! Depuis le début de la révolte tunisienne une page facebook dédiée à Bouazizi (9674 fans) réclame le changement de toutes les Places 7 novembre (pratiquement dans chaque ville il y en a une)  en les baptisant par le nom du “martyre de la liberté”. A signaler que Wikipédia consacre déjà une page à ce vendeur ambulant qui sans le savoir a fait germer l’esprit de révolte chez les tunisiens qui ont chassé la dictature.

    Photo 1 (Yasmine-G1): Sit-in sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis en hommage à Mohamed Bouazizi

    Photo 2: Tarek Ben Ammar

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  • Gel des avoirs tunisiens, nouvelle adaptation de la DFAE

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    mehdi-trabelsi-dans-sa-bout.jpgDu nouveau dans la liste controversée des avoirs en Suisse de certaines personnes originaires de la Tunisie et qui ont un lien avec l’ancien régime.


    Le Département fédéral des affaires étrangères (Dfea) vient d’apporter vendredi 28 janvier une adaptation à sa première liste publiée le 19 janvier.

    Les Trabelsi au complet
    Mehdi Trabelsi, patron d’Omega Distribution, représentant de Lacoste en Tunisie, grossièrement signalé comme fils de Belhassen Trabelsi, alors que les deux hommes n’ont aucun lien de parenté et ont presque le même âge, ne figure plus sur la liste incriminée. L’erreur, qui aurait pu avoir des conséquences graves, a donc été réparée.   
    Six autres personnes de la famille Trabelsi viennent de faire leur entrée. Il s’agit de Moncef Ben Mohamed Trabelsi, Mohamed Ennacer Ben Mohamed Trabelsi, Mohamed El Adel Ben Mohamed Trabelsi, Moez Ben Moncef Trabelsi, Houssem Ben Mohamed Ennacer Trabelsi et Jalila Bent Mohamed Trabelsi.
    La dernière modification concerne la famille Ben Yedder dont on a reformulé leur présence dans la liste. Un exercice de style dont on ne saisit pas la pertinence. Dans la liste du 19 janvier, le Dfea a commencé par le groupe Amen et après il a donné les noms. Dans celle du 28 janvier, il a tout simplement fait le contraire.
    Les membres de la famille cités sont Brahim Ben Yedder, fondateur du groupe Amen au début du siècle, Béchir Ben Yedder, fils de Brahim, et Rachid Ben Yedder, fils de Brahim qui ont développé ce groupe.
    Le groupe Amen est constitué de plusieurs pôles: Finance (Amen Bank, Amen Invest), Assurances (Comar et Hayett), santé (Clinique El Amen, Clinique la Marsa), agroalimentaire (café, huilerie, négoce), hôtellerie (hôtel Magestic, hôtel Dar Saïd et le restaurant Dar Zarrouk à Sidi Bou Said, hôtel Palace au centre ville), Biens d’équipement (Parenin concessionnaire de Caterpillar, Atlas Copco et John Deere).

    Il n’y a pas le feu au lac
    Dans un communiqué lacunaire et toujours au sujet de cette liste, le Département fédéral des Affaires étrangères indique qu’il ne communiquera pas d’informations supplémentaires sur les raisons de ces modifications.
    Bonjour la transparence! Et pour les autres personnes innocentes signalées dans cette liste, et qui ont saisi les autorités suisses par divers moyens leur demandant de revoir leur copie... ça peut attendre... comme on dit ici, il n’y a pas le feu au lac!

    Photo Mehdi Trabelsi (Kapitalis) la seule personnalité tunisienne à avoir quitté la liste de la DFEA

    Article paru dans Kapitalis

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  • Tunisie. Des noms livrés en pâture!

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    1324851665.2.jpgL’ordonnance émise le 19 janvier par le Conseil fédéral suisse au sujet du gel des avoirs de certaines personnes originaires de la Tunisie continue de faire des vagues. Des personnalités tunisiennes figurent injustement sur cette liste truffée d’erreurs.
    Cinq jours après la chute de Ben Ali, la Confédération a publié dans la précipitation une liste de noms sans avoir au préalable vérifié leur exactitude. Résultats: plusieurs hommes d’affaires, qui n’ont rien avoir le clan de Ben Ali-Trabelsi, sont livrés à l’invective populaire.

    Règlements de comptes et manipulations

    La télévision tunisienne a montré, avant-hier, au télé-journal du soir, l’histoire d’une personnalité connue dans le monde des affaires qui a été injustement incriminée la veille pour un détournement de terrain, alors qu’elle est complètement innocente. 
Il y a des gens qui profitent actuellement de la situation pour régler des comptes avec la société! Cette personnalité connue  des Tunisiens ne figure pas dans la liste incriminée. Mais d’autres se démènent depuis le 19 janvier pour prouver leur innocence à coup de communiqués, de lettres au Conseil fédéral et à l’ambassade de Suisse en Tunisie. Ça devient tellement pathétique que ces personnes passent leur journée à se justifier au lieu d’apporter leur soutien à une économie qui a besoin en ce moment de toutes les forces vives du pays.
Je prends un exemple et un nom. 1263230600.jpgMohamed Ben Jemâa, héritier et directeur de la Société Ben Jemâa Motors, concessionnaire de BMW. Une société prospère depuis 1967. Je lui ai posé quelques questions sur sa présence dans la liste du Conseil fédéral. Et voici sa réponse. «Je ne possède aucun avoir en Suisse, ni de biens immobiliers. Mon dernier déplacement en Suisse remonte à mars 2000 où j’ai passé quelques heures à Genève en transit avant de poursuivre mon voyage». Il ajoute: «J’ai été victime à plusieurs occasions du système du clan Ben Ali-Trabelsi (racket, usurpation et menaces) et je ne comprends pas la légèreté dont a fait preuve le Conseil fédéral en publiant une liste qui comporte des inexactitudes».

    Vérification «difficile et complexe»

    Pour connaître la position officielle suisse sur cette question, nous avons contacté les services du Département fédéral des Affaires étrangères (Dfae) afin d’avoir des précisions sur la publication d’une nouvelle liste probablement corrigée et mise à jour. Voici la réponse du porte-parole du Dfae, Pierre-Alain Eltschinger: «La liste n’a pas été adaptée jusqu’à présent. Certaines personnes mentionnées ont contacté le Dfae et ont fait valoir des imprécisions prétendues ainsi que des raisons qui militeraient, à leurs yeux, pour une suppression de leur nom de la liste. Le Dfae vérifie ces indications soigneusement et sur la base des informations disponibles en ce moment. Comme la situation en Tunisie n’est pas encore tout à fait normalisée, cette vérification peut s’avérer difficile et complexe. S’il devait être effectivement établi, qu’un nom apparaît à tort sur la liste, le Dfae prendra bien-sûr les mesures qui s’imposent».
Sur quel critère la Confédération suisse s’est basée pour établir sa liste? Comment a-t-elle enquêté et auprès de qui elle a puisé ses informations? Réponse de M. Eltschinger: «La liste contenue dans l’annexe de l’ordonnance du Conseil fédéral a été établie sur la base des informations disponibles sur les personnes ayant des contacts directs ou indirects avec l’ancien régime tunisien».
Réponse évasive s’il en est et qui ne dénote pas d’une réelle conscience des difficultés dans lesquelles les responsables suisses ont mis des hommes d’affaires et des groupes tunisiens, avec une légèreté qui frise l’inconscience. Berne peut botter en touche et en appeler à la confusion de la situation tunisienne pour justifier ses ratés, les personnes injustement éclaboussées par la publication de la fameuse «liste suisse» ne l’entendent pas de cette oreille.

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  • Fier de ma Tunisie!

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    Sans titre-2.jpgIncroyable, il y a quelques jours seulement la Tunisie n'évoquait pour beaucoup que les plages de sables fins. Et en ces jours de basse saison où les touristes se font rares, la Tunisie n'a jamais été aussi présente sans effort marketing. Présente partout, dans les esprits, dans les espoirs de beaucoup de peuples opprimés, dans l'inquiétude du monde occidentale qui voit une révolte à ses portes... Présente aussi dans les médias et même les blogs de cette plateforme transformée à cette occasion en support spécialisé es-Tunisie. Tous se lèvent pour cette démocratie naissante et découvrent au passage une dictature “invisible” et bien accommodante quand on emprunte l'avion pour aller bronzer à moindre frais à moins de 2 heures de la Suisse.
    Une révolte disaient les uns, pour d'autres c'est un ras-le bol collectif, un soulèvement au lendemain incertain prédisait la plupart. Le terme révolution tunisienne est très peu utilisé du moins au début, on ne va pas faire de l'ombre à Ché Guevara ou à la patrie des droits de l'homme. Plus tard, quand la dictature a abdiqué, la Tunisie a enfin eu sa revanche. Maintenant c'est la révolte du Jasmin! Oui il fajUJ.jpgut toujours une étiquette, c'est plus simple à retenir quand ça vient de l'extérieur. Les tunisiens peuvent s'estimer heureux. La révolte, leur révolte malgré les martyrs est parfumée et porte le Jasmin comme symbole. Ils auraient au moins échappé à d'autres stéréotypes moins glorieux du genre la révolte du couscous, du dromadaire ou de l'harissa.
    La couverture médiatique des premiers jours est tout simplement catastrophique. Je prends comme exemple et pas par hasard le téléjournal de TF1 du 12 janvier, l'une des premières chaines francophones à avoir eu la permission de filmer en Tunisie. Ce soir-là, l'envoyé spécial de la chaîne Olivier Santicchi, privé de reportage à l'extérieur a transmis à son siège des vidéos tournées par des amateurs tunisiens et postées auparavant sur Facebook. Après avoir rendu l'antenne, la séduisante Laurence Ferrari a présenté ses "félicitations à toute l'équipe en déplacement pour la qualité de la couverture des évènements en Tunisie". Merci Facebook.  Heureusement que PPDA est parti sinon il aurait récupéré ces images amateurs pour les mettre à son actif!
    167628_493048348954_636258954_5855165_102653_n.jpgOUI  Le Tunisien est fier de ce qu'il vient de réaliser et personne ne pourra lui reprendre cette liberté pour laquelle il a si longtemps combattu en silence. Dernièrement, un des opposants les plus en vus vivant en France, Moncef Marzouki, de retour au pays a voulu commencer à mon avis prématurément sa compagne électorale à Kasserine, il en a été empêché par les habitants de cette ville  héroïque. La récupération ne passera pas par Kasserine.
    Autre décor, j'ai remarqué avec plaisir ces derniers jours en Tunisie l'émergence d'une nouvelle liberté d'expression concrétisée par des caricatures à la "Canard Enchainé" et des vidéos à la "Karl Zéro"...la nouvelle liberté d'expression à la tunisienne est rafraîchissante! La télévision nationale découvre le débat citoyen et l'objectivité a pris le dessus sur la langue de bois. Depuis la fin du mois de décembre et à ce jour, les manifestations ne se sont pas arrêtées. Ce vent de liberté fait du bien aux tunisiens...Ils le valent bien!

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    Illustrations: internet

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  • La photo du jour!

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    Pour soutenir la révolution tunisienne une vingtaine de personnes se sont données rendez-vous à la Place du Molard entre 17h00 et 18h00

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  • Manifestation contre les armes

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    DSC_0009-ssssss.jpgUne centaine de personnes ont bravé le froid ce samedi 22 janvier entre 14h et 15h15 pour manifester contre le maintien des armes à feu dans les domiciles.  A l’appel du collectif Stop violence avec le soutien de plusieurs associations et la présence d’élus du parti socialiste et des verts ce rassemblement a été l’occasion de parler de la prochaine votation fédérale du 13 février sur “la protection face à la violence des armes”. Prises de parole, condamnations, chansons de rappeurs et enfin un lâcher de ballon pour ponctuer une manifestation contre les armes et la violence qu’elle véhicule.

    Photos Demir & Haykel

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    Vidéos: Demir

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  • Gel des avoirs tunisiens: la liste de la Confédération truffée d’erreurs

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    Sans titre.jpgLa Confédération Suisse vient de publier le 19 janvier une “ordonnance instituant des mesures à l’encontre de certaines personnes originaires de la Tunisie”. Une liste impressionnante qui  comporte bon nombre d’erreurs et d’omissions. Selon le portail d’informations Kapitalis qui s’est adressé directement à l’ambassade Suisse à Tunis une correction sera faite pour supprimer des noms injustement épinglés par l’ordonnance du 19 janvier. Un amalgame qui porte préjudice à des hommes d’affaires qui n’ont rien avoir avec le clan Ben Ali-Trabelsi.
    Des questions s’imposent: sur quel critère la Confédération Suisse s’est basée pour établir sa liste? Comment elle a enquêté et auprès de qui elle a puisé ses informations? La Suisse pourtant réputée pour ses statistiques ne dispose pas d’informations plus crédibles et plus récentes sur les avoirs tunisiens en Suisse! Le dernier recensement de la Banque Nationale Suisse remonte à 2009! A qui profite ce manque d’empressement pour mettre ses données à jours? Le pouvoir des banquiers...suisses...au service des dictatures?

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  • En direct de Tunis jeudi 20 janvier par Ridha Kéfi

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    L’histoire est cousue de fil blanc. De l’intox pur et simple. C’est pourtant l’Elysée qui l’a glissée dans l’oreille d’un journaliste du ‘‘Monde’’ accrédité auprès de ses services, qui l’a diffusée sans vérifier. A quoi joue la France? par Ridha Kéfi. Une quatrième correspondance en direct de Tunis.

    1295504703.jpgLes lingots d’or de Leila ou le jeu trouble de la France

    L’histoire des lingots d’or que Leïla Ben Ali aurait réussi à faire sortir de la Banque centrale de Tunisie (Bct) et à porter avec elle dans son exil doré à Dubaï a été formellement démentie par les responsables de la Bct.

    L’Elysée souffle à l’oreille des journalistes

    Cette histoire a été soufflée par l’Elysée dans l’oreille du journaliste Arnaud Leparmentier, accrédité du quotidien ‘‘Le Monde’’ auprès de la présidence de la république française. Le journal l’a publiée sans prendre le soin de la vérifier. Toute la presse française et mondiale l’a reprise pieusement. 
L’Elysée a-t-il été trompé par ses services secrets? Ces services ont-ils voulu mettre l’huile sur le feu, en sortant cette histoire abracadabrante, en vue de faire échouer une révolution qu’ils n’ont pas vue venir? Piètre vengeance en somme… 
Les services secrets français, complètement hors du coup, et bidonnant à volonté comme de mauvais journalistes, ont raconté comment Leïla Trabelsi, la femme de l’ex-Président, se serait rendue à la Bct pour chercher des lingots d’or. L’ex-gouverneur Taoufik Baccar aurait refusé. Mme Ben Ali aurait appelé son mari, qui aurait d’abord lui aussi refusé, avant de céder. 
«Il semblerait que la femme de Ben Ali soit partie avec de l’or», explique un responsable politique français. «1,5 tonne d’or, cela fait 45 millions d’euros» (80 millions de dinars tunisiens), poursuit-il. 
Un conseiller de l’Elysée, l’air de celui qui en sait plus qu’il n’en dit, ajoute: «L’information vient essentiellement de source tunisienne, en particulier de la Banque centrale. Cela a l’air relativement confirmé.» 
Cette histoire archi-fausse a été soufflée par l’Elysée à Leparmentier, qui l’a d’abord rapportée sur son blog (où, curieusement, elle ne semble plus figurer). Elle s’est retrouvée lundi, sous sa signature, dans le journal papier (assortie d’un démenti d’un responsable de la Bct).

    Sans titre.jpgLes services français piégés par Slim Bagga

    Problème: la même anecdote des lingots, exactement la même, était rapportée par le site de l’opposition tunisienne Tunisnews, dès le… 3 janvier, sous la signature de Slim Bagga, opposant tunisien notoire exilé en France depuis près de 20 ans, comme raconté par Kapitalis.
Notre journal a en effet écrit, le 17 janvier, prenant ses distances vis-à-vis de ces informations: «Sauf à croire que notre collègue Slim Bagga, qui vit depuis près de 20 ans en exil en France, possède des sources sûres au sein de la Bct ou des renseignements tunisiens, on doit prendre ces affirmations avec les réserves requises.» 
Si on est indulgent, on peut dire que les services français sont d’une telle incompétence qu’ils ont cherché leurs informations sur des sites internet, ne prenant même pas le soin de les vérifier. 
On peut cependant se poser des questions sur l’attitude de l’Elysée et de ses services. Et si la France, non contente d’assister à une révolution qu’elle n’a pas vu venir, cherchait à la faire échouer, en donnant en pâture aux journalistes des informations destinées à ajouter de l’huile sur le feu.

    20110113144359__bct.jpgLes tentatives de désinformation française

    L’histoire des lingots d’or n’est pas une tentative isolée de désinformation française sur ce qui se passe en Tunisie. Paris avait cherché, auparavant, à faire accréditer la thèse d’un putsch militaire en Tunisie, dans une volonté évidente de mettre en doute la loyauté de l’armée nationale. 
Des experts es-catastrophe islamiste, qui ont longtemps émargé sur l’Agence de la communication extérieure (Atce), tel l’inénarrable Antoine Sfeir, sans parler des membres du lobby pro-Ben Ali dans la classe politique française, ont aussi cherché à brandir l’épouvantail islamiste. La vieille rengaine de «Ben Ali rempart à l’islamisme», souvent agitée par les dirigeants politiques français, et à leur tête le président Nicolas Sarkozy. 
Quand on connaît l’ampleur des intérêts liant les grands groupes français aux membres de la famille de Ben Ali, on peut se poser des questions sur la position de la France, dont les réactions officielles à la révolution tunisienne, telles celle de Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, proposant l’aide de la France à la Tunisie en maintien de l’ordre, sont d’un pitoyable ridicule.

    Ridha Kéfi de Tunis

    24281684.jpg(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres et directeur du portail d'informations Kapitalis.

    Photo 1: Leila Ben Ali épouse de l'ex président tunisien (Photo AFP)

    Photo 2: Slim Bagga

    Photo 3: Banque centrale de Tunisie

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  • En direct de Tunis mercredi 19 janvier par Ridha Kéfi

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    Troisième correspondance en direct de Tunis de Ridha Kéfi (*) (directeur du portail d’informations Kapitalis).

    Ben Ali.jpgLe complot déjoué de Ben Ali
    Cinquième jour après Ben Ali: la situation est encore confuse et tendue. Le Premier ministre a du mal à faire accepter la composition du gouvernement d’union nationale, qui compte de nombreux éléments issus de l’ancien régime. Des groupes d’activistes, islamistes et autres, continuent de manifester, exigeant la dissolution de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).
    Atmosphère lourde et cœur léger
    Le pouvoir, incarné aujourd’hui par un président par intérim très contesté et un premier ministre en sursis, va devoir faire de nouvelles concessions à une rue qui n’est pas prête à se laisser voler sa révolution.
    Malgré cette atmosphère lourde, les Tunisiens ont le cœur  léger. La vie reprend son couali_siriati.jpgrs, mais difficilement, et avec cet air hagard des lendemains de révolution.
    Après avoir goûté à l’ivresse de la liberté retrouvée, il va falloir reconstruire tout ce que la dictature a détruit: des institutions républicaines en lambeaux, une scène politique éclatée, une économie minée par la corruption et la concussion.
    Il va falloir surmonter les suspicions, les rancunes et les ressentiments pour rétablir le dialogue et restaurer la confiance entre le peuple et ses dirigeants.
    Il va falloir aussi relancer la machine économique, car un pays comme la Tunisie, qui vit des fruits de son labeur et de ses échanges avec l’extérieur, risque de se ressentir durement de l’inactivité à laquelle est condamnée sa population depuis bientôt une semaine.
    Le pyromane pompier
    Les Tunisiens, réputés pour leur pacifisme et leur esprit consensuel, et qui ont horreur de la violence, découvrent l’ampleur du complot ourdi par l’ex-président avant sa fuite à l’étranger. Avant de signer un décret attribuant les fonctions de président par intérim au Premier ministre et de quitter Tunis, Ben Ali a laissé derrière lui une horde de miliciens armés, chargés de faire régner la terreur dans le pays.
    Selon le scénario que Ben Ali a élaboré avec ses proches collaborateurs, notamment le chef de la sécurité présidentielle, le général Ali Sériati, le chaos qui serait ainsi instauré devait accélérer son retour dans l’habit du sauveur.
    Ce scénario classique du pyromane pompier a été mis à exécution dès vendredi soir. Des bandes organisées attaquaient les hypermarchés, les banques et les entreprises nationales et étrangères. Des tireurs, à bord de voitures banalisées, tiraient sur les civils dans les principales villes du pays. Des snipers, postés au-dessus des toits, terrorisaient les citoyens. Plusieurs tireurs d’élite étrangers, munis de passeports allemands, suédois et suisses, étaient déployés à Tunis et ses quartiers périphériques. Ils seraient probablement des Israéliens commandités par le clan de Leïla Trabelsi, l’épouse du chef d’Etat déchu. Bref, tout était prévu pour mettre le pays à feu et à sang.
    La révolution du peuple et de l’armée
    166398_193966043947391_154240634586599_794238_6833223_n.jpgCe scénario diabolique, qui en dit long sur le tempérament sanguinaire de Ben Ali, l’ex-président longtemps choyé et protégé par les puissances occidentales et à leur tête la France de Nicolas Sarkozy… Ce scénario a heureusement été mis en échec grâce à la conjugaison des efforts de l’armée nationale et des forces de l’ordre, fortement soutenues par la population.
    L’armée, qui a joué un grand rôle dans la révolution en contraignant Ben Ali à quitter le pays, s’est gardée, dès le premier jour de son déploiement dans le pays, le 12 janvier, de commettre la moindre violence à l’encontre des civils. Des scènes de fraternisation entre soldats et manifestants étaient même immortalisées par les photographes et les cameramen.
    Le général Rachid Ammar, le jeune chef d’Etat major, a pris ses responsabilités. En acceptant de déployer l’armée dans les rues, tout en mettant ses conditions – pas de tirs sur les civils –, il a joué gros face à un dictateur aux abois. Sa fermeté a finalement porté ses fruits, puisqu’elle a permis aux manifestants de maintenir la pression 1_1036167_1_34.jpgsur le régime et à l’armée d’apparaître, en cette mémorable journée du 14 janvier, qui a vu le dictateur prendre le chemin de l’exil, comme l’unique et l’ultime recours.
    Autre grain de sable qui a fait dérailler la machine du complot: la constitution, à l’initiative de l’armée, des comités de quartiers pour garder les endroits où l’armée ne peut pas assurer cette tâche, comme les cités résidentielles, les zones industrielles, etc.
    Ces comités, constitués de citoyens de tous âges et de toutes conditions, ne se sont pas contentés de garder leurs résidences et de préserver ainsi leurs biens de la dégradation et du pillage. Ils ont aussi contribué à l’arrestation de nombreux miliciens armés qu’ils ont livrés à l’armée et aux forces de l’ordre.
    Ridha Kéfi de Tunis

    24281684.jpg(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres.

    Photo 1: L'ex-Président Ben Ali

    Photo 2: Ali Sériati

    Photo 3: Rachid Ammar

    Photo 4: Scène de fraternisation entre un soldat et une citoyenne

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  • En direct de Tunis mardi 18 janvier par Ridha Kéfi

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    En direct de Tunis, deuxième correspondance de Ridha Kéfi (*) (directeur du portail d’informations Kapitalis) qui analyse pour nous la situation au quotidien des tunisiens et tunisiennes qui s’organisent et reprennent peu à peu leur activité.
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    Tunisie. Après la Révolution, la gueule de bois
    A Tunis, comme dans la plupart des autres villes tunisiennes, la nuit d’hier était relativement calme. Les comités de quartiers étaient positionnés à l’entrée des cités. L’armée, positionnée aux grands carrefours et dans les grands axes, veillait au grain. Les forces de police menaient des rondes incessantes. Des échanges de tirs ont été néanmoins enregistrés dans certains quartiers de Tunis. Le sentiment de sécurité retrouvée encourage les gens à reprendre peu à peu leurs activités habituelles. Les commerces ouvrent, l’approvisionnement en produits de première nécessité s’améliore. Il ne tardera pas à retrouver son rythme (presque) normal. Les administrations, les banques, les entreprises, les usines… Tout reprend, en attendant la réouverture des écoles et des universités et la reprise des activités culturelles et sportives.
    Un gouvernement de transition
    Sur le plan politique, la proclamation du nouveau gouvernement, hier soir, a été accueillie par un sentiment mitigé. Car si la majorité des Tunisiens se disent satisfaits, espérant voir ce gouvernement s’atteler rapidement à la normalisation de la situation dans le pays, des voix se sont néanmoins élevées pour critiquer la présence, dans ce gouvernement, de personnalités appartenant à l’ancien parti au pouvoir ou qui ont travaillé avec le dictateur déchu. M.AfifChelbi.jpgLes opposants au nouveau gouvernement ont même manifesté hier dans certaines villes du pays.
    Le nouveau gouvernement comprend plusieurs personnalités de l’opposition (tels Ahmed Néjib Chebbi, Mustapha Ben Jaâfar, Ahmed Ibrahim, Ahmed Ounaies, Abdeljelil Bédoui…), des technocrates issus du gouvernement dissous, de nombreux représentants de la société civile et certaines figures politiques issues de l’ancienne majorité, mais qui ont pris leur distance, entre-temps, avec le régime de Ben Ali (Mohamed Jegham, Ahmed Friaâ…).
    Cette composition est le résultat d’un savant dosage entre plusieurs exigences. Les technocrates (Mustapha Kamel Ennabli, Mohamed Nouri Jouini, Afif Chelbi…), sont là pour assurer la continuité de l’Etat et la gestion des dossiers urgents, notamment économiques et financiers. Ils auront aussi la lourde tâche de reprendre langue avec les partenaires internationaux du pays pour aider à la relance de l’investissement et des échanges, de manière à créer des emplois et des richesses. Tâche ardue s’il en est dans un contexte de crise mondiale et de difficultés internes.
    Un besoin de garanties
    La présence assez forte des figures de l’opposition et de la société civile est censée rassurer l’opinion sur les orientations progressistes du nouveau gouvernement d’union nationale, qui aura la lourde tâche de préparer la transition politique, en mettant en place les conditions (légales, organisationnelles et autres) requises pour la tenue d’élections législatives et présidentielles vraiment libres et transparentes, les premières dans l’histoire du pays, dans des délais raisonnables.
    mohamedJouini.jpgLe Premier ministre Mohamed Ghannouchi, qui a annoncé la composition du nouveau gouvernement, a annoncé aussi des mesures destinées à conforter la volonté d’ouverture politique et à donner des signaux positifs en direction de toutes les composantes de la société civile. La reconnaissance immédiate des partis et les associations qui ont déposé une demande à cet effet s’inscrit dans cette volonté. Ainsi que la levée des entraves à l’activité des associations et organisations, l’élargissement de la liberté de réunion et la garantie de la liberté d’information.
    Ni oubli, ni pardon
    Autres mesures annoncées, qui ont eu un écho favorable auprès de la population: la mise en place de la commission supérieure de Réforme politique, présidée par Iyadh Ben Achour, la commission nationale d’établissement des faits sur les affaires de malversation et de corruption la Commission nationale d’établissement des faits sur les abus durant la dernière période.
    Ces commissions, présidées par des hommes intègres, connus pour leur probité intellectuelle et leurs compétences (notamment juridiques), tels Iyadh Ben Achour, Abdelfatah Amor et Taoufik Bouderbala, devront aider à faire la lumière sur les abus commis par l’ancienne direction et, éventuellement, traduire leurs auteurs devant la justice.
    Il n’est pas question d’oubli, et encore moins de pardon. Il n’est pas question non plus de chasse aux sorcières. Il s’agit, surtout, de délimiter les responsabilités, d’identifier les auteurs de malversations et d’actes de corruption et de népotisme, d’instruire des dossiers solides susceptibles d’alimenter des actes d’accusation et de lancer des poursuites judiciaires contre tous ceux qui ont profité de leur proximité avec l’ancien pouvoir ou de leur position au sein de l’administration publique pour commettre des actes de prévarication.
    Ridha Kéfi de Tunis

    24281684.jpg(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres.

    Photo 1: Le premier ministre Mohamed Gannouchi

    Photo 2: Afif Chelbi

    Photo 3: Mohamed Jouini

    En rapport avec cette note: En direct de Tunis lundi 17 janvier par Ridha Kéfi


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  • Les tunisiens de Genève passent à l’action

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    _DSC0552-ssssss.jpgA Genève, la résistance s’organise pour empêcher les familles Trabelsi et Ben Ali de partir avec les fonds déposés dans les banques suisses. Ce matin, six militants tunisiens ont investi la banque privée HSBC Rue du Rhône où ils auraient vu entrer Sofiane Ben Ali, neveu de l’ex-président tunisien. Ils n’ont rien pu faire. Mais leur intervention n’est pas passée inaperçue puisque la Télévision et la Radio Suisse Romande ont couvert leur action. L’après-midi vers 16h00 une vingtaine de tunisiens se sont rassemblés devant la banque HSBC rive gauche pour une manifestation improvisée demandant à l’établissement bancaire de "rendre" l’argent du peuple tunisien. Une dizaine de minutes plus tard la police est venue et a dispersé dans le calme les militants tunisiens._DSC0546-ssssss.jpg
    Dans la matinée, on a appris qu’un avocat Suisse d’origine tunisienne Maître Ridha Ajmi a déposé une dénonciation pénale et une requête de mesure urgente auprès du Ministère public de la Confédération pour “sauvegarder les intérêts du peuple tunisien”.  Une trentaine de personnes y compris des sociétés et des associations sont concernées par la requête de l’avocat Maître Ajimi qui lance un appel à toutes les victimes du tandem Ben Ali-Trabelsi pour qu’elles déposent une plainte pénale.  Par ailleurs, cet avocat qui ne compte pas s’arrêter là a interpellé officiellement les autorités hélvétiques en vue de lancer un mandat d’arrêt contre Zine El Abidine Ben Ali, Leila Trabelsi et Rafik Bel Hadj Kacem ancien ministre de l’intérieur. 
    L’association des Tunisiennes et Tunisiens en Suisse s’est adressée directement par une lettre envoyée samedi 15 janvier  au Conseil fédéral pour bloquer immédiatement les avoirs en Suisse de la famille Ben Ali et Trabelsi. Le Parti socialiste Suisse déposera quant à lui entre aujourd’hui et demain une demande officielle auprès de la commission de politique extérieure du Conseil des Etats pour appuyer la requête des militants tunisiens. A suivre!

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    Photos Ali Zghal de la manifestation de l'après-midi
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