Pourquoi pas un royaume pour les dictateurs ?

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1994303086.jpgFace à cette envie de liberté de plus en plus grandissante des peuples arabes qui se rebiffent contre la dictature de leur gouvernant j’ai posé une question à Hafid Ouardiri directeur de la Fondation de l’Entre connaissance: “Que vous inspirent les révoltes actuelles?” C’est sous une forme d’allégorie que l’ex-porte parole de la mosquée de Genève m’a répondu.

Pourquoi pas un royaume pour les dictateurs ?
"Je voudrai partager avec vous un rêve que j’aimerai voir se réaliser tôt ou tard grâce à ce « tsunami » bienfaiteur porteur de liberté, de dignité et de démocratie qui submerge les pays arabo-musulmans et partout ailleurs.
Longtemps on a séparé les peuples en leur imposant des murs dictatoriaux qui dit-on avaient pour fonction de protéger l’Occident du péril islamiste et de l’invasion des émigrés venus du Sud. Des épouvantails et des fantasmes au service d’intérêts sordides.
Les dictateurs tombent et tomberont les uns après les autres depuis le début de cette année bénie qu’est 2011. C’est difficile mais ils iront jusqu’au bout de leur lutte, avec nous, si nous le voulons.
Cette génération de jeunes femmes et de jeunes hommes ne veut plus subir ce que leurs aînés ont subi. Ils ne veulent d’aucune dictature qu’elle soit politique, tribale, idéologique ou religieuse. Ils revendiquent toutes les composantes de leur identité et surtout leur dignité tout en affirmant leur identité universelle. Ils veulent sortir des ténèbres d408789950.jpge l’oppression pour respirer à pleins poumons l’air vivifiant de la LIBERTE.
Nous devons les aider à réaliser leur noble aspiration sans arrière pensée ou négociation intéressée parfumée de pétrole ou d’enjeux géostratégiques.
Au fur et à mesure que les dictateurs criminels et les monarques pervers et vassalisés chutent, il faut les juger, leur confisquer les milliards de la misère qu’ils ont volé à leurs peuples afin de le leur rendre pour qu’ils puissent construire leur avenir dignement dans une vraie démocratie fraternelle et équitable.
Mon rêve serait celui de créer un royaume des dictateurs quelque part dans la presqu’île arabique, il s’agit de cette portion de désert infréquentable que l’on appelle « El Roub’ el Khali ». Là, on les installera avec leurs familles, leurs bouffons et leurs courtisans. Ils seront entourés de toutes les précautions sécuritaires. Ils recevront juste ce qu’il faut à boire et à manger pour survivre.
On mettra à leur disposition quelques matériaux rudimentaires afin qu’ils puissent construire leurs palais-gourbis pour se protéger de la bonté diurne du soleil et profiter, la nuit, des caresses mordantes du froid désertique. Je ne suis pas pour leur exécution, il faut leur faire vivre ce qu’ils ont fait subir à leurs peuples. Ils pourront aussi cultiver le désert pour améliorer l’ordinaire. Malgré leurs crimes abominables, nous leur offrons une qualité de vie très bio « dégradable », c’est pas mal à comparer avec la souffrance et la terreur qu’ils ont affligé à leurs peuples.
620400158.4.jpgLes peuples libérés et réunifiés pourront suivre sur leurs écrans le quotidien de leurs anciens tyrans, une sorte de télé-réalité mondialement diffusée. Loin de moi tout esprit de cruauté ou de vengeance. Ce n’est que justice rendue.
Dans le royaume des dictateurs, les tyrans seront libres de choisir le mode politique qui leur convient : monarchie ou dictature absolue. En tout cas, je leur conseille la démocratie pour qu’ils en goûtent la saveur avant de disparaître une fois pour toute et aussi afin qu’ils comprennent la noble aspiration de ces peuples qu’ils ont toujours tyrannisé et cherché à anéantir, des générations durant, parce qu’ils voulaient être libres.
Non, je ne rêve pas, ce vent de liberté m’a définitivement réveillé et redonné espoir et surtout il est entrain de faire sauter le couvercle de la marmite dans laquelle brûlent plus de 350 millions d’êtres humains privés de tout. Vive la liberté des peuples loin du royaume et du règne des dictateurs."

Hafid Ouardiri, le 29 mars 2011

Photo 1 et photo 3: Haykel

Photo 2: Ali Zghal

Publié sur Kapitalis le 31 mars 2011

Et demain est un autre jour!

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