16/09/2015

Tourisme: des Suisses et des Tunisiens se mobilisent pour la relance de la destination Tunisie

11928758_916657021741693_3248969835050671750_o.jpgUn avion pour Tunis en solidarité avec le pays du jasmin.
Du 18 au 20 septembre, 70 personnalités du monde politique, culturel et médiatique suisse seront invitées à Tunis pour relancer le tourisme. Au menu, des visites mais aussi des rencontres avec des officiels et des personnes de la société civile.
Le week-end de la solidarité
Les bonnes volontés pour relancer le tourisme tunisien après l’attentat du Bardo et de Sousse ne manquent pas. La dernière en date est celle qui se déroulera ce week-end avec un avion de solidarité avec la Tunisie en provenance de Genève. Derrière cette opération citoyenne, l’infatigable Tahar Khadraoui et son tour opérateur Air Marin, et l’association  de Jalel Matri “Le Pont Genève” dont le bTK 1.jpgut est de promouvoir les échanges culturels entre la Suisse et la Tunisie. Tunisair et l’ONTT participeront à ce week-end de la solidarité en transportant les invités et en organisant leur séjour sur place.
Environ 70 participants essentiellement des voyagistes mais aussi des journalistes, des chefs d’entreprises, des députés, des conseillers municipaux, des adjoints aux maires, des syndicalistes, des artisans, des assureurs, des personnes de la société civile…
Tout ce beau monde est invité l’espace de 3 jours 2 nuits à visiter au pas de course Hammamet, Nabeul, Carthage, Sidi Bou Said et bien sûr Tunis avec le Musée de Bardo et l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) où il aura des entretiens avec des députés.
Matri Jalel.jpgMontrer le visage de la Tunisie actuelle
Au programme de la délégation pendant son séjour tunisien une rencontre avec un représentant de l’Utica, un dîner avec la ministre du Tourisme et de l’Artisanat Selma Elloumi Rekik, en compagnie de Radhouane Ben Salah, président de la FTH, et Mohamed-Ali Toumi, président de la FTAV. Le tout sera couronné par un point presse avec les médias tunisiens et suisses.
Pour Tahar Khadraoui, un professionnel aguerri, qui a connu toutes les crises ayant frappé le tourisme au cours des 20 dernières années et qui pousse sans relâche la destination, «c’est un voyage de solidarité, d’amitié et de promotion de la Tunisie. Refaire parler de notre pays et le remettre à la place qui lui revient, dans le peloton des destinations touristiques en Méditerranée». Objectif partagé par Jalel Matri de l’association “Le Pont Genève” qui veut montrer «le visage de la Tunisie actuelle». C’est bon pour l’image de la Tunisie!

Article paru dans Kapitalis le 16 septembre 2015

Et demain est un autre jour!

20/01/2011

En direct de Tunis jeudi 20 janvier par Ridha Kéfi

L’histoire est cousue de fil blanc. De l’intox pur et simple. C’est pourtant l’Elysée qui l’a glissée dans l’oreille d’un journaliste du ‘‘Monde’’ accrédité auprès de ses services, qui l’a diffusée sans vérifier. A quoi joue la France? par Ridha Kéfi. Une quatrième correspondance en direct de Tunis.

1295504703.jpgLes lingots d’or de Leila ou le jeu trouble de la France

L’histoire des lingots d’or que Leïla Ben Ali aurait réussi à faire sortir de la Banque centrale de Tunisie (Bct) et à porter avec elle dans son exil doré à Dubaï a été formellement démentie par les responsables de la Bct.

L’Elysée souffle à l’oreille des journalistes

Cette histoire a été soufflée par l’Elysée dans l’oreille du journaliste Arnaud Leparmentier, accrédité du quotidien ‘‘Le Monde’’ auprès de la présidence de la république française. Le journal l’a publiée sans prendre le soin de la vérifier. Toute la presse française et mondiale l’a reprise pieusement. 
L’Elysée a-t-il été trompé par ses services secrets? Ces services ont-ils voulu mettre l’huile sur le feu, en sortant cette histoire abracadabrante, en vue de faire échouer une révolution qu’ils n’ont pas vue venir? Piètre vengeance en somme… 
Les services secrets français, complètement hors du coup, et bidonnant à volonté comme de mauvais journalistes, ont raconté comment Leïla Trabelsi, la femme de l’ex-Président, se serait rendue à la Bct pour chercher des lingots d’or. L’ex-gouverneur Taoufik Baccar aurait refusé. Mme Ben Ali aurait appelé son mari, qui aurait d’abord lui aussi refusé, avant de céder. 
«Il semblerait que la femme de Ben Ali soit partie avec de l’or», explique un responsable politique français. «1,5 tonne d’or, cela fait 45 millions d’euros» (80 millions de dinars tunisiens), poursuit-il. 
Un conseiller de l’Elysée, l’air de celui qui en sait plus qu’il n’en dit, ajoute: «L’information vient essentiellement de source tunisienne, en particulier de la Banque centrale. Cela a l’air relativement confirmé.» 
Cette histoire archi-fausse a été soufflée par l’Elysée à Leparmentier, qui l’a d’abord rapportée sur son blog (où, curieusement, elle ne semble plus figurer). Elle s’est retrouvée lundi, sous sa signature, dans le journal papier (assortie d’un démenti d’un responsable de la Bct).

Sans titre.jpgLes services français piégés par Slim Bagga

Problème: la même anecdote des lingots, exactement la même, était rapportée par le site de l’opposition tunisienne Tunisnews, dès le… 3 janvier, sous la signature de Slim Bagga, opposant tunisien notoire exilé en France depuis près de 20 ans, comme raconté par Kapitalis.
Notre journal a en effet écrit, le 17 janvier, prenant ses distances vis-à-vis de ces informations: «Sauf à croire que notre collègue Slim Bagga, qui vit depuis près de 20 ans en exil en France, possède des sources sûres au sein de la Bct ou des renseignements tunisiens, on doit prendre ces affirmations avec les réserves requises.» 
Si on est indulgent, on peut dire que les services français sont d’une telle incompétence qu’ils ont cherché leurs informations sur des sites internet, ne prenant même pas le soin de les vérifier. 
On peut cependant se poser des questions sur l’attitude de l’Elysée et de ses services. Et si la France, non contente d’assister à une révolution qu’elle n’a pas vu venir, cherchait à la faire échouer, en donnant en pâture aux journalistes des informations destinées à ajouter de l’huile sur le feu.

20110113144359__bct.jpgLes tentatives de désinformation française

L’histoire des lingots d’or n’est pas une tentative isolée de désinformation française sur ce qui se passe en Tunisie. Paris avait cherché, auparavant, à faire accréditer la thèse d’un putsch militaire en Tunisie, dans une volonté évidente de mettre en doute la loyauté de l’armée nationale. 
Des experts es-catastrophe islamiste, qui ont longtemps émargé sur l’Agence de la communication extérieure (Atce), tel l’inénarrable Antoine Sfeir, sans parler des membres du lobby pro-Ben Ali dans la classe politique française, ont aussi cherché à brandir l’épouvantail islamiste. La vieille rengaine de «Ben Ali rempart à l’islamisme», souvent agitée par les dirigeants politiques français, et à leur tête le président Nicolas Sarkozy. 
Quand on connaît l’ampleur des intérêts liant les grands groupes français aux membres de la famille de Ben Ali, on peut se poser des questions sur la position de la France, dont les réactions officielles à la révolution tunisienne, telles celle de Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, proposant l’aide de la France à la Tunisie en maintien de l’ordre, sont d’un pitoyable ridicule.

Ridha Kéfi de Tunis

24281684.jpg(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres et directeur du portail d'informations Kapitalis.

Photo 1: Leila Ben Ali épouse de l'ex président tunisien (Photo AFP)

Photo 2: Slim Bagga

Photo 3: Banque centrale de Tunisie

En rapport avec cette note:

Et demain est un autre jour!

17/01/2011

En direct de Tunis lundi 17 janvier par Ridha Kéfi

24281684.jpgFace aux évènements qui se déroulent en Tunisie, nous sommes entrain d’assister à la naissance d’une nouvelle démocratie en Afrique du Nord. Les enjeux politiques sont nombreux et ce nouveau modèle de démocratie en devenir en Afrique du Nord semble créer une certaine tension auprès des pays voisins voire auprès de toute la région où gouvernent des Présidents au pouvoir unique et inique. Juste après la chute du dictateur Ben Ali le chaos a commencé à s’installer dans le pays. Des milices armées sèment la panique sans savoir vraiment qui les emploie. Certains y voient une main étrangère. Il est vrai qu’aucun pays arabe ne voit avec un bon oeil l’arrivée de cette nouvelle liberté qui s’est emparée du peuple tunisien. Pour comprendre et accompagner cette révolution, j’ai demandé à mon ami le tunisien Ridha Kéfi(*), écrivain et journaliste émérite, directeur du portail d’information Kapitalis de me livrer un témoignage quotidien pendant une semaine sur le vif en direct de Tunis.

Le printemps tunisien en plein hiver
Carthographie Hachette Tourisme.jpgLa Tunisie offre aujourd’hui l’image d’un pays qui se réveille d’une griserie révolutionnaire et prend conscience de l’ampleur de la tâche qui l’attend pour restaurer la paix civile, reconstruire la scène politique, détruite par 23 ans de dictature atroce, faire redémarrer la machine économique, grippée depuis près d’un mois, et rétablir la confiance des populations dans les institutions de l’Etat, largement discréditées par les dérives de l’ancien pouvoir.
La situation est certes encore moyennement agitée. Les sbires de Ben Ali – parmi les membres de l’ancien service de sécurité présidentielle et de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique progressiste (RCD) – continuent de terroriser les populations civiles.
Hier soir, des échanges de tirs nourris ont été enregistrés dans plusieurs quartiers de Tunis et d’autres villes. Des éléments incontrôlables poursuivent leurs actes de pillage et de dégradation, ciblant des propriétés et des biens de la famille du président déchu, mais aussi des établissements publics et privés.
Les citoyens, qui ont décidé de reprendre aujourd’hui leur travail, sont écœurés par le spectacle désolant des destructions commises ces derniers jours.
Le réveil est brutal, mais des éléments positifs sont enregistrés, qui dénotent une normalisation progressive de la situation.
L’armée, déployée dans tout le pays, est très bien accueillie par la population. Les comités de quartiers veillent à l’ordre public et collaborent étroitement avec les forces de l’ordre dans la traque des éléments réfractaires de l’ancien régime. 
Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi va annoncer ce matin la composition du gouvernement d’union nationale où les principales forces poTunisie 1.jpglitiques et mouvements de la société civile seront représentés.  
Les médias, longtemps muselés, sont repris en main par les journalistes et contribuent aujourd’hui à l’effort national de stabilisation. La télévision nationale sert de courroie de communication entre le peuple et l’armée, informant en temps réel sur la situation dans toutes les régions et contribuant à la traque des mercenaires (dont plusieurs tireurs d’élite européens) à la solde du président déchu.
L’approvisionnement en produits de première nécessité (carburants, produits alimentaires…) est assuré par les commerces de proximité qui commencent à ouvrir, profitant du début d’accalmie. Les banques, les administrations, les entreprises et les divers établissements reprennent ce matin leur activité normale.
Les touristes européens, qui ont quitté précipitamment ces derniers jours les stations balnéaires du pays,Tunisie 3.jpg ne tarderont pas à revenir pour profiter de nouveau de la qualité de l’offre touristique tunisienne: l’hospitalité des gens, les équipements hôteliers haut de gamme, les plages de sable fin, les vestiges historiques et le patrimoine culturel… Car les Tunisiens sont un peuple modéré, civilisé et pacifiste. Il a horreur de la violence et du sang. Il a été acculé à se soulever pour se débarrasser d’une dictature atroce qui l’oppresse et le prive de liberté. Il l’a fait les mains nues, en manifestant pacifiquement dans la rue.
Ce peuple, qui a le sens de la mesure et du compromis, ne tardera pas à rétablir la paix civile et à se remettre au travail. Il reconstruira rapidement ce qui a été détruit et repartira de bon pied, inaugurant une nouvelle ère de liberté, de paix et d’ouverture sur le monde. 
Dans ce processus, les pays occidentaux, y compris la Suisse, auront un rôle important à jouer, notamment en soutenant la démocratie naissante en Tunisie. Ce soutien peut s’exprimer de diverses façons: en aidant la nouvelle direction à reconstruire le champ politique et en appuyant la reprise économique, par la relance des échanges, des investissements et des flux touristiques.
Ridha Kéfi de Tunis

(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres.

Et demain est un autre jour!

10:49 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ridha kéfi, tunis, tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook