11.03.2011

En attendant le retour des touristes en Tunisie

389378639.jpgLe tourisme, Alain Bossu c’est son domaine. Après l’interview de Mehdi Houas ministre du Commerce et du Tourisme tunisien, son reportage sur  la manifestation de tunis le 26 février et le portrait d'un hôtelier Suisse établi à Sousse l'auteur de "La demoiselle de Guisanbourg" nous livre ici un regard objectif sur le présent et les attentes des professionnels tunisiens du tourisme local.

épices Sousse-ssssss1111.jpgLa Tunisie se prépare comme pour une compétition
Si les agents de voyages et les voyagistes européens visitent la Tunisie pour préparer la relance touristique, les Tunisiens qui travaillent dans le tourisme ne voient pas venir grand-monde pour l’instant, ce qui ne les empêche pas de se préparer à reprendre leur place.
Certes, le calme règne sur les sites balnéaires, mais les visiteurs attendent un véritable retour à la normale. «C’est vrai que le taux de remplissage des hôtels est faible, reconnaît Karim Ben Hassine Bey, directeur de l’hôtel de charme Dar Saïd à Sidi Bou Saïd, mais, par chance, c’est aussi la basse saison. Nous espérons que tout reprendra très vite. Nous avons bon espoir. »

Espoir?
marché Sousse-ssssss1111.jpg

Bon espoir, c’est un peu le message général. Chacun estime que l’été ne sera pas mauvais. De gros efforts sont planifiés ou déjà réalisés  pour que les professionnels comme les vacanciers n’oublient pas que la Tunisie joue une grande place dans le tourisme en Méditerranée. Mohamed Jerbi, Commissaire Régional au Tourisme de Tunis, sait qu’un retour rapide permettra de retrouver la forme dans tous les secteurs  qui font la force de la capitale et de sa région, c’est-à-dire le tourisme d’affaires, le balnéaire et le bien-être. Ajoutons les atouts de la plus grande médina d’Afrique et la grandeur culturelle avec Carthage et le musée du Bardo (en rénovation).


Un moment historique?

« La région, se réjouit-il, connaît un fort développement touristique, je pense au golf, à Cap Gammarth avec son port de plaisance. L’avenir n’est pas un psouks déserts à Sousse-ssssss1111.jpgroblème, je ne suis pas inquiet pour ce qui est du retour des touristes. C’est ce début de saison qui est encore en points de suspension. Nous vivons un moment historique. Il faut en profiter pour la formation et la vision à long terme. Nous travaillons sur des hébergements de charme supplémentaires dans la médina qui abrite environ 500 bâtiments historiques. Nous devons les faire vivre.»
Du côté de Sousse, la confiance est de mise également… pour l’avenir en espérant qu’il arrivera le plus vite possible. Mais il suffisait, il y a quelques jours, de se promener dans les souks, de visiter le Ribat ou les centres de shopping, comme le Soula Center, pour comprendre que les touristes étaient encore très frileux.

Bientôt la reprise?

A Port El Kantaoui, la pluie ajoutait à Bonjour Tristesse. Il n’empêche, les professionnels sont présents et travaillent. En charge du marketing du Groupe Sousse Nord, Jawhar Mlika ne peaufine pas que ses dossiers. Il s’investit à fond sur tous les marchés. «Nous sommes prêts pour la relance, nous avons des budgets pour communiquer  et, Wahid BenYoussef, Sadok Kouka et Abdennaceur Jerbi-ssssss1111.jpgsurtout, nous sommes confiants, vraiment confiants. Cette période nous permet de prendre du recul pour mieux positionner notre offre qui correspond à l’attente des touristes avec une belle hôtellerie et para-hôtellerie, des animations, la marina, les restaurants, le golf.»
Wahid Ben Youssef est le Commissaire Régional au Tourisme de Sousse. Il compte sur une reprise prochaine, avant la saison d’été. Il ne vise pas seulement le tourisme européen. «Les Algériens sont aussi une clientèle importante. Mais nous pensons que la clientèle européenne va revenir rapidement. Et nous saurons l’accueillir.»
Manager du fameux restaurant La Daurade à Port El Kantaoui, Sadok Kouka garde le moral. Il faut dire que l’homme sait ce que le mot compétition veut dire puisqu’il fut champion du monde de karaté en 1986. Il vit cette période comme un entraînement pour enchaîner sur une grande compétition. Et il sait que cette compétition aura lieu. Il pense même que la Tunisie peut remporter son pari.

Alain Bossu texte et photos

Dernière photo: Wahid Ben Youssef, Sadok Kouka et Abdenaceur Jerbi

 

A. Jerbi-ssssss1111.jpg
Abdenaceur Jerbi, Directeur de l'Office du Tourisme tunisen à Zurich
Et demain est un autre jour!

11:26 Ecrit par Haykel dans tourisme, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alain bossu, tourisme tunisien | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07.03.2011

Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme

965145778-ssssss1111.jpgDe retour de Tunis où il était convié avec une poignée de journalistes suisses à un voyage de travail à l’invitation de l’Office du Tourisme tunisien, le journaliste et écrivain Alain Bossu a bien voulu partager avec PLANETE PHOTOS, son carnet de voyage.
Aujourd’hui, il nous fait une synthèse de l’interview qu’a donné Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme à Tunis. Dans le prochain article il nous livrera son témoignage sur la manifestation de Tunis du 26 février qui a fait cinq victimes.

Sauver la saison et travailler le long terme
«Thank you Facebook », la révolution lui doit en effet énormément. A Tunis, les panneaux sont couverts de ces slogans qui ont fait vibrer les manifestants tout au long de ces dernières semaines. Reste que les réseaux sociaux véhiculent tout autant les rumeurs. Celle de la démission, il y a quelques jours, du nouveau ministre du Commerce et du Tourisme Mehdi Houas, en fait partie.
Qui est donc cet homme de 51 ans né à Marseille, génie des mathématiques appliquées et qui a fondé l’entreprise Talan, société de conseil spécialisée dans l’intégration des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) dans les relations clients ?

Un monde de rumeur!
Il n’a pas la langue dans sa poche et répond tranquMehdi Houas-ssssss1111.jpgillement à toutes les questions. «La Tunisie est un monde de rumeurs en ce moment, reconnaît-il, mais nous avançons.» Il sait que sur la Toile, les messages abondent. Des bons : « Bon courage, monsieur le Ministre » ou « C’est pas parce que le mot Dégage a réussi à renvoyer Ben Ali qu’on doit dégager tout le monde. » Souvent du plus désagréable : «Tu as vu son CV, tu crois que ce monsieur a besoin d’un salaire de ministre en Tunisie» ou «La priorité pour eux est de sauver la saison touristique, non pas le pays, quelle honte !»
Voilà, on entre dans le tourisme. Mehdi Houas est clair. «Mon boulot n’est pas de passer mon temps à me justifier. Je ne suis pas là pour préparer une future carrière politique. J’ai le profil de l’homme de la situation. Je structure des projets de remise en route, d’autres prendront ensuite le relais. S’il n’y a pas de tourisme, il n’y a pas d’économie. Alors, il faut se retrousser les manches et travailler. Nous devons faire en sorte que l’économie redémarre au plus tôt.»

Il faut sauver la saison!
Mehdi Houas a déjà rencontré un grand nombre de professionnels du tourisme, tunisiens et étrangers. «Oui, il faut sauver la saison d’été et c’est en hiver que ça se prépare. D’où le lancement de la campagne I love Tunisia. Nous devons dialoguer, rassurer, avancer, travailler sur le long terme en même temps qu’agir sur les leviers immédiats.»
Le ministre comprend les craintes actuelles des touristes. « Nous souhaitons que ceux qui ont l’habitude de venir participent à un acte sentimental plus que citoyens. Mais il ne faut pas se tromper de cible. Ce sont des familles qui veulent un accueil et une tranquillité, pas se trouver au cœur d’un problème. Mais je crois que nous pouvons être confiants. L’axe de développement majeur de notre pays est le tourisme. Il faut bousculer les choses. Nous étions sans doute trop statiques. Les touristes, eux, ne le sont plus.»

25 hôtels pour le clan Ben Ali-Trabelsi!
Au fait, que dire des hôtels du giron Familles Ben Ali et Trabelsi ? «La famille Ben Ali avait des liens partout, même dans le marché de la fripe. Si, aujourd’hui, on ne veut pas toucher à ce qu’a touché Ben Ali, on fait une croix sur la Tunisie. Dans le malheur, nous avons un peu de chance. Ils étaient plus actionnaires que gestionnaires. Ils comptaient seulement les dividendes, ça simplifie la tâche. Nous coupons donc le cordon capitalistique. Ils sont présents directement dans 25 hôtels. Mais nous avons la responsabilité de conserver l’emploi. Nous avons donc débranché l’actionnaire pour nommer un administrateur judiciaire. Mais l’hôtellerie doit fonctionner.»
Propos recueillis par Alain Bossu