04/03/2018

Note de lecture: «Lights Geneva graffiti magazine»pour une meilleure visibilité de l’art urbain genevois

693760742.jpgOn ne peut que saluer la naissance d’un nouveau magazine dédié au street art genevois. «Lights Geneva graffiti magazine» imprimé à 200 exemplaires et disponible pour le moment chez «Graphic Shop» a sorti il y a quelques jours son premier numéro. Plutôt de bonne facture avec davantage de photos que de textes, une mise en page aérée et des sujets qui ne manqueront pas d’intéresser les fans de l’art urbain. Au sommaire un article sur le rappeur ZIPPY, une interview avec la graffeuse LIF, une compilation des meilleures œuvres du crew genevois BCF (Bench crew family) spécialisé dans la réalisation de fresques, un coup de projecteur sur les «Latinos Artistes Sprayers» qui forment la «Old School» très prolifiques dans les années 90, six pages consacrées à l’artiste Tapaloy qui graffe sur les trains, un clin d’œil aux deux jeunes artistes franco-suisse qui forment le collectif «Industrie25», un reportage photos sur sur la 2ème 27867156_831147180425860_7401110147587758180_n.jpgédition du Festival international du graffiti «Shake Well» qui a eu lieu du 7 au 9 juillet dernier à Bordeaux, deux pages de photos de graffitis d’outre-frontières, une double page de tags...Dabtwo qui est l’initiateur de cette revue nous a ouvert le carnet de dessin du «The bench», le rendez-vous discret et hebdomadaire qu’il a crée avec Deter en 2011 pour partager sa passion avec d’autres graffeurs, un concours «Sketch» et un hommage à DETER ONE, un graffeur de l’ombre au talent immense et qui graffe depuis une vingtaine d’année.
1588316994.3.jpgL’un des meilleurs atouts de cette publication est de voir ou de revoir des fresques dont certaines ont disparu des murs de Genève. Pour l’actuel numéro à part les artistes cités plus haut vous pouvez contempler également le travail de TIMER, PANCHO, JAG, DETER, NUTS, BANDI, SPASM, QWEST et DABTWO.
Réalisé par un graffeur qui s’est entouré pour ce premier numéro d’artistes qui lui sont proches, «Lights» continuera son bonhomme de chemin avec de nouvelles rubriques et d’autres graffeurs et graffeuses qui brillent à Genève. Bonne continuation et vivement le deuxième numéro. 

En rapport avec cette note:

Bienvenue à «Light Geneva graffiti magazine»

L'actualité du graffiti genevois ici

Et demain est un autre jour!

14/02/2018

Bienvenue à «Light Geneva graffiti magazine»

27267523_1554624784653563_1332701612_o-724x1024.jpgC’est fait, Genève connaîtra à partir de demain sa première revue sur le graffiti. A ma connaissance cette première est carrément la seule expérience éditoriale à l’échelle du canton. «Light Geneva graffiti magazine» mettra sous les projecteurs 3 à 4 fois par année les artistes du street art qui font l’actualité. Une belle façon de garder une trace sur ce trésor éphémère qu’est le graffiti. Une excellente initiative de la part de son initiateur le graffeur talentueux Dabtwo.
Le numéro 1 sera présenté au public le jeudi 15 février à partir de 20h à l’Ecurie à Ilôt 13. Un vernissage ponctué de musique avec la présence de DJ Tenor Rock, Zippy (DGZ) et ZINZ.
En attendant, Dabtwo a bien voulu répondre à mes questions histoire de présenter ce nouveau venu dans l’édition qui va certainement faire plaisir à plus d’un aficionado du graffiti.
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Sans titre4.jpgDabtwo je te laisse te présenter aux lecteurs de ce blog :
Mon blaze est Dabtwo. Je pratique le graffiti dit «légal» depuis une dizaine d’année. Auparavant, je me suis surtout consacré à la pratique du skateboard qui demande beaucoup de temps et d’énergie. Depuis que j’ai commencé le graffiti j’ai toujours essayé de m’ouvrir aux autres. Je suis notamment le fondateur du Bench puis du Bench Crew. Je suis aujourd’hui à la tête de Lights Magazine et de LTS Production. J’espère pouvoir continuer à rassembler les gens et donner un maximum de force à ceux qui œuvrent dans la bonne direction. Sans titre.jpg
- Comment t’es venu l’idée pour cette revue sur le graffiti?
J’achète et conserve des magazines depuis mon adolescence. Ces dernières années avec la multiplication des sites et réseaux sociaux sur internet et parallèlement la chute des ventes dans l’industrie de la presse écrite j’ai pu constater que le comportement des graffeurs avait considérablement changé et qu’aujourd’hui  pratiquement toutes les œuvres réalisées finissent en photo sur internet (fini la boite à chaussure et les pressbook photo caché au fond d’un tiroir). Chacun veut voir sa pièce tourner et être admirée par le plus grand nombre mais voilà que reste-t-il comme trace après les quelques likes vu que les publications s’enchainent et que par ailleurs la plus part de ces même sites ont une durée de vie bien plus courte qu’un magazine soigneusement conservé dans une bibliothèque. J’ai donc décidé de me lancer dans la réalisation de ce magazine pour d’une part permettre la conservation des œuvres réalisées par les graffeurs locaux et d’autre part répondre au besoin de visibilité d’un mouvement en constante évolution et malheureusement toujours pas respecté à sa juste valeur.

Sans titre2.jpg- Quelle sera la ligne directrice de «Lights»?
Ce magazine est avant tout indépendant et du graffiti pour le graffiti si je peux dire. Je compte donc lui permettre d’évoluer en ce sens. Il y aura d’autres rubriques dans les prochains numéros et surtout d’autres artistes, j’espère qu’il permettra de fédérer la scène locale et que chacun y trouvera son compte.
 - Quelle sera sa fréquence, sa distribution et qui seront les contributeurs?
J’espère pouvoir sortir 3 à 4 numéros par année. Concernant la distribution les choses sont en train de se mettre en place mais vous pouvez déjà le trouver chez Graphic Shop à Genève (Rue Caroline 13, 1227 Genève). Pour l’instant je travaille avec plusieurs graffeurs et photographes afin d’avoir un contenu original mais je suis intéressé à ouvrir encore l’équipe et bien sûr permettre au plus grand nombre possible d’acteur du mouvement de figurer dans le magazine.
27173413_943017832534960_4614038420734397732_o.jpg-Une présentation du sommaire du premier numéro
Le premier numéro est surtout composé d’artistes avec qui j’ai eu la chance d’évoluer ces dernières années car je ne voulais pas trop ébruiter ce projet avant qu’il se concrétise. Vous pouvez aussi y retrouver notamment une rubrique old-school, une rubrique internationale avec dans chaque numéro un focus sur un des événements important de la scène graffiti, une rubrique world wild avec divers photos d’œuvres et d’ambiance prise pour la plus part en voyage, un article sur Zippy (DGZ Muzik) un artiste Rap/Trap genevois, un concours de sketch et une double page consacrée aux tags.
28124731_953026311534112_2128717732_o.jpg-Actuellement sur la scène du graffiti à Genève règne la loi des clans entre graffeurs et graffeuses. Les tensions ne manquent pas dans ce domaine. Certains artistes s’évitent et d’autres s’invectivent à travers les réseaux sociaux. Quand penses-tu ?
Effectivement, il y a toujours eu et je pense qu’il y aura toujours certaines tensions ou rivalités entre les différents individus qui pratiquent le graffiti au sens large. Je pense que souvent tout cela est dû au fait que certains ne se connaissent pas et on donc du mal à accepter le travail ou les actions des autres. Parfois, il suffit juste de se croiser pour régler le problème, d’autre fois il est nécessaire de rappeler certaines règles à ceux qui ont tendance à les oublier ou les ignorer. Il faut aussi prendre en compte le fait que de plus en plus de personnes pratique et que les espaces vierges sont limités ou nécessitent plus d’investissement que simplement repasser ceux d’avant. Rester humble et faire ses preuves au fil des ans permettent d’obtenir le respect des autres plus facilement que d’essayer de s’imposer.

PS: pour contacter Dabtwo sur FB ici ou sur le site internet de LTS production ici

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