06/06/2012

Oskar Freysinger et la banalisation du racisme

Encore une réflexion sur l’UDC et son infatigable mentor Oskar Freysinger par Karl Grünberg d’ACOR SOS Racisme

172875086.jpgUne véritable gauche universaliste, cosmopolite, internationaliste va-t-elle enfin entreprendre la lutte contre le racisme?
 A force d’être responsables, les partis socialistes et leur pilotage de l’impossible projet européen des magnats qui ont étouffé les parlements nationaux se sont discrédités. La droite traditionnelle, quant à elle, a usé jusqu’à la corde le costume de la «réforme», de la destruction des progrès sociaux du XXe siècle. Sans peine, les démagogues brandissent les intérêts de l’ethnie (de la race) pour défendre les peuples qu’ont lâchés les parlements (la délégocratie dixit Oskar Freysinger, RSR la Première, 31 mai 2012). 
Dans le tintamarre des cloches de son fan club valaisan le congrès de l'UDC a élu le 5 mai 2012 Oskar Freysinger à sa vice-présidence.
 Après les élections fédérales des divergences étaient apparues dans l'UDC. Estimant que le parti ne devait pas aller plus loin dans la provocation, Yvan Perrin, son vice-président romand brigue un nouveau mandat. Oskar Freysinger le combat: «On attend de l'UDC qu'il soit le vilain garçon qui met le doigt dans les plaies, pour réveiller les consciences des partis gouvernementaux». 
Yvan Perrin jette l'éponge, seul candidat à sa succession Oskar Freysinger est élu le 5 mai flanqué d’un second vice-président romand, l’apparatchik Claude-Alain Voiblet. Fringant, se love avec délice dans ses nouvelles responsabilités: «Jamais je ne deviendrai quelqu’un d’autre». 
Annoncée depuis quelques mois, la candidature d’Oskar Freysinger n'a pas suscité la moindre émotion. ACOR SOS Racisme a vainement tenté de stimuler une opposition à cette ambition. Aucune réaction à droite. A gauche, c’est consternant, on a pu entendre qu'il ne faut pas donner à penser que certains UDC seraient meilleurs que d'autres.
La promotion de ce roublard démagogue et menteur accentue la banalisation du racisme alors qu’il est urgent d’engager, y compris auprès des électeurs et des électrices de l’UDC, un vrai combat contre ce fléau!
 L'homme qui dit l'islam incompatible avec la démocratie, la race blanche menacée, la guerre civile en marche serait donc à sa place à la direction du plus puissant parti bourgeois de Suisse ?

Les Inrocks ont perçu le danger

«Ce député populiste est pourtant l’une des voix les plus importantes dans le paysage politique suisse. Vice-président de l’Union démocratique du centre depuis mai 2012, Freysinger a infusé une ligne xénophobe à ce parti conservateur. Régulièrement de passage en France, Freysinger fait figure de modèle politique pour les mouvements islamophobes français tels que le Bloc identitaire ou Riposte laïque. Âgé de 52 ans, cet ancien prof de littérature a acquis une dimension internationale en décembre 2009 en devenant l’homme du “oui” au référendum suisse contre la construction de minarets, qui a rassemblé plus de 57% des suffrages».
 Arrêt sur image 
Oskar Freysinger et l’antisémitisme: «Dieudonné pousse un peu loin le bouchon, mais au moins, nom d’un chien, il ose! (…) La personne qui est profondément convaincue que la Shoah n’a jamais eu lieu (…) mais laissez-la dire ! Sinon il devient un martyr (…) et on finit, peut-être, par susciter dans l’esprit de certains ah mais si on le met en prison, c’est que peut-être il y a quelque chose de vrai dans ce qu’il dit - même si personnellement je trouve ça complètement idiot et je vous le dis pour ne pas avoir des emmerdes. 
Selon le militant antisémite Alain Soral, Freysinger «a l’honnêteté de reconnaître que se déclarer sioniste était une obligation pour accéder aux médias en Occident, et pouvoir jouer un rôle politique de premier plan! »
Oskar Freysinger et l’islamophobie, petit florilège : «La construction des minarets doit être interdite. En revanche il n'est pas raisonnable de vouloir interdire de planter un drapeau nazi dans son jardin» . «Franchement, le Français moyen, il frôle les murs, il rase les murs et il baisse le regard, cet homme-là, né sur sol français, Français de souche, souchien comme on l’appelle, n’est-ce pas, dans certaines bouches, eh bien, il baisse le regard et il frôle les murs. Alors, ça, c’est une dhimmitude pour moi. C’est pas normal». Non content de fricoter avec le gratin des islamophobes européens, les Geert Wilders, les Filip Dewinter, les Carl Lang, les Identitaires et Riposte laïque, Oskar Freysinger a rejoint le staff de Stop Islamization of Europe, le puissant lobby islamophobe étatsunien qui mène une violente campagne contre la Suisse accusée d’accepter l’or musulman après avoir caché l‘or nazi.

MCG.jpgOskar Freysinger et le mensonge :
◦    Contre la naturalisation facilitée, l'UDC affiche dans toute la Suisse des mains rapaces puisant les passeports que bradent les autorités. Freysinger exprime son credo: «un mensonge bien formulé vaut mieux qu'une vérité mal exprimée». Le 31 mai 2012, sur la Première, le nouveau vice-président de l’UDC suisse affirme que « Pour le milliard qu’on a payé aux pays de l’est on n’a pas eu de référendum obligatoire » Ah l’effronté ! La Loi fédérale sur la coopération avec les Etats d’Europe de l’Est a été adoptée le 26 novembre 2006 à 53,4 % sur référendum par le peuple.

Oskar Freysinger et le racisme le plus gras :
◦    Eric Stauffer fait campagne avec une des affiches les plus crades vues à Genève depuis longtemps. Allié à l’UDC, son mouvement singe son mentor: vêtu de l’orange de Guantanamo son Salamovitch S. est le répugnant personnage qu’Eric Stauffer promet d’éliminer. Qu’en pense Oskar Freysinger? «Le MCG d’Eric Stauffer a accepté notre convention. Quand la centralisation et l’étatisation de ce pays deviendront insupportables pour les partis centristes, ils comprendront peut-être que l’UDC est un allié plus intéressant que le PS. Ce dernier reste le parti socialiste le plus à gauche de toute l’Europe, avec des idéologues comme Levrat tout droit sortis de la cuisse de Marx».

Karl Grünberg
 ACOR SOS Racisme

A lire également:

00:45 Écrit par Haykel dans Politique suisse | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : oskar freysinger, karl grünberg | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/05/2012

La République etc. (Première partie) par Karl Grünberg

1424484813.jpgNicolas Sarkozy s’en va et laisse sa place à François Hollande. C’est le moment qu’a choisi Karl Grünberg d’ACOR SOS Racisme pour dresser le bilan de la droite française tout en égratignant au passe l’immobilisme voir le double jeu de la gauche. D’autres analyses de l’auteur viendront compléter cette première partie. Encore un regard édifiant sur la racisme ambiant en Europe...

============================================

Pendant sept ans, Nicolas Sarkozy et les siens ont multiplié les éclats racistes et les œillades au Front national. La gauche a regardé l’islamophobie se répandre comme s’il s’agissait d’une épidémie. Grâce au faux nez de la laïcité, l’hostilité contre l’islam a trouvé un autre ton que celui de Jean-Marie Le Pen et des soudards de l’Algérie française. Marine a adopté ce nouveau look.
De mâles accents brandis au secours de la République
Le 18 juin 2009, 58 députés suivent le député communiste André Gérin qui veut une commission pour étudier la question du niqab. Le 22 juin, Sarkozy la lui donne. La commission Gérin aura six mois pour rendre sa copie.
Pour mémoire : Le 29 novembre 2009, 57,5% des citoyennes et citoyens suisses ont voté l’interdiction de construire des minarets après une violente campagne pour leur faire croire que « l’islam, dans son dogme, est incompatible avec l’élaboration d’une démocratie quelle qu’elle soit » .
Le 24 mars 2010, Sarkozy se lâche : « Trop longtemps nous avons supporté les atteintes à la laïcité, à l'égalité de l'homme et de la femme, les discriminations. Ce n'est plus supportable. Le voile intégral est contraire à la dignité de la femme. Le gouvernement déposera un projet de loi d'interdiction du voile».
13 juillet 2010, 335 députés votent la loi
Selon le Monde, «Le texte a été approuvé par toute la droite et 20 députés de gauche, dont Manuel Valls (PS) et André Gerin (PCF). La quasi-totalité de l'opposition (PS, PCF et Verts), tout en étant résolument opposée au port du niqab et de la burqa, a refusé de prendre part au vote. Les quatre députés Verts n'ont pas voté contre le texte comme ils l'avaient annoncé, suivant les conseils de leur toute nouvelle collègue Anny Poursinoff qui a mis en avant le risque d'apparaître pro-burqa. Seul le villepiniste Daniel Garrigue a voté contre car, selon lui, "pour combattre un comportement extrémiste, on prend le risque de glisser vers une société totalitaire". D'autres proches de Dominique de Villepin ont refusé de participer au scrutin ».
Une guérilla législative s’abat contre de prétendues menaces musulmanes dénoncées au nom de la défense des femmes ou des enfants.
Le 25 octobre 2011, la sénatrice chevènementiste Françoise Laborde dépose un projet de loi po© jean-luc sillieres - Fotolia.com.jpgur interdire le port du voile dans les structures de la petite enfance. Le 17 janvier 2012, le Sénat adopte une proposition de loi pour interdire aux assistantes maternelles le port du foulard à l'intérieur même de leur domicile.
Le Front de Gauche ajoute sa pierre à l’entreprise de démolition. Assurant chasser « Toute ségrégation de genre ou communautaire de l’espace public », son programme veut interdire « le choix du sexe du médecin à l’hôpital public ». Droit élémentaire, ce libre choix est stigmatisé sous le prétexte fallacieux qu’il introduirait une ségrégation de genre !
Mercredi 2 mai 2012 à la veille de son élection contre un Sarkozy déjà battu, François Hollande, donnait des gages de continuité. Avec lui, aucune cantine scolaire ne servira de viande halal, aucune piscine municipale ne proposera des horaires différents pour hommes et pour femmes.
Comment en est-on arrivés là ?
La gauche, n’a pas de tradition anticolonialiste, antiraciste. Le fameux Programme du Conseil national de la Résistance sur lequel elle cale la résistance à l’entreprise de démolition sociale, civile et politique de la classe dominante se bornait à revendiquer « Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales ». Le 8 mai 1945, des Algériens ont manifesté leur espoir que les promesses du combat en commun contre le fascisme et le nazisme seraient tenues. A Guelma, à Setif, à Kherrata ils tombèrent par milliers sous les balles du nouveau régime … issu de la Résistance.
En finir avec Renan et sa conception raciste de la nation
Les clameurs de la politique française et les postures de ses stars évoquent la laïcité, la république, l’identité, la classe moyenne pillée et sa colère qui effraie. Bientôt, la cruelle vie quotidienne s’imposera à nouveau. Comment résister à l’austérité ? Comment, enfin, engager le combat contre le nationalisme et tordre le cou à l’analyse qu’a imposée Ernest Renan sans « commettre la plus grave des erreurs, (confondre) la race avec la nation et attribuer à des groupes ethnographiques ou plutôt linguistiques une souveraineté analogue à celle des peuples réellement existants » .
Aimé Césaire et son «Discours sur le colonialisme» (1955) dévoilent ce galimatias?
«Nous aspirons, non pas à l’égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire une loi.» Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe en pleine sauvagerie hurlante. Qui parle ? J’ai honte à le dire : c’est l’humaniste © Ivonne Wierink - Fotolia.com.pngoccidental, le philosophe «idéaliste». Qu’il s’appelle Renan c’est un hasard. Que ce soit tiré d’un livre intitulé : La Réforme intellectuelle et morale en dit long sur les mœurs bourgeoises.
«La régénération des races inférieures ou abâtardies par les races supérieures est dans l’ordre providentiel de l’humanité. (…) La nature a fait une race d’ouvriers, c’est la race chinoise, d’une dextérité de main merveilleuse sans presque aucun sentiment d’honneur ; gouvernez-la en prélevant d’elle un ample douaire au profit de la race conquérante, elle sera satisfaite ; une race de travailleurs de la terre, c’est le nègre ; soyez bon pour lui et humain, et tout sera dans l’ordre; une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. Réduisez cette noble race à travailler dans l’ergastule comme des nègres et des Chinois, elle se révolte. (…) Or, la vie qui révolte nos travailleurs rendrait heureux un Chinois, un fellah, êtres qui ne sont nullement militaires. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait, et tout ira bien.»
Karl Grünberg
ACOR SOS Racisme

Photo 1: Haykel

Illustration 2: © jean-luc sillieres - Fotolia.com

Illustration 3: © Ivonne Wierink - Fotolia.com

19:11 Écrit par Haykel dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : karl grünberg, nicolas srkosy, francois hollande, la droite, la gaucheracisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/03/2012

ACOR SOS RACISME OBSERVE LE SILENCE

420196754.2.jpgEn marge de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale par Karl Grünberg

Des attentats terroristes et racistes ont tué sept personnes dont trois enfants. De nouvelles manifestations d’antisémitisme font écho à l’islamophobie qui envahit la vie politique.

Le 21 mars est consacré depuis 1966 à l'élimination du racisme.

Le 21 mars 1960, la police sud africaine a tué 69 manifestants pacifiques. En proclamant le 21 mars «Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale», les Nations Unies ont engagé la communauté internationale «à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale».
L’apartheid fut aboli en 1991. Dix ans plus tard, hommage à ce combat, la Conférence mondiale contre le racisme avait lieu à Durban en Afrique du Sud.
Le racisme progresse dans le monde et fait peser de nouveaux enjeux sur la commémoration de 2001. Condamnant la traite négrière et le colonialisme, la Conférence dénonce les discriminations contre les migrants et les réfugiés.
En 2012, près de vingt ans après les Accords d’Oslo, la reconnaissance de la Palestine n’est toujours pas à l’ordre du jour. Cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie où en est la reconnaissance des crimes du colonialisme? Et le combat contre l’islamisme qui justifierait la sale guerre menée en Afghanistan n’est-il pas invoqué en France et ailleurs pour interdire la burqa ou même le foulard que portent en privé des assistantes maternelles?

Désormais, les responsables politiques recourent délibérément au racisme En 1987, Le Pen soutenait que «les chambres à gaz» sont «un point de détail de l'histoire de la © kentoh - Fotolia.com.jpgSeconde Guerre mondiale». Quatre ans plus tard il était condamné.
Aujourd’hui, les plus hautes instances multiplient les petites phrases irresponsables aussitôt banalisées comme autant d’efforts pour arracher des voix au Front National. Pour Nicolas Sarkozy «l’homme africain est incapable de s’inventer un destin»[1]. Et Claude Guéant, son ministre de l’Intérieur, vient d’asséner que «toutes les civilisations ne se valent pas».
Le rouleau compresseur de «la réforme» plonge dans la misère et le désespoir des millions d’hommes et de femmes, de jeunes gens, de personnes âgées. Beaucoup se revendiquent «Français de souche», ou «vrais Suisses». Qu’expriment-ils sinon l’espoir que leur passeport les protégerait du désastre qui grandit?
Jugera-t-on les responsables de leurs angoisses qui s’enrichissent en spéculant, bénéficient de niches fiscales, démantèlent les assurances sociales, pillent les pays pauvres et traquent leurs migrants réfugiés dans leurs métropoles?
Combien d’années la banalisation du racisme nuira-t-elle encore à la société?
Qui ne connait l’histoire du petit hollandais qui boucha toute une nuit la faille dans la digue qui protégeait son village? La digue a tenu et le village fut sauvé. Les associations combattant le racisme sont hélas aujourd’hui insuffisantes à le faire reculer.
Comment faire entendre le seul message qui ait du sens?
· L’appel à réunir la société civile sans exclusive aucune pour refuser toutes les manifestations et les discours de haine?
· L’appel à civiliser la vie politique contre les préjugés raciaux, les discriminations, la guerre et le pillage sans vergogne des ressources de pays jugulés, de peuples asservis.

Karl Grünberg

ACOR SOS Racisme
 21 mars 2012

[1] Discours de Dakar, 2007 : « Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès »

 

Et demain est un autre jour!

13:25 Écrit par Haykel dans Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : karl grünberg, racisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/02/2012

La France des ténèbres par Karl Grünberg

gogos-nigauds-sel-sur-queue-karl-grunberg-L-PDkjhF.jpgUne réaction à chaud du Président d’Acor SOS Racisme, Karl Grünberg suite à un article publié dernièrement sur Yahoo. La bataille des prochaines élections en France fait rage et surfe sur un racisme nauséabond...

Siphonner le Front National ou engouffrer la France dans un voyage vers les abîmes ?
Mais enfin que faut-il donc encore attendre pour assurer la mise en place d’une véritable campagne d’envergure contre le racisme, l’élitisme et pour la justice sociale ?
Samedi 4 février 2012, Claude Guéant fait son buzz. Il déclare que les civilisations ne se valent pas devant ses hôtes, le syndicat étudiant Uni. Au lendemain de mai ’68, Foccart, célèbre pour ses réseaux de barbouzes colonialistes et Pasqua, responsable d’une milice de cogneurs (le SAC, Sevice d’action civique) qui sera un vivier de cadres pour le futur DPS (Département protection sécurité du FN) avaient présidé à sa naissance.
Ancien membres du “syndicat”? Francois Fillon, Premier ministre, Jean-François Copé, Secrétaire Général de l'UMP, Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée nationale et Nicolas Sarkozy, Président de la République…
Ainsi, lundi 6 février, Sarkozy soutient vivement Guéant, cet ex-nègre, qui porte la parole comme on porte le flingue.
Nicolas.jpgSarkozy chauffe la colle. Il prépare son interview du 9 février au Figaro qui annonce le positionnement raciste de sa candidature: “(…) ceux qui arrivent qui doivent assimiler nos règles (…) Nous avons pu intégrer dans le creuset républicain les vagues migratoires précédentes parce qu'il y avait chez les nouveaux venus une communauté culturelle et religieuse au fond très proche de notre histoire. L'immigration la plus récente est différente. Cela (…) pose également des questions redoutables (…) liées aux revendications communautaristes d'une minorité. La France a fait des efforts considérables pour créer des lieux de culte, pour que chacun se sente considéré, y compris dans ses différences. Mais il a également fallu fixer des limites. En 2008, dans mon discours devant le Congrès,  j'ai expliqué que la burqa ou le niqab devaient être interdits. J'ai également demandé qu'on mette un terme aux prières de rue ».
Porte-parole et conseiller pour l'immigration de Marine Le Pen, Nicolas Bay, comprend à juste titre que l'actuel chef de l'Etat cherche à répéter son coup de 2007 qui a réussi à « siphonner » une partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen. Nicolas Bay estime que la « dynamique » est aujourd'hui du côté du FN. Il serait facile de montrer son bilan «catastrophique» en matière d'immigration et de sécurité.
Mercredi 15 février, le Figaro se réjouit, Marine Le Pen s’essoufflerait.
Marie le pen.jpgLe gouvernement français confirme la prétendue existence d’un problème halal.
Samedi 18 février, Marine Le Pen passe à l’offensive sur l’immigration. S’inspirant de Sarkozy elle s’engage contre la viande halal et annonce son intention d'engager une procédure judiciaire pour «tromperie sur la marchandise». «L'ensemble de la viande distribuée en Ile-de-France serait halal à l'insu du consommateur».
Dans les heures qui suivent et dans une précipitation cacophonique, le président de l'Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes et le ministère de l'agriculture multiplient les démentis. Ce dernier, cela ne s’invente pas, assure au contraire que selon un décret paru le 28 décembre 2011 et en application depuis début janvier, l'abattage selon le rite halal ne peut avoir lieu que “sur commande, et non de manière mécanique ou systématique". Le gouvernement confirme la prétendue existence d’un problème halal…
Dans le centre de Lille, et pour dénoncer la présence des Le Pen, quelques centaines de personnes ont manifesté hier à l'appel d'un “collectif antifasciste” pour dénoncer la "propagande nauséabonde" du FN.
Mais enfin que faut-il donc encore attendre pour assurer la mise en place d’une véritable campagne d’envergue contre le racisme, l’élitisme et pour la justice sociale ?

Et demain est un autre jour!

12:49 Écrit par Haykel dans Politique, Résistance | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : karl grünberg, sarkosy, marie le pen | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/01/2012

«La sécurité, première des libertés » L’UDC emprunte un slogan au Front National (FN)!

gogos-nigauds-sel-sur-queue-karl-grunberg-L-PDkjhF.jpgUne nouvelle contribution de Karl Grünberg.

A trois mois de l’élection présidentielle, le FN qu’ont fondé de vieux fascistes rassemble avec Marine Le Pen des millions d’intentions de vote dont celles de nombreux travailleurs.
Ce slogan banalise vingt ans de propagande. Il aseptise son racisme. Chacun le comprend. L’insécurité c’est la racaille, le jeune de cité, l’étranger, le musulman, et non pas la misère, la maladie, l’avenir volé.
Doté de députés entre 1986 et 1988 seulement, le FN n’a eu aucune responsabilité dans les réformes de tous les gouvernements depuis le «tournant de la rigueur» qu’a pris Mitterrand en 1983. Jean-Marie moquait la «bande des quatre», (PS, PC, RPR et UDF). Marine, ce qu’il en reste: «l’UMPS»! N’avoir pas participé à cette politique antisociale contribue aux succès électoraux du FN.
L’UDC y a contribué mais cela ne lui a pas aliéné un électorat populaire qui vote contre ses intérêts. Vieux parti gouvernemental l’UDC est pourtant responsable du démembrement des lois protégeant les travailleurs, les jeunes en formation, les personnes âgées, les malades, les invalides, les chômeurs, les locataires.
La jeune présidente et conseillère nationale de l’UDC/Genève, Céline Amaudruz, affiche elle aussi ce slogan racoleur.
L’UDC était un petit parti agrarien et conservateur (11,5% des suffrages en 1991). «Dénonçant le système» sous la férule de Blocher, il en rassemble 26,5% en 2011 (29% en 2007). Né de presque rien et à la même époque, le FN connaît une progression semblable.
Auraient-ils réussi si les régimes qu’ils contestent avaient poursuivi les politiques qui ont fait leur succès au cours des années 1945-1985? L’incapacité des partis gouvernementaux de gauche à refuser les politiques antisociales des secteurs dominants de la bourgeoisie, la volonté de leurs homologues de droite de les satisfaire ont conduit à la désaffection que les nouvelles classes politiques populistes ont saisie.
© kentoh - Fotolia.com.jpgLeur carte de visite? Le racisme identitaire.
Le FN soi-disant social et l’UDC libérale déclinent l’argumentaire de la préférence nationale, contre le regroupement familial, les prétendus abus aux prestations sociales, la «criminalité étrangère» et «l’altération de l’identité nationale» (islamophobie). Ils veulent réformer le code de la nationalité pour protéger cette dernière. Leurs insertions dans leurs pays respectifs sont différentes, mais leur ethnoracisme est le même. Pas grand-chose ne distingue Marine Le Pen et Oskar Freysinger qui ne se fréquentent pas encore ouvertement.
Comment ne pas comprendre l’écrasante responsabilité des exécutifs européens et des partis gouvernementaux de gauche et de droite pour expliquer que des formations minoritaires il y a quelque vingt ans sont désormais créditées d’un tiers de leurs électorats nationaux respectifs?
Ayant laissé les secteurs dominants de la bourgeoisie prendre la «gouvernance» par dessus les parlements, ils ont permis au racisme de régenter la vie politique:
• Depuis le rétablissement de la démocratie en 1945, les parlements négociaient le progrès social et la répartition des gains de productivité. Les voilà devenus des casseurs de législation. Comment s’étonner si la préférence nationale se substitue à la répartition sociale?
• S’imposant contre la représentation démocratique la nouvelle gouvernance européenne fonde sur les valeurs judéo-chrétiennes et la civilisation occidentale ce qu’elle ne peut légitimer politiquement.
• Les vieux partis racistes(1) ont compris au milieu des années 1980 qu’en dénonçant la trahison des partis traditionnels de gauche et de droite ils se frayaient une nouvelle voie. Rabâchant un nationalisme nostalgique ils proposent pour toute perspective aux masses paupérisées d’expulser «étrangers» et «faux réfugiés» pour récupérer leurs biens qu’ils prétendent indûment acquis, les fameux abus.
Lutter contre le racisme et pour un véritable programme social sont les deux pans indissociables de la riposte. La gauche tout entière finira-t-elle par le comprendre?
Karl Grünberg
ACOR SOS Racisme

(1) Si l’antisémitisme de Le Pen est bien connu, il faut rappeler que von Steiger, le conseiller fédéral qui a fermé la Suisse aux Juifs alors qu’il savait que la solution finale était mise en œuvre, était agrarien (UDC).

Et demain est un autre jour!

12:05 Écrit par Haykel dans Politique suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : karl grünberg, udc, front national, oskar freysinger | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/11/2011

L’hiver avec l’islamophobie comme cache-misère ? par Karl Grünberg

Sans titre.jpgKarl Grünberg (ACOR SOS Racisme) persiste et signe. Je lui ai demandé ce que signifie actuellement l’islamophobie en Suisse. Sa réponse n’a pas tardé. L’islamophobie est un racisme latent et certain…en Suisse et ailleurs!
==========
Combattre l’islamophobie est difficile. L’extrême-droite la porte, mais dans la crise politique que nous vivons l’extrême-droite se libère de l’image gore qui l’a longtemps plombée. Et certains se disent islamophobes qui se distinguent de l’extrême-droite.
Une forme de racisme mal identifiée
Pourquoi cette controverse sur sa dénomination? L’islamophobie dirait pour certain-e-s la crainte (légitime) du dogmatisme religieux. La «peur de l’islam» n’aurait rien de raciste. Mais ils n’appliquent pas cette rigueur sémantique à la judéophobie et à l’homophobie. Chacun-e sait qu’elles discriminent les Juifs et les homosexuels. Ni à la xénophobie, que tou-te-s nient éprouver.
La dénomination des différentes formes du racisme ne sort pas du silence paisible des cabinets de lecture et tous leurs noms sont impropres. «L’antisémitisme» est né à la fin du 19e siècle. Mais combien de Juifs parlent une langue «sémite» comme langue maternelle? Et certainement pas les Juifs d’Europe que visent les antisémites.
Selon certain-e-s, recourir à ce mot serait un piège islamiste. «Les mollahs iraniens (auraient) utilisé pour la première fois en 1979 le terme islamophobie pour faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de "mauvaises musulmanes" en les accusant d'être "islamophobes", en 1989 la fatwa de Khomeiny contre Salman Rushdie l’aurait réactivé». Caroline Fourest, Libération, 17 novembre 2003.
Pascal Brückner après d’autres, développe la même idée «Forgé par les intégristes iraniens à la fin des années 1970 pour contrer les féministes américaines, le terme d’«islamophobie», calqué sur celui de xénophobie, a pour but de faire de l’islam un objet intouchable sous peine d’être accusé de racisme», Libération, 23 novembre 2010. La rumeur réapparaît dans Marianne en avril 2011.
Sans titre-2.jpgUne information documentée a pourtant dissipé la confusion
En 1910, Alain Quellien parle d’«islamophobie» lorsqu’il relève qu’«il y a toujours eu, et il y a encore, un préjugé contre l'islam répandu chez les peuples de civilisation occidentale et chrétienne».
En 1912, un ouvrage collectif le rappelle, «quoi qu'en disent ceux pour qui l’islamophobie est un principe d'administration indigène, la France n'a rien de plus à craindre des musulmans au Soudan que des non musulmans». La Revue du Monde Musulman en 1912 et 1918, la Revue du Mercure de France en 1912, «Haut-Sénégal-Niger», de Maurice Delafosse, en 1912 et le Journal of Theological Studies en 1924 citent la référence. A une époque qui voit naître le débat moderne contre le colonialisme, la référence à l’islamophobie a le sens que lui donne aujourd’hui le combat contre le racisme.
La terreur des attentats intégristes et de la «décennie noire» en Algérie nourrissent les préjugés. Mais la grande presse, et précisément pour cette raison, n’aurait-elle pas dû faire connaître une information trop ignorée? Frappant des populations musulmanes dans un premier temps, la purification ethnique a joué un rôle tragique dans les guerres en «ex-Yougoslavie», mais cette terreur-là - et pourquoi ? - est moins rapportée.
Le racisme comme fond de commerce
La perte des colonies a affaibli les empires européens et les partis qui combattent l’immigration agitent le fantasme d’une invasion musulmane qui vengerait les victimes du colonialisme. La crise et la rapacité capitaliste ne nourrissent pas la solidarité des autochtones et des migrant-e-s pour la défense des acquis sociaux mais la peur des classes moyennes de partager le peu qui leur reste avec les migrants. Cette peur (phobie) est la source de l’islamophobie moderne.
Peur d’autant plus forte que les gouvernements européens et les partis qui les soutiennent ne la combattent pas. La liquidation des acquis sociaux, certains la veulent et d’autres ne savent comment l’éviter. Et tous n’acceptent-ils pas le pillage colonial, cette bouée de sauvetage qu’ils s’efforcent de regonfler?
Le 12 octobre, les bombardiers français n’ont pas encore permis de tuer Kadhafi. Mais ce jour-là une délégation de 80 entreprises françaises, pour moitié des PME, accompagne déjà à Tripoli le secrétaire d'État français au Commerce extérieur «parce que la France entend réamorcer dès à présent ses échanges commerciaux avec la Libye dont elle était, sous l'ère Kadhafi, le deuxième client et le sixième fournisseur (avec 6% de part de marché en 2010)» (Les patrons français en Libye pour de futurs contrats, Le Figaro, 13 octobre 2011).
Si la promotion de la démocratie est le slogan qui justifie les guerres en Afghanistan, en Irak et en Libye, l’argument facilite évidemment la propagande des partis qui effraient les peuples européens en dénonçant la prétendue infiltration musulmane des migrants.
Dans la bouche du bel Oskar, le bruyant candidat à la vice-présidence de l’UDC, cela donne: «En France, à peu près 6 millions de musulmans ont imposé partiellement leur loi dans certains ghettos. Il est difficile de les rappeler à l’ordre. La dégénérescence est à tel point avancée que les anticorps sont comme paralysés. La capacité de la France à défendre des millénaires de culture occidentale judéo-chrétienne est très avariée. En Suisse on a encore cette possibilité».
Au cours de la même intervention le politicien de Savièse «souhaite vraiment de tout son cœur que l’Union Européenne vole en éclats avec la crise actuelle car elle est soumise à un internationalisme factice qui paralyse les systèmes immunitaires des communautés nationales».
Poids lourds de la banque et de la finance, les barons de l’UDC partagent-ils ce souhait de tout leur cœur? Notre nouveau Charles Martel se rêve-t-il en cousin suisse de la famille Le Pen?
Dimanche 27 novembre a vu Toni Brunner, président de l’UDC, mordre la poussière devant Paul Rechsteiner, président de l’Union syndicale suisse et Christoph Blocher rater sa course au sénat. Des tensions centrifuges vont s’aiguiser au sein de ce parti entre des populistes plébéiens et les grands patrons.
Karl Grünberg
ACOR SOS Racisme

Et demain est un autre jour!

04/11/2011

Charlie Hebdo incendié. Un attentat. Un auteur? par Karl Grünberg

381993_284980381525107_106626879360459_943244_755931424_n.jpgDes caricatures du prophète Mohamed qui se transforme en “rédacteur en chef”, le local de Charlie Hebdo incendié, leur site piraté, une opération de marketing dans Libération de jeudi 3 novembre qui offre l’hospitalité et une vitrine à l’hebdomadaire satirique...Karl Grünberg d’ACOR Association romande Contre le Racisme ne peut rester insensible, voici sa réaction à chaud:

Charlie Hebdo a été victime d'un attentat le 2 novembre, à la veille de la diffusion de son dernier numéro, Charia Hebdo, dont la publication avait été largement annoncée. Charlie-Hebdo avait déjà été menacé il y a quelques années à propos de "l'affaire des caricatures". Il ne semble pas que le journal bénéficiait avant-hier d'une protection policière.
La classe politique française tout entière, les associations, les intellectuels condamnent cette atteinte à la liberté d'expression. Cette magnifique unanimité est réconfortante. ACOR SOS Racisme joint évidemment son indignation à toutes celles qui se sont exprimées.
Mais la défense des droits humains ne peut être saucissonnée. Si l'un d'entre eux est attaqué tous sont menacés.
A l'heure où aucune revendication n'était formulée pourquoi tant de prises de parole suggèrent-elles une évidente piste musulmane?
1.jpgUn exemple:
A dessein nous n'avons pas pris cet exemple sur la droite de l'échiquier politique:
"Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche à la présidentielle, a qualifié jeudi 3 novembre de "répugnant" l'incendie dont a été victime Charlie Hebdo, dans l'hypothèse où serait confirmé son caractère criminel. "Si c'est un incendie volontaire, c'est tout à fait répugnant, je veux dire ma sympathie mon affection à l'équipe de Charlie Hebdo, je suis sûr que le journal va trouver la force en lui de rebondir", a déclaré le député européen sur Europe 1.
Il a appelé les auditeurs et le public à "avoir la discipline intellectuelle de ne pas confondre une poignée d'imbéciles, d'abrutis qui seront rudement châtiés, je l'espère, avec la masse de nos compatriotes musulmans qui pratiquent leur foi en toute tranquillité".
Interrogé sur l'aspect provocateur de l'édition de Charlie rebaptisé "Charia Hebdo" avec comme rédacteur en chef "Mahomet", Jean-Luc Mélenchon a répondu: "Si on doit commencer à mettre une entrave à la liberté d'expression, on met le doigt dans un engrenage dont on ne sait pas comment on sortira". "Charlie assume ses choix éditoriaux, c'est la loi de la liberté de la presse. Le délit de blasphème n'existe pas pour la raison que le blasphème n'existe pas, nous sommes ici la République française, c'est cette loi là qui s'applique" (...) Le Figaro, 2 novembre 2011.
L'auteur de l'attentat, qui qu'il soit, musulman ou pas, attente à la liberté d'expression et son auteur doit être jugé.
Pourquoi donc s’empresser d’affirmer que «la masse des musulmans» ne saurait se voir reprocher un acte que personne n’a revendiqué et dont on ne sait pas si son auteur se réclame de l’islam ?
Certes, une dizaine années d’informations orientées attribue automatiquement tout attentat à un musulman. Mais pourquoi le porte-parole d’une nouvelle gauche ne s’est-il pas limité à répéter cette évidence pénale que quelle que soit la cause ou la communauté dont se revendique un délinquant il est le seul responsable de son délit ?
Et ce d’autant plus que ce responsable politique s’était déjà lourdement trompé et dans les mêmes termes. Après l’attentat commis par l’extrémiste de droite Breivik il avait dans des termes très voisins déjà condamné des «actes de barbarie (qui) soulignent l'abjection des fanatismes religieux de tous bords». «Toutes les religions connaissent un vague d'intégrisme», mais pour autant «dans aucun cas [...] il ne faut imputer le crime à tous les croyants».
Karl Grünberg ACOR Association romande Contre le Racisme

A lire également:
Et demain est un autre jour!

00:00 Écrit par Haykel dans Médias, Religion | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : karl grünberg, charlie hebdo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/10/2011

Lendemain d’élections nationales en Suisse: L’UDC s’est-elle plantée ? Oskar Freysinger explique:

180898_1595226372684_1596716979_31411146_8220105_n.jpgAu lendemain des élections fédérales, la TSR a consacré son téléjournal aux résultats du vote du 23 octobre. Parmi les invités de ce direct, l’incontournable Oskar Freysinger (UDC). Karl Grünberg d’ACOR Association romande Contre le Racisme a suivi pour PLANETE PHOTOS le débat entre la journaliste Romaine Jean et l’agitateur de l’UDC, l’homme à la queue de cheval qui mérite tous les “OSKAR” de la médiocrité...sieur Freysinger. Décryptage:

• Lendemain d’élections nationales en Suisse.
• Souvent présentée comme extrémiste, l'Union Démocratique du Centre (UDC) s’est-elle plantée? Oskar Freysinger explique pourquoi à la journaliste de la TSR Romaine Jean.
Pour sa part, le bel Oskar, a, lui, fait une forte campagne. Il a promis à ses électeurs de rester fidèle à son engagement pour nos familles, nos racines, nos traditions ... pour que notre aventure commune continue pour que la chienlit marxiste ait un contrepoids politique. Mais oui. Notre philosophe n'a pas la langue de bois. Autre échantillon de sa propagande électorale: "Depuis la deuxième guerre mondiale, des esprits dits « éclairés » cherchent à « globaliser les consciences », à « décloisonner la pensée ». La liberté, disent-ils, s’est de s’ouvrir à tout, s’est de faire tomber toute limite entre les différentes identités, ethnies et nations".
Le petit monde des sites racistes de l’extrême-droite française, le Bloc identitaire, Alsace d’Abord, Français de souche - l’illustre porte-parole des Souchiens - recensent l’intervention télé de leur idole islamophobe qui, elle, se réjouit d'une éventuelle promotion au sein de son parti.
Ainsi, le Bloc identitaire affirme: «Contrairement à ce que clament la majorité des médias - plus empreints d'idéologie que d'analyse malheureusement - les populistes de l'Union Démocratique du Centre n'ont pas connu un "net recul" lors des élections fédérales en Suisse. Les sièges perdus coïncident avec la scission de son aile agrarienne voilà plus de 4 ans désormais (pour créer le Parti Bourgeois Démocratique), et si l'on ajoute les résultats de ce parti à ceux de l'UDC, on obtient un résultat supérieur à celui de l'UDC aux dernières élections fédérales. L'UDC a donc en réalité progressé ! Et elle reste - de loin - la première formation politique 1.jpgde la Confédération Helvétique, cela après une campagne largement menée contre l'immigration massive et incontrôlée. Mieux encore, Oskar Freysinger qui fut l'un des participants aux Assises sur l'Islamisation co-organisées par le Bloc Identitaire et l'un des artisans de l'initiative pour l'interdiction des minarets - parfois critiqué d'ailleurs au sein même de son parti comme trop "remuant" et proche des partis identitaires et populistes européens - a réalisé l'une des meilleures progressions de l'UDC en se plaçant, dans le canton du Valais en seconde position dans la course au Conseil National et en troisième pour celle au Conseil des États.
Télévision Suisse Romande
Romaine Jean: Oskar Freysinger bonsoir.
Oskar Freysinger: Bonsoir.
RJ : On vous rejoint à Sion on va déjà parler de votre score personnel, hier, en Valais, extraordinaire, vous êtes le deuxième mieux élu derrière Christophe Darbellay, vous l’expliquez ?
OF : Bin oui, une manière de faire de la politique un peu différente, un style direct, pas peur de dire les choses, la langue de bois c’est pas mon style, des valeurs, Suisse indépendante, la neutralité, la démocratie directe, que je propage un peu partout même en Europe, euh bin voilà, c’est en rupture, c’est, c’est, c’est pas comme la plupart des gens font de la politique ou sont habités à la faire, c’est tout.
RJ : Alors curieusement Oskar Freysinger, ailleurs, dans le reste de la Suisse c’est précisément peut-être ce style qu’on a rejeté hier puisque l’UDC perd nettement, c’est la grande surprise, perd 7 à 8 sièges, comment l’expliquer là encore.
OF : Alors moi c’est les pourcentages qui comptent, parce que les sièges, évidement, il y a un problème avec les apparentements, les apparentements permettent à certaines formations de se maintenir plus fortement de ce que de ce qui serait normal, ça c’est c’est on l’a vu aussi en Valais, bon, c’est une chose, ensuite bon on perd pourquoi parce qu’on a voulu jouer sur deux tableaux à la fois, on analyse est simple on peut pas courir en même temps des élections au Conseil des Etats au système majoritaire et puis au National. Parce que c’est pas le même style, vous ne faites pas le même style de campagne, ensuite, moi j’ai franchement.
RJ : La campagne était pas assez, était trop centriste, était pas assez, euh…
OF : Exactement, elle était trop molle.
RJ : … marquée, trop molle.
OF : Elle était trop molle, et puis ça suffit pas de placarder les murs de ce pays à grand renfort d’affiches euh qui qui qui devenaient lassantes à la fain, toujours cette même affiche, avec ces pieds, non mais il faut il faut être plus intelligent, plus malin, il faut être plus rusé, il faut avoir plus d’imagination, et j’espère franchement pouvoir jouer un rôle un peu plus important aussi dans la direction du parti.
RJ : Et bien oui puisque.
OF : Pour varier un peu le style, parce que là c’était un peu lassant.
RJ : Et bien oui, puisqu’on parle de vous pour la vice-direction de votre parti. Vous restez avec nous.
OF : Oui.
RJ : On vous retrouve tout à l’heure pour parler de l’élection du 14 décembre.
Karl Grünberg ACOR Association romande Contre le Racisme, mardi 25 octobre 2011, 21:21

Photo 1: Demir SÖNMEZ

Photo 2: copie d'écran téléjournal TSR

A lire également:

23:57 Écrit par Haykel dans Politique suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : udc, oskar freysinger, karl grünberg | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/10/2011

Les gogos, les nigauds et le sel sur la queue par Karl Grünberg

Karl-ssssss1111.jpgPour PLANETE PHOTOS, Karl Grünberg, travailleur social et animateur de ACOR SOS Racisme entame une série d’articles sur l’UDC, un parti qu’il a suivi depuis sa création. Après “Le programme de l’UDC: attrape-nigaud”, Karl Grünberg replonge de nouveau dans les arcanes de ce parti qui puise son mécanisme dans “l’arsenal nationaliste et raciste élaboré au cours des années 1930 et 1940”.
========
Mon grand-père, apprit au très petit garçon que j’étais qu’on mettait du sel sur la queue des moineaux pour les attraper. Je mis des années à comprendre qu’ils étaient déjà attrapés si on leur salait la queue.
Ma grand-mère, excellente pédagogue, ratait peu d’occasions pour éduquer ma méfiance à l’égard des «pouvoirs» et ma sympathie pour leurs dupes. Ma question «Nonna, c’est quoi le fascisme?» me valut cette réponse: «Le fils de Mussolini, lui demanda à la table familiale ce qu’était le fascisme. «Taci e mangia» réagit son père». («Tais-ton et mange» Mes grands-parents étaient Italiens). Ma grand-mère me peignait aussi le «Malade imaginaire», en gogo qu’un cuistre abusait.
Comment changer un marronnier en plante vénéneuse ?
«En journalisme, un marronnier est un article d'information de faible importance meublant une période creuse. Tout comme le marronnier (l'arbre) qui, tous les ans, produit ses fruits, le marronnier journalistique reproduit les mêmes sujets avec plus ou moins d'originalité. Les sujets «débattus» dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres» (Wikipedia).
Il y a peu, les déjections canines, les muselières des toutous ou les ferrazinettes étalaient leur insignifiance dans la presse estivale et provinciale. Quelqu’un sait-il encore ce qu’était une ferrazinette? Pourquoi, comment en moins de deux ans la crainte du bonneteau a-t-elle conquis une telle importance?
1540093767.jpgApparu à Genève il y a une paire d’années, ce jeu amuse les touristes sans susciter aucune nuisance. Seules des personnes consentantes se livrent à ce jeu d’argent. Elles espèrent duper l’animateur de jeu en devinant la place d’une petite bille que ce dernier a cachée sous l’une des trois boîtes d’allumette qu’il a disposées à même le sol, sur un petit tapis.
Le joueur qui se limite à jouer une seule fois a une forte chance de gagner. Pour attirer les joueurs, le «croupier» d e rue doit rendre le jeu attrayant. Souvent il laisse au joueur le gain de sa première mise. Le joueur qui espère tromper deux fois la dextérité du «croupier» perd. Et restitue son gain précédent. S’il s’obstine, il perd deux fois. Et l’animateur du jeu a gagné.
A la différence des casinos, cette activité n’entraîne pas d’addictions connues. Et la probabilité d’un gain est plus élevée qu’avec les loteries auxquelles beaucoup s’adonnent.
Lorsque Gogo et Nigaud montent dans un bateau, tous deux tombent à l’eau
Et pourtant, cette insignifiante activité a été stigmatisée au point de susciter le dépôt d’un projet de loi, un nombre invraisemblable d’articles de presse, et la constitution d’une milice qui a agressé des joueurs après une campagne d’affichage sauvage. La presse et les autorités ont recensé avec compréhension cette campagne d’affichage et de passage à l’acte. Ridicule, la croisade anti-bonneteau serait une contribution à la lutte contre l’insécurité.
UDC Final-ssssss1111.jpgDeux remarques
Premièrement. L’indifférence témoignée à une activité autrement lucrative et génératrice d’insécurité: le commerce des matières premières. A la différence du jeu de bonneteau elle se mène dans la discrétion, sinon dans le secret. Selon l'Association genevoise du négoce et de l'affrètement, la cité de Calvin gère, contrôle et assure le courtage de 30% du pétrole et des céréales dans le monde, de 20% du sucre et s'occupe du transit par bateau d'un cinquième des matières premières brutes au monde. Les spéculations de ces entreprises et leur soutien à des régimes corrompus ou à des seigneurs de la guerre sont responsables de terribles détresses. En Suisse aussi l’impact des sociétés de courtage est fort. Si leur participation au produit intérieur brut est semblable à celle de l’industrie des machines, elles proposent 10 fois moins d’emplois. Déclarées au fisc comme «auxiliaires», elles paient, à Genève, la moitié du taux d’impôt appliqué aux sociétés ordinaires. Et personne n’ignore leur pression sur le marché du logement asséché au profit de leurs cadres, à des niveaux de loyer inaccessibles pour la classe moyenne locale.
Deuxièmement. Le travail de terrain de petites équipes militantes, souvent liées aux milieux identitaires, aux «nationalistes révolutionnaires» ou autres groupuscules fascistes et leur influence au sein des partis xénophobes. En Suisse romande, dès la fin des années 1990, les Hammerskins, Avant-Garde Suisse puis les Jeunesses identitaires, Altermedia puis Novopress, sont intervenus au sein des jeunesses villageoises, dans les écoles professionnelles ou les villes périurbaines pour tester des rumeurs accréditant l’existence de Suisses victimes d’étrangers.DSC06560-ssssss1111.jpg
Marquées de slogans dans un premier temps, ces actions se sont affinées. Aux brutalités infligées à des requérants d’asile, à des Arabes, des Noirs ou des Tamouls ont succédé diverses formes de propagande par l’acte puis, plus récemment, de dénonciations du supposé danger de groupes prétendus problématiques, les mendiants roms, les joueurs de bonneteau. Leurs auteurs, il faut le relever, ont su manipuler de grands médias populaires et l’action de partis politiques qui se sont paresseusement, complaisamment ou volontairement moulés dans le soi-disant combat contre le sentiment d’insécurité. Cette synergie avec le terrain semble confirmer les slogans de l’UDC et accréditer ses affiches.
En 1985, commençait la dénonciation des prétendus «abus dans le droit d’asile». Pour s’en prendre à des «ressortissants de pays qui n’ont pas les idées européennes au (sens large)» (Conseil fédéral, 15 mai 1991), pour éviter «l’enchevêtrement culturel» qu’ils étaient supposés susciter (Arnold Koller, conseiller fédéral démocrate chrétien, 1994), les autorités disqualifiaient des personnes et des groupes de personnes que protégeait le droit d’asile.
L’UDC a saisi l’importance d’un dossier qu’elle fut le premier parti gouvernemental européen à traiter. En détruisant «l’Etat social» les grandes entreprises capitalistes affrontent la société. Substituant du lien racial, identitaire au lien social qu’elle a coupé la classe dominante espère rouler gogos et nigauds. Le talent de Christoph Blocher ne suffit pas à expliquer sa vision. La Suisse avait conservé l’essentiel de l’arsenal nationaliste et raciste élaboré au cours des années 1930 et 1940. L’UDC a eu l’audace de s’en servir.

Karl Grünberg
ACOR SOS Racisme

A lire également:

18:55 Écrit par Haykel dans Genève, Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : udc, bonneteau, karl grünberg | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/10/2011

Karl Grünberg décortique le programme de l’UDC: attrape-nigaud?

Sans titre1.jpgPour PLANETE PHOTOS, Karl Grünberg, travailleur social et animateur de ACOR SOS Racisme entame une série d’articles sur l’UDC, un parti qu’il a suivi depuis sa création.

Le nationalisme xénophobe comme attrape-nigaud
La campagne électorale prend fin et l’UDC ajoute 2 slogans à son affiche «Stopper l’immigration massive»: «Ca suffit» et «Les Suisses votent UDC». Sa campagne s’offre le luxe d’ignorer son propre programme : «UDC 2011-2015, le parti de la Suisse».
Présenté comme la plaquette touristique d’une station de montagne, ce programme décline les clichés comme des légendes de carte postale : «L’UDC s’engage pour le cas particulier suisse avec ses piliers, qui sont la souveraineté, la démocratie directe, la neutralité permanente, le fédéralisme et la subsidiarité».
Ca ne mange pas de pain. Et ça pose en porte-parole légitime des traditions de la classe dominante de ce pays.
«UDC 2011-2015», un florilège antisocial et réactionnaire
L’UDC prétend fonder son combat contre l’Etat social sur l’article 6 de la constitution suisse selon lequel «Toute personne est responsable d’elle-même et contribue selon ses forces à l’accomplissement des tâches de l’Etat et de la société».
Et ses tâches, quelles sont-elles? «Pour la protection de la propriété privée», «pour plus d’économie de marché», «pour un Etat qui baisse les impôts»… c’est clair, l’UDC défend les possédants. La croissance de leurs ressources se fait au détriment de la société, de la classe moyenne, des travailleurs et les travailleuses.
Sans titre.jpgL’UDC présente son programme comme la promotion de la responsabilité individuelle alors qu’il décline un catalogue anti-social qui menace tous les acquis sociaux des trois dernières générations.
Un nombre croissant de personnes ne trouvent pas de logement et l’UDC veut «assouplir le droit du bail au profit du libre jeu du marché».
S’opposant à l’impôt progressif, «qui violerait le droit de propriété», elle préconise la concurrence fiscale entre cantons et la conservation du secret bancaire.
Elle veut chasser de l’école «le romantisme social et l’égalitarisme forcené», «la pédagogie anti-autoritaire qui ne fait pas de différence entre les forts et les faibles».
Les études universitaires devraient «davantage tenir compte des exigences du marché», «l’UDC ne veut pas des universités de masse, mais des universités de pointe».
L’UDC veut augmenter à 65 ans l’âge de la retraite pour les femmes et affirme «s’engager à ce que les rentes AVS soient durablement garanties». Sans rire. En effet, elle «combat toute augmentation de celles-ci».
Non contente de mettre en cause le droit à l’AVS, l’UDC veut amplifier le pillage spéculatif des caisses de deuxième pilier et leur soumission au marché des capitaux. Elle veut supprimer les taux minimaux de conversion et d’intérêt. «La LPP doit être dégraissée et la concurrence ranimée entre les institutions de prévoyances vieillesse».
L’UDC veut «alléger l’AI d’au moins 4000 rentiers par an» et «réformer les rentes basées sur les risques car certaines nationalités (Etats balkaniques, Turquie) sont surreprésentées». «Les rentes AI exportées doivent être adaptées au pouvoir d’achat local», c’est-à-dire baissées! Il n’y a aucune raison de «privilégier les rentiers AI» ayant des enfants à charge. Aujourd’hui, avec cinq enfants à charge un rentier a droit à 3 rentes AI complètes: «Rien d’étonnant donc à ce qu’un rentier AI vivant avec ses cinq enfants dans un village des Balkans puisse entretenir la moitié de la population locale aux frais de la Suisse».
Et l’assurance-chômage? «Il sera indispensable de procéder à de nouvelles diminutions de ses prestations». Et l’aide sociale? «Les personnes qui ne cherchent pas de travail ne doivent plus en recevoir».
Sans titre2.jpgLa LAMal doit bien sûr elle aussi «être réformée dans le sens de l’économie de marché». «Le catalogue des prestations de base doit être allégé: interruptions de grossesse, thérapies aux hormones, césariennes non indispensables ou changements de sexe ne doivent plus être financés par la collectivité». Et pourquoi ne pas supprimer l’obligation de s’assurer? L’UDC veut soigner l’assurance-maladie en la libérant de l’obligation de payer des soins!
Son indifférence à l’intérêt public est sans limite: «Il faut construire de nouvelles centrales nucléaires et opter pour le stockage en profondeur des déchets en Suisse».
Pour l’UDC «l’homme et la femme sont des partenaires égaux en devoirs et en droits». «Qu’un travail égal mérite un salaire égal pour les hommes comme pour les femmes relève de l’évidence». Ce parti privilégie pourtant «l’engagement responsable entre partenaires conjugaux dans la famille, la société, le monde professionnel et la politique». Galimatias incompréhensible dont une chose est claire, elle fleure bon son machisme bovin.
L’UDC siphonne la richesse sociale et propose un supplément d’âme
«Notre identité (serait) basée dans la culture occidentale et chrétienne». Elle rejette pourtant «les prises de positions unilatérales et gauchisantes des fonctionnaires ecclésiastiques», «une vision égalitariste et socialiste du monde contredit le message du christianisme qui prône le libre épanouissement de l’individu».
Cerise sur le gâteau, l’UDC professe l’islamophobie. «Le nombre de musulmans vivant en Suisse est estimé à plus de 400 000 et les immigrés musulmans amènent dans leurs bagages des conceptions du droit et de l’ordre incompatibles avec notre système juridique et nos règles démocratiques». Ne devrait-elle pas soutenir le printemps arabe? Ou celui-ci a-t-il le tort de renverser des dictateurs dont les fortunes sont en Suisse à l’abri du secret bancaire?
Attrape-nigaud? Pas seulement, hélas!
Dans le contexte mondial d’un capitalisme débridé vivant de rapine, du démantèlement des acquis sociaux, de la spéculation sur les biens de première nécessité et les matières premières, l’Etat-nation se rétracte sur ses fonctions répressives et le peuple souverain n’a plus grand-chose à ronger. Comment former des gouvernements, comment réunir des majorités parlementaires lorsque l’internationale des puissances financières brise le contrat social, bafoue la citoyenneté?
Fondé sur le clash des civilisations, le nationalisme identitaire propose un véritable «vivre-ensemble» qui exerce sa force d’attraction sur tous les partis gouvernementaux. Dans de telles conditions, s’opposer simultanément à cette vision raciste de l’humanité et aux désastres sociaux qu’elle provoque suppose non seulement un projet politique qui rompe résolument avec les rapports sociaux qui nourrissent ces deux fléaux mais aussi un engagement internationaliste et antiraciste.
Karl Grünberg
ACOR SOS Racisme

A lire également:

11:55 Écrit par Haykel dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : udc, l'udc, karl grünberg | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/09/2011

«Durban III» par Karl Grünberg

32232_431398756795_236413916795_5720753_535464_n.jpgCela fait un moment que je guette Karl Grünberg, grand militant devant l’éternel, travailleur social et animateur de ACOR SOS Racisme. Je n’arrête pas de le rencontrer lors des manifestations à Genève. Nos chemins se sont croisés à plusieurs reprises et ni l’un ni l’autre n’a pris les devants pour se voir dans un cadre autre que celui des manifs. Une fois un rendez-vous était pris dans un bistrot vers la gare mais la providence a voulu qu’on se rate pour quelques minutes. Hier soir, sans rendez-vous on s’est retrouvé au même endroit...par coïncidence. Oui Genève est un grand village! On ne s’est pas quitté durant un long moment pour partager une longue réflexion au sujet de l’UDC, des droits de l’homme et des opprimés. Je suis impressionné et en bien, Karl est un spécialiste du parti agrarien qu’il suit assidûment. Il est même capable d’en faire un film ou plusieurs livres...si on lui donne les moyens! Dorénavant Karl a carte blanche sur mon blog et il peut intervenir quand il veut. Première intervention dans le cadre de la conférence «Durban III» qui aura lieu le 22 septembre à New York! D’autres rendez-vous sont pris au début du mois d’octobre...


20110113_4014-ssssss1111.jpgKarl Grünberg en quelques lignes:
Travailleur social et animateur de ACOR SOS Racisme. Il milite pour la justice sociale et le respect des droits humains. Son combat il le mène contre le racisme pour lequel il s’est engagé dès 1985 en développant SOS Racisme en Suisse et en participant à la Fédération internationale de SOS Racisme (FISR). A ce sujet, Karl Grünberg répond à quelques questions:
-Pourquoi une telle lutte gagne-t-elle en importance. Et le racisme c'est quoi?
“Albert Memmi, définit le racisme comme la valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier ses privilèges ou son agression.”
-En quoi sa définition s'applique-t-elle à notre époque?
“Depuis le milieu des années 1980, il se développe comme conséquence d'une oppression accrue de pays ayant été soumis aux anciens empires coloniaux et d'une augmentation du nombre des ressortissants de ces pays (immigration ou asile) vers les anciennes métropoles coloniales. L'oppression croissante des peuples autrefois colonisés n'est pas la seule expression de la puissance des dominants. Elle s'exprime également par la mise en cause des acquis sociaux de leurs propres peuples et l'affaiblissement des institutions étatiques dans lesquelles ils ont pu se développer.
Un nombre croissant de leurs citoyens croient l'accusateur et combinent le mépris des peuples dominés à la colère que l'immigration les appauvrisse. Les uns et les autres pâtissent de cette situation et le chemin de nouvelles solidarités doit être tracé. En s'efforçant d'affaiblir l'accusateur et l'agresseur la lutte contre le racisme contribue à cette perspective.”
=================
Les buts de ACOR SOS Racisme:
•    défense des droits et de la dignité des personnes concernées par le racisme,
•    promotion du débat public sur les circonstances qui ont conduit à cette valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelles ou imaginaires et sur les privilèges qu'elle protège,
•    élaboration de législations plus justes dans le sens de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale que la Suisse a ratifiée en 1994 et de la nouvelle Constitution suisse (2000) qui refuse la discrimination.
============================================================================================

© kentoh - Fotolia.com.jpg22 septembre 2011, «Durban III» à New York
L’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, le Canada, l’Italie, la République Tchèque demandent avec Israël, le boycott de la Conférence mondiale sur le racisme, dite Durban III, après s’être efforcés d’empêcher Durban II (Genève, 2009). Pourquoi?
Dès 1973, les Chicago boys ont soutenu Pinochet et sa dictature. Leurs «réformes» se sont appliquées de façon croissante contre les idéaux sociaux des Trente Glorieuses. En 1990, Bush père avait mené sa première guerre contre l’Irak.
Samuel Huntington publiait en 1996 le «Clash des civilisations»: «Les trois questions suivantes résument les efforts de l’Occident sur la scène internationale: 1) le maintien de sa supériorité militaire par les politiques de non-prolifération et de contre-prolifération des armes nucléaires, biologiques et chimiques et des moyens de les utiliser; 2) la promotion des valeurs politiques et des institutions occidentales en pressant les autres sociétés à respecter les droits humains tels qu’ils sont conçus à l’Ouest et à adopter la démocratie à l’occidentale; 3) la protection de l’intégrité culturelle, sociale et ethnique des sociétés occidentales par la restriction du nombre des non-occidentaux admis comme immigrants ou réfugiés.»
Le 11 septembre ouvre une nouvelle période
Quelques semaines après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, Bush faisait voter une loi liberticide, le Patriot Act, et ouvrait le camp de concentration de Guantanamo. Il engageait la «guerre contre le terrorisme» en Afghanistan puis, le 20 mars 2003, l'invasion de l'Irak.
Le 11 Septembre, les kamikazes, les attentats criminels de Londres, Madrid et Bombay ont tracé la voie à une horrible rumeur: la révolte des «jeunes nés de l'immigration» n’aurait rien à voir avec l’explosion d’une colère qu’a couvée trois décennies de discriminations mais serait du racisme anti-blanc.
Le rouleau compresseur de l’islamophobie a remodelé le paysage politique et imposé l’image de migrant-e-s accusé-e-s d’attiser la crise sociale, de mettre en danger «nos» valeurs, de menacer «notre» indépendance. Il a gonflé un racisme identitaire et victimaire. Des idéologies nationalistes et racistes nées au temps des empires coloniaux connaissent une nouvelle jeunesse.
Sans titre.jpgEt Durban, alors?
«La lutte contre le racisme a été au cœur de la mission des Nations Unies depuis sa fondation à l'ombre des horreurs de la seconde guerre mondiale. Les auteurs de la Charte des Nations Unies se sont juré que jamais plus le monde ne serait témoin de persécutions fondées sur la race. Ils ont énoncé dans ce document historique que chacun, sans distinction de couleur, de sexe, de langue ou de religion, peut se prévaloir des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Que reste-t-il de cette vision cinquante ans plus tard? […] les rêves n'ont été réalisés qu'à moitié. Tandis que la technologie continue de rapprocher les populations du monde et que les barrières politiques s'effondrent, la discrimination raciale, la xénophobie et d'autres formes d'intolérance continuent de ravager nos sociétés» écrit Koffi Annan à la veille de la Conférence mondiale contre le racisme de Durban qui prit fin le 8 septembre 2001 avec d’inacceptables manifestations d’antisémitisme et la terreur du 11 septembre.
Une manipulation cynique
Ces circonstances ont permis de cacher les résultats de la conférence. Il faut être naïf pour ne pas le voir. Leur manipulation a permis de taire les avancées de la conférence concernant les méfaits du colonialisme, de la traite négrière et de la discrimination des migrants et des réfugiés.
Fin septembre 2000, Ariel Sharon avait investi l’esplanade des Mosquées avec sa garde prétorienne et orchestré la répression de la seconde Intifada. Porté au printemps 2001 à la tête du gouvernement israélien, il fit ériger le Mur de la honte soi-disant nécessaire à la défense d’Israël. Les politiques islamophobes européennes recourront à la même rhétorique pour justifier la xénophobie et la «guerre démocratique» en Orient contre des peuples présentés comme des agresseurs aux cultures meurtrières.
Heureuse surprise cet antisémitisme, ces crimes. Les Etats-Unis surendettés s’efforceront de se maintenir à la force de leurs armes et d’autres puissances en recul, avides de pétrole, justifieront leurs violences.
© alain wacquier - Fotolia.com.jpgDialectique diabolique
Les gouvernements israéliens invoquent la shoah et la destruction des Juifs d’Europe pour justifier une politique colonialiste qui provoque la colère du peuple palestinien, qui la subit.
Comment certains ne penseraient-ils être antisémites lorsque le gouvernement israélien justifie leur oppression en prétendant combattre l’antisémitisme.
Comment ces derniers comprendraient-ils Guido Westerwelle, le ministre des Affaires Etrangères allemand, lorsqu’il déclare «Le conflit israélo-palestinien est l'un des nombreux conflits qui ont lieu autour du globe, et ne devrait pas être distingué dans un document sur le racisme» ou Dieter Graumann, le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, lorsqu’il demande à l'Allemagne de boycotter cette conférence parce que cette dernière doit comprendre qu’Israël continue à se battre pour l'existence.
Ah, vivement que l’Allemagne contemporaine et Israël poursuivent leur travail de mémoire. Qu’ils se rappellent que l’Allemagne sous Guillaume II, en 1904, avait voulu l’extermination des quelque 120 000 habitant-e-s de cette Afrique de l’Ouest qu’elle s’efforçait de coloniser.
Bien sûr, cette opinion désorientée est manipulée par des politiciens antisémites qui déclarent, comme Dieudonné, «Les Juifs? Un peuple qui a bradé l’Holocauste, qui a vendu la souffrance et la mort, pour monter un pays et gagner de l’argent» (2002), des «négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et l’action terroriste» qui auraient «fondé des empires et des fortunes sur la traite des noirs et l’esclavage» (2004).
Karl Grünberg
ACOR SOS Racisme

Photo 1 & 2: Haykel

Photo "Discrimination": © kentoh - Fotolia.com

Photo "Moutons": © Aldo Gragnaniello - Fotolia.com

Photo "Interdiction racisme": © alain wacquier - Fotolia.com

Et demain est un autre jour!

05/01/2011

La première manifestation de l’année sera tunisienne

Sans titre-4.jpgContrairement à ce que j’ai annoncé dans ma dernière note du 3 janvier, la première manifestation de cette année ne sera pas consacrée au soutien des chrétiens coptes d’Egypte. Pour mieux l’organiser et surtout pour pouvoir compter sur le plus grand nombre de participants la Fondation de l’Entre-Connaissance et ACOR SOS Racisme les deux initiateurs de cet appel pour manifester ont décidé d’un commun accord de repousser la date au jeudi 13 janvier entre 18h00 et 20h00 à la Place Neuve. Dans un communiqué que PLANETE PHOTOS a eu en primeur plusieurs associations et partis politiques soutiennent ce rassemblement. On peut citer parmi eux SolidaritéS, Plateforme interreligieuse de Genève, Appel spirituel de Genève, Association des Tunisiens en Suisse.
Le communiqué que vous pouvez consulter entièrement met l’accent sur une condamnation sans appel de toute forme de terrorisme commise au nom d’une religion et de la récupération politicienne que certains n’hésitent pas d’en user pour jeter le discrédit sur la communauté musulmane. La première manifestation de l’année 2011 sera tunisienne pour faire échos au soulèvement populaire qui agite depuis le 17 décembre plusieurs régions du pays! Place du Molard à 18h00.

Et demain est un autre jour!