01/11/2010

Les retrouvailles

...en virtuel!


© hachass - Fotolia.com.jpgA 2 ans de la retraite il se souvient et me raconte son histoire entre 2 bières et quelques cacahuètes. Il l’a raconté à tous les habitués du bistro, ce soir c’est mon tour. Le clin d’œil complice de la serveuse dénonce un récit sans faille, répétitif, convenu mais sincère d’un homme blessé. On n’oublie jamais son premier amour me répète-t-il. J’utilise le JE pour parler de son histoire et je me réserve le droit de retrouver mon rôle de narrateur pour l’équilibre de mon récit ou plutôt le sien.
Je l’ai rencontré il y a 44 ans, à l’époque de mon insouciante jeunesse. Elle avait trois ans de moins que moi mais la différence des années est largement compensée par une maturité hors pair. C’est un amour de vacances qu’on a pu prolonger malgré l’éloignement pendant quelques mois magiques. 403 km séparent nos deux villes un équivalent de Genève-Paris en vol d’oiseau et si tu n’es pas le genre à avaler les kilomètres en ligne droite le chemin le plus court en train se fait de nos jours en trois heures et quelques minutes. Mais à l’heure où mon histoire d’amour a pris ses quartiers entre deux pays le train à grande vitesse n’était qu’un projet en devenir. Plusieurs fois nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes baladés la main dans la main, nous nous sommes embrassés tendrement et platoniquement et nous nous sommes promis monts et merveilles jusqu’à la fin de nos jours. Des promesses gravées sur la pierre mais effacées par la première tempête de la vie. De retour sur terre et aidé par l’éloignement notre idylle s’est diluée dans le quotidien pour disparaître à mon grand regret. On s’est quittés sur un malentendu, une petite jalousie déplacée, une querelle d’amoureux qui m’a empêché de dormir des nuits durant. © thomaspajot79 - Fotolia.com.jpgMademoiselle, 2 bières, c’est encore ma tournée! Et avec une étincelle dans les yeux il poursuit son récit. Après l’avoir perdu de vue depuis une quarantaine d’années je l’ai retrouvée il y a 3 ans, 2 mois et 4 jours...Un soir après une énième virée bien arrosée, j’ai eu une illumination que j’ai mis en pratique le lendemain. Je me suis souvenu de son nom et de son prénom et internet s’est chargé du reste. En 2 clics et 3 déplacements de souris j’ai créé un profil sur Facebook pour communiquer avec la belle. Elle s’est mariée, elle n’a pas d’enfants, elle a gardé son nom de jeune fille et travaille comme juriste. Elle est heureuse et pense souvent à moi. Le remord en quelque sorte d’avoir abandonné la partie à la première turbulence. Depuis 3 ans, 2 mois et maintenant 5 jours vue qu'on a dépassé minuit, je ne fais que repousser les retrouvailles. On n’oublie jamais son premier amour. Mais le désert affectif de mon célibat durant toutes ces années perdues dans les bistrots à chercher à noyer le chagrin d’un amour de vacances a pris le dessus sur mon être et je refuse pour l’instant à retrouver l’être cher. Je me contente des retrouvailles...virtuelles via internet en attendant de vaincre ma peur...Excusez-moi messieurs je dois encaisser, clôturer ma caisse, passer l’aspirateur...et demain est un autre jour!

Haykel Ezzeddine

(illustration 1: © hachass - Fotolia.com)

(illustration 2: © thomaspajot79 - Fotolia.com)

Déjà publié dans le blog collectif du 30 octobre. Pour lire les autres notes, c'est ici

Et demain est un autre jour!

01:52 Écrit par Haykel dans blog,blogueur,blogueuse, Genève, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : retrouvailles, blog collectif | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/09/2010

Le bonheur ou les petits plaisirs de la vie

Sans titressssss.jpgA chacun son interprétation du bonheur. Y’en a ceux qui pensent que le synonyme de la plénitude c’est la paix, celle qui vient de l’intérieur et d’autres qui conjuguent le bonheur dans le sens de l’épanouissement matériel. Qui a raison? Qui a tort? Comme pour toutes les choses de la vie rien n’est complètement arrêté, ni figé. Et les clichés ont la vie dure. “L’argent ne fait pas le bonheur.” Ou si partiellement, ou peu, ou totalement ou pas assez. On ne sait plus jusqu’où l’être humain est prêt à aller. Et pour être satisfait à partir de quel montant son bonheur pourrait être assuré. Selon une étude américaine qui vient d’être publiée “au-delà d’un revenu annuel de 75’000 chf par ménage aux USA, le bonheur se transforme en malheur et gare si l’argent arrive à manquer il entrainera également le même sort pour son auteur. Question d’équilibre, il ne faut pas gagner plus que 75’000 chf. par couple et il ne faut pas manquer d’argent non plus! Parole américaine signée par Daniel Kahneman, lauréat du prix Nobel d’économie en 2002. Voilà pour le côté scientifique made in USA. En Suisse, 75'000 chf. par couple c'est tout juste! Il faut revoir cette étude pour évaluer le prix du bonheur en Helvétie.
Moi mon bonheur se résume à une liste longue mais raisonnable. Avoir un salaire décent qui me permet d’honorer mes nombreuses factures mensuelles. Et profiter du peu qui me reste pour enjoliver mon quotidien. Se payer un verre ou un resto, acheter un journal, un livre ou un CD, aller au cinéma, profiter d’un coucher ou d’un lever de soleil avec l’être cher, goûter aux nombreux délices de la vie sans forcément délier sa bourse. Il paraît que nous sommes nombreux à partager les mêmes convictions sur le bonheur mais que le nombre de ceux qui n’arrivent pas à atteindre un tel objectif est hélas encore plus élevé! Comme quoi le bonheur des uns ne correspond pas forcément au bonheur des autres. Je sais je viens  de détourner le célèbre adage... c'est un bonheur aussi de jouer avec les mots!

Haykel Ezzeddine

(texte et photo)

Texte paru dans la dernière édition du blog collectif. A lire les contributions de Jean-Marie Gumy, Danièle Bianchi, Robert Conrad, Marie-France de Meuron, Djemâa Chraiti et Pierre Jean Ruffieux

23:39 Écrit par Haykel dans blog,blogueur,blogueuse | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le bonheur, blog, blog collectif | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/07/2010

Le rire

C’est bon pour le moral


Fotolia_23586502_XS copie.jpgDorénavant pour rire on est obligé de consulter. Je ne plaisante pas, c’est une évidence. Le rire est devenu une denrée rare. Bientôt des praticiens vont se spécialiser dans l’art d’entretenir le zygoma. On transcrira des doses de bonne humeur pour le bien être de l’humanité! Les cas les plus graves seront internés dans des cliniques spécialisées, perfusés aux blagues et soignés aux bêtisiers.
Combien d’entre-nous assistent aux spectacles donnés par les humoristes, vont voir des comédies au cinéma et lisent de la littérature appropriée histoire de faire le plein d’humour pour notre équilibre? ça remplit des salles et ça rapporte de l’argent. La crise qui est passée par là nous a fait même perdre le sourire et le rire spontané. Mais elle a fait prospérer les affaires des humoristes, je parle de nombreux spectacles qui jalonnent l’année culturelle et de la littérature qui puise indéfiniment dans les blagues en tout genre.


“Nous sommes ici-bas pour rire. Nous ne le pourrons plus au purgatoire ou en enfer. Et, au paradis, ce ne serait pas convenable” dixit Jules Renard. Et si nous faisons de cette citation un principe de vie? Brandissons comme un étendard pour mieux vivre ensemble les verbes suivants: rigoler, plaisanter, blaguer, délirer, se marrer, sourire, rire...propager la joie de vivre!
Et pour terminer en bonne compagnie citons Alphonse Allais, grand spécialiste de la métaphore et de l’absurde dont les textes font la part belle à la bonne humeur: “Le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression”. A votre santé!

Illustration: © kenjito - Fotolia.com

Texte paru dans le Blog collectif du 10 juillet dernier. A lire également sur le même lien les contributions de Djemâa Chraiti, Marie France de Meuron et Robert Conrad. Le prochain thème: "La rentrée", date de parution le 21 août 2010.

10:12 Écrit par Haykel dans blog,blogueur,blogueuse, Histoire, Société - People | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : le rire, blog collectif | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/06/2010

Le porno a tué l’érotisme


Sans titre-1.jpgGrâce à la démocratisation d’internet l’érotisme a complètement disparu de notre vie. Les Brigite Bardo et les films du genre 9 semaines 1/2 n’ont plus leur place dans une société de consommation de plus en plus exigeante. On veut plus et tout de suite. On veut tout voir. On n’a plus la patience de faire durer le plaisir, de jouer avec les sens, de donner libre court à son imagination...de fantasmer tout court. Au vestiaire les préliminaires et les désirs de plaire! A nous le voyeurisme et le sexe à l’état brut. Tout est banalisé même les sentiments. La sensualité se perd et l’obscène devient l’étendard de notre quotidien véhiculé par notre télévision. Loana a remplacé Bardot et Californication a dépassé et de loin Sex and City et Nip/Tuck réunis pour devenir la nouvelle forme de l’érotisme, celle des années 2010. On ne suggère plus. On passe à l’acte le plus rapidement possible. Pas de moralité non plus. Et pas de quartier pour les sentiments...nobles! On couche avec l’inconnu, on fait l’amour à plusieurs, un coup on se protège et un autre pas, on donne dans l’échangisme, on pratique le sexe qui devient une matière comme une autre pas pour s’épanouir mais pour faire connaissance. Que peut-on encore cacher du corps d’un homme ou d’une femme? On nous montre tout sauf la partie la plus intime pour ne pas tomber dans le porno vulgaire. Celui-là même qui par la facilité de son téléchargement et visionnage via internet sans contrôle effectif de la limitation d’âge a tué l’érotisme. Pour terminer je vous laisse méditer cette citation extraite de “La vraie couleur du caméléon” de Jean-François Somain: “L’érotisme réside dans la possibilité d’un geste. Il appartient au domaine du rêve.”
Photo Nip/Tuck

Texte paru dans le Blog collectif du 6 juin. A lire aussi les contributions de Djemâa Chraiti, Robert Conrad et Pachakmac
Rubrique Pierre Maudet
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Conseiller administratif responsable du Département de l'environnement urbain et de la sécurité entre autre chasseur d'affiches sauvages: en rapport avec cette rubrique, les liens suivants:Affiches sauvages, Genève, n'est pas une poubellePierre Maudet, j'adore!, Maudet et Longchamps ouvrent le bal électorel, Sécu-municipaux-cop!Maudet aux Pâquis!, Maudet promoteur de graffitis, Maudet-Moutinot, combat des titans, Le dernier joujou de Maudet et Encore du boulot pour Maudet

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Agenda:
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Avant de partir, visitez mes autres blogs:

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Et le
Blog collectif 1.jpg
Et demain est un autre jour!
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Toutes nos pensées pour Max Göldi
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12:11 Écrit par Haykel dans blog,blogueur,blogueuse, Lettres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blog collectif, l'érotisme, le porno | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook