23/03/2013

La semaine contre le racisme, c'est aussi des débats...

3.jpgEn marge de la Semaine contre le racisme, une conférence débat a eu lieu vendredi 22 mars 2013 au Centre islamique de Genève. Le thème de cette conférence est “Religions dans l’espace public, quelle place?” Tout un programme, fort instructif qui a réuni les personnalités suivantes: Swami Amarananda (centre Védantique de Genève), André Castella, Délégué à l'intégration, Henri Maudet, membre de la Plate-forme interreligieuse de Genève et protestant (Réformé) genevois, Hélène Quélen et Jean-Claude Mokry (Eglise catholique-chrétienne), Hafid Ouardiri, directeur de la fondation de l'Entre-connaissance et Vise-président de la Plate forme inter religieuse de Genève et Claire Regad (Eglise catholique romaine). Le débat s’est poursuivi samedi 23 mars à la Grande Mosquée avec 2.jpgun sujet intéressant à plus d’un titre: “Islam et laïcité, mariage impossible ?”. Avec comme intervenants: Jean-Claude BASSET, Pasteur réformé à Genève et Professeur à la faculté de théologie deLausanne. André CASTELLA, Délégué à l'intégration. Ariane HENTSCH-CISNEROS, Présidente de la Plate-forme interreligieuse. Lucia DAHLAB, enseignante et ex-vice-Présidente de l’UOMG. Sabine TIGUEMOUNINE, infirmière et membre de l’Association Culturelle Musulmane Meyrinoise (ACMM).
Cette Semaine internationale contre le racisme et ce genre de débats interreligieux sont précieux pour la communauté. La diversité de Genève est une valeur ajoutée pour la Suisse. Lors de ces 2 débats des sujets d’actualités ont été abordés tels que laïcité, l’exclusion, la spiritualité, la religion…Voici quelques photos prises prises par un participant lors de la conférence-débat de vendredi:

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Et demain est un autre jour!

26/02/2010

Hafidh Ouardiri répond à Kadhafi

848693086.jpgSuite à la dernière sortie de l’infatigable Président Libyen Mouammar Kadhafi qui appelle au “Jihad” contre la Suisse, j’ai interpellé Hafidh Ouardiri directeur de la Fondation de l'Entre-Connaissance pour connaître son avis sur la question et pour nous expliquer le sens du mot “Jihed”. Voici sa réponse:

Vivement la paix Monsieur Khadafi !

"Apparemment la colère de Kadhafi a atteint des degrés culminants  de la démence. Il appelle au jihad contre la Suisse et déclare mécréant tout musulman qui ne répond pas à son appel.
Non, mais pour qui se prend-il ?
Pourtant, il sait mieux quiconque qu'il n'a aucune autorité pour faire une telle déclaration. Les musulmans ne sont ni ses sujets ni ses objets. Mais que voulez-vous il est habitué à l’abus de pouvoir. Il prend ses délires pour des réalités. Nous avons toujours espéré et nous espérons encore que le différent qu'il a avec la Suisse se réglera loin de ses stratégies médiocres et contre productives.
Je crois qu'il faut saisir cette malheureuse occasion pour expliquer, encore une fois, aux uns et aux autres ce que le mot jihad signifie. En effet, ce mot qui veut dire "effort" a deux usages bien distincts.         
Le premier est celui qui consiste à repousser une agression lorsqu'un pays musulman est injustement agressé par un pays tiers ou une puissance ennemie afin de l'occuper, de  le dominer pour spolier ses richesses et assujettir sa population. 215px-Muammar_al-Gaddafi_at_the_AU_summit.jpgLorsque cette situation est avérée, les autorités politiques et religieuses, suite à une consultation mûrement menée avec la population, appellent au jihad (c'est-à-dire à l'effort de libération) pour repousser l'agresseur et préparer la paix. Ce n'est donc pas n'importe qui, qui peut se prévaloir d'une telle autorité pour agir ainsi. Le dialogue est la clé première dont il faut faire usage pour désamorcer ce genre de situation et ce  n'est que lorsque cela devient impossible que cet appel peut être décrété.
La deuxième signification qui est bien plus importante et essentielle, est celle qui consiste en ce que chacune et chacun des musulmans fasse un effort sur lui même pour combattre ses mauvais penchants et ses pulsions négatives afin d'affiner son caractère et de le rendre meilleur pour être utile et solidaire au genre humain en général.
La gesticulation à laquelle on assiste aujourd’hui n'est rien d'autre qu'un coup d'épée dans l'eau qui a des effets négatifs pour nous musulmans et surtout pour la paix de tous. C'est vrai que la malheureuse votation contre les minarets est utilisée et sera utilisée pour servir ce genre de coups d'éclats médiocres.
En tout cas, nous musulmans de Suisse nous nous trouvons condamné à la double peine. Celle causée par ce type de provocation stupide  et celle venant de ceux, adeptes d'une politique populiste, qui saisiront cette occasion rêvée pour l'instrumentaliser contre nous comme ils savent bien le faire. Je crois que le véritable "jihad" à savoir « l’effort » qui devrait être fait de toute urgence est celui de réunir toutes les bonnes volontés de chaque côté pour régler au plus vite cette situation envenimée qui a des accents belliqueux pour régler ce problème, libérer l’otage emprisonné et rétablir des relations normales et fécondes entre les deux pays, pour l'Europe, pour le monde et pour tous les musulmans qui ne sont rien d'autres que des victimes prises en otages dans cette affaire à épisodes multiples.  Vivement la paix !"

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05/12/2009

Christophe Darbellay, “...des propos irresponsables”

Sans titre.jpgHafid Ouardiri, qu’on ne présente plus maintenant, n’est pas seulement déçu contre le triomphe de l’initiative anti-minarets il en veut aux politiciens qui ont laissé faire et à ceux qui continuent à attiser la haine. Il l’a dit pendant la manifestation de mardi dernier et il l’a écrit aujourd’hui dans un mail qu’il m’a adressé. Dans son collimateur, Christophe Darbellay, Président du PDC qui vient de s’exprimer cette semaine sur le sujet. Blog citoyen, PLANETE PHOTOS joue le jeu d’une tribune et publie en intégralité la lettre de l’ancien porte parole de la Mosquée de Genève. La nouvelle stratégie des musulmans suisses c’est de ne plus laisser propager sur le terrain les amalgames de toutes sortes en répondant à toutes les déclarations qu’ils jugent diffamatoires, inexactes et racistes. 


"La Suisse n'est pas la carpette du monde "(*)
De l'appel du muezzin qui n'a jamais retenti en Suisse à l'appel à la haine et à l'ignorance des extrémistes qui ne cesse de retentir et de s'étendre partout en Europe, il y a de quoi se poser de sérieuses questions :

1- Que pouvons-nous penser de ce "oui" de la honte ?
C'est une calamité pour nous et pour toutes celles et ceux qui défendent les Droits de l'Homme ici en Suisse.
C'est aussi un désastre pour l'image de la Suisse dans le monde qui passe, à cause de cette nouvelle loi, pour être le laboratoire de l'islamophobie. Les extrémistes populistes de l'Europe doivent jubiler de voir que la Suisse leur donne l'exemple. Nous aimons cette Suisse et nous ne la laisserons pas sombrer dans cette grave dérive.
Nous ne pouvons que nous désoler pour cet état de fait tout en acceptant bien sûr le résultat de cette malheureuse votation. Nous pensons et continons de penser que le Conseil fédéral n'aurait jamais dû accepter de la faire voter et cela, contrairement à ce que l'on peut dire, aurait été un grand bienfait pour la démocratie, pour la Constitution et bien entendu pour la Paix confessionnelle.

2- Sommes-nous surpris du résultat  ?Darbelley.jpg
Nous aurions espéré que le peuple suisse réagisse conformément à ses principes d'accueil et de neutralité mais malheureusement ce fut le contraire. Lorsqu'on réalise l'acharnement démagogique qui a été développé par la propagande extrémiste de l'UDC et de l'UDF et que l'on constate la faiblesse de l'opposition de tous les autres partis politiques par leur discours et leur engagement très peu convaincants, on fini par se demander s'ils n'ont pas aidé à garantir le succès de cette votation de la honte, de la peur, de l'ignorance et de la haine.

3-Quel est l'avenir des relations entre les musulmans et les non-musulmans en Suisse ?
Jusqu'au 29 novembre 2009 tout se passait de manière naturelle dans le dialogue et le respect. La culture de la peur de l'autre en l'occurance celle du « musulman » a mis le feu aux poudres. Nous ferons tout pour désamorcer "ces bombes à retardement" qui ont été posées de manière vicieuse par l'extrémisme de l'UDC et de l'UDF, en continuant nos activités pour un meilleur vivre ensemble dans le respect du droit, de la liberté et de la dignité de chacune et de chacun indépendemment de son appartenance culturelle ou religieuse.
Nous invitons les partis politiques qui se disent contre ces dérives racistes et islamophobes à faire le nécessaire pour se remettre en question et mettre en place un code de bonne conduite qui mette fin aux actions et initiatives racistes, xénophobes et islamophobes des partis extrémistes suisses.
Certes, les musulmans doivent s'organiser,  prendre en compte l'expression de cette peur à leur égard, améliorer leurs modes de communication, participer de manière plus visible et active dans le débat public mais, de grâce, cesser de les accuser tout azimut d'être les fouteurs de troubles ou les futurs ennemis de l'ordre suisse.
Oeuvrer pour l'appaisement ici et ailleurs dans le monde est notre intention et notre profond crédo.
Qu'en est-il du discours de certains ténors de la politique trois jours à peine après ce résultat ? Nous avons entendu ça et là certains nous dire qu'il fallait tout faire pour expulser cet article de loi de la Constitution etSans titre-1.jpg redonner à la Suisse son honneur. D'autres, tel que Monsieur Christophe Darbellay, Président du PDC Suisse, soucieux d'être détronné par le succès de l'UDC en Valais et dans toute la Suisse, nous fait entendre un discours tout aussi détestable que celui qui vient de sanctionner tous les citoyens et citoyennes suisses épris de liberté et de démocratie équitable (toutes confessions et cultures confondues). Lui, qui se présente comme un défenseur des Droits de l'Homme, le voilà entrain de développer une stratégie politique qui instrumentalise la « burqa », quasiment inexistante en Suisse, et qui de plus n'a rien à voir avec l'islam, ainsi que l'interdiction des carrés confessionnels comme si les morts étaient devenus subitement ses « ennemis » pour des raisons bassement électoralistes. Même si vous vous excusez après vos propos irresponsables, le mal est déjà fait. Non, cher Monsieur, la Suisse n'est pas la carpette du monde et nous aurions tant souhaité vous entendre avoir ce discours face aux USA lors de la crise financière. La politique est là pour trouver des solutions aux problèmes et non pas pour inciter à la haine et la lâcheté. Nous vous invitons à venir débattre avec nous en toute franchise et honêteté intellectuelle sur toutes les questions qui vous semble poser problème afin d'éviter les pièges de l'ignorance et ainsi empêcher ceux qui l'utilisent avec dextérité pour tromper le commun des citoyens.
Notre minorité stigmatisée par cette loi injustifiée sera celle-là même qui évitera à cette Suisse, qu'on aime et qu'on respecte, de glisser sur cette pente dangereuse sur laquelle la pousse les extrémistes fascisants.

Sachez que nous sommes des femmes et des hommes de paix et nous continueront à l'être, ici et partout, n'en déplaise à nos détracteurs.
Acceptez nos meilleures voeux à l'occasion de l'An neuf 2010 que je souhaite lumineux, serein et paisible pour tout le monde.

Hafid Ouardiri
Genève, le 3 décembre 2009, Fondation de l'Entre-Connaissance

*Le titre c’est une initiative de ma part.
La photo de M. Darbellay vient de son site internet

Cet après-midi sur la Place Neuve et chez One FM:
Hafid Ouardiri et notre Massimo Lorenzi
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30/11/2009

Un minaret sur la Place Neuve!

Ce n’est pas un poisson d’avril. Le Général Dufour a bel et bien depuis ce matin et jusqu'à 17h00 aujourd'hui un minaret à ses pieds. En carton, en bois, en papier et en tissu il a été confectionné entre 21h00 hier et 4h00 du matin. Il a été confisqué par la police puis remis à la Plac16362_1230216368476_1621127854_625038_2320261_n.jpge Neuve après une autorisation délivrée par les autorités dans un temps record. Derrière ce mouvement citoyen le collectif GLAJ (Groupement de Liaison Genevois des Associations de Jeunesse). Choqués par le résultat d’hier de l’initiative anti-minarets, des jeunes se sont rassemblés dans la soirée et ont décidé de mener une action symbolique en érigeant un faux minaret sur la Place Neuve. Opération fastidieuse qui demande une dextérité dans l’art du bricolage. Tout est fermé le dimanche qu’à cela ne tienne. Ils ont ramassé tout ce qu’ils peuvent leur servir pour l’édification du minaret dans les rues de Genève. Et le résultat aujourd’hui est aux pieds du général Dufour. J’ai rencontré une jeune fille du collectif ce matin à la Place Neuve. Elle n’a pas encore dormi. Elle m’a raconté par le menu le comment et le pourquoi de cette entreprise éphémère. Elle et ceux qui l’ont suivie ne veulent pas cautionner le vote “de la honte” de ce dimanche. Et c’est leur façon de dire Non à l’extrême droite et à l’interdiction du libre culte. D’autres actions symboliques vont suivre nous informe la page Facebook de l’événement: “Le premier nouveau minaret de Genève” qui compte aujourd’hui à 16h15 quelques 97 invités qui ont confirmé leur présence à la Place Neuve.
Vers 11h00 ils étaient une dizaine de collégiens à s’exprimer sur l’initiative anti-minarets. Certains ont même griffonné sur le minaret d’un jour leur colère. Parmi les messages inscrits au feutre sur le minaret un extrait de l’hymne national tunisien du célèbre poète Abou El Kacem Chebbi: “Lorsqu'un peuple veut la vie, force est au destin de répondre. Aux ténèbres de se dissiper et aux chaînes de se rompre ! “
Tous n’ont pas l’âge de voter mais la valeur n’attend pas le nombre des années pour exprimer sa révolte et son indignation.

A lire sur les minarets mes contributions:

Mon invité: Blaise Menu et les minarets

Les minarets et les excisées

Infrarouge et les minarets: un Oscar à Oskar

Qui a peur des minarets?

Mon invité Salika Wenger et les minarets

Mon invité Ali Benouari et les minarets

Mon invité Hafid Ouardiri et les minarets

Mon invité Pierre-François Unger et les minarets

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Même la police a fait acte de présence à 11h30:
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Rubrique Pierre Maudet
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Conseiller administratif responsable du Département de l'environnement urbain et de la sécurité entre autre chasseur d'affiches sauvages: en rapport avec cette rubrique, les liens suivants:Affiches sauvages, Genève, n'est pas une poubellePierre Maudet, j'adore!, Maudet et Longchamps ouvrent le bal électorel, Sécu-municipaux-cop!Maudet aux Pâquis!, Maudet promoteur de graffitis et Maudet-Moutinot le combat des titans

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Et demain est un autre jour!

24/11/2009

Mon invité: le pasteur Blaise Menu et les minarets

16362_1225860539583_1621127854_614098_7191391_n.jpgY’a pas mieux qu’un homme de foi pour parler de l’initiative anti-minarets soumise ce dimanche à la votation. Je n’ai pas choisi n’importe quel pasteur, j’ai sollicité Blaise Menu, personnalité connue et reconnue à Genève pour ses engagements avec la jeunesse et ses activités “extra-religieuses”. Depuis son arrivée au mois de septembre 2008 au Temple de la Fusterie il a transformé ce lieu de culte en un endroit de dialogues et de rencontres. Le temple sous sa houlette est devenu un trait d’union entre les genevois protestants et toutes les autres confessions. Il a organisé et il continue a le faire avec bonheur plusieurs débats avec la société civile, des hommes politiques et des personnalités de tous bord. Les jeudis de l’Espace Fusterie sont devenus des rendez-vous incontournables pour tous ceux qui suivent l’actualité. Partageant son temps de travail avec l’AJEG (Animation jeunesse de l’église protestante de Genève), Blaise Menu est content du chemin parcouru et du travail accompli avec la présentation du 5 au 15 novembre du spectacle “Génération Calvin” et de la commémoration du 500ème anniversaire de la naissance de Jean Calvin pour lesquelles il s’est beaucoup investi. Avec ses neuf ans d’expérience en tant que pasteur, Blaise Menu ne compte pas s’arrêter là. Il a beaucoup d’idées et veut poursuivre son travail de dialogue entre les religions et de “facilitateur” spirituel auprès des jeunes. Affable, souriant, constamment à l’écoute et la main tendue, Blaise n’est point blasé, il souhaiterait connaître par le menu ce qui a annimé les initiateurs de l’initiative anti-minarets. Lundi je suis passé à la Fusterie le prendre en photo. Une imposante tribune occupe les lieux au Temple, Blaise Menu ne semble pas prêt de la démonter de sitôt malgré la fin du spectacle “Génération Calvin” le 15 novembre dernier. Bien que rien n’est prévu dans le programme comme spectacle, la présence de cette tribune est une source d’inspiration pour le pasteur de la Fusterie. Dans quelques jours je suis sûr qu’il trouvera une utilité à ses gradins. Blaise Menu est un excellent “menu”. Voici ce qu’il pense de l’initiative anti-minarets:

"Le débat sur les minarets a fait enfler les pages de tant de blogs qu’il paraît un peu vain d’ajouter quoi que ce soit. Mais les inepties, les contresens et le délire identitaire qu’on nous sert depuis des semaines ont fini par aiguiser ma conscience de citoyen et de théologien, et c’est à ce double titre que je réponds à l’invitation de ce blog, à défaut d’en entretenir moi-même, pour exposer mon point de vue.

Une loi: où et pour faire quoi ?

Comme citoyen, je me dis: une chose est d’édicter des lois qui gèrent l’espace public, une autre est d’inscrire dans la Constitution des lois qui ont pour vocation de marquer les contours fondamentaux de l’espace social. Or je constate qu’avec cette votation, il s’agit ici d’une disposition constitutionnelle (bien plus impérative et massive qu’une “simple” loi) dont les relents restrictifs et condescendants nous plongent en plein XIXe siècle. Si donc on veut légiférer au niveau constitutionnel, c’est que le problème est sérieux. Mais où est le problème ? Est-il réel et établi, ou construit à la faveur des débats interminables de ces derniers mois ? Je trouve que le débat instille un singulier manque de confiance dans la qualité et la solidité de nos institutions, une fois encore.

Une lecture fondamentaliste

16362_1225860579584_1621127854_614099_456263_n.jpgSur ce, lisons les documents des initiants. Et le théologien de constater que les arguments de l’UDF ou du comité d’initiative sont pour le moins troubles, que ce soit à la faveur de citations spécieuses, ou d’extraits bibliques ou coraniques trop bien choisis. Dans le domaine biblique, précisément, j’y vois une lecture fondamentaliste, arrangée, sommaire. Pour le dire autrement: les initiants se font aussi fondamentalistes que les islamistes qu’ils veulent dénoncer, tandis qu’ils touchent en fait à l’islam et à telle de ses expressions. Leur lecture du Coran est aussi superficielle et ciblée que celle qu’ils font de la Bible, hélas, et elle est aussi inacceptable que celle qu’en font certains musulmans, hélas aussi. Or il est du devoir d’une conscience éclairée de refuser cette instrumentalisation des textes saints.
Exemple. Au petit jeu des versets bibliques, on peut certes citer Deutéronome 28,43 comme le fait l’UDF dans son argumentaire: “L’étranger qui sera au milieu de toi s’élèvera toujours plus au-dessus de toi, et toi, tu descendras toujours plus bas.” Tant qu’à faire, on pourrait même citer pire, le choix ne manque pas, assurément, tant la figure de l’étranger sert volontiers de repoussoir. Mais, hors de tout contexte, on aura tôt fait d’oublier que Dt 28,43 s’insère comme une malédiction parmi beaucoup d’autres adressée au peuple s’il n’écoute plus la voix du Seigneur et s’il ne met plus en pratique ses commandements (cf. Dt 28,15). Quelle est cette loi ? Elle est rappelée notamment en Lévitique 19,32-33, dans un passage de prescriptions assez hétéroclites: “Quand un émigré viendra s’installer chez toi, dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas. Cet émigré installé chez vous, vous le traiterez comme un indigène, comme l’un de vous; tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes vous avez été des émigrés dans le pays d’Egypte. C’est moi, le Seigneur votre Dieu.”. Là non plus, les citations ne manquent pas...

Minaret = extrémisme ?

Par ailleurs, la lecture du minaret faite par les initiants est unilatérale, le raccourci suggestif mais absurde (minaret = extrémisme islamiste), et l’intention manipulatrice en ce sens qu’elle exploite les inquiétudes et les peurs sociales en pariant sur un avenir trouble et incertain. Il n’y a qu’à voir les photos tendancieuses des argumentaires et les affiches grotesques qu’on nous inflige ces temps pour s’en rendre compte. Et la version politiquement à peine mois incorrecte de l’équation (minaret = domination) l’emporte par sa force suggestive mais ne résiste pas à l’analyse, à moins de considérer de ce point de vue que les clochers de temples et des églises, pas plus utiles que les minarets, mériteraient le même sort, ce dont il n’est manifestement pas question ici, étonnamment. Face à cela, il convient de garder raison et de ne pas céder aux sirènes de ce populisme plus ou moins chrétien. Ceux-là même qui dénoncent la signification symbolique du minaret, selon leur lecture, oublient un peu vite cet autre objet symbolique, souvent étendard de conquête et de domination porté par l’Occident au fil des âges – et  qu’il demeuCitation.jpgre pour certains: la croix.
L’équation minaret = intégrisme marque les esprits à force d’être répétée, jusqu’à la nausée. Mais ce présupposé, sur lequel les partisans de l’initiative basent leur argumentaire, n’est ni réellement prouvée ni étayée par des faits et des chiffres en contexte suisse. Et je dis bien “suisse”, au sens où ni le Royaume Uni, ni l’Allemagne, ni la France, pour ne prendre que des pays souvent cités en contre-exemple, n’offrent de correspondance à l’islam vécu chez nous. Y a-t-il en Suisse quelques excités et personnes aux propos inacceptables, rétrogrades, patriarcaux voire tribaux, notamment sur la condition de la femme ? Hélas oui, mais qu’on se rassure: chez les chrétiens aussi, malheureusement. Et chez d’autres sans doute aussi. Chaque chose en son temps, m’objectera-t-on, mais je me languis de voir les petits combattants de l’islamisme se lever contre des inégalités plus... indigènes et coutumières.

Portée symbolique
16362_1225860499582_1621127854_614097_8271894_n.jpgReste que l’argument des minarets est symbolique. Précisément, mesure-t-on assez la portée symbolique de ce vote, qui est et demeure, quoi qu’on en dise, un vote de défiance, dans la mesure il est un vote d’interdiction à l‘égard d’une minorité de citoyens et d’habitants de ce pays, prenant prétexte à la relative inutilité du minaret pour mieux l’interdire ? Mais pourquoi vouloir interdire ce qui, en somme, ne s’impose pas ? L’argument se mord la queue: ce serait comique si ce n’était pas si grave et si l’on n’avait ce sentiment d’un problème créé de toutes pièces à des fins électoralistes.
Les initiants font craindre des dérapages - que la législation actuelle permet manifestement d’éviter. Pire: on lit même que l’Europe pourrait devenir musulmane, à la faveur d’un grand complot islamiste, parce que quelques allumés ou intellectuels en mal de publicité ont eu des mots que personne ne va vérifier mais que tout le monde répète jusqu’à s’en convaincre. Du coup, on prend prétexte du minaret pour faire la morale, levant le doigt plus haut encore ! Aujourd’hui, les sermonneurs ne montent plus en chaire: ils emplissent les blogs et les médias, avec conviction mais sans références, n’hésitant pas à mêler tout avec n’importe quoi.

La question de la réciprocité

Ainsi l’évocation des droits accordés ou pas aux non-musulmans dans des pays à majorité musulmane: pour le dire tout net, quitte à choquer, il s’agit résolument ICI d’un faux problème et d’une instrumentalisation indue; comme s’il fallait être aussi prohibitif et finalement aussi intolérant que ceux dont on dénonce le comportement... Belle démonstration de maturité démocratique, assurément ! Il m’étonne de voir aujourd’hui ceux qui veulent nous donner des leçons de démocratie être prêts à voter des lois d’exception et fouler au pied les principes même de la démocratie sous prétexte de se prémunir de l’intégrisme musulman, comme si l’intégrisme ou le fondamentalisme chrétiens, pour ne prendre qu’un exemple familier, ne constituaient pas eux aussi un sérieux problème sociétal.
En évoquant cela, je sais pouvoir heurter celles et ceux qui ont connu les persécutions et les intimidations, qui les subissent encore et qui restent meurtris dans leur âme comme dans leur chair. Je ne saurais nier les graves problèmes rencontrés, notamment en Egypte et dans combien d’autres pays!, par des chrétiens ou des non-musulmans dans la pratique de leur foi, pour ne pas dénoncer ces situations de souffrance et de persécution intolérables et scandaleuses. Je peux dès lors souhaiter de tout citoyen, musulman ou non, qu’il s’engage et pétitionne afin de faire pression sur ces gouvernements ou sur  les autorités religieuses qui cautionnent des pratiques indignes, notamment vis-à-vis des femmes, qui paient un lourd tribu à l’obscurantisme social ou religieux.
Mais par rapport au débat sur les minarets, puisque ce seul sujet nous importe ici, je dis: ET ALORS ?!  Quel rapport ? Quelle pédagogie mettons-nous ICI en oeuvre en voulant interdire les minarets ? A quelle situation objective et quelles demandes concrètes sommes-nous confrontés ? Combien y en a-t-il déjà de minarets, en Suisse ? Quatre ? Cinq ? Avons-nous jamais eu le moindre souci à Genève à ce propos qui ne pût être réglé ? Franchement, la gestion de l’espace public ne se résume pas à des chamailleries de cour d’école – or c’est bien ce qu’on nous sert depuis plusieurs semaines sous prétexte de clairvoyance.

Idéologie sous-jacente

La paix religieuse doit être maintenue, certes, mais pas de cette manière, c’est-à-dire sur le dos d’une population-cible. Il y a peu, on parlait beaucoup des étrangers ou des réfugiés; ceux-ci peuvent être reconnaissants aux musulmans de ce pays (souvent rapidement assimilés aux catégories précédentes, d’ailleurs), de leur laisser un peu de répit. Trêve d’ironie: je fais fi du reproche de naïveté lorsque je vois des gens argumenter de façon voilée (!) ou à coup de versets bibliques complaisants: en se parant des atours du souci politique, ils véhiculent une idéologie politique chrétienne qui ne s’avoue pas et qui, in fine, vient à dire de manière exclusive et fort peu démocratique: “Jésus Christ est seul Seigneur”, idéologie dont ils n’assument que partiellement les logiques et les conséquences – fort heureusement, d’ailleurs. Faut-il dès lors renoncer à toute conviction ? Certes non, mais jusqu’à quel point cette conviction prime-t-elle sur le droit ? Je ne suis pas sûr que la nostalgie d’une situation de chrétienté soit absente des esprits. Dès lors, je suis frappé de voir combien, prenant appui sur la rapide et seule lecture d’un choc des civilisations, on est enclin à partir en croisade au nom de la paix religieuse. Car c’est bien d’une croisade qu’il s’agit ici (il n’est pour s’en convaincre que de constater la fougue des partisans lors d’un débat public), et cette initiative n’est pas anodine, tant s’en faut. Les initiants argumentent d’un principe de précaution face à la prolifération (avérée?) de demandes communautaires de la part des musulmans, pour mieux s’en défier. Bien. Je demande: si cette initiative-là est acceptée, quelle sera la prochaine ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Des combats ciblés

16362_1225860459581_1621127854_614096_415844_n.jpgS’il faut être clair pour écarter tout propos équivoque, soyons-le: non, nous n’accepterons pas que des lois (d’inspiration musulmane ou de quelque inspiration qu’elles soient) qui ne respecteraient ni l’intégrité, ni la liberté, ni l’égalité des êtres humains (et singulièrement celles des habitants de notre pays) viennent remettre en cause l’essentiel de ce que la démocratie suisse a su construire, parfois dans la douleur, depuis plus de 150 ans. Oui, à l’inverse de ce qu’imaginent ceux qui nous vassalisent à l’islam et qui confondent le respect critique avec la révérence, nous nous battrons pour que le droit soit respecté, comme nous donnons aujourd’hui de la voix contre les prophètes de malheur soi-disant éclairés qui veulent nous convaincre que l’islamisme commence au pied d’un minaret, et qu’interdire cette construction est faire preuve de discernement spirituel et de maturité politique.

Disons-le tout net: cette initiative anti-minarets est une mauvaise réponse à de bonnes questions, celles qui touchent notamment à la reconnaissance de l’identité religieuse et culturelle des migrants musulmans, à celle des communautés musulmanes en Suisse, à leur intégration, à l’articulation entre préférences communautaires et règles publiques, à la place de la femme dans l’imaginaire musulman et ses relations à l’homme, à la liberté de pratiquer ou non sa religion, voire d’en changer, à la formation des cadres (imams notamment) par des filières certifiées (comme pour les pasteurs réformés dont je suis), à la liberté d’expression, permettant la critique, et à la nécessité d’une harmonieuse cohabitation socio-religieuse dans toutes les étapes de la vie: à l’école comme dans les loisirs, au travail comme dans le cadre de soins hospitaliers. Or le débat actuel ne crée qu’un écran de fumée qui permet de mieux éviter ces questions-là, vraiment importantes, lesquelles devraient mobiliser nos énergies et notre discernement au lieu de voir ceux-ci dispersés vers des objets sans intérêt et des faux débats.

Surmontant le Kulturkampf, catholiques et protestants de ce pays ont mis du temps pour parvenir à s’entendre à nouveau et à trouver respect. Certains n’y arrivent toujours pas ? Tant pis pour eux, tant qu’ils ne font pas s’enliser la Suisse. Dans la tradition positive de nos Eglises, puissions-nous aujourd’hui faire profiter de notre expérience critique, de notre discernement et de notre sagesse constructive celles et ceux qui en ont besoin, au lieu de légiférer à la hussarde et de faire de la théologie de boulevard. Nous nous en porterons tous mieux au soir du 29 novembre prochain. Et nous n’aurons rien perdu de notre lucidité."

Blaise Menu, pasteur EPG

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Infrarouge et les minarets: un Oscar à Oskar
Qui a peur des minarets?
Mon invité Salika Wenger et les minarets
Mon invité Ali Benouari et les minarets
Mon invité Hafid Ouardiri et les minarets
Mon invité Pierre-François Unger et les minarets

Spécial minarets:
Photos prises ce week-end à Tozeur (le sud de la Tunisie)
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Agenda:
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Et demain est un autre jour!

23/10/2009

Mon invité: Ali Benouari et les minarets

L’un des intellectuels les plus en vue à Genève, est aussi l’un des candidats les plus brillants qui a perdu aux dernières élections du Grand Conseil. Ali Benouari, travaille bien mais il est mal récompensé. Vi7830_1201448329293_1621127854_555362_8265487_n.jpgctime...de la diversité! Je l’ai rencontré au début de cette semaine aux Pâquis. Il participait ce jour-là avec Hafid Ouardiri et des journalistes de l’Hebdo à un débat d’actualité le même que celui qui anime mon blog cette semaine (l’initiative anti-minarets). Benouari était abattu, déçu résigné mais pas totalement découragé. Il vient d’essuyer sa deuxième défaite électorale sur terre genevoise. La diversité dont il était le chantre n’a pas fonctionné. Ali Benouari, ne perd pas l’espoir de se faire élire un jour mais peut être pas sur une liste Radicale. Il a les capacités, les moyens et l’expérience, je parle de sa carrière “algérienne d'ex- ministre" pour s’imposer dans la politique genevoise. Et pourquoi ne pas créer un nouveau parti où il sera plus visible? L’idée fait son chemin. Un nouveau challenge? Non une continuité dans l’art de prolonger son engagement citoyen. Bientôt il y aura du nouveau dans le paysage politique genevois? Un Suisse d’origine maghrébine dans un exécutif genevois? Pourquoi pas au nom de la diversité.

NB: Monsieur Benouari n'est pas sur le départ. Ce n'est qu'une suggéstion de ma part de le voir voler de ses propres ailes et créer un parti à la hauteur de ses ambitions et de ses capacités.


Sa réponse sur l’initiative anti-minarets en attendant la réflexion de M. Hafid Ouardiri.:

QUI A INTERET A DESTABILISER LA SUISSE ?


“L'affaire des minarets n'est qu'un prétexte, comme tout le monde le sait. Un prétexte pour un parti politique (l'UDC) de se relancer. C'est pour cela que le débat est biaisé.  Ce type de débat  aurait pu être posé dans d’autres termes et dans un autre contexte.
Etre contre l'initiative ne signifie pas nécessairement que l'on est  islamophile.
Etre pour ne signifie pas forcément que l’on est  islamophobe.
Beaucoup de braves gens, chrétiens, musulmans, athées ou agnostiques, peuvent se  trouver   un tas de raisons d’y être favorables ou  hostiles.  Comme le montrent les sondages.7830_1201448369294_1621127854_555363_7688783_n.jpg
Mais ce tintamarre autour de la stricte question des minarets finit par agacer car tout le monde sait, sans toujours l’avouer, que c’est autre chose qui est en cause. Cet autre chose c’est, comme disent les financiers, « le sous-jacent », à savoir  la mosquée, temple  d'une religion qui fait peur.
Certes, il est compréhensible de vouloir  contrôler les dérives possibles de cette religion, ou d’autres, mais dans des limites d'un Etat qui a décidé en 1907 de n'en privilégier aucune tout en défendant le libre exercice de toutes. Tout est affaire de confiance dans l'Etat, autrement dit dans sa Constitution, ses lois et ses institutions. Nous ne sommes pas en Arabie saoudite, ni en Algérie ni en Egypte.
Si l'initiative devait passer, il faudrait s'incliner, bien sûr, devant une décision du  peuple souverain. Mais il faut être  conscient, dès aujourd’hui,  des effets qu’elle produira.
Sur la Suisse : la Suisse sera le seul pays au monde à avoir inscrit dans sa constitution l’interdiction d’un symbole religieux. Cette interdiction,  contraire à la mentalité, aux traditions et à la réputation du pays, vise, de surcroît,  une religion particulière,  stigmatisée de la façon la plus insolite et la vulgaire qui soit. Si elle était adoptée, elle aurait comme effets,  au mieux, d’accentuer l’isolement international de notre pays et au pire d’apparaître comme l’ennemi de l’Islam. Ce qui n’est bon ni pour la Suisse ni pour ses citoyens. Ni pour son économie non plus. Les auteurs de l’initiative anti-minarets  sont-ils conscients de son caractère déstabilisant, voire subversif?
Sur les musulmans : par delà l’émotion  légitime qu’elle susciterait chez eux,  l’adoption éventuelle de l’initiative (qui serait une atteinte à la constitution fédérale et la Loi genevoise de 1907 sur la liberté des cultes) montrerait, par défaut, aux musulmans combien  la liberté religieuse peut être  essentielle à leur propre épanouissement. Ici comme ailleurs, en Occident et même dans les pays musulmans, où les violences du pouvoir à l’encontre des fidèles ne sont pas rares. Elle les instruirait sur  l’importance que revêt la neutralité confessionnelle de l’Etat, du point de vue du libre exercice de leur culte.  Elle les instruirait aussi sur cette nouvelle vérité : dans un monde qui tend à devenir multiconfessionnel et de plus en plus démocratique,  les entraves à l’exercice d’un culte donné dans un pays donné deviendront  des anachronismes intolérables. A preuve, l’un des arguments souvent servis-à tort ou à raison-  par les tenants de l’initiative est que la liberté religieuse ne serait pas  garantie aux chrétiens vivant dans certains pays musulmans.”

Pour comprendre ma démarche à lire ma note “Qui a peur des minarets?”
Prochain invité de PLANETE PHOTOS: Hafid Ouardiri qui a déjà envoyé sa contribution au sujet de l’initiative anti-minarets. M. Ueli Leuenberger m’a promis une réponse. En attendant que les sept autres interlocuteurs à qui je me suis adressé nous donnent leur position et leur réflexion sur le sujet.

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Rubrique Pierre Maudet
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Conseiller administratif responsable du Département de l'environnement urbain et de la sécurité entre autre chasseur d'affiches sauvages: en rapport avec cette rubrique, les liens suivants:Affiches sauvages, Genève, n'est pas une poubellePierre Maudet, j'adore!, Maudet et Longchamps ouvrent le bal électorel, Sécu-municipaux-cop!Maudet aux Pâquis!, et Maudet promoteur de graffitis

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Dans les rues de Genève:
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Ne partez pas avant de faire un tour sur: Le blog du Jet d'eau
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Et demain est un autre jour!
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21/10/2009

Mon invitée: Salika Wenger et les minarets

7828_1200189577825_1621127854_552690_4839341_n.jpgOn ne présente plus Salika Wenger. Son nom est intimement lié à une certaine gauche, une gauche cynique. Madame Wenger est une personne délicieuse qui a son franc parlé. Elle ne laisse personne indifférent. Elle dérange. C’est un tempérament. Un caractère, bien trempé. Elle agace certains et emballe d’autres. Comme Pierre Vanek, elle ne va pas aimer cette comparaison, c’est un personnage incontournable de la gauche plurielle. Une gauche radicale qui se démarque de ses concurrents-voisins par son positionnement à l’extrême de l’échiquier politique. Je me suis adressé à deux reprises à la Présidente de l’Association Suisse contre les intégrismes. Et deux fois elle a eu la gentillesse de me répondre. Qu’elle soit ici remerciée. Voilà ce que Madame Wenger pense de l’initiative anti-minarets.

7828_1200189617826_1621127854_552691_6036224_n.jpg“Cette initiative est un cheval de Troie. Sur les 300 000 musulmans qui vivent en Suisse seulement 10% sont chiites et les minarets les concernent beaucoup plus que les sunites qui n’ont besoin ni de minarets, ni d’imam pour s’adresser à leur Dieu.
De quoi parle-t-on, de l’Islam? J’en doute car dans les représentations ce sont les arabes qui sont visés. Il semble que l’UDC ait encore beaucoup à apprendre de l’Islam. Par exemple que les 2 tiers de musulmans sont sur le continent asiatique et que les arabes représentent une minorité dans l’Islam.
Cette initiative est une initiative xénophobe qui ne veut pas dire son nom et qui fait un amalgame navrant entre arabes, musulmans et terroristes. Quant à la prétendue défense des droits des femmes, laissons aux femmes musulmanes le droit de trouver leur liberté comme bon leur semble et ce n’est pas des rétrogrades comme l’UDC qui ont des leçons de démocratie à leur donner.”
Le blog de Salika Wenger: “Le grand collisionneur d’idées”

Pour comprendre ma démarche à lire ma précédente note “Qui a peur des minarets?”
Prochains invités de PLANETE PHOTOS: M. Ali Benouari et Hafid Ouardiri qui ont déjà envoyé leur contribution au sujet de l’initiative anti-minarets. M. Ueli Leuenberger m’a promis une réponse. En attendant que les sept autres politiciens à qui je me suis adressé nous donnent leur position et leur réflexion sur le sujet.

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Rubrique Pierre Maudet
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Conseiller administratif responsable du Département de l'environnement urbain et de la sécurité entre autre chasseur d'affiches sauvages: en rapport avec cette rubrique, les liens suivants:Affiches sauvages, Genève, n'est pas une poubellePierre Maudet, j'adore!, Maudet et Longchamps ouvrent le bal électorel, Sécu-municipaux-cop!Maudet aux Pâquis!, et Maudet promoteur de graffitis

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Le MCG en compagne:
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Dans les rues de Genève:
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