27.06.2011
Une balade à vélo à Amsterdam par Maurizio Giuliani!!

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21.06.2011
Le tourisme en Guyane c’est aussi...des histoires et des contes!
Alain Bossu continue son voyage en Guyane passant d’une découverte à une autre.
Le tourisme en Guyane ne consiste pas seulement à découvrir la forêt, les fleuves, les îles et les vestiges du bagne. Sa diversité est telle qu’on en oublierait qu’il y a une mosaïque de populations et des contes plein la tête.
A moi Conte, deux mots…
Depuis quelques années, la Guyane vit à l’heure du renouveau du conte, en créole, dans les langues amérindiennes ou en français. Renouveau signifie qu’il y a eu comme une vague qui s’est retirée quelque part, dans les terres profondes de désuétude. Aujourd’hui, renouveau signifie surtout que la marée est vraiment porteuse d’avenir.
Messié Krik !, s’exclame Valérie Whittington ; Missié Krak, répond une foule d’adolescents qui ont déjà passé l’après-midi avec l’équipe de conteurs dans le cadre d’un Projet de Réussite Educative (PRE). Mais il y a aussi des adultes, créoles amérindiens ou expatriés qui travaillent au centre spatial et vivent à Kourou. Peut-être 100 à 150 personnes qui ont marché dans la gadoue pour accéder au Tukusipan, ce grand carbet rond de Centre amérindien Kalawachi, qui n’est pas un nom de tribu mais un arbre aux fleurs jaunes qui tombent.
Dénise ké loup-garou-a
En cette soirée du 21 mai dernier, il fallait vraiment avoir envie d’aller se perdre à Kalawachi, à quelques kilomètres de Kourou, en empruntant une ancienne route défoncée que les grosses pluies de la saison, n’arrangeaient pas. Un vrai déluge parfois… qui s’exprime plus fort que les conteurs. La troupe se nomme Zoukouianian, ce qui signifie luciole. Je vois jouer Valérie pour la première fois. Cadeau suprême, elle interprète en français le conte «Denise et le loup-garou », en créole «Dénise ké loup-garou-a» qu’elle a créé spécialement pour le roman que j’ai écrit sur la Guyane l’an dernier «La demoiselle de Guisanbourg». Elle y a mis toute sa passion.
Mais il y avait bien d’autres conteurs pour un public qui est resté jusqu’à 23 heures. Parmi eux, Mauricienne Fortino, qui vient de la région de l’Oyapock et qui est très attachée à sa culture palikour. Elle a d’ailleurs publié plusieurs livres de contes.
Le centre Kalawachi
Si les conteurs se produisent désormais un peu partout, le lieu de ce soir n’est pas fortuit. Jean-Pierre Joseph est l’âme de Kalawachi avec son épouse Marie-Pierre. Ce centre culturel (situé à quelques kilomètres de Kourou en direction de Sinnamary) permet d’approcher les cultures amérindiennes de Guyane. En décembre 2010, il a été le lauréat Antilles-Guyane de la Fondation du Patrimoine. C’est aussi un lieu d’apprentissage du savoir-faire traditionnel. Le lieu peut aussi être privatisé pour des opérations spécifiques (hébergement possible en hamac). Il suffit d’envoyer un courriel : centrekalawachi@orange.fr
Texte et photos: Alain Bossu pour PLANETE PHOTOS

Prochain et dernier volet Guyane : un tourisme pas comme les autres
Légendes photo
Valérie Whittington, couleur Passion
Mauricienne Fortino, la douceur palikour
Jean-Pierre Joseph, l’âme de Kalawachi
Le ciel de case dans le Tukusipan
Les précédentes notes d'Alain Bossu sur la Guyane:
"La Suisse et le fil d'Ariane"
"Maurice Méthon ou la pasion d'entreprendre!"
"Genevois et commissaire de police en Guyane!"
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15.06.2011
Maurice Méthon ou la passion d’entreprendre

Il construit un lodge à 70 ans!
Deuxième volet du carnet de voyage en Guyane. Après le commissaire franco-suisse de Cayenne Joël-Patrick Terry, Alain Bossu a rencontré un autre personnage pas comme les autres. A plus de 70 ans, Maurice Méthon construit un lodge, le premier sur la rivière Orapu.
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Christiane (dommage, elle n’aime pas être prise en photo) et Maurice Méthon n’ont pas longtemps résisté à la tentation… celle du chocolat, bien sûr ! Nous nous connaissons depuis plus de 15 ans et je leur ai apporté une boîte de chocolat qui les a reconduit dans un passé insouciant. C’était du chocolat Villars aux larmes d’edelweiss. Séquence Emotion, non pas seulement en raison du talent du maître chocolatier établi à Fribourg, mais pour le nom de Villars.
«J’en ai vraiment eu les larmes aux yeux, tu sais, m’a-t-il répété à l’heure du ti-punch. Christiane et moi, nous nous sommes connus à Villars… au Club Med !» Dans leurs yeux, tout revivait comme au premier jour. C’était… Maurice a désormais plus de 70 ans. Il y a donc bien longtemps, il était saxophoniste au Club Med. J’ai donc fait des saisons à Villars-sur-Ollon et à Leysin. Chritiane était aussi GO à Villars.»
Le couple aime la Suisse. Elle s’est mise au ski. Lui ? «Je crois bien que j’ai tenté. Mais j’ai vite compris que je n’étais pas fait pour ça ! » Les années ont passé, GO au Club n’est plus qu’un souvenir. Mais chaque week-end, il joue encore du saxophone pour ses clients du restaurant le Cric Crac. Pourquoi Cric Crac ? Dans un conte créole ou lorsque l’instituteur raconte une histoire aux enfants, il lance «Cric» et les enfants répondent «Crac». C’est une sorte de «il était une fois » créole. Le restaurant est une des très bonnes adresses guyanaises pour la cuisine traditionnelle (mais pas seulement). Une de leurs filles, Carolle (avec deux l), s’en occupe avec passion et doigté. Il y a aussi l’hôtel avec chambres et bungalows, salles de réunion, la piscine, une discothèque (musique Guyane-Caraïbes), un bowling, un centre sportif, une autre piscine (plus grande)…
Maurice Méthon est insatiable. Dans le monde économique guyanais, il séduit autant qu’il irrite ! Une chose est sûre, Maurice Méthon ne laisse pas indifférent, d’autant qu’il s’est lancé dans pratiquement tous les pans de l’activité économique. Un bosseur comme on en voit peu. Il y a plus de dix ans, je l’avais incité à s’intéresser aux fleuves et à la forêt. En dehors des îles du Salut et du Centre spatial, c’est la raison d’être du tourisme en Guyane. Il n’y songeait sans doute pas autrefois. Aujourd’hui, à l’âge où beaucoup jouent aux dominos dans un café ou aux boules place des Amandiers, il franchit le pas. Il y a quelques jours, c’était le 18 mai, j’arrive en Guyane et je pose ma valise dans son hôtel Beauregard. J’y retrouve des clients très fidèles, touristes de longue durée, gens d’affaires en mission. «C’est simple mais bien, je me sens comme à la maison », m’assure une commerciale de l’industrie pharmaceutique en Guyane pour deux semaines de boulot.
L’air taquin, celui qui est aussi vice-président du Comité du Tourisme de Guyane me demande ce que je fais le lendemain. «Rien de spécial dans la journée, luis répondis-je, mais vers 15h30, je file à Kourou voir le lancement de la fusée Ariane.» Il sourit. «Pas de problème, rendez-vous à 8 heures demain matin, je t’emmène.»
Le lendemain matin, il lève le voile au petit déjeuner. «Regarde, c’est le plan d’un lodge, le mien. On y va.» Nous partons par la route de l’Est avant de prendre la pirogue sur la Comté. Une heure de navigation sur la Comté ou l’Oyak et, enfin, l’Orapu. C’est là que Maurice Méthon a trouvé un terrain. «Tu vois, je le fais enfin ! » Tout est encore en construction mais une ouverture douce est prévue dans le courant de l’été. Maurice Méthon n’est pas pressé. Il y aura deux carbets pour recevoir les visiteurs (une trentaine environ) qui dormiront sous hamac (des bungalows sont également prévus un peu plus tard), un autre carbet pour les repas, la maison des gardiens, et les sanitaires. Il y a de l’eau potable. L’Orapu est magnifique et il n’y a pas (pour l’instant) d’autres lodges le long de cette rivière. On peut s’y balader en toute quiétude.
Maurice Méthon savoure cette nouvelle entreprise. Un soir, il m’emmène dîner dans un restaurant chinois à Cayenne. Il est heureux, toujours pensif mais heureux. Nous parlons de Carolle. Il sait combien elle s’investit dans l’entreprise (il ne lui dit peut-être pas assez souvent !). Tiens, sa pirogue s’appelle Carolle.
Après dîner, nous nous promenons en voiture à 20 km/h maxi, toutes vitres baissées et nous faisons comme le tour du propriétaire. Un orchestre antillais joue sur la place des Palmistes. Nous traversons le canal Laussat, nous arrivons dans ce que tout le monde nomme Chicago. Le soir, un autre monde, un tout autre monde. Il me demande en souriant si je préfère que l’on remonte les vitres. «Je suis un peu guyanais, non? Alors, c’est très bien ainsi.»
Et nous avons ainsi vu passer le temps avant de rentrer… à la maison.
Texte et photos Alain Bossu pour PLANETE PHOTOS
PS: Prochain article: le CSG, port spatial de l’Europe, avec le drapeau suisse puisque des entreprises helvétiques participent très activement à la réussite des lancements d’Ariane.
Légendes photos:
Maurice Méthon fut autrefois saxophoniste aux Club Med de Villars et Leysin. Le week-end, il joue toujours pour ses clients du Cric Crac.
Alain Bossu et Maurice Méthon à l’entrée du lodge sur la rivière Orapu
Les carbets sortent de terre petit à petit pour accueillir bientôt les premiers visiteurs.
Les précédentes notes d'Alain Bossu sur la Guyane:
"Le tourisme en Guyane c'est aussi des histoires et des contes"
"La Suisse et le fil d'Ariane"
"Genevois et commissaire de police en Guyane!"
12:16 Ecrit par Haykel dans Récit de voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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13.06.2011
Genevois et commissaire de police en Guyane!
De retour de Guyane, Alain Bossu un des fidèles contributeurs de ce blog nous ouvre son carnet de voyage. Des rencontres et des moments inoubliables que l’auteur de “Toi seule sauras” a voulu partagé avec les lecteurs de PLANETE PHOTOS dans une série de cinq articles. Le premier nous parle d’un genevois blogueur devenu commissaire de police en Guyane. Est-ce possible?
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Genevois et commissaire de police en Guyane
Premier volet de cette semaine guyanaise : rencontre avec un commissaire de police. Pas n’importe lequel : Joël-Patrick Terry est Directeur départemental adjoint de la Sécurité Publique de Guyane. Surtout, il est né à Genève et double national.
«La Guyane, il n’y a pas 50 possibilités, on aime ou on déteste. » Le commissaire Joël Terry aime la Guyane. Ce jour-là, j’ai fondu en larmes. C’était en mai ou début juin 2010, la première fois que j’ai fait la connaissance de Joël (je ne connaissais pas encore son nom). Je lisais un blog sur le site de la Police Nationale (française). Le titre du sujet « Vague à l’âme ou lame de fond » et le texte signé Joël, Commissaire à Cayenne, ont attiré immédiatement mon attention. Il s’agissait d’une double noyade. Deux enfants de 11 et 13 ans qui ne joueront plus jamais sur la plage près de Cayenne. Le plus jeune a été pris dans une lame de fond, l’aîné a vainement tenté de le sauver. La famille dans l‘inquiétude, les sauveteurs dans les recherches… «On n’est pas dans les Experts ou NCIS », indique Joël alors qu’il faut procéder aux constatations post mortem.
Je prierai!
Le commissaire Terry et un officier de police se rendront auprès de la famille. «C’était mon devoir.» Il y avait du monde dans la cour de la maison. Il demande le chef de famille, lui parle à l’écart. Il s’est imaginé des centaines de fois le message à délivrer. Le papa attend des nouvelles qu’il espère positives, les enfants sont-ils retrouvés, vont-ils bien ? «Oui, monsieur, nous avons retrouvé vos enfants… ils sont de nouveau réunis… Côte à côte. Le petit avec le grand… On a l’impression qu’ils dorment… Comme des anges.»
Le papa est resté digne tandis que les pleurs ont éclaté. Sur son blog, le commissaire est redevenu un homme, un père comme les autres. «Ces deux enfants seront dans mes prières ce soir, écrit-il, lorsque j’aurai quitté mon habit de lumière de policier républicain. Je retrouverai les convictions théologiques de l’individu que je suis, et peu importe le dieu que je prierai, j’espère qu’il prendra en compte ces deux enfants à ses côtés. Dans tous les cas, je prendrai ma fille dans mes bras en me disant que c’est une joie dont il faut profiter à chaque instant.» Le commissaire Terry a immédiatement entamé les démarches pour faire reconnaître l’acte de bravoure du plus grand qui a donné sa vie pour sauver son cadet.
Voilà pourquoi j’ai voulu le rencontrer. Ce fut le cas à deux reprises lors de séjours différents en Guyane. Il était d’autant plus heureux de bavarder qu’il est né à Genève et a vécu près du Parc des Eaux-Vives. Il possède la double nationalité française et suisse. Son grand-père était gendarme à Genève. Ayant choisi d’effectuer son service militaire en France, il est entré dans la police nationale française en 1993, en Seine-Saint-Denis, puis à la Brigade anti-criminalité (BAC) de Paris avant d’être nommé dans le quartier des Halles de Paris puis de rejoindre, lors de sa création, la Compagnie de Sécurisation de la direction de la police urbaine de proximité. De son passage dans le quartier des Halles, il a écrit un livre (il était alors capitaine) en2005 : « 1000 jours pour vaincre l’insécurité » paru aux éditions Creaphis, en collaboration avec Elisabeth Bourguinat, docteur ès lettres, qui s’occupait d’une association du quartier et travaillait pour l’Ecole de Paris du Management. Il y démontre que la police de proximité n’est pas synonyme de laxisme et qu’elle peut réussir quand
elle dispose moyens et humains. « Quand je sortais du RER et que j’arrivais aux Halles, a-t-il écrit, j’avais l’impression d’entrer à la maison.»
La Suisse?
Pourquoi ne pas avoir opté pour la Suisse? «Il faut assumer ses choix, on ne peut pas seulement croire que l’on peut profiter du meilleur de chaque pays. Mais j’aime toujours profondément la Suisse bien que je ne m’y rende pas assez souvent. Je lis le Journal des Suisses de l’étranger. C’est une vraie attache.»
Joël Terry conserve également quelques vins suisses. Il revit parfois des souvenirs d’enfance, le goût du Toblerone, les forêts de sapins, le tram, les boîtes à journaux. «De la Suisse, j’ai appris l’esprit du devoir, la notion de travail, le respect de l’autre.» Il en arrive même à déceler des ressemblances entre la Guyane et la Suisse. «Le fonctionnement est un peu équivalent, il tourne autour d’une notion d’însularité alors que l’on appartient à un continent. Toujours en parallèle, l’habitude d’une population qui parle plusieurs langues (français, créole, langues amérindiennes, portugais du Brésil voisin, hollandais avec le Suriname, chinois, vietnamien, etc.). Sans oublier le russe puisque les fusées Soyouz seront désormais lancées depuis le centre spatial de Kourou dès la fin octobre.
La violence en Guyane...
Le métier de policier est-il plus difficile en Guyane? «La violence est trois fois plus forte qu’en métropole à population équivalente, convient le commissaire Terry, en poste en Guyane depuis juillet 2009. Nous sommes en Amérique du Sud et donc face à une délinquance sud-américaine. Beaucoup disposent d’armes de chasse car c’est le seul département où les armes ne sont pas réglementées.» S’ajoutent les machettes dont tout le monde se sert et qui peuvent être des armes redoutables. «En même temps, il n’est pas compliqué d’être policier en Guyane. On peut rentrer chez soi en uniforme, se promener dans la rue, seul en uniforme, et ne pas être du tout importuné. Rien à voir avec Lyon, Marseille ou Paris. Ici, le policier est respecté, les gens sont contents d’en connaître dans leur entourage. Il y a pour ainsi dire un policier dans chaque famille, et souvent de père en fils. Au commissariat de Cayenne, 80% des effectifs sont Guyanais et heureux de vivre en Guyane. Cela crée des liens forts avec la population.» Le beau-père du commissaire Terry est Guyanais. «Je suis fier de cette double culture.»
Et sans doute encore plus fier de se battre pour des valeurs tout en sachant que « la République n’est que ce que l’on en fait. »
Alain Bossu
Prochain article : Maurice Méthon. A plus de 70 ans, ce « forçat » de l’hôtellerie guyanaise, vice-président du Comité du Tourisme de Guyane et saxophoniste qui a joué pour les «GM» des Club Med de Villars et Leysin, se lance dans la construction d’un lodge sur le fleuve Orapu.
Légendes photos:
Le commissaire Joël Terry
Ce tableau d’un poste de police guyanais accueille les visiteurs au commissariat de Cayenne.
Carte de Guyane et mygale pour la Brigade anti-criminalité(BAC) de Cayenne.
Joël Terry, avenue du Général de Gaulle à Cayenne, devant le commissariat.
23:55 Ecrit par Haykel dans Récit de voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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