14.11.2011
Les révolutions arabes : et après ? par Hafid Ouardiri
ça toujours était d’actualité que de “taper” sur les musulmans et l’islam. L’occident a une peur bleue des intégristes musulmans et n’arrive pas à faire la différence entre l’intégrisme et l’islam ordinaire tel qu’il est pratiqué actuellement à travers bon nombre de pays dans le monde. L’avant dernier numéro de Charlie-Hebdo et la chronique de Maitre Marc Bonnant dans le Matin Dimanche de la semaine dernière n’arrangent pas les choses et font creuser davantage le fossé de l’incompréhension entre musulmans et intellectuels européens. Le “pompier professionnel” BHL, le fringant avocat à la verve facile et au raisonnement simpliste Marc Bonnant ainsi que le canard boiteux en perte de vitesse Charlie-Hebdo se livrent à un même combat avec des variantes mais tous les trois sont unis par leur insoutenable légèreté d’analyse face à un islam qui ne veut ni conquérir ni déclarer des croisades et encore moins s’imposer en Europe ou ailleurs. C’est le cauchemar de l’extrême droite qui manipule l’opinion! L’amalgame et le mélange des genres font que on met tous les musulmans dans le même sac, feignant leurs différences. C’est comme si il n’existe qu’un seul courant chez les autres religions et que parmi elles il n’y a point d’extrémistes (la tuerie d’Oslo). Certes il y a des intégristes chez les musulmans mais qui n’a pas dans sa communauté des méchants ou des brebis galeuses? On ne va pas refaire l’histoire et l’intégrisme quel qu’il soit a été nourri par la manipulation politique!
Hafid Ouardiri qui a carte blanche sur ce blog comme d’autres intellectuels d’ailleurs n’a pas voulu rester un simple spectateur devant le fait accompli de l’intelligentsia occidentale qui est entrain de reprendre le même chemin paternaliste qui a conduit jadis à l’occupation puis à la complicité avec des régimes dictatoriaux qu’ils ont contribué à mettre en place au nom d’un hypothétique rempart contre un islamisme considéré comme dangereux. Il nous livre plus bas une longue analyse sur les révolutions arabes, une approche clairvoyante et intéressante à plus d’un titre.
Je partage entièrement l’analyse du directeur de la Fondation de l’Entre-connaissance sauf quand il a évoqué la Charia pour la Tunisie. Ennahdha, ne prône pas la Charia comme ligne de conduite mais veut appliquer un islam moderne. Concrètement, on ne sait pas ce que donnera cette nouvelle donne. Et comme dit le célèbre adage: “qui ne tente rien n’a rien”. Et puis pourquoi cette ingérence? Laissez ces peuples vivres leur propre expérience!
Haykel Ezzeddine
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Les révolutions arabes : et après ?
C’est une question intéressante mais quelque peu lancinante qui revient sans cesse depuis que s’est déclanché ce que l’on appelle « le printemps arabe ». Il est vrai que personne ne s’y attendait, même les experts les plus chevronnés se sont trouvés dépassés par cet événement extraordinaire.
Les outils d’analyse des sciences politiques se sont avérés inadaptés pour comprendre ce qui se passait dans ces pays arabo-musulmans qui se soulevèrent alors qu’on les croyait totalement asservis et définitivement rayés de l’Histoire.
Hier…
Tous les peuples des pays arabo-musulmans ont subi le colonialisme et le néo-colonialisme sous la tyrannie de dictateurs avides de pouvoir et à la botte des anciennes puissances coloniales.
Ces peuples ont été soustraits à leurs histoires et à l’Histoire de l’Humanité. D’abord colonisés après des luttes chèrement payées en vies humaines pour accéder à leurs indépendances, les voilà livrés, dans l’euphorie d’une fausse liberté, à des systèmes totalitaires à la solde des anciens maîtres et avec leur bénédiction. J’ai personnellement vécu ces différentes périodes d’une indépendance sans liberté qui devient rapidement une vie sous perfusion malgré les richesses de ces pays. Pour les démocraties occidentales, les opprimés ne devaient en aucun cas être un obstacle pour leurs intérêts économiques et géostratégiques. Tant que les dictateurs en place acceptaient ce marchandage, non seulement ils n’avaient pas à s’inquiéter pour leur pouvoir mais plus encore ils étaient considérés comme des remparts infranchissables contre l’extrémisme qui ne pouvait être qu’islamique ou islamiste selon leur propre terminologie.
Dans tous les pays arabo-musulmans et bien au-delà c’était la règle à ne pas transgresser sinon c’est la prison, la torture ou la mort. Les droits de l’homme n’était ni plus ni moins qu’un alibi. Il suffit de se souvenir de l’accueil qui a été fait à ses dictateurs par tous les dirigeants de toutes les démocraties occidentales. Le siècle des lumières des uns a été celui des ténèbres et de la souffrance extrême pour tous ces peuples. A tel point que j’ai cru que jamais ces peuples ne goûteraient à la saveur de la liberté et que jamais ils ne vivraient dans la dignité avec des droits et des devoirs. J’ai connu l’époque du « tais-toi les murs ont des oreilles!» et du « pourquoi cherches-tu à comprendre?». Ce sentiment était tellement fort qu’il nous poursuivait partout même jusqu’ici en Suisse et partout ailleurs.
Souvenons-nous, en 1988, le soulèvement du peuple algérien qui ne réclamait qu’un droit citoyen celui d’élire librement ses responsables politiques. Les élections ont eu lieu, elles ont désigné à la majorité écrasante un parti politique musulman. Aussitôt, un coup d’Etat eu lieu soutenu par des intellectuels et politiciens français et européens qui déclarèrent que ces musulmans avaient utilisé la démocratie pour tuer la démocratie, parmi eux le fameux BHL qui, en mars 2011, a volé au secours des libyens qui étaient menacés par Kadhafi. Une instrumentalisation « sarkozienne » pour rattraper son absence dans la révolution Jasmin en Tunisie et puis pour s’assurer quelques barils de pétrole libyen et des contrats pour la reconstruction du pays. Aujourd’hui, la Libye est libre dans un chaos de fer et de feu avec des centaines de milliers de morts, un nombre considérable de blessés et des armes très sophistiquées éparpillées sur tout le territoire. J’espère que les combattants feront preuve de sagesse en les remettant entre de bonnes mains pour le bien de toute la population qui a assez souffert.
Au fait, l’Algérie vit dans un traumatisme qui l’enfonce toujours plus sous la botte du régime des généraux. Dès que le peuple manifeste pacifiquement, il est réprimé sans pitié, pour 3000 manifestants, le système mobilise 30’000 policiers lourdement armés et prêts à tuer. Ce terrorisme d’Etat a donné naissance et entretenu un autre terrorisme aveugle et dévastateur qui a permis à certaines puissances d’envahir des pays (les Etats-Unis en tête) pour soi disant le combattre (Irak, Afghanistan, Yémen etc.)
Aujourd’hui…
L’Irak qui était le berceau de la civilisation mésopotamienne et arabo-musulmane, longtemps sous la terreur d’un dictateur implacable, puis envahi par les Etats-Unis d’Amérique pour soi disant instaurer la démocratie n’est plus un pays. C’est devenu un laboratoire militaire américain comme l’Afghanistan.
La Tunisie est libre et la démocratie a commencé à faire ses preuves sans pour autant convaincre les occidentaux qui se méfient du choix « musulman » du peuple malgré le fait que la pluralité est là et qu’elle veut installer un gouvernement d’union nationale avec tous les acteurs politiques de la société. De nouveau, les régimes occidentaux veulent imposer leur choix au peuple tunisien qui, dans sa majorité, veut rester attacher à son histoire et à ces valeurs musulmanes ainsi qu’à son corpus de lois « la charia » qui invite à la vie et non à la mort comme certains extrémistes veulent le faire croire à la satisfaction de certains détracteurs de l’islam en Occident. La charia se résume en 5 principes : la libre observation de la religion, le respect de la vie, la conservation de l’espèce humaine et de son environnement naturel, le maintien et l’usage de la raison et le bon usage de l’argent et des biens matériels - des valeurs de vie universelles incontestables.
Le parti musulman « Ennahdha » ne cesse de rassurer les opinions occidentales et les autres partis politiques en Tunisie en leur rappelant qu’aucune liberté acquise par le passé ne sera remise en question et que l’islam ne s’impose à personne.
L’Egypte est libre et le processus démocratique est en marche malgré les difficultés qui se dressent sur son chemin à cause des partisans de l’ancien régime qui sont toujours à l’œuvre à travers des réseaux financés par
des sources obscures. L’armée est toujours là, menaçant la liberté et la démocratie durement arrachée par tout le peuple égyptien toute confession et culture confondue. Ce n’est pas la religion, qu’elle soit majoritaire ou minoritaire, qui définira à l’avenir le droit de chacune et chacun dans l’Etat égyptien, c’est la citoyenneté qui est la même pour toutes et tous. Il en sera de même pour la Libye et pour tous les pays qui se libéreront les uns après les autres car il n’est plus possible de battre en retraite face aux régimes totalitaires pour ces peuples où les jeunes forment la majorité écrasante et agissante.
Je me permets d’énumérer, pour leur exprimer mon profond respect, les pays qui doivent se libérer et qui le font sans armes sous le regard inquiet mais indifférent du monde dit libre : le Maroc, les pays du Golfe, la Jordanie, l’Algérie déjà meurtrie, la Syrie très meurtrie où l’on massacre à huis clos. Peut-on espérer que la Palestine et son peuple puissent connaître leur « printemps arabe » mais cela ne peut se faire qu’en coordination avec une vraie révolution des indignés israéliens ? Chacun de ces pays, une fois libéré, devra s’organiser pour gérer au mieux l’héritage historique qui est le sien avec la grande richesse que représente sa diversité culturelle et confessionnelle en respectant : la liberté, la dignité, l’équité et la paix pour toutes et tous, parce que toutes et tous CITOYENS !
L’urgence aujourd’hui c’est remettre en état les institutions lorsqu’elles existent et les créer lorsqu’elles sont absentes en respectant les règles démocratiques. Il faut faire l’inventaire et rétablir l’ordre sans violence ni règlement de compte, rendre obligatoire une bonne éducation pour tous dans le but de former les futures élites du pays, remettre l’économie en marche afin que chaque citoyen puisse avoir accès à une vie décente et surtout faciliter l’émergence d’une société civile responsable et engagée pour le bien public. Bref, ces révolutions doivent laisser place à une véritable évolution de ces peuples longtemps traités en sous-hommes. Il faut réinventer une autre manière de vivre responsable libérée de tout sentiment de culpabilité.
Demain…
Enfin, j’ai ressuscité de mon passé longtemps sans issue. Ces révolutions m’ont permis de relever la tête ici et partout ailleurs. Mes peuples ont réintégré la grande Histoire pour continuer à écrire la leur tombée en panne depuis bien longtemps.
Durant tout ce temps ces peuples, génération après génération, avaient gardé intact leur rêve d’une vraie souveraineté au cœur des cauchemars qu’ils subissaient en silence. Ce n’est que justice, alors cessons de les accabler en ne leur accordant pas notre confiance.
Ils savent que c’est la fin d’une mauvaise époque sombre et le début d’une autre qu’ils ont gagné grâce à leur espérance et à leur résistance.
Ils savent aussi que personne n’a le droit de les priver de cette victoire et jamais plus ils n’accepteront qu’une autre dictature vienne se substituer à celle qu’ils ont anéantie, qu’elle soit idéologique, politique ou religieuse. Ils se souviennent tous de cette parole extraordinaire qui a longtemps était le fondement de la magnifique civilisation qu’ils ont offert au monde :
« Depuis quand avez-vous assujetti les gens alors que Dieu les a créés libres ! » (Paroles du 2ème calife Omar Ibn Al Khattab)
Pour répondre à la question de « l’après » de ses révolutions arabes, je dirai que la garantie de leur avenir, c’est les peuples qui ne se laisseront plus confisquer leur liberté, bafouer leur dignité et priver de leurs droits. Ils n’ont plus peur. Ces peuples qui se sont libérés, avaient une arme de destruction massive redoutée par les dictateurs : « DEGAGE » en français, « ARHAL » en arabe. Ils l’utiliseront si ceux qu’ils ont choisis en toute liberté, les trompent. Alors de grâce, laissons leur le temps de nous le prouver et aidons les à réaliser leur rêve sans leur imposer nos modèles qui aujourd’hui sont eux-mêmes remis en question.
La démocratie n’est plus rien qu’une grande entreprise de démagogie qui trompe les peuples occidentaux en les sacrifiant sur l’autel du dieu argent. C’est le règne de l’euphorie et de la panique, c’est la dictature des marchés qui méprisent l’homme. Personne de s’inquiète de la crise des valeurs morales et tout le monde pleure à cause de la crise boursière.
Aujourd’hui, tous les peuples devraient préparer leur après, un destin commun et solidaire, loin de toutes les tyrannies. Nous ne devons pas seulement nous indigner mais nous devons surtout nous engager, au delà de nos frontières, à construire ensemble une citoyenneté UNIVERSELLE.
Hafid Ouardiri,
Directeur de la Fondation de l'Entre-connaissance
Photo 1: Nabil
Photo 2: archive FEC
Photos 3, 4 et 5: Haykel
08:00 Ecrit par Haykel dans Genève, Politique, Politique genevoise, Politique-Tunisie, Religion | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : hafid ouardiri, révolution tunisienne, printemps arabe |
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11.11.2011
Confidence d’un superviseur pour les élections en Tunisie
Le 23 octobre est un jour historique pour toutes les tunisiennes et les tunisiens épris de liberté. Pour la première fois de leur histoire, le pays a connu des élections transparentes qui rompent avec l’ancien système, celui du trucage, du bourrage d’urnes et des résultats connus d’avance. Certains électeurs ont dû faire la queue durant 5 heures pour accomplir leur devoir électoral. Nabil Abdenadher, Professeur à l'Université des Sciences Appliquées de Suisse Occidentale (HES-SO, hepia Genève) a été un observateur de premier plan pour ces élections. Professeur émérite constamment sur le départ vivant entre la Suisse et la Tunisie presque à part égale a bien voulu nous raconter son expérience avec cette démocratie naissante. Pour l’ATIDE (Association Tunisienne pour l’Intégrité et la Démocratie des Elections), il a formé les observateurs indépendants de Genève et de Lausanne avant de regagner Tunis pour assister un autre groupe sur place. Sa journée du 23 octobre sur le terrain a commencé à 6h15 et s’est prolongée tard dans la nuit... Nous l’avons rencontré hier à Genève et avant de nous livrer ses premières impressions il nous a fait part de ses nombreux projets pour la nouvelle Tunisie. Nabil Abdenadher comme beaucoup de tunisiens de bonne volonté est animé par cette flamme qui veut accompagner la Tunisie dans sa nouvelle ère, celle du 14 janvier 2011.
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Chronique d’une élection historique…
"Ce 23 Octobre 2011 restera à jamais gravé dans ma mémoire. Pour la première fois de ma vie, j’ai pu «vivre» de vraies élections démocratiques et voté librement. Ce jour la, je n’étais pas seulement citoyen électeur, mais aussi superviseur d’un groupe d’observateurs de l’ATIDE
06h15, 45 minutes avant l’ouverture des centres de vote, j’étais déjà en « poste » avec mes observateurs pour les dernières retouches. Les consignes sont claires : un observateur est par définition indépendant, neutre et passif. Sa mission est de noter et transmettre les irrégularités. Le mot d’ordre est donc: « pas de couleur, pas d’odeur, pas de gout ».
06h30, je voyais les premiers électeurs commencer à affluer. Les responsables de bureaux et centres de votes ouvraient leurs portes pour les observateurs et les représentants de partis.
07h00, sous un soleil rayonnant, de longues files d’attentes se dessinaient déjà devant les centres et bureaux de vote qui ouvraient leur porte au public.
10h : Dans les cinq centres dont j’avais la responsabilité, les files d’attentes serpentaient les rues. Cela ne semblait pas décourager les gens qui continuent à affluer. Sous un soleil de plomb, munis de bouteilles d’eau, de casquettes, de parapluies, jeunes et moins jeunes parlaient, discutaient, vivaient ces instants de liberté tant attendus. Libres et fiers de pouvoir enfin valoriser sa voix, exprimer sa préférence, … tout simplement voter.
Entre 7h et 19h : Je parcourais à intervalles réguliers les cinq centres de vote. Je répondais aux questions des observateurs, les remplaçais lorsqu’ils allaient voter et assurais le relais avec le centre régional de l’ATIDE. Certains électeurs me posaient des questions, pensant que je suis l’un des responsables du centre de vote. Malgré le nombre important d’électeurs, l’organisation était au rendez-vous.
19h : Certains bureaux de vote ont déjà fermé et commencent le dépouillement. D’autres continuent à recevoir les électeurs présents. Les premiers résultats s’afficheront sur les portes dans quelques heures.
Peu importe les vainqueurs « politiques » de ces élections. L’essentiel est que la Tunisie a pu franchir le premier pas dans la mise en place d’une culture démocratique suffisamment stable et ancrée dans les esprits pour faire barrage à toute tentative de dérive. Dans cette logique, il n’y a que des vainqueurs, pas de vaincus. Les perdants « politiques » d'aujourd'hui seront certainement les gagnants de demain.
En cette année 2011, la Tunisie offre au monde arabo-musulman deux cadeaux. Le premier, involontaire et improvisé, a été livré le 14 Janvier 2011. Le second, minutieusement préparé et packagé, a été offert le 23 Octobre 2011.
En cette fin 2011, si je suis fier d’être Tunisien, c’est bien parce que ce pays, est sans nul doute le seul dans le monde à avoir offert à ses fils, en l’espace de quelques mois, une révolution pure comme l’eau de roche et des élections dignes des grandes démocraties."
Article paru dans Kapitalis le 12 novembre 2011





09:40 Ecrit par Haykel dans Genève, Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : nabil abdenadher, élection constituante tunisie |
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06.11.2011
Laissez la Tunisie tranquille!
Que les donneurs de leçons se tiennent à carreaux. La Tunisie, les tunisiennes et les tunisiens n’ont pas besoin qu’on leur montre le chemin de la démocratie. Pendant de longues années les tunisiens ont vécu sous le joug d’une dictature bénie par les occidentaux. Des louanges et des satisfecits ont même accompagné la longue tyrannie du pouvoir de Ben Ali, élève modèle, rempart contre le pouvoir imaginaire d’un islamisme sans limite.
Tout se gagne en ce bas monde, rien n’est gratuit vous le savez bien! Les tunisiens avec leur révolution qui sent le jasmin et la saison du printemps, ce sont les occidentaux qui ont mis ces étiquettes ne veulent plus qu’on les prenne pour des demeurés. Oui ils ont fait leur révolution comme des grands sans une aide extérieure, ils ont voté comme des adultes et veulent maintenant assumer leur choix quitte à le regretter plus tard! Ils ont voté en masse pour le parti islamiste modéré Ennahdha, là au moins ils ne risquent pas d’opter pour les ex-RCDistes (l’ex parti unique au pouvoir) infiltrés dans tous les méandres du mécanisme de la vie quotidienne tunisienne.
La décision du peuple par la voix des urnes doit être respectée surtout par ces mêmes pays et ces mêmes intellectuels qui se transforment en donneurs de leçon et qui hier ont brillé par leur mutisme qu’on peut qualifier de complice envers un pouvoir absolu. Charlie-Hebdo épingle la nouvelle Tunisie avec une arrière pensée qu’on veut lui prêter à mauvais escient: mercantile! Pourquoi pas? Un journal aux abois qui voit en quelques années le nombre de ses exemplaires s’effriter passant du simple au double en perte...On peut imaginer le pire pour drainer le lecteur.
Les caricatures du prophète Mohamed font vendre par leur côté sacrilège. Faut-il rappeler que chez les musulmans la représentation sous quelques formes que ce soit du prophète Mohamed et d’Allah sont formellement proscrites. Avec son numéro spécial Charia-Hebdo, le journal satyrique du mercredi compte renouveler la performance en nombre d’exemplaire de l’année 2006 où il a presque quadruplé le nombre de ses ventes en un seul numéro en reproduisant les caricatures danoises du prophète Mohamed.
Aujourd’hui, dans le Matin Dimanche le fringant et élégant avocat Marc Bonnant rend hommage dans une tribune à Charlie Hebdo et se transforme en l’occurrence en chantre de la liberté d’expression allant jusqu’à plaider pour une islamophobie de bon aloi salutaire même qu’il veut transformer comme un devoir. Et pourquoi ne pas la dépénaliser? Oui un devoir comme voter...dans le bon sens qui fera plaisir à cet homme de loi et ses congénères qui partagent ces pensées le moins que l’on puisse dire surprenantes et d'une autre époque. M. Bonnant écrit: “...tous les peuples ne sont pas faits pour la liberté. Même si par psittacisme ils la réclament, ils aspirent en réalité à s’aliéner. Ils épuisent leur liberté dans le choix d’une servitude volontaire. L’idée de Dieu-cette imposture féconde-est l’une de ces servitudes...” Merci Maître, les tunisiens qui ont acquis par leur propre volonté le droit d’être libres et qui sont entrain de vivre une expérience unique parce qu’ils testent par eux même sans singer l’occident apprécient votre dernière sortie!
23:03 Ecrit par Haykel dans Médias, Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : marc bonnant, charlie hebdo, tunisie |
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02.11.2011
Charia-Hebdo: beaucoup de bruit pour faire résonner la caisse?
Encore une fois ‘‘Charlie Hebdo’’ frappe un grand coup médiatique et commercial. La droite, qui avait jusque-là grise mine, peut remonter dans les sondages. Les musulmans font vendre…
Haykel Ezzeddine, Genève
Une «Une» avec la caricature du prophète Mohamed hilare, qui déclare : «100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire», une page «Charia madame», un éditorial au vitriol, une double page centrale intitulée «La Charia molle» et une caricature du prophète Mohamed à la dernière page qui s’adresse aux lecteurs en disant : «Oui, l’islam est compatible avec l’humour» sont censés faire de ce dernier numéro de l’hebdomadaire satirique français ‘‘Charlie-Hebdo’’, un brûlot ! Pari gagné !
Le prophète Mohamed «rédacteur en chef» de l’hebdomadaire satirique le plus irrévérencieux de France rebaptisé à l’occasion “Charia Hebdo”. Et alors ?
Apparemment ça n’a pas plu à tout le monde puisque le siège dudit journal a été victime d’un incendie criminel et son site internet piraté. Tout ceci s’est déroulé mercredi peu avant l’aube avant la sortie du journal et sa diffusion dans les kiosques.
Actes criminels et bêtes puisque les auteurs de ce double méfait n’ont même pas attendu pour lire le contenu avant de réagir de la sorte ! Mais d’abord qui sont-ils ? La police française a-t-elle les preuves qu’il s’agisse bien d’extrémistes musulmans ? Cela est très probable, en est-on vraiment sûrs ?
Un numéro bientôt épuisé !
Quoi qu’il en soit, l’auteur de ces lignes a dû faire plusieurs kiosques à journaux, mercredi matin, à Genève, pour trouver un exemplaire. On devrait s’attendre à une rupture de stock après quelques heures, qui serait certainement suivie d’une réimpression. Un sacré coup médiatique (et commercial) pour ce journal qui a défrayé la chronique en 2006 suite à la reproduction des caricatures du prophète Mohamed parues dans un journal danois. Ce numéro imprimé à 160.000 exemplaires, soit 20.000 de plus que d’habitude, a nécessité deux réimpressions pour atteindre 400.000 exemplaires vendus ! Oui le prophète Mohamed fait vendre ! Et depuis mercredi matin, Charb, le directeur de la rédaction de ‘‘Charlie-Hebdo’’ n’arrête pas d’enchaîner les interviews avec les grands médias... de la publicité gratuite, c’est également bon pour les ventes. Et merci à Claude Guéant, ministre français de l’Intérieur, qui a cru pouvoir affirmer, avant même que l’enquête ne livre ses secrets : «C’est un attentat». De quoi alimenter la peur – qui, on le sait, fait monter la droite dans les sondages – et augmenter le prochain tirage du canard.
Le seul mystère qui reste à élucider est le suivant : l’actuelle édition de ‘‘Charlie Hebdo’’ réalisée par les journalistes maison avec Mohamed en tant que «rédacteur en chef» dépassera-t-elle en nombre d’exemplaires celle qui a reproduit les caricatures danoises du même Mohamed en 2006 ?
Du remplissage !
J’ai lu d’un seul trait les articles et regardé avec un regard amusé les caricatures concernant «la Charia», Ennahdha, les Tunisiens et, à un degré moindre, les Libyens. Ce que certains prennent pour une provocation n’est qu’un pétard mouillé qui ne mérite aucunement tout ce raffut et cette violence gratuite, si tant est que l’on apporte la preuve qu’elle a été le fait de quelque fondamentaliste musulman.
A part l’éditorial écrit au vitriol et «signé» par le prophète Mohamed, il n’y a vraiment pas d’envolée lyrique. Un remplissage qui brille par un manque d’imagination. Je trouve même que les caricatures ne sont pas assez corrosives comme il est d’usage chaque semaine dans ‘‘Charlie-Hebdo’’. Retenue ? Autocensure ? Peur de trop choquer ? Suis-je blasé au point de ne pas adhérer à l’humour minimaliste de ce mercredi ? Une seule fois les dessinateurs de ‘‘Charlie-Hebdo’’ ont pu me soutirer un sourire. Dans l’éditorial, j’ai relevé cette phrase à double sens : «Comment les Tunisiens, ces petits prétentiards qui se prennent pour le peuple le plus “évolué” du monde arabe, au prétexte que leurs bonnes femmes ont le droit de pisser debout, ont-ils pu se faire niquer aussi facilement. (“Evolué”, pour eux, ça veut dire occidentalisé !)”. Ça n’empêche, ces mêmes bonnes femmes tunisiennes qui pissent debout ont acquis des droits avant même leurs semblables occidentales comme l’avortement ou le droit de vote.
Peut-on rire de tout ?
Cette énième affaire ajoutera une ligne supplémentaire dans le descriptif de Wikipédia sur ‘‘Charlie-Hebdo’’, générera un surcroit de bénéfice pour le journal et donnera l’occasion aux intellectuels français de débattre une fois de plus sur l’islam, la charia et l’imperméabilité des musulmans à l’humour ! On ameutera les experts qui diront, pour la millionième fois, que chez les musulmans, intégristes ou pas, il y a des tabous difficiles à dépasser et la personnification du prophète Mohamed sous forme de caricature constitue l’élément le plus sacrilège. D’autres se poseront la question, pour la millionième fois : peut-on rire de tout ? Jusqu’au prochain scandale…
Article paru dans Kapitalis le 3.11.2011


17:50 Ecrit par Haykel dans Médias, Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : charlie hebdo, charia hebdo |
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23.10.2011
Constituante tunisienne: dernier jour de vote et dépouillement!
L’électeur tunisien le plus âgé a avoir accompli son devoir de citoyen en Suisse est M. Mohamed Ezzeddine Mili. Fonctionnaire international à la silhouette distinguée, Si Mohamed a officié durant 17 ans à l’UIT où il a assumé le poste de secrétaire général. A 94 ans M. Milli a tenu à participer à la première élection libre de la Tunisie. Il a déclaré: “il faut prendre part à l’avenir de la Tunisie”. Clairvoyant et surtout réaliste M. Mili a fait un carton plein vu l’intérêt qu’on lui a témoigné. Il a reçu un accueil chaleureux du bureau de vote de Genève qui a élu domicile à l’hôtel Warwick. Il faut préciser que la Suisse est l’un des rares pays à avoir placé les bureaux de votes dans des endroits publics en l’occurrence des hôtels pour rompre avec les anciens réflexes et surtout pour encourager les votants à aller vers les urnes en dehors de toutes pressions consulaires. Invité par Mohamed Hassen, Président de l’IRIE en Suisse et par Moncef Baati, ambassadeur de la Tunisie auprès des Nations Unies, notre sénior a déjeuné en leur compagnie en ville de Genève où il réside dans un home médicalisé. Très ému par les nombreuses sollicitations dont il a fait l’objet, Si Mohamed comme tous les tunisiens qui ont fait la queue aujourd’hui en Tunisie est fier de glisser son bulletin dans l’urne transparente qui accueille les votes de l’avenir.





Ambiance dans le local de vote de Genève, après la fermeture du bureau samedi 22 octobre:
Le bureau de vote de Genève comme tous les autres en Suisse a fermé ses portes à 19h00 au public et a entamé une longue séance de dépouillement qui s’est prolongée jusqu’à 3h20 du matin. A Zurich, le résultat n’a été proclamé qu’à 3h30 du matin réalisant au passage le record en Suisse. En présence d’observateurs de l’ATIDE et de contrôleurs de partis, le dépouillement des centaines de voix a pris du temps. Chaque bulletin est montré à l’assistance et a fait l’objet d’une attention particulière en cas du moindre doute.
Sur un total de 10’021 électeurs potentiels en Suisse, 4810 se sont déplacés dans un des 5 bureaux de vote sur le sol helvétique ce qui représente le pourcentage de 48% de votants. 109 bulletins nuls ont été constaté et 23 bulletins blancs. Le Parti Ennahdha représente le pourcentage de 34.01% avec 1636 voix et celui de Takattol 16.4% avec 789 voix. Nous attendons tous le résultas des autres pays pour savoir à qui seront attribués les 2 sièges des Amériques du Canada, de la Suisse et du reste de l’Europe à l’exception de la France, de l’Allemagne et de l’Italie.




23:54 Ecrit par Haykel dans Genève, Politique-Tunisie, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : constituante tunisienne |
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21.10.2011
La Constituante tunisienne: reportage sur la première journée électorale
Hier, premier jour des élections de la Constituante tunisienne à Genève. Beaucoup d’émotions, quelques regrets et des couacs à la pelle! Dur, dur l’apprentissage de la démocratie. En tant qu’observateur les places sont chères...Et je n’ai pu obtenir mon sésame d’entrée au temple qui abrite l’urne qu’avec peine et attention pour seulement une seule après-midi. Plusieurs volontaires se bousculent au portillon pour avoir l’honneur de participer à la première élection libre du pays. Après une longue dictature les tunisiens se réveillent et découvrent avec bonheur des gestes simples mais symboliques: voter en toute liberté, choisir sans contrainte, sans trucage, sans entrave et en toute transparence. Pour la première fois ils sont maître de leur destin...Ils ont le pouvoir de changer le cours des choses...Certes le pouvoir des urnes est implacable...mais il a un goût particulier chez les tunisiens. Il attire tel un aimant tous ceux qui ont été exclus d’exercer ce droit le plus élémentaire en tant que citoyen. Ce jeudi 20 octobre restera longtemps gravé dans ma mémoire vu la déferlante électorale qui s’est emparée des tunisiens à l’hôtel Warwick déjà tôt le matin à l’ouverture du bureau de vote. Des jeunes, des moins jeunes, des retraités, des fonctionnaires internationaux, des ex-opposants au régime déchu, des islamistes, des laïcs, des sans opinions, des sans engagements politiques, des curieux, des indécis...ont tenu à marquer en premier par leur présence ce lieu magique qui avec d’autres contribuera à changer le paysage politique du pays. Cet engouement pour l’urne a donné lieu à des scènes pathétiques comme ce jeune étudiant en pharmacie qui a tenu à se faire photographier avec le drapeau tunisien à côté de l’urne et cette famille qui s’est également drapée avec les couleurs tunisiennes. Certains ont exercé ce droit civique pour la première fois de leur vie! Un homme d’un certain âge visiblement malade se déplaçant difficilement avec deux béquilles a déclaré que maintenant qu’il a voté pour la première fois de sa vie il peut mourir tranquille avec la fierté d’avoir connu ce moment historique!
Dysfonctionnement
Des lacunes il y en a eu et la liste est longue. Les tunisiens ont voulu coute que coute appliquer leur propre système électoral qui s’inspire là ou là des expériences des autres sans toute fois s’imprégner d’un système par rapport à un autre et c’est là où ça engendre un certains nombres d’imperfections.
Tous les votants doivent tremper l’index droit dans de l’encre sensé être indélébile pour quelques jours...afin d’empêcher d’éventuelles voix malveillantes d’atteindre l’urne d’une autre ville en Suisse, mais au fait après un seul passage sous un robinet d’eau tout disparait. La liste électorale comporte 19 partis et indépendants alors qu’en réalité il faut voter pour seulement 17 d’entre eux. Aucun électeur n’est au courant du forfait des deux candidats. Pire, des électeurs sortent de l’isoloir pour demander des renseignements sur tel ou tel parti ou pour connaître les modalités du vote. Des observateurs de partis outrepassent leur rôle en signalant publiquement tous ce qui selon eux ne fonctionne pas, alors que normalement ils n’ont aucun droit à la parole! Il est vrai qu’aucune séance d’information n’a été organisée avec la communauté tunisienne sur le sol helvétique pour leur expliquer les démarches à suivre pendant le processus électoral. La liste des 17 partis et indépendants n’est affichée nulle part! L’électeur découvre dans l’isoloir les noms des partis et des indépendants qui représenteront les 2 candidats pour les 2 Amériques et l’Europe à l’exception de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. Trop tard pour voter utile comme on dit! De nombreux tunisiens votent pour voter, une façon comme une autre de rompre avec les anciens réflexes qui ont marqué plusieurs générations.
Article paru dans Kapitalis le 21 octobre 2011





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20.10.2011
Constituante tunisienne J-1!
Une ambiance indescriptible règne sur la communauté tunisienne établie en Suisse. Une effervescence de bon aloi qui augure d’une élection dans de bonnes conditions. Je prends l’exemple de Genève où j’ai vécu une journée mémorable à J-1. La Constituante tunisienne est en bon chemin et les élections qui commenceront demain jeudi 20 octobre et se prolongeront jusqu’à samedi 22 sur le territoire suisse mais aussi dans tous les pays où résident des tunisiens à part la Tunisie, se font désirées. On s’impatiente et on compte les heures pour enfin voter la première fois de sa vie loin de toutes contraintes et en toute transparence. Par leur maturité, les tunisiens le méritent bien et on ne va pas refaire l’histoire de cette révolution qui a ouvert la porte à d’autres pays arabes. La Tunisie est un grand laboratoire à ciel ouvert. Le pays est attendu au tournant, la démocratie qui sent le jasmin a-t-elle une chance de percer, de confirmer et de montrer le chemin aux autres? Impossible n’est pas tunisien et le 23 octobre la bonne tenue des élections de la Constituante sur le territoire tunisien fera date dans le monde entier.
Conférence de presse mercredi 19 octobre:
A 13h00 au Club suisse de la Presse, Mohamed Hassen, responsable d'IRIE Suisse et 5 Présidents de bureaux de vote en Suisse ont tenu une conférence de presse et répondu aux nombreuses questions posées. Certaines de ces questions ont eu du mal à trouver une réponse convaincante mais la sincérité qui se dégage de tous les protagonistes “bénévoles” qui œuvreront pour le bon fonctionnement de ce scrutin fait beau à voir. Une démocratie balbutiante certes mais pleine d’énergie et de bonne volonté. Les 6 responsables des votes en Suisse ont pris congé de leur travail et de leur famille pour se consacrer entièrement à cette noble tâche pendant 3 jours entiers de 6h30 du matin jusqu’à 19h30.
Article paru dans Kapitalis le 20 octobre 2011




La découverte de l’urne
En tant qu’observateur accrédité j’ai pu découvrir parmi les premiers l’urne appelée à contenir les voix des votants à Genève. Il était un peu après 19h00 quand le responsable du bureau de Genève Abdeljalil Mansouri en compagnie de ses suppléants a ouvert un grand carton contenant les bulletins de vote, un tampon, deux encriers, des stylos... La soirée s’est un peu prolongée pour les nombreuses vérifications. Demain c’est le grand jour. Je vais dormir avec mon beau badge d’observateur histoire de m’habituer à ma nouvelle fonction!





11:25 Ecrit par Haykel dans Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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09.10.2011
Profession: observateur à Genève lors des élections de la Constituante Tunisienne!
Je viens de participer ce jour à ma première réunion en tant que futur observateur à Genève pour les prochaines élections en Tunisie (Constituante) qui auront lieu le 23 octobre. En Suisse comme dans plusieurs pays ces élections s’étaleront sur 3 jours du jeudi 20 au samedi 22 octobre. 17 listes seront proposées aux électeurs en Suisse. Des partis bien implantés en Tunisie et des indépendants vont concourir pour 2 sièges représentant les tunisiens résidents et enregistrés en Amérique et en Europe à l’exclusion de la France, de l’Allemagne et de l’Italie.
Nous étions 15 intéressés et inscrits au programme de la journée pour la Suisse romande qui regroupe 3 locaux de vote (Genève, Lausanne et Neuchâtel). Deux autres bureaux seront ouverts à Zurich et à Berne pour la Suisse Alémanique. Aujourd'hui c'est l'équipe de Genève et de Lausanne qui ont repris le chemin de "l'Université". 4 femmes et 12 hommes, loin de la parité que nous aimerions élargir pour un mieux vivre ensemble pour nos compatriotes en Tunisie. Comme la démocratie, c’est nouveau et tout reste à construire, à changer le réflexe électoral et à trouver le meilleur compromis pour avancer. Cette révolution doit être préservée coûte que coûte et notre première élection en tant que pays libéré de la dictature doit suivre irrémédiablement le chemin de la réussite. Le monde entier nous observe! Les envieux et les sceptiques n’attendent qu’un faux pas de notre démocratie balbutiante mais sur le bon chemin.
Du pain sur la planche!
Dimanche studieux pour les 15 participants sous la férule de Nabil Abdenadher, professeur HES et membre de l'ATIDE. L’Association Tunisienne pour L’intégrité et la Démocratie des Elections (ATIDE) a trouvé l'hospitalité à la Haute Ecole du paysage, d’ingénierie et d’architecture (hepia) à Genève. La Confédération Suisse partie prenante comme l’Union Européenne pour suivre les élections de l’Assemblée de la Constituante tunisienne fournit une aide bien appréciée. 12’000 urnes de vote et autres matériels électoraux seront mis à disposition ainsi que des observateurs Suisses pour suivre de prés le 23 octobre la nouvelle Tunisie qui prend un rendez-vous avec l’histoire. On annonce le montant de 500’000 chf mais il sera sans doute dépassé. Pendant 4 heures nous avons survolé plusieurs sujets et débattus de bon nombre de problématiques qui peuvent se poser dans un bureau électoral. Mais nous devons patienter encore quelques jours pour avoir la version définitive du déroulement des élections et du protocole qui s’en suivra actuellement à l’étude à l’Instance Supérieure Indépendante pour les Elections (ISIE). Beaucoup d’excitations et une belle aventure à vivre en perspective. A suivre!
Article paru dans Kapitalis


22:54 Ecrit par Haykel dans Genève, Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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20.07.2011
Tunisie. Ben Ali projetait-il de tuer Bouebdelli!
De passage à Genève, PLANETE PHOTOS a pu rencontrer mardi 19 juillet le président du Parti libéral maghrébin (Plm), le charismatique Mohamed El Boussaïri Bouebdelli. Et lui a posé des questions auxquelles il a répondu avec franchise et spontanéité.
Accompagné par son épouse qu’il ne quitte presque jamais, nous avons parlé de plusieurs sujets hors caméra et nous avons évoqué la situation actuelle de la Tunisie. M. Bouebdelli reste optimiste quand à l’avenir du pays, trouve le gouvernement actuel (de transition) trop statique sans vision sur l’avenir ni clarté sur le présent, s’insurge contre les nombreuses et interminables manifestations et sit-in qui n’aident pas à progresser et qui paralysent l'économie tunisienne et enfin se donne encore 5 ans pour accompagner les jeunes de son parti dans leur marche politique avant de prendre une retraite amplement méritée.
Un homme croyant et pragmatique
Depuis 2004, lui et son épouse Madeleine n’ont pris aucun jour de vacances. Trop occupés à se défendre contre le clan des Trabelsi et des Ben Ali qui ont voulu coûte-que-coûte les déposséder de leur université privée. Il nous a raconté les tracasseries dont il était victime, les nuits blanches, de doutes et de questionnements sur son avenir et celui de ses enfants... Il nous a livré des anecdotes sur le dictateur Ben Ali avant sa chute.
Selon une source bien informée, Ben Ali projetait de le tuer par dépit de se voir épinglé dans Wikileaks à cause de son activisme en dehors des frontières. C’est un ex-ministre qui lui rapporte la triste nouvelle. Quelques jours avant fin décembre, le mur qui clôture sa ferme a été démoli par des mains mystérieuses.
Serait-il encore en vie aujourd’hui Bouebdelli si Ben Ali était encore au pouvoir?
Ce genre de spéculations le chef du Plm n’aime pas trop s’y attarder. C’est un homme croyant et pragmatique donc on n’insiste pas et on ne lui pose même pas la question. Par contre, on s’est permis deux autres questions toujours hors caméra. Avez-vous peur du parti Ennahdha? Et Allez-vous prendre des ex-Rcd dans votre parti? Pour la première question, il nous a répondu qu’il ne craint aucun parti du moins ceux qui veulent et travaillent pour l’avenir du pays dans la sincérité et le sérieux et étant donné qu’il ne connaît pas le programme de Ghannouchi, il ne peut se prononcer davantage sur ce sujet.
Il est encore tôt pour les alliances
Quant aux ex-Rcdistes, il y en a beaucoup parmi eux qui sont valables et qui n’ont pas forcément les mains sales. On ne peut pas exclure toutes les forces vives du pays sous prétexte qu’ils ont une carte de membre au défunt Rcd. Le Plm fera son choix au sein des ex-Rcdistes qui n’ont occupé aucun poste de responsabilité. Pour les alliances entre les partis c’est encore tôt pour dévoiler les stratégies, il faut attendre le mois de septembre pour voir plus claire (dixit Bouebdelli) qui reprend son bâton de pèlerin et repart à la conquête de nouveaux électeurs... en France.
Article paru ce jour dans Kapitalis.

15:10 Ecrit par Haykel dans Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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