19/08/2016

La Tunisie hôte d’honneur de la «Semaine de la démocratie» à Genève

La Tunisie prendra part comme hôte d’honneur à la «Semaine de la démocratie» qui se déroulera à Genève du 15 au 24 septembre 2016.

Avec 22 organisations internationales et plus de 250 ONG, Genève détient le titre symbolique de «capitale mondiale» des organisations internationales.

En plus d’abriter le siège européen de l’Onu, Genève, comme d’autres cantons suisses, est un excellent laboratoire pour apprendre les rudiments de la démocratie.

Kapitalis.jpgLe 15 septembre est décrété par l’ONU comme la Journée internationale de la démocratie. Les Suisses, qui ne font pas les choses à moitié, célèbrent cet évènement à leur manière en le prolongeant et ça devient du 15 au 24 septembre «La semaine de la démocratie» où il sera question de faire l’état des lieux de la démocratie dans le monde.

Vaste programme pour une ville internationale comme Genève qui abrite le siège européen de l’Onu et de nombreuses organisations internationales.

C’est la deuxième année consécutive que la cité de Calvin représentée par ses institutions étatiques organise ce grand rassemblement politique ouvert au grand public avec, comme invitée d’honneur pour cette édition, la Tunisie.

Cette participation tunisienne a été possible grâce aux efforts conjugués de Amina Bouzguenda Zeghal, directrice générale de l’Université Paris Dauphine Tunis, de Nadia Sehnaoui Boulifa, entrepreneure tuniso-suisse et membre actif de la société civile, et d’autres personnalités du monde avignette-semaine-democratie.jpgcadémique et associatif.

Le député Abderraouf El-May, président de la Commission des Tunisiens résidents à l’étranger à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a été sollicité pour jouer l’intermédiaire avec les instances genevoises. Après sa rencontre, mercredi 17 août, avec Anja Wydel Guelpa, chancelière d’Etat de la République et Canton de Genève, pour finaliser le rendez-vous du mois de septembre, M. El-May a déclaré que «la participation active de la Tunisie à un tel événement d’envergure internationale est à multiplier pour souligner nos avancées démocratiques, nous aider à travailler d’avantage sur nos défis et mettre en avant ce que la Tunisie a de meilleur, en particulier sa jeunesse.»

Edition 2015.jpgEn parlant de jeunesse, un jumelage a été mis sur pied entre l’Université de Genève d’une part et l’Université Paris-Dauphine à Tunis ainsi que l’Université de Tunis. Sept étudiants tunisiens viendront débattre, le 19 septembre, avec leurs homologues genevois autour d’un débat intitulé: «Suisse-Tunisie: regards croisés sur une démocratie en mouvement.» Une expérience appelée à se renouveler entre Genevois et Tunisiens.

Le programme de la «Semaine de la démocratie» s’annonce alléchant avec des débats, des conférences, des ateliers, des expositions, des concerts et autres réjouissances. Un petit aperçu de ce qui attend les participants à cette semaine de la démocratie made in Suisse à travers les thèmes qui seront traités: «Lancement d’un projet citoyen»; «La démocratie en débat»; «Projection-débat intergénérationnel»; «L’éducation des jeunes migrant-e-s : L’avenir de la démocratie»; «Genève s’exprime»; «Atelier aux archives de l’Etat de Genève»; «Une loi, quelle loi?»; «Objets de démocratie»; «La démocratie, si je veux!»; «Démocratie 2030» ; «Institutions 3D»; «Ecole, travail, citoyenneté : Les jeunes ont la parole»; «Citoyenneté Petit Ecran»; «Visualisation parlementaire: La cuisine du parlement ? On vous fait un dessin»; «Les jeunes et la politique»; «Portes ouvertes au Palais de Justice»; «Ma ville, un espace civique»; «Portes ouvertes à l’Hôtel de Ville»; «Séance fictive du Grand Conseil» (l’équivalent de l’ARP).

PS: Article paru dans Kapitalis le 19.08.2016

Légende photo:

-1ère photo: Abderraouf El-May et Anja Wydel Guelpa, Nadia Sehnaoui Boulifa et Amina Bouzguenda Zeghal.

-Affiche de la Semaine de la démocratie

-Photo de l'édition 2015 copyright Ville de Genève

Et demain est un autre jour!

18/04/2016

Le Quartet du dialogue national tunisien mercredi à Genève

Quartet-Nobel-Oslo.jpgLes représentants du Quartet du dialogue national tunisien seront à Genève, en Suisse, du mercredi 20 au vendredi 22 avril courant.

Après Oslo, le Vatican, deux voyages à Paris et un à Vienne, et en attendant d’aller à Montréal, le 16 mai prochain, les représentants du Quartet du dialogue national tunisien (UGTT, Utica, Ordre des avocats et LTDH), lauréats du dernier Prix Nobel de la Paix effectuera un séjour de 3 jours en Suisse pour participer, notamment à la 9e édition des Rendez-vous Mondiaux de Genève, organisés par l’Office des Nations Unies à Genève (Onug) et l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (Unitar). Manifestation dont l’objectif et d’informer la population genevoise sur les nouveaux défis que traverse le monde dans sa globalité et les solutions qui peuvent être apportées à certains problèmes.

Le Quartet aura un programme très chargé. Outre la conférence-débat au siège de l’Onu qui portera le titre: «Une paix civile par la société civile-expériences tunisiennes pour l’avenir de la région», animé par Ghassan Salamé, professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris et ancien ministre libanais de la Culture, les «nobélisés» tunisiens seront interviewés par la RTS (Radio Télévision Suisse) et accueillis par le Maire de Genève, Ester Alder, et le Conseil administratif au Palais Eynard. Et ce n’est pas tout…

Durant leur séjour à Genève, Ouided Bouchamaoui, présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Houcine Abassi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Abdessattar Ben Moussa, président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et Mohamed Fadhel Mahfoudh, bâtonnier de l’Ordre national des avocats tunisiens (Onat), rencontreront la communauté tunisienne de Suisse à l’hôtel Warwick et participeront à une conférence au Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD) et une autre à l’Institut des hautes études internationales (IHEI).

Avant de retourner à Tunis, le Quartet se rendra à Berne où un entretien est prévu avec un conseiller fédéral.

Notons que c’est l’association Le Pont Genève qui a mis sur pied la rencontre avec la communauté tunisienne et les autorités genevoises.

Ce genre de voyage est bénéfique pour l’image de la Tunisie et le Quartet du Dialogue National est pour le moment le meilleur ambassadeur à l’étranger.

Article paru sur Kapitalis le 17 avril 2016

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17/09/2015

9 tunisiens participent à un circuit en Suisse: "La démocratie ne tombe pas du ciel"

Neufs-Tunisiens-en-Suisse.jpgUne belle expérience humaine, l’espace de quelques jours, 9 jeunes tunisiens invités en Suisse pour s’initier à la démocratie et pas n’importe laquelle.

Il s’agit, bien sûr, de la démocratie suisse, celle où le peuple constitue l’autorité politique suprême. 9 jours d’immersion, inspiration, apprentissage pour ces 9 privilégiés. Depuis mardi et jusqu’au lundi prochain, 9 jeunes tunisiens sont les invités de l’association la Nouvelle Société Helvétique Groupe Genève, qui fête cette année son centenaire.

L’apprentissage de la démocratie

Excellente initiative pour l’apprentissage de la démocratie. La conseillère municipale Florence Kraft, à l’origine de cette entreprise, a invité, au nom de l’association qu’elle préside, 9 tunisiens dont 2 membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour un apprentissage de la démocratie made in Suisse.

Nous avons posé la question à l’organisatrice: «Pourquoi faire venir ces Tunisiens en Suisse?» Réponse: «Nous voulons contribuer à former les futurs leaders de la Tunisie. Jusqu’à maintenant, ils ne connaissent que le système politique français et nous aimerions les initiés au modèle suisse.»

Même discours tenu par Raymond Loretan, ex-diplomate, ex-président de la SSR (Société suisse de radiodiffusion et télévision) et candidat pour les élections au Conseil des États. Il a animé mercredi un débat à l’intention des hôtes tunisiens où il était question de l’histoire de la Suisse, de sa construction, de sa neutralité, des différences culturelles de sa population, de sa politique collégiale, de son fédéralisme, de la démocratie directe avec le peuple comme autorité politique suprême…

Raymond-Loretan.jpgInitiatives, référendums et pétitions

La recette de la Suisse? C’est le consensus, la liberté des institutions, le dialogue dans le respect de l’autre. Ce modèle reste hélas unique et non exportable car il puise sa force dans les urnes avec les fameuses initiatives, référendums et pétitions dont les Suisses sont champions du monde.

Pour clôturer sa conférence-débat, Raymond Loretan, qui trouve la Tunisie comme une belle source d’inspiration, a suggéré aux apprentis démocrates de commencer par rédiger une charte pour le respect des identités et donner aux communes et aux villages des compétences constituant ainsi le début vers une démocratie participative.

Les 9 invités de ce circuit qui s’intitule «La démocratie ne tombe pas du ciel» parcourront des centaines de kilomètres et visiteront plusieurs villes. Ils iront également en Suisse centrale et plus exactement au Grütli, les racines de la Suisse, là où tout a commencé avec le serment historique du mythe fondateur de la Suisse. Et ce n’est pas tout, des rencontres avec des politiciens et participations comme spectateur aux débats du Conseil municipal et du Grand Conseil de la ville de Genève, ainsi que du Conseil national et du Conseil des États à Berne, sont programmées pendant ce séjour fort bénéfique pour cette jeunesse tunisienne qui fourmille d’idées et piaffe d’impatience pour qu’à son retour à Tunis elle sème les graines de la démocratie à la mode Suisse.

Laurence-Kraft-et-Ikbel-Msaddaa.jpgIkbel Msadaa (CPR, El-Moatamar), l’une des 2 filles qui fait parti de ce voyage, est très heureuse de cette expérience nouvellement acquise. En cette période de transition difficile, Ikbel veut transmettre ce qu’elle a appris de son voyage en Suisse: «Le dialogue, le consensus, la décentralisation, le maintien des liens, le respect des institutions, l’échange et la démocratie de la petite Suisse, un grand modèle de réussite». Pari gagné? On le saura l’année prochaine, quand la conseillère municipale Florence Kraft, présidente d’une autre association Adapt (Association pour le développement, et l’animation des sites et du patrimoine en Tunisie) se rendra à Tunis avec un groupe de Suisses pour consolider les relations avec ses 9 protégés.

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Les 9 Tunisiens faisant partie du voyage :

– Ayoub Salah Edin Ben Hassen, ingénieur en électromécanique ;

– Meriem Ben Romdhane, diplômée de l’Institut des hautes études commerciales de Tunis et maîtrise en administrations des affaires de l’Université du Québec ;

– Brahim Ben Said, député ARP ;

– Ikbel Chammakhi Msadda, professeur en informatique à l’ENSTAB, Université de Carthage ;

– Ghassen Dridi, informaticien et diplômé en sciences politiques

– Marouen Habita, maîtrise en informatique, master en management

– Raed Jelali, maîtrise en informatique, master de la faculté de droit, sciences économiques et politiques de Tunis.

– Hrizi Mabrouk, député ARP.

– Ahmed Marzouk.

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nouvelle société suisse,tunisie,démocratie,raymond loretan,florence kraft Et demain est un autre jour!

21/03/2015

Rassemblement: les Tunisiens de Suisse et leurs amis Suisses soutiennent la Tunisie

DSC_4688-sssssssss.jpgA l’appel des associations “Le pont” et de l’Association des Tunisiennes et Tunisiens en Suisse une centaine de personnes s’est réunie ce samedi 21 mars de 14h00 à 15h00 devant la poste de Mont-Blanc pour condamner la tuerie du musée Bardo et apporter leur soutien à la démocratie en marche au pays du Jasmin. Discours brefs des militants Mohamed Ben Henda, Anis  Mansouri, du vert Alfonso Gomez Cruz, de Tobia Schnebli de Solidarité et d’Ibtissem Khalfallah de l’association Hidra. Tous sont unanimes, il ne faut pas baisser les bras et continuer à soutenir la DSC_4708-sssssssss.jpgTunisie démocratique. Certes l’intégrisme est un fléau international mais il doit être combattu à sa source.
Les tunisiens de l’intérieur comme leurs compatriotes à l’étranger sont encore sous le choc en apprenant chaque jour des détails sur la folie meurtrière qui s’est abattue sur Tunis. Après le recueillement il est temps d’agir efficacement et c’est ce qui est entrain de se faire actuellement  avec le renforcement sur place de la sécurité et d’autres mesures prises par le gouvernement tunisien. Pour le rassemblement d’aujourd’hui, Esther Alder, Conseillère administrative de la Ville de Genève, Olivier Baud, Président municipal de la Ville de Genève et d’autres personnalités politiques locales ont tenu à témoigner par leur présence leur attachement à la nouvelle Tunisie qui rayonne dans le monde arabe et en Afrique et qui fait des jaloux dans bon nombre de pays.
DSC_4694-sssssssss.jpgPourquoi un tel battage médiatique?
Juste après l’attaque du musée du Bardo, un triple attentat a fait 142 morts au Yemen mais les médias français continuent de broder chaque jour sur les malheurs des tunisiens. Envoyés spéciaux, spécialistes et experts du remplissage se relaient pour essayer de comprendre le pourquoi de cette tragédie tunisienne! Le carnage de Sanaa et ses nombreuses victimes n’a pas frappé les esprits des journalistes français qui ont éludé cette actualité. Le DSC_4722-sssssssss.jpgYemen est loin de la France et de la Tunisie ex-protectorat français est un sujet plus porteur pour la proximité,  pour le nombre de ressortissants tunisiens ou d’origine tunisienne qui vivent dans l’hexagone, pour le tourisme... La saison touristique est selon certains mal engagée alors que les professionnels des voyages n’enregistrent aucun mouvement de désistements ou d’annulations collectives et ne se  désengagent nullement envers la destination “Tunisie”. A titre d’exemple Air Marin Suisse leader de la destination en Suisse romande a déclaré au lendemain de la tuerie du Bardo que sa programmation reste identique et les engagement aériens restent inchangés et pareil son de cloche chez les 2 autres grands tours opérateurs Suisses Kuoni et Hotelplan. La jeune démocratie tunisienne n’a pas besoin qu’on s’apitoie sur ses trébuchements, seuls les encouragements et la solidarité sont les bienvenus, les donneurs de leçons passent leur chemin!

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Article paru le 21 mars sur Kapitalis

En rapport avec cette note:

La Tunisie toujours debout!

Et demain est un autre jour!

31/07/2013

De nouveau, les tunisiens manifestent à Genève!

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Pour la deuxième fois en moins d’une semaine les tunisiennes et tunisiens de Suisse manifestent à Genève pour apporter leur soutien à leurs compatriotes.

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A Genève, depuis l’entrée en vigueur de la loi qui soumet à autorisation chaque manifestation les militants ont du mal à s’organiser rapidement et a répondre aux exigences de l’actualité. Les tunisiens de Suisse sont frustrés de voir leurs concitoyenIMG_7127-sssssssss.jpgs manifester un peu partout en Tunisie et autant de fois sans recourir au préalable à un quelconque sésame synonyme d’autorisation pour rassemblement. C’est mardi déjà que les expatriés ont voulu se réunir dans un endroit public quelque part à Genève, mais ils ont patienté le temps d’avoir une permission officielle.  Pour faire écho aux derniers évènements tragiques qui ont secoué le pays une centaine de tunisiens se sont réunis mercredi 31 juillet à 18h00 (17h00 heure de Tunis) sur la Place des Nations en face du siège des Nations Unies. Tous ont crié leur colère contre le lâche assassinat par des terroristes des 9 soldats dépouillés et égorgés à Mont Chaambi près de la frontière algérienne. Discours mais aussi recueillement avec une minute de silence et la citation des noms des 9 militaires tués. Pendant sa prise de parole, Anis Mansouri de l’Association des Tunisiennes et Tunisiens en Suisse et également coordinateur en Suisse du Front Populaire a présenté tout d’abord ses condoléances aux familles des soldats martyrs, à l’armée tunisienne et au peuple tunisien. Et ensuite il a fustigé l’incapacité du IMG_7139-sssssssss.jpgpouvoir en place à ramener la sécurité dans le pays. Avant de dénoncer les discours irresponsables du Premier ministre et du Président provisoire de la Tunisie qui sont complètement en parfaite inadéquation avec les objectifs de la révolution et les aspirations du peuple tunisien. Quant à la blogueuse et écrivaine Djemâa Chraiti, fille du valeureux fellaga Lazhar Chraiti,  elle a lu un poème poignant dédié aux soldats martyrs.
Notons que cette manifestation est la deuxième organisée à Genève par les expatriés en moins d’une semaine pour protester et soutenir la révolution du jasmin. La lute continue!

Article paru le 1er août 2013 dans Kapitalis

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En rapport avec cette note:

Tunisie: Hommage à Genève à Mohamed Brahmi

Et demain est un autre jour!

23:59 Écrit par Haykel dans Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : 9 soldats tunisiens tués par des terroristes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/07/2013

Tunisie: Hommage à Genève à Mohamed Brahmi

IMG_7025-sssssssss.jpgAu lendemain de l’assassinant de Mohamed Brahmi, leader du Courant Populaire (CP),  dirigeant du Front Populaire (FP) et membre de l’Assemblée nationale constituante (ANC) une manifestation a eu lieu vendredi 26 juillet à Genève à 18h00 heure (17h00 heure de Tunis) devant la Poste de la Rue du Mont-Blanc.
A l’appel de la Coordination en Suisse du Front Populaire, de l’Association des Tunisiennes et Tunisiens en Suisse et du parti politique Suisse Solidarité une soixantaine de personnes a tenu a rendre hommage au défunt Mohamed Brahmi, victime d’un assassinat politique qui survient moins de six mois après l’attentat meurtrier contre un autre membre du Front Populaire (une coalition de partis de gauche), le militant Chokri Belaid. Même mode opératoire, même arme, même crime qui restent tous deux impunis pour l’instant. Deux grands hommes qui se sont élevés contre l’obscurantisme et l’immobilisme caractérisant actuellement le pouvoir régnant en Tunisie et ils l’ont payé de leur vie.
Sans titre-16.jpgDe passage à Genève pour une réunion des Droit de l’homme aux Nations Unies, l’éminent juriste Yadh Ben Achour s’est confié au micro de Kapitalis. Pour lui, il n’ y a aucun doute sur les raisons et les buts des 2 assassinants politiques que vient de vivre la Tunisie. Il faut chercher les coupables chez les radicaux à l’idéologie théocratique qui sont viscéralement dérangés par l’extraordinaire expérience tunisienne avec son lot de libéralisme politique et sa formidable liberté d’expression. L’ancien Président de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution tunisienne ajoute qu’il faut maintenant se rassembler, se réunir et éviter les divisions pour ne pas aboutir à une guerre civile. Avant de conclure sur le véritable problème qui gangrène la société tunisienne à savoir la sécurité. IMG_7030-sssssssss.jpgEt c’est à cause de ce fléau que le pays est entrain de perdre des politiciens valeureux… Quelques minutes avant dans son allocution Yadh Ben Achour a déclaré que Mohamed Brahmi représente toutes les valeurs aux quelles il a adhéré toute sa vie et que la mort des ces deux hommes au nom d’une valeur qui s’appelle liberté ne sera jamais oubliée.
Mohamed Brahmi, Chokri Belaid les nouveaux martyres postrévolutionnaire!

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Et demain est un autre jour!

27/08/2012

Pas de prélèvement systématique d’ADN pour les délinquants maghrébins en Suisse!

adn suisse,immigration,sans papiers,maghébins,clandestins,délinquantsDes hauts fonctionnaires de la police Suisse se sont réunis la semaine dernière à Bâle pour trouver une solution à la délinquance galopante des demandeurs d’asile qui ont déferlé sur la confédération suite au printemps arabe.

Par Haykel Ezzeddine, correspondant à Genève


Dans un précédent article publié mercredi 22 août (Des tests Adn pour contrôler les délinquants tunisiens en Suisse!) nous avons évoqué la possibilité d’utiliser en Suisse les empreintes Adn contre les requérants d’asile surtout ceux d’origine tunisienne qui ont augmenté ces derniers mois d’une façon spectaculaire les statistiques de la délinquance.

Une disposition disproportionnée et anticonstitutionnelle

Une proposition émise par le chef de la police du canton du Jura, Olivier Guéniat, qui la soumise à ses collègues, réunis jeudi 23 août à Bâle, lors du Comité de la conférence des directeurs cantonaux de justice et police (Ccdjp). Cette mesure contre les requérants d’asile coupables de vols et agressions ne sera pas applicable du moins dans l’immédiat.

Jugée disproportionnée et anticonstitutionnelle car dans la législation suisse ne figure nulle part le prélèvement d’Adn à titre préventif, les six haut gradés de la police suisse qui siègent au Ccdjp ont décidé de ne pas donner suite à la proposition d’Olivier Guéniat. Une mesure inutile car rares sont les délinquants qui laissent derrière eux une trace d’Adn lors d’un vol à l’étalage ou à la tire.

adn suisse,immigration,sans papiers,maghébins,clandestins,délinquantsAccélération des procédures pour le rapatriement

Le Ccdjp préconise d’autres mesures comme l’emprisonnement, l’éloignement, et l’accélération des procédures pour le rapatriement de tous requérants d’asile ayant commis un délit. Plus facile à dire qu’a faire. Mais bien que le nombre de retours volontaires des sans papiers est en progression cette année (2.054 pour les 6 premiers mois de l’année contre 2.771 pour l’ensemble de 2011), il est fort à parier que ces mesures resteront insuffisantes pour régler cet épineux problème.

Le cas de Genève, par exemple, est emblématique. Rien que la prison principale du canton croule sous le poids d’une surpopulation carcérale à majorité maghrébine, arabe et africaine. Au mois de mai dernier, 668 délinquants s’entassaient dans des cellules conçues pour recevoir 370 prisonniers. Dans ces conditions, on doute fort que de telles mesures soient suivies d’effets!

On n’a donc pas encore fini de parler des délinquants maghrébins en Suisse et ce pour un bon moment au grand bonheur des partis d’extrême droite qui profitent de la misère des immigrés clandestins!

Photo: Olivier Guéniat dont la propostion augrenue a été rejetée par ses collègues.

Article lié :

Des tests Adn pour contrôler les délinquants tunisiens en Suisse!

Article paru dans Kapitalis lundi 27 août 2012

Et demain est un autre jour!

23/08/2012

Recours à l'ADN pour contrôler les délinquants tunisiens en Suisse!

Les Tunisiens réfugiés alimentaires en Suisse font beaucoup parler d’eux, mais en mal, en faisant exploser les chiffres de la délinquance. Ce qui inspire aux autorités des mesures vexatoires à la limite de la stigmatisation.

Par Haykel Ezzeddine, correspondant à Genève


Les sans papiers tunisiens candidats à l’asile en Suisse ne sont pas nombreux, mais ils se distinguent suffisamment sur la scène de la délinquance. Leurs méfaits répétés font exploser les statistiques de la criminalité et donnent à leurs traqueurs l’occasion de pondre des idées farfelues comme celle de généraliser les tests Adn pour les requérants d’asile! Une proposition disproportionnée? Un délit de faciès? Une stigmatisation en marche?

Ces requérants tunisiens, vrais et faux réfugiés, sont champions toutes catégories pour les délits commis en Suisse. Selon les dernières statistiques nos compatriotes, qui ne représentent pourtant que 6% de la population des requérants ayant commis une effraction, cumulent a eux seuls le tiers des délits. Ils bénéficient d’une double étiquette dont on se serait bien passé: «multirécidivistes» et «impunis»!

Des statistiques effarantes

C’est énorme quand on regarde de près les chiffres effarants de la délinquance pour un petit pays comme la Suisse qui vient de franchir le cap de 8 millions d’habitants.

Le hit-parade de la désolation évoque des augmentations vertigineuses du pourcentage de délits imputés aux Maghrébins et surtout aux Tunisiens. Jugez plutôt les chiffres qui viennent d’être communiqués par 8 cantons et qui relèvent une augmentation de 77% des infractions rien que pour les 6 premiers mois de l’actuelle année par rapport à 2011: «Effraction de véhicule: + 1.500%», «vol à l’étalage: +390%», «vol par effraction: +150%», «vol à la tire +130%», «lésion corporelles simples : +50%».

Le nombre de Tunisiens présents en Suisse candidats au statut de requérants d’asile est dérisoire: quelques centaines, en majorité des hommes entre 18 et 30 ans, livrés à eux-mêmes, et qui profitent d’un certain laxisme de la justice suisse, comme la mesure de substitution à la prison des «jours amendes» pour punir les délits mineurs.

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Le 12 juin 2012, la conseillère fédérale suisse Simonetta Sommaruga et le ministre tunisien des Affaires étrangères Rafik Abdessalem 

Ces mêmes Tunisiens, qui n’obtiendront jamais de papiers pour régulariser leur situation parce qu’ils sont considérés par les autorités suisses comme réfugiés économiques, commettent d’innombrables délits pour pouvoir survivre dans un pays où les travailleurs au noir sont constamment traqués et les employeurs mis à l’amende.

Loin de généraliser mais voici une autre statistique qui démontre que les vrais réfugiés tunisiens sont rares. Sur 1.275 demandes déposées au premier semestre 2012 seules 3 personnes ont vu leur dossier aboutir.

Des tests Adn comme ultime solution

Dans ce climat d’insécurité, les instances judiciaires sont dépassées. C’est dans cette atmosphère qu’Olivier Guéniat, chef de la police du canton du Jura, a lancé un pavé dans la mare. Face à la recrudescence d’actes criminels perpétrés par les réfugiés du printemps arabe sur le sol helvétique, l’officier jurassien compte interpeller prochainement ses collègues pour l’instauration systématique d’un prélèvement Adn de tous les requérants d’asile, surtout les hommes seuls, ce qui permettrait d’accélérer l’incarcération et la clôture rapide des enquêtes policières.

Les partis de droite applaudissent à cette proposition alors que la gauche se tâte et se dit prête à accepter la solution Adn.

Dans un pays où certains citoyens ont été fichés à leur insu durant des années par les services de renseignement, ce qui a traumatisé plus d’un, c’est qu’on est prêt à accepter le prélèvement de l’Adn pourvu que l’on contrôle mieux ces Tunisiens fauteurs de trouble.

Reste à attendre la réaction des associations qui militent pour les droits de l’homme et un éventuel référendum en cas où la solution Adn sera instaurée contre les méchants requérants d’asile.

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Olivier Guéniat, chef de la police du canton du Jura.

La honte a envahi les Tunisiens de Suisse!

La communauté tunisienne vivant en Suisse est consternée face aux méfaits de leurs concitoyens-délinquants. Les Tunisiens en situation régulière, et dont certains possèdent également la nationalité suisse, craignent qu’un jour ils devront payer pour ce printemps des révolutions qui a certes sauvé les pays arabes de la dictature mais a entrainé aussi, dans son sillage, l’exode et la délinquance que connait actuellement la confédération Suisse.

A noter que, depuis la mi-juillet, la Confédération suisse a mis en application une aide au retour des déboutés du droits d’asile, des demandeurs en attente d’une réponse et d’autres qui s’apprêtent à déposer un dossier. Ça ratisse large, histoire de motiver le maximum de personnes. Les Tunisiens qui peuvent en bénéficier doivent avoir un casier judiciaire vierge.

Cette aide sous forme de prime – 1000 francs suisses (Chf ) pour chaque adulte, 500 Chf pour chaque enfant, 4.000 Chf pour financer des projets sur place, voire 15.000 Chf en cas de projet collectif – a déjà permis le retour volontaire d’une trentaine de Tunisiens.

Artcile paru mercredi 22 août sur Kapitalis

Et demain est un autre jour!

10:59 Écrit par Haykel dans Politique suisse, Politique-Tunisie, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : adn, maghébin, tunisien, tunisie, asile, droit d'asile | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/11/2011

Les révolutions arabes : et après ? par Hafid Ouardiri

1753458224.jpgça toujours était d’actualité que de “taper” sur les musulmans et l’islam. L’occident a une peur bleue des intégristes musulmans et n’arrive pas à faire la différence entre l’intégrisme et l’islam ordinaire tel qu’il est pratiqué actuellement à travers bon nombre de pays dans le monde. L’avant dernier numéro de Charlie-Hebdo et la chronique de Maitre Marc Bonnant dans le Matin Dimanche de la semaine dernière n’arrangent pas les choses et font creuser davantage le fossé de l’incompréhension entre musulmans et intellectuels européens. Le “pompier professionnel” BHL, le fringant avocat à la verve facile et au raisonnement simpliste Marc Bonnant ainsi que le canard boiteux en perte de vitesse Charlie-Hebdo se livrent à un même combat avec des variantes mais tous les trois sont unis par leur insoutenable légèreté d’analyse face à un islam qui ne veut ni conquérir ni déclarer des croisades et encore moins s’imposer en Europe ou ailleurs. C’est le cauchemar de l’extrême droite qui manipule l’opinion! L’amalgame et le mélange des genres font que on met tous les musulmans dans le même sac, feignant leurs différences. C’est comme si il n’existe qu’un seul courant chez les autres religions et que parmi elles il n’y a point d’extrémistes (la tuerie d’Oslo). Certes il y a des intégristes chez les musulmans mais qui n’a pas dans sa communauté des méchants ou des brebis galeuses? On ne va pas refaire l’histoire et l’intégrisme quel qu’il soit a été nourri par la manipulation politique!
Hafid Ouardiri qui a carte blanche sur ce blog comme d’autres intellectuels d’ailleurs n’a pas voulu rester un simple spectateur devant le fait accompli de l’intelligentsia occidentale qui est entrain de reprendre le même chemin paternaliste qui a conduit jadis à l’occupation puis à la complicité avec des régimes dictatoriaux qu’ils ont contribué à mettre en place au nom d’un hypothétique rempart contre un islamisme considéré comme dangereux. Il nous livre plus bas une longue analyse sur les révolutions arabes, une approche clairvoyante et intéressante à plus d’un titre.
Je partage entièrement l’analyse du directeur de la Fondation de l’Entre-connaissance sauf quand il a évoqué la Charia pour la Tunisie. Ennahdha, ne prône pas la Charia comme ligne de conduite mais veut appliquer un islam moderne. Concrètement, on ne sait pas ce que donnera cette nouvelle donne. Et comme dit le célèbre adage: “qui ne tente rien n’a rien”. Et puis pourquoi cette ingérence? Laissez ces peuples vivres leur propre expérience!

Haykel Ezzeddine

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Headshot HO 002362FE-64F2-49BB-BF10-868A975422EC.jpgLes révolutions arabes : et après ?
C’est une question intéressante mais quelque peu lancinante qui revient sans cesse depuis que s’est déclanché ce que l’on appelle « le printemps arabe ». Il est vrai que personne ne s’y attendait, même les experts les plus chevronnés se sont trouvés dépassés par cet événement extraordinaire.
Les outils d’analyse des sciences politiques se sont avérés inadaptés pour comprendre ce qui se passait dans ces pays arabo-musulmans qui se soulevèrent alors qu’on les croyait totalement asservis et définitivement rayés de l’Histoire.
Hier…
Tous les peuples des pays arabo-musulmans ont subi le colonialisme et le néo-colonialisme sous la tyrannie de dictateurs avides de pouvoir et à la botte des anciennes puissances coloniales.
Ces peuples ont été soustraits à leurs histoires et à l’Histoire de l’Humanité. D’abord colonisés après des luttes chèrement payées en vies humaines pour accéder à leurs indépendances, les voilà livrés, dans l’euphorie d’une fausse liberté, à des systèmes totalitaires à la solde des anciens maîtres et avec leur bénédiction. J’ai personnellement vécu ces différentes périodes d’une indépendance sans liberté qui devient rapidement une vie sous perfusion malgré les richesses de ces pays. Pour les démocraties occidentales, les opprimés ne devaient en aucun cas être un obstacle pour leurs intérêts économiques et géostratégiques. Tant que les dictateurs en place acceptaient ce marchandage, non seulement ils n’avaient pas à s’inquiéter pour leur pouvoir mais plus encore ils étaient considérés comme des remparts infranchissables contre l’extrémisme qui ne pouvait être qu’islamique ou islamiste selon leur propre terminologie.
Dans tous les pays arabo-musulmans et bien au-delà c’était la règle à ne pas transgresser sinon c’est la prison, la torture ou la mort. Les droits de l’homme n’était ni plus ni moins qu’un alibi. Il suffit de se souvenir de l’accueil qui a été fait à ses dictateurs par tous les dirigeants de toutes les démocraties occidentales. Le siècle des lumières des uns a été celui des ténèbres et de la souffrance extrême pour tous ces peuples. A tel point que j’ai cru que jamais ces peuples ne goûteraient à la saveur de la liberté et que jamais ils ne vivraient dans la dignité avec des droits et des devoirs. J’ai connu l’époque du « tais-toi les murs ont des oreilles!» et du « pourquoi cherches-tu à comprendre?». Ce sentiment était tellement fort qu’il nous poursuivait partout même jusqu’ici en Suisse et partout ailleurs.
16362_1225093480407_1621127854_612462_3086116_n.jpgSouvenons-nous, en 1988, le soulèvement du peuple algérien qui ne réclamait qu’un droit citoyen celui d’élire librement ses responsables politiques. Les élections ont eu lieu, elles ont désigné à la majorité écrasante un parti politique musulman. Aussitôt, un coup d’Etat eu lieu soutenu par des intellectuels et politiciens français et européens qui déclarèrent que ces musulmans avaient utilisé la démocratie pour tuer la démocratie, parmi eux le fameux BHL qui, en mars 2011, a volé au secours des libyens qui étaient menacés par Kadhafi. Une instrumentalisation  « sarkozienne » pour rattraper son absence dans la révolution Jasmin en Tunisie et puis pour s’assurer quelques barils de pétrole libyen et des contrats pour la reconstruction du pays. Aujourd’hui, la Libye est libre dans un chaos de fer et de feu avec des centaines de milliers de morts, un nombre considérable de blessés et des armes très sophistiquées éparpillées sur tout le territoire. J’espère que les combattants feront preuve de sagesse en les remettant entre de bonnes mains pour le bien de toute la population qui a assez souffert.
Au fait, l’Algérie vit dans un traumatisme qui l’enfonce toujours plus sous la botte du régime des généraux. Dès que le peuple manifeste pacifiquement, il est réprimé sans pitié, pour 3000 manifestants, le système mobilise 30’000 policiers lourdement armés et prêts à tuer. Ce terrorisme d’Etat a donné naissance et entretenu un autre terrorisme aveugle et dévastateur qui a permis à certaines puissances d’envahir des pays (les Etats-Unis en tête) pour soi disant le combattre (Irak, Afghanistan, Yémen etc.)
Aujourd’hui…
L’Irak qui était le berceau de la civilisation mésopotamienne et arabo-musulmane, longtemps sous la terreur d’un dictateur implacable, puis envahi par les Etats-Unis d’Amérique pour soi disant instaurer la démocratie n’est plus un pays. C’est devenu un laboratoire militaire américain comme l’Afghanistan.
La Tunisie est libre et la démocratie a commencé à faire ses preuves sans pour autant convaincre les occidentaux qui se méfient du choix « musulman » du peuple malgré le fait que la pluralité est là et qu’elle veut installer un gouvernement d’union nationale avec tous les acteurs politiques de la société. De nouveau, les régimes occidentaux veulent imposer leur choix au peuple tunisien qui, dans sa majorité, veut rester attacher à son histoire et à ces valeurs musulmanes ainsi qu’à son corpus de lois « la charia » qui invite à la vie et non à la mort comme certains extrémistes veulent le faire croire à la satisfaction de certains détracteurs de l’islam en Occident. La charia se résume en 5 principes : la libre observation de la religion, le respect de la vie, la conservation de l’espèce humaine et de son environnement naturel, le maintien et l’usage de la raison et le bon usage de l’argent et des biens matériels - des valeurs de vie universelles incontestables.
Le parti musulman « Ennahdha » ne cesse de rassurer les opinions occidentales et les autres partis politiques en Tunisie en leur rappelant qu’aucune liberté acquise par le passé ne sera remise en question et que l’islam ne s’impose à personne.
L’Egypte est libre et le processus démocratique est en marche malgré les difficultés qui se dressent sur son chemin à cause des partisans de l’ancien régime qui sont toujours à l’œuvre à travers des réseaux financés parHafid.jpg des sources obscures. L’armée est toujours là, menaçant la liberté et la démocratie durement arrachée par tout le peuple égyptien toute confession et culture confondue. Ce n’est pas la religion, qu’elle soit majoritaire ou minoritaire, qui définira à l’avenir le droit de chacune et chacun dans l’Etat égyptien, c’est la citoyenneté qui est la même pour toutes et tous. Il en sera de même pour la Libye et pour tous les pays qui se libéreront les uns après les autres car il n’est plus possible de battre en retraite face aux régimes totalitaires pour ces peuples où les jeunes forment la majorité écrasante et agissante.
Je me permets d’énumérer, pour leur exprimer mon profond respect, les pays qui doivent se libérer et qui le font sans armes sous le regard inquiet mais indifférent du monde dit libre : le Maroc, les pays du Golfe, la Jordanie, l’Algérie déjà meurtrie, la Syrie très meurtrie où l’on massacre à huis clos. Peut-on espérer que la Palestine et son peuple puissent connaître leur « printemps arabe » mais cela ne peut se faire qu’en coordination avec une vraie révolution des indignés israéliens ? Chacun de ces pays, une fois libéré, devra s’organiser pour gérer au mieux l’héritage historique qui est le sien avec la grande richesse que représente sa diversité culturelle et confessionnelle en respectant : la liberté, la dignité, l’équité et la paix pour toutes et tous, parce que toutes et tous CITOYENS !

L’urgence aujourd’hui c’est remettre en état les institutions lorsqu’elles existent et les créer lorsqu’elles sont absentes en respectant les règles démocratiques. Il faut faire l’inventaire et rétablir l’ordre sans violence ni règlement de compte, rendre obligatoire une bonne éducation pour tous dans le but de former les futures élites du pays, remettre l’économie en marche afin que chaque citoyen puisse avoir accès à une vie décente et surtout faciliter l’émergence d’une société civile responsable et engagée pour le bien public. Bref, ces révolutions doivent laisser place à une véritable évolution de ces peuples longtemps traités en sous-hommes. Il  faut réinventer une autre manière de vivre responsable libérée de tout sentiment de culpabilité.
Demain…
1-ssssss1111.jpgEnfin, j’ai ressuscité de mon passé longtemps sans issue. Ces révolutions m’ont permis de relever la tête ici et partout ailleurs. Mes peuples ont réintégré la grande Histoire pour continuer à écrire la leur tombée en panne depuis bien longtemps.
Durant tout ce temps ces peuples, génération après génération, avaient gardé intact leur rêve d’une vraie souveraineté au cœur des cauchemars qu’ils subissaient en silence. Ce n’est que justice, alors cessons de les accabler en ne leur accordant pas notre confiance.
Ils savent que c’est la fin d’une mauvaise époque sombre et le début d’une autre qu’ils ont gagné grâce à leur espérance et à leur résistance.
Ils savent aussi que personne n’a le droit de les priver de cette victoire et jamais plus ils n’accepteront qu’une autre dictature vienne se substituer à celle qu’ils ont anéantie, qu’elle soit idéologique, politique ou religieuse. Ils se souviennent tous de cette parole extraordinaire qui a longtemps était le fondement de la magnifique civilisation qu’ils ont offert au monde :
« Depuis quand avez-vous assujetti les gens alors que Dieu les a créés libres ! » (Paroles du 2ème calife Omar Ibn Al Khattab)
Pour répondre à la question de « l’après » de ses révolutions arabes, je dirai que la garantie de leur avenir, c’est les peuples qui ne se laisseront plus confisquer leur liberté, bafouer leur dignité et priver de leurs droits. Ils n’ont plus peur. Ces peuples qui se sont libérés, avaient une arme de destruction massive redoutée par les dictateurs : « DEGAGE » en français, « ARHAL » en arabe. Ils l’utiliseront si ceux qu’ils ont choisis en toute liberté, les trompent. Alors de grâce, laissons leur le temps de nous le prouver et aidons les à réaliser leur rêve sans leur imposer nos modèles qui aujourd’hui sont eux-mêmes remis en question.
La démocratie n’est plus rien qu’une grande entreprise de démagogie qui trompe les peuples occidentaux en les sacrifiant sur l’autel du dieu argent. C’est le règne de l’euphorie et de la panique, c’est la dictature des marchés qui méprisent l’homme. Personne de s’inquiète de la crise des valeurs morales et tout le monde pleure à cause de la crise boursière. 
Aujourd’hui, tous les peuples devraient préparer leur après, un destin commun et solidaire, loin de toutes les tyrannies. Nous ne devons pas seulement nous indigner mais nous devons surtout nous engager, au delà de nos frontières, à construire ensemble une citoyenneté UNIVERSELLE.

Hafid Ouardiri,

Directeur de la Fondation de l'Entre-connaissance

Photo 1: Nabil

Photo 2: archive FEC

Photos 3, 4 et 5: Haykel

Et demain est un autre jour!

11/11/2011

Confidence d’un superviseur pour les élections en Tunisie

Nabil Abdenadher-ssssss1111.jpgLe 23 octobre est un jour historique pour toutes les tunisiennes et les tunisiens épris de liberté. Pour la première fois de leur histoire, le pays a connu des élections transparentes qui rompent avec l’ancien système, celui du trucage, du bourrage d’urnes et des résultats connus d’avance.  Certains électeurs ont dû faire la queue durant 5 heures pour accomplir leur devoir électoral. Nabil Abdenadher, Professeur à l'Université des Sciences Appliquées de Suisse Occidentale (HES-SO, hepia Genève) a été un observateur de premier plan pour ces élections. Professeur émérite constamment sur le départ vivant entre la Suisse et la Tunisie presque à part égale a bien voulu nous raconter son expérience avec cette démocratie naissante. Pour l’ATIDE (Association Tunisienne pour l’Intégrité et la Démocratie des Elections), il a formé les observateurs indépendants de Genève et de Lausanne avant de regagner Tunis pour assister un autre groupe sur place. Sa journée du 23 octobre sur le terrain a commencé à 6h15 et s’est prolongée tard dans la nuit... Nous l’avons rencontré hier à Genève et avant de nous livrer ses premières impressions il nous a fait part de ses nombreux projets pour la nouvelle Tunisie. Nabil Abdenadher comme beaucoup de tunisiens de bonne volonté est animé par cette flamme qui veut accompagner la Tunisie dans sa nouvelle ère, celle du 14 janvier 2011.
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IMG_0235-ssssss1111.jpgChronique d’une élection historique…
"Ce 23 Octobre 2011 restera à jamais gravé dans ma mémoire. Pour la première fois de ma vie, j’ai pu «vivre» de vraies élections démocratiques et voté librement. Ce jour la, je n’étais pas seulement citoyen électeur, mais aussi superviseur d’un groupe d’observateurs de l’ATIDE 
06h15, 45 minutes avant l’ouverture des centres de vote, j’étais déjà en « poste » avec mes observateurs pour les dernières retouches. Les consignes sont claires : un observateur est par définition indépendant, neutre et passif. Sa mission est de noter et transmettre les irrégularités. Le mot d’ordre est donc: « pas de couleur, pas d’odeur, pas de gout ».
06h30, je voyais les premiers électeurs commencer à affluer. Les responsables de bureaux et centres de votes ouvraient leurs portes pour les observateurs et les représentants de partis.
07h00, sous un soleil rayonnant, de longues files d’attentes se dessinaient déjà devant les centres et bureaux de vote qui ouvraient leur porte au public.
IMG_0238-ssssss1111.jpg10h : Dans les cinq centres dont j’avais la responsabilité, les files d’attentes serpentaient les rues. Cela ne semblait pas décourager les gens qui continuent à affluer. Sous un soleil de plomb, munis de bouteilles d’eau, de casquettes, de parapluies, jeunes et moins jeunes parlaient, discutaient, vivaient ces instants de liberté tant attendus. Libres et fiers de pouvoir enfin valoriser sa voix, exprimer sa préférence, … tout simplement voter.
Entre 7h et 19h : Je parcourais à intervalles réguliers les cinq centres de vote. Je répondais aux questions des observateurs, les remplaçais lorsqu’ils allaient voter et assurais le relais avec le centre régional de l’ATIDE. Certains électeurs me posaient des questions, pensant que je suis l’un des responsables du centre de vote. Malgré le nombre important d’électeurs, l’organisation était au rendez-vous.
IMG_0236-ssssss1111.jpg19h : Certains bureaux de vote ont déjà fermé et commencent le dépouillement. D’autres continuent à recevoir les électeurs présents. Les premiers résultats s’afficheront sur les portes dans quelques heures.
Peu importe les vainqueurs « politiques » de ces élections. L’essentiel est que la Tunisie a pu franchir le premier pas dans la mise en place d’une culture démocratique suffisamment stable et ancrée dans les esprits pour faire barrage à toute tentative de dérive. Dans cette logique, il n’y a que des vainqueurs, pas de vaincus. Les perdants « politiques » d'aujourd'hui seront certainement les gagnants de demain.
En cette année 2011, la Tunisie offre au monde arabo-musulman deux cadeaux. Le premier, involontaire et improvisé, a été livré le 14 Janvier 2011. Le second, minutieusement préparé et packagé, a été offert le 23 Octobre 2011.
En cette fin 2011, si je suis fier d’être Tunisien, c’est bien parce que ce pays, est sans nul doute le seul dans le monde à avoir offert à ses fils, en l’espace de quelques mois, une révolution pure comme l’eau de roche et des élections dignes des grandes démocraties."

Article paru dans Kapitalis le 12 novembre 2011

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Photos: Nabil Abdenadher
Et demain est un autre jour!

09:40 Écrit par Haykel dans Genève, Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nabil abdenadher, élection constituante tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/11/2011

Laissez la Tunisie tranquille!

1.jpgQue les donneurs de leçons se tiennent à carreaux. La Tunisie, les tunisiennes et les tunisiens n’ont pas besoin qu’on leur montre le chemin de la démocratie. Pendant de longues années les tunisiens ont vécu sous le joug d’une dictature bénie par les occidentaux. Des louanges et des satisfecits ont même accompagné la longue tyrannie du pouvoir de Ben Ali, élève modèle, rempart contre le pouvoir imaginaire d’un islamisme sans limite.
Tout se gagne en ce bas monde, rien n’est gratuit vous le savez bien! Les tunisiens avec leur révolution qui sent le jasmin et la saison du printemps, ce sont les occidentaux qui ont mis ces étiquettes ne veulent plus qu’on les prenne pour des demeurés. Oui ils ont fait leur révolution comme des grands sans une aide extérieure, ils ont voté comme des adultes et veulent maintenant assumer leur choix quitte à le regretter plus tard! Ils ont voté en masse pour le parti islamiste modéré Ennahdha, là au moins ils ne risquent pas d’opter pour les ex-RCDistes (l’ex parti unique au pouvoir) infiltrés dans tous les méandres du mécanisme de la vie quotidienne tunisienne.
La décision du peuple par la voix des urnes doit être respectée surtout par ces mêmes pays et ces mêmes intellectuels qui se transforment en donneurs de leçon et qui hier ont brillé par leur mutisme qu’on peut qualifier de complice envers un pouvoir absolu. Charlie-Hebdo épingle la nouvelle Tunisie avec une arrière pensée qu’on veut lui prêter à mauvais escient: mercantile! Pourquoi pas? Un journal aux abois qui voit en quelques années le nombre de ses exemplaires s’effriter passant du simple au double en perte...On peut imaginer le pire pour drainer le lecteur.
Les caricatures du prophète Mohamed font vendre par leur côté sacrilège. Faut-il rappeler que chez les musulmans la représentation sous quelques formes que ce soit du prophète Mohamed et d’Allah sont formellement proscrites. Avec son numéro spécial Charia-Hebdo, le journal satyrique du mercredi compte renouveler la performance en nombre d’exemplaire de l’année 2006 où il a presque quadruplé le nombre de ses ventes en un seul numéro en reproduisant les caricatures danoises du prophète Mohamed.
Aujourd’hui, dans le Matin Dimanche le fringant et élégant avocat Marc Bonnant rend hommage dans une tribune à Charlie Hebdo et se transforme en l’occurrence en chantre de la liberté d’expression allant jusqu’à plaider pour une islamophobie de bon aloi salutaire même qu’il veut transformer comme un devoir. Et pourquoi ne pas la dépénaliser?  Oui un devoir comme voter...dans le bon sens qui fera plaisir à cet homme de loi et ses congénères qui partagent ces pensées le moins que l’on puisse dire surprenantes et d'une autre époque. M. Bonnant écrit: “...tous les peuples ne sont pas faits pour la liberté. Même si par psittacisme ils la réclament, ils aspirent en réalité à s’aliéner. Ils épuisent leur liberté dans le choix d’une servitude volontaire. L’idée de Dieu-cette imposture féconde-est l’une de ces servitudes...” Merci Maître, les tunisiens qui ont acquis par leur propre volonté le droit d’être libres et qui sont entrain de vivre une expérience unique parce qu’ils testent par eux même sans singer l’occident apprécient votre dernière sortie!

Et demain est un autre jour!

23:03 Écrit par Haykel dans Médias, Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (27) | Tags : marc bonnant, charlie hebdo, tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/11/2011

Charia-Hebdo: beaucoup de bruit pour faire résonner la caisse?

1948932984.jpgEncore une fois ‘‘Charlie Hebdo’’ frappe un grand coup médiatique et commercial. La droite, qui avait jusque-là grise mine, peut remonter dans les sondages. Les musulmans font vendre… 
Haykel Ezzeddine, Genève

Une «Une» avec la caricature du prophète Mohamed hilare, qui déclare : «100 coups de fouet si vous n’êtes pas morts de rire», une page «Charia madame», un éditorial au vitriol, une double page centrale intitulée «La Charia molle» et une caricature du prophète Mohamed à la dernière page qui s’adresse aux lecteurs en disant : «Oui, l’islam est compatible avec l’humour» sont censés faire de ce dernier numéro de l’hebdomadaire satirique français ‘‘Charlie-Hebdo’’, un brûlot ! Pari gagné !
Le prophète Mohamed «rédacteur en chef» de l’hebdomadaire satirique le plus irrévérencieux de France rebaptisé à l’occasion “Charia Hebdo”. Et alors ?
Apparemment ça n’a pas plu à tout le monde puisque le siège dudit journal a été victime d’un incendie criminel et son site internet piraté. Tout ceci s’est déroulé mercredi peu avant l’aube avant la sortie du journal et sa diffusion dans les kiosques.
Actes criminels et bêtes puisque les auteurs de ce double méfait n’ont même pas attendu pour lire le contenu avant de réagir de la sorte ! Mais d’abord qui sont-ils ? La police française a-t-elle les preuves qu’il s’agisse bien d’extrémistes musulmans ? Cela est très probable, en est-on vraiment sûrs ?
614598551.9.jpgUn numéro bientôt épuisé !
Quoi qu’il en soit, l’auteur de ces lignes a dû faire plusieurs kiosques à journaux, mercredi matin, à Genève, pour trouver un exemplaire. On devrait s’attendre à une rupture de stock après quelques heures, qui serait certainement suivie d’une réimpression. Un sacré coup médiatique (et commercial) pour ce journal qui a défrayé la chronique en 2006 suite à la reproduction des caricatures du prophète Mohamed parues dans un journal danois. Ce numéro imprimé à 160.000 exemplaires, soit 20.000 de plus que d’habitude, a nécessité deux réimpressions pour atteindre 400.000 exemplaires vendus ! Oui le prophète Mohamed fait vendre ! Et depuis mercredi matin, Charb, le directeur de la rédaction de ‘‘Charlie-Hebdo’’ n’arrête pas d’enchaîner les interviews avec les grands médias... de la publicité gratuite, c’est également bon pour les ventes. Et merci à Claude Guéant, ministre français de l’Intérieur, qui a cru pouvoir affirmer, avant même que l’enquête ne livre ses secrets : «C’est un attentat». De quoi alimenter la peur – qui, on le sait, fait monter la droite dans les sondages – et augmenter le prochain tirage du canard.
Le seul mystère qui reste à élucider est le suivant : l’actuelle édition de ‘‘Charlie Hebdo’’ réalisée par les journalistes maison avec Mohamed en tant que «rédacteur en chef» dépassera-t-elle en nombre d’exemplaires celle qui a reproduit les caricatures danoises du même Mohamed en 2006 ?
1982618877.jpgDu remplissage !
J’ai lu d’un seul trait les articles et regardé avec un regard amusé les caricatures concernant «la Charia», Ennahdha, les Tunisiens et, à un degré moindre, les Libyens. Ce que certains prennent pour une provocation n’est qu’un pétard mouillé qui ne mérite aucunement tout ce raffut et cette violence gratuite, si tant est que l’on apporte la preuve qu’elle a été le fait de quelque fondamentaliste musulman.
A part l’éditorial écrit au vitriol et «signé» par le prophète Mohamed, il n’y a vraiment pas d’envolée lyrique. Un remplissage qui brille par un manque d’imagination. Je trouve même que les caricatures ne sont pas assez corrosives comme il est d’usage chaque semaine dans ‘‘Charlie-Hebdo’’. Retenue ? Autocensure ? Peur de trop choquer ? Suis-je blasé au point de ne pas adhérer à l’humour minimaliste de ce mercredi ? Une seule fois les dessinateurs de ‘‘Charlie-Hebdo’’ ont pu me soutirer un sourire. Dans l’éditorial, j’ai relevé cette phrase à double sens : «Comment les Tunisiens, ces petits prétentiards qui se prennent pour le peuple le plus “évolué” du monde arabe, au prétexte que leurs bonnes femmes ont le droit de pisser debout, ont-ils pu se faire niquer aussi facilement. (“Evolué”, pour eux, ça veut dire occidentalisé !)”. Ça n’empêche, ces mêmes bonnes femmes tunisiennes qui pissent debout ont acquis des droits avant même leurs semblables occidentales comme l’avortement ou le droit de vote.
Peut-on rire de tout ?
Cette énième affaire ajoutera une ligne supplémentaire dans le descriptif de Wikipédia sur ‘‘Charlie-Hebdo’’, générera un surcroit de bénéfice pour le journal et donnera l’occasion aux intellectuels français de débattre une fois de plus sur l’islam, la charia et l’imperméabilité des musulmans à l’humour ! On ameutera les experts qui diront, pour la millionième fois, que chez les musulmans, intégristes ou pas, il y a des tabous difficiles à dépasser et la personnification du prophète Mohamed sous forme de caricature constitue l’élément le plus sacrilège. D’autres se poseront la question, pour la millionième fois : peut-on rire de tout ? Jusqu’au prochain scandale…

Article paru dans Kapitalis le 3.11.2011

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Et demain est un autre jour!

17:50 Écrit par Haykel dans Médias, Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : charlie hebdo, charia hebdo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/10/2011

Constituante tunisienne: dernier jour de vote et dépouillement!

296539_191762864232737_100001970735744_403999_692756976_n.jpgL’électeur tunisien le plus âgé a avoir accompli son devoir de citoyen en Suisse est M. Mohamed Ezzeddine Mili. Fonctionnaire international à la silhouette distinguée, Si Mohamed a officié durant 17 ans à l’UIT où il a assumé le poste de secrétaire général. A 94 ans M. Milli a tenu à participer à la première élection libre de la Tunisie. Il a déclaré: “il faut prendre part à l’avenir de la Tunisie”. Clairvoyant et surtout réaliste M. Mili a fait un carton plein vu l’intérêt qu’on lui a témoigné. Il a reçu un accueil chaleureux  du bureau de vote de Genève qui a élu domicile à l’hôtel Warwick. Il faut préciser que la Suisse est l’un des rares pays à avoir placé les bureaux de votes dans des endroits publics en l’occurrence des hôtels pour rompre avec les anciens réflexes et surtout pour encourager les votants à aller vers les urnes en dehors de toutes pressions consulaires. Invité par Mohamed Hassen, Président de l’IRIE en Suisse et par Moncef Baati, ambassadeur de la Tunisie auprès des Nations Unies, notre sénior a déjeuné en leur compagnie en ville de Genève où il réside dans un home médicalisé. Très ému par les nombreuses sollicitations dont il a fait l’objet, Si Mohamed comme tous les tunisiens qui ont fait la queue aujourd’hui en Tunisie est fier de glisser son bulletin dans l’urne transparente qui accueille les votes de l’avenir.

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...et Chraïti Massaki Hichem (20 ans), petit fils de Lazhar Chraïti
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312958_191763940899296_100001970735744_404021_1824562435_n.jpgAmbiance dans le local de vote de Genève, après la fermeture du bureau samedi 22 octobre:
Le bureau de vote de Genève comme tous les autres en Suisse a fermé ses portes à 19h00 au public et a entamé une longue séance de dépouillement qui s’est prolongée jusqu’à 3h20 du matin. A Zurich, le résultat n’a été proclamé qu’à 3h30 du matin réalisant au passage le record en Suisse. En présence d’observateurs de l’ATIDE et de contrôleurs de partis, le dépouillement des centaines de voix a pris du temps. Chaque bulletin est montré à l’assistance et a fait l’objet d’une attention particulière en cas du moindre doute.
Sur un total de 10’021 électeurs potentiels en Suisse, 4810 se sont déplacés dans un des 5 bureaux de vote sur le sol helvétique ce qui représente le pourcentage de 48% de votants. 109 bulletins nuls ont été constaté et 23 bulletins blancs. Le Parti Ennahdha représente le pourcentage de 34.01% avec 1636 voix et celui de Takattol 16.4% avec 789 voix. Nous attendons tous le résultas des autres pays pour savoir à qui seront attribués les 2 sièges des Amériques du Canada, de la Suisse et du reste de l’Europe à l’exception de la France, de l’Allemagne et de l’Italie.

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En Tunisie, dimanche 23 octobre les électeurs ont fait la queue sur certains sites durant 5h00...soif de démocratie!
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Photo Kapitalis
Le taux de participation en Tunisie avoisine les 90%!!!
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Et demain est un autre jour!

23:54 Écrit par Haykel dans Genève, Politique-Tunisie, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : constituante tunisienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/10/2011

La Constituante tunisienne: reportage sur la première journée électorale

1.jpgHier, premier jour des élections de la Constituante tunisienne à Genève. Beaucoup d’émotions, quelques regrets et des couacs à la pelle! Dur, dur l’apprentissage de la démocratie. En tant qu’observateur les places sont chères...Et je n’ai pu obtenir mon sésame d’entrée au temple qui abrite l’urne qu’avec peine et attention pour seulement une seule après-midi. Plusieurs volontaires se bousculent au portillon pour avoir l’honneur de participer à la première élection libre du pays. Après une longue dictature les tunisiens se réveillent et découvrent avec bonheur des gestes simples mais symboliques: voter en toute liberté, choisir sans contrainte, sans trucage, sans entrave et en toute transparence. Pour la première fois ils sont maître de leur destin...Ils ont le pouvoir de changer le cours des choses...Certes le pouvoir des urnes est implacable...mais il a un goût particulier chez les tunisiens. Il attire tel un aimant tous ceux qui ont été exclus d’exercer ce droit le plus élémentaire en tant que citoyen. Ce jeudi 20 octobre restera longtemps gravé dans ma mémoire vu la déferlante électorale qui s’est emparée des tunisiens à l’hôtel Warwick déjà tôt le matin à l’ouverture du bureau de vote. Des jeunes, des moins jeunes, des retraités, des fonctionnaires internationaux, des ex-opposants au régime déchu, des islamistes, des laïcs, des sans opinions, des sans engagements politiques, des curieux, des indécis...ont tenu à marquer en premier par leur présence ce lieu magique qui avec d’autres contribuera à changer le paysage politique du pays. Cet engouement pour l’urne a donné lieu à des scènes pathétiques comme ce jeune étudiant en pharmacie qui a tenu à se faire photographier avec le drapeau tunisien à côté de l’urne et cette famille qui s’est également drapée avec les couleurs tunisiennes. Certains ont exercé ce droit civique pour la première fois de leur vie! Un homme d’un certain âge visiblement malade se déplaçant difficilement avec deux béquilles a déclaré que maintenant qu’il a voté pour la première fois de sa vie il peut mourir tranquille avec la fierté d’avoir connu ce moment historique!
2.jpgDysfonctionnement
Des lacunes il y en a eu et la liste est longue. Les tunisiens ont voulu coute que coute appliquer leur propre système électoral qui s’inspire là ou là des expériences des autres sans toute fois s’imprégner d’un système par rapport à un autre et c’est là où ça engendre un certains nombres d’imperfections.
Tous les votants doivent tremper l’index droit dans de l’encre sensé être indélébile pour quelques jours...afin d’empêcher d’éventuelles voix malveillantes d’atteindre l’urne d’une autre ville en Suisse, mais au fait après un seul passage sous un robinet d’eau tout disparait. La liste électorale comporte 19 partis et indépendants alors qu’en réalité il faut voter pour seulement 17 d’entre eux. Aucun électeur n’est au courant du forfait des deux candidats. Pire, des électeurs sortent de l’isoloir pour demander des renseignements sur tel ou tel parti ou pour connaître les modalités du vote. Des observateurs de partis outrepassent leur rôle en signalant publiquement tous ce qui selon eux ne fonctionne pas, alors que normalement ils n’ont aucun droit à la parole! Il est vrai qu’aucune séance d’information n’a été organisée avec la communauté tunisienne sur le sol helvétique pour leur expliquer les démarches à suivre pendant le processus électoral. La liste des 17 partis et indépendants n’est affichée nulle part! L’électeur découvre dans l’isoloir les noms des partis et des indépendants qui représenteront les 2 candidats pour les 2 Amériques et l’Europe à l’exception de la France, de l’Allemagne et de l’Italie. Trop tard pour voter utile comme on dit! De nombreux tunisiens votent pour voter, une façon comme une autre de rompre avec les anciens réflexes qui ont marqué plusieurs générations.

Article paru dans Kapitalis le 21 octobre 2011

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Deux observateurs de l'ATIDE: Hedi Seblaoui et Elyes Chafter
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14:04 Écrit par Haykel dans Politique-Tunisie, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : constituante tunisienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/10/2011

Constituante tunisienne J-1!

Sans titreHE A.jpgUne ambiance indescriptible règne sur la communauté tunisienne établie en Suisse. Une effervescence de bon aloi qui augure d’une élection dans de bonnes conditions. Je prends l’exemple de Genève où j’ai vécu une journée mémorable à J-1. La Constituante tunisienne est en bon chemin et les élections qui commenceront demain jeudi 20 octobre et se prolongeront jusqu’à samedi 22 sur le territoire suisse mais aussi dans tous les pays où résident des tunisiens à part la Tunisie, se font désirées. On s’impatiente et on compte les heures pour enfin voter la première fois de sa vie loin de toutes contraintes et en toute transparence. Par leur maturité, les tunisiens le méritent bien et on ne va pas refaire l’histoire de cette révolution qui a ouvert la porte à d’autres pays arabes. La Tunisie est un grand laboratoire à ciel ouvert. Le pays est attendu au tournant, la démocratie qui sent le jasmin a-t-elle une chance de percer, de confirmer et de montrer le chemin aux autres? Impossible n’est pas tunisien et le 23 octobre la bonne tenue des élections de la Constituante sur le territoire tunisien fera date dans le monde entier. 
Conférence de presse mercredi 19 octobre:
A 13h00 au Club suisse de la Presse, Mohamed Hassen, responsable d'IRIE Suisse et 5 Présidents de bureaux de vote en Suisse ont tenu une conférence de presse et répondu aux nombreuses questions posées. Certaines de ces questions ont eu du mal à trouver une réponse convaincante mais la sincérité qui se dégage de tous les protagonistes “bénévoles” qui œuvreront pour le bon fonctionnement de ce scrutin fait beau à voir. Une démocratie balbutiante certes mais pleine d’énergie et de bonne volonté. Les 6 responsables des votes en Suisse ont pris congé de leur travail et de leur famille pour se consacrer entièrement à cette noble tâche pendant 3 jours entiers de 6h30 du matin jusqu’à 19h30.

Article paru dans Kapitalis le 20 octobre 2011

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Pendant cet entretien d’1h30, Mohamed Hassen, n’a pas arrêté de rappeler que “c’est un moment historique pour récréer l’histoire de la Tunisie moderne”. Et que même s’il y a des couacs et des imperfections il ne faut pas oublier que ce sont les premières élections libres que connaître le pays après une longue dictature. Une période d’apprentissage inévitable vue les délais impartis. Quelques regrets quand même: un budget presque inexistant, absence de communication, manque d’informations fiables et surtout aucun rassemblement avec les tunisiens de Suisse pour leur présenter la liste pour laquelle ils vont voter ou tout simplement répondre aux questions qui pourraient être posées le jour J. Sur les 15’630 tunisiens inscrits à l’Ambassade de Tunisie 10’820 ont le droit de vote. 3000 d’entre eux se sont déjà inscrits dans les délais mais tous ceux qui ne l’ont pas fait peuvent voter en présentant un passeport ou une carte d’identité à l’un des 5 bureaux de vote (Genève, Lausanne, Neuchâtel, Berne et Zurich).
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La découverte de l’urne
En tant qu’observateur accrédité j’ai pu découvrir parmi les premiers l’urne appelée à contenir les voix des votants à Genève. Il était un peu après 19h00 quand le responsable du bureau de Genève Abdeljalil Mansouri en compagnie de ses suppléants a ouvert un grand carton contenant les bulletins de vote, un tampon, deux encriers, des stylos... La soirée s’est un peu prolongée pour les nombreuses vérifications. Demain c’est le grand jour. Je vais dormir avec mon beau badge d’observateur histoire de m’habituer à ma nouvelle fonction!

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Dans la Tribune de Genève:
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11:25 Écrit par Haykel dans Politique-Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : élection de la constituante tunisienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook