19/01/2011

Des tunisiens occupent l’ambassade de Tunisie à Berne

topelement.jpgLe vent de la liberté et de la révolte populaire continuent d’animer les tunisiens. Dernier acte ce mercredi pendant toute la journée une trentaine de tunisiens ont investi pacifiquement l’ambassade de Tunisie à Berne pour réclamer des passeports et la levée de toute entrave officielle quant à leur retour sur le sol de la mère patrie. Ces tunisiens sont des réfugiés politiques depuis plusieurs années chassés la plupart pour appartenance à un mouvement islamiste. PLANETE PHOTOS a pu joindre l’ambassade à Berne tard dans la soirée qui se prépare à vivre une nuit blanche. Depuis lundi, les services consulaires n’ont délivré que 5 passeports à ces exilés pressés de rentrer en Tunisie après la chute du régime de Ben Ali. Le traitement se fait au cas par cas et normalement cette situation peut prendre plusieurs jours sauf si une intervention au plus haut niveau tranche dans un sens ou dans un autre dans les meilleurs délais. A cette heure-ci les manifestants tunisiens veillent devant l’ambassade et les employés sont mobilisés pour une nuit blanche. Ce mouvement est soutenu par le Comité de soutien du peuple tunisien (CSPT) dont Anouar Gharbi est le coordinateur. A suivre

Photo: 20minutes.ch

Et demain est un autre jour!

22:50 Écrit par Haykel dans Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie, passeport | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

En direct de Tunis mercredi 19 janvier par Ridha Kéfi

Troisième correspondance en direct de Tunis de Ridha Kéfi (*) (directeur du portail d’informations Kapitalis).

Ben Ali.jpgLe complot déjoué de Ben Ali
Cinquième jour après Ben Ali: la situation est encore confuse et tendue. Le Premier ministre a du mal à faire accepter la composition du gouvernement d’union nationale, qui compte de nombreux éléments issus de l’ancien régime. Des groupes d’activistes, islamistes et autres, continuent de manifester, exigeant la dissolution de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).
Atmosphère lourde et cœur léger
Le pouvoir, incarné aujourd’hui par un président par intérim très contesté et un premier ministre en sursis, va devoir faire de nouvelles concessions à une rue qui n’est pas prête à se laisser voler sa révolution.
Malgré cette atmosphère lourde, les Tunisiens ont le cœur  léger. La vie reprend son couali_siriati.jpgrs, mais difficilement, et avec cet air hagard des lendemains de révolution.
Après avoir goûté à l’ivresse de la liberté retrouvée, il va falloir reconstruire tout ce que la dictature a détruit: des institutions républicaines en lambeaux, une scène politique éclatée, une économie minée par la corruption et la concussion.
Il va falloir surmonter les suspicions, les rancunes et les ressentiments pour rétablir le dialogue et restaurer la confiance entre le peuple et ses dirigeants.
Il va falloir aussi relancer la machine économique, car un pays comme la Tunisie, qui vit des fruits de son labeur et de ses échanges avec l’extérieur, risque de se ressentir durement de l’inactivité à laquelle est condamnée sa population depuis bientôt une semaine.
Le pyromane pompier
Les Tunisiens, réputés pour leur pacifisme et leur esprit consensuel, et qui ont horreur de la violence, découvrent l’ampleur du complot ourdi par l’ex-président avant sa fuite à l’étranger. Avant de signer un décret attribuant les fonctions de président par intérim au Premier ministre et de quitter Tunis, Ben Ali a laissé derrière lui une horde de miliciens armés, chargés de faire régner la terreur dans le pays.
Selon le scénario que Ben Ali a élaboré avec ses proches collaborateurs, notamment le chef de la sécurité présidentielle, le général Ali Sériati, le chaos qui serait ainsi instauré devait accélérer son retour dans l’habit du sauveur.
Ce scénario classique du pyromane pompier a été mis à exécution dès vendredi soir. Des bandes organisées attaquaient les hypermarchés, les banques et les entreprises nationales et étrangères. Des tireurs, à bord de voitures banalisées, tiraient sur les civils dans les principales villes du pays. Des snipers, postés au-dessus des toits, terrorisaient les citoyens. Plusieurs tireurs d’élite étrangers, munis de passeports allemands, suédois et suisses, étaient déployés à Tunis et ses quartiers périphériques. Ils seraient probablement des Israéliens commandités par le clan de Leïla Trabelsi, l’épouse du chef d’Etat déchu. Bref, tout était prévu pour mettre le pays à feu et à sang.
La révolution du peuple et de l’armée
166398_193966043947391_154240634586599_794238_6833223_n.jpgCe scénario diabolique, qui en dit long sur le tempérament sanguinaire de Ben Ali, l’ex-président longtemps choyé et protégé par les puissances occidentales et à leur tête la France de Nicolas Sarkozy… Ce scénario a heureusement été mis en échec grâce à la conjugaison des efforts de l’armée nationale et des forces de l’ordre, fortement soutenues par la population.
L’armée, qui a joué un grand rôle dans la révolution en contraignant Ben Ali à quitter le pays, s’est gardée, dès le premier jour de son déploiement dans le pays, le 12 janvier, de commettre la moindre violence à l’encontre des civils. Des scènes de fraternisation entre soldats et manifestants étaient même immortalisées par les photographes et les cameramen.
Le général Rachid Ammar, le jeune chef d’Etat major, a pris ses responsabilités. En acceptant de déployer l’armée dans les rues, tout en mettant ses conditions – pas de tirs sur les civils –, il a joué gros face à un dictateur aux abois. Sa fermeté a finalement porté ses fruits, puisqu’elle a permis aux manifestants de maintenir la pression 1_1036167_1_34.jpgsur le régime et à l’armée d’apparaître, en cette mémorable journée du 14 janvier, qui a vu le dictateur prendre le chemin de l’exil, comme l’unique et l’ultime recours.
Autre grain de sable qui a fait dérailler la machine du complot: la constitution, à l’initiative de l’armée, des comités de quartiers pour garder les endroits où l’armée ne peut pas assurer cette tâche, comme les cités résidentielles, les zones industrielles, etc.
Ces comités, constitués de citoyens de tous âges et de toutes conditions, ne se sont pas contentés de garder leurs résidences et de préserver ainsi leurs biens de la dégradation et du pillage. Ils ont aussi contribué à l’arrestation de nombreux miliciens armés qu’ils ont livrés à l’armée et aux forces de l’ordre.
Ridha Kéfi de Tunis

24281684.jpg(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres.

Photo 1: L'ex-Président Ben Ali

Photo 2: Ali Sériati

Photo 3: Rachid Ammar

Photo 4: Scène de fraternisation entre un soldat et une citoyenne

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18/01/2011

En direct de Tunis mardi 18 janvier par Ridha Kéfi

En direct de Tunis, deuxième correspondance de Ridha Kéfi (*) (directeur du portail d’informations Kapitalis) qui analyse pour nous la situation au quotidien des tunisiens et tunisiennes qui s’organisent et reprennent peu à peu leur activité.
1261669.jpg
Tunisie. Après la Révolution, la gueule de bois
A Tunis, comme dans la plupart des autres villes tunisiennes, la nuit d’hier était relativement calme. Les comités de quartiers étaient positionnés à l’entrée des cités. L’armée, positionnée aux grands carrefours et dans les grands axes, veillait au grain. Les forces de police menaient des rondes incessantes. Des échanges de tirs ont été néanmoins enregistrés dans certains quartiers de Tunis. Le sentiment de sécurité retrouvée encourage les gens à reprendre peu à peu leurs activités habituelles. Les commerces ouvrent, l’approvisionnement en produits de première nécessité s’améliore. Il ne tardera pas à retrouver son rythme (presque) normal. Les administrations, les banques, les entreprises, les usines… Tout reprend, en attendant la réouverture des écoles et des universités et la reprise des activités culturelles et sportives.
Un gouvernement de transition
Sur le plan politique, la proclamation du nouveau gouvernement, hier soir, a été accueillie par un sentiment mitigé. Car si la majorité des Tunisiens se disent satisfaits, espérant voir ce gouvernement s’atteler rapidement à la normalisation de la situation dans le pays, des voix se sont néanmoins élevées pour critiquer la présence, dans ce gouvernement, de personnalités appartenant à l’ancien parti au pouvoir ou qui ont travaillé avec le dictateur déchu. M.AfifChelbi.jpgLes opposants au nouveau gouvernement ont même manifesté hier dans certaines villes du pays.
Le nouveau gouvernement comprend plusieurs personnalités de l’opposition (tels Ahmed Néjib Chebbi, Mustapha Ben Jaâfar, Ahmed Ibrahim, Ahmed Ounaies, Abdeljelil Bédoui…), des technocrates issus du gouvernement dissous, de nombreux représentants de la société civile et certaines figures politiques issues de l’ancienne majorité, mais qui ont pris leur distance, entre-temps, avec le régime de Ben Ali (Mohamed Jegham, Ahmed Friaâ…).
Cette composition est le résultat d’un savant dosage entre plusieurs exigences. Les technocrates (Mustapha Kamel Ennabli, Mohamed Nouri Jouini, Afif Chelbi…), sont là pour assurer la continuité de l’Etat et la gestion des dossiers urgents, notamment économiques et financiers. Ils auront aussi la lourde tâche de reprendre langue avec les partenaires internationaux du pays pour aider à la relance de l’investissement et des échanges, de manière à créer des emplois et des richesses. Tâche ardue s’il en est dans un contexte de crise mondiale et de difficultés internes.
Un besoin de garanties
La présence assez forte des figures de l’opposition et de la société civile est censée rassurer l’opinion sur les orientations progressistes du nouveau gouvernement d’union nationale, qui aura la lourde tâche de préparer la transition politique, en mettant en place les conditions (légales, organisationnelles et autres) requises pour la tenue d’élections législatives et présidentielles vraiment libres et transparentes, les premières dans l’histoire du pays, dans des délais raisonnables.
mohamedJouini.jpgLe Premier ministre Mohamed Ghannouchi, qui a annoncé la composition du nouveau gouvernement, a annoncé aussi des mesures destinées à conforter la volonté d’ouverture politique et à donner des signaux positifs en direction de toutes les composantes de la société civile. La reconnaissance immédiate des partis et les associations qui ont déposé une demande à cet effet s’inscrit dans cette volonté. Ainsi que la levée des entraves à l’activité des associations et organisations, l’élargissement de la liberté de réunion et la garantie de la liberté d’information.
Ni oubli, ni pardon
Autres mesures annoncées, qui ont eu un écho favorable auprès de la population: la mise en place de la commission supérieure de Réforme politique, présidée par Iyadh Ben Achour, la commission nationale d’établissement des faits sur les affaires de malversation et de corruption la Commission nationale d’établissement des faits sur les abus durant la dernière période.
Ces commissions, présidées par des hommes intègres, connus pour leur probité intellectuelle et leurs compétences (notamment juridiques), tels Iyadh Ben Achour, Abdelfatah Amor et Taoufik Bouderbala, devront aider à faire la lumière sur les abus commis par l’ancienne direction et, éventuellement, traduire leurs auteurs devant la justice.
Il n’est pas question d’oubli, et encore moins de pardon. Il n’est pas question non plus de chasse aux sorcières. Il s’agit, surtout, de délimiter les responsabilités, d’identifier les auteurs de malversations et d’actes de corruption et de népotisme, d’instruire des dossiers solides susceptibles d’alimenter des actes d’accusation et de lancer des poursuites judiciaires contre tous ceux qui ont profité de leur proximité avec l’ancien pouvoir ou de leur position au sein de l’administration publique pour commettre des actes de prévarication.
Ridha Kéfi de Tunis

24281684.jpg(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres.

Photo 1: Le premier ministre Mohamed Gannouchi

Photo 2: Afif Chelbi

Photo 3: Mohamed Jouini

En rapport avec cette note: En direct de Tunis lundi 17 janvier par Ridha Kéfi


Et demain est un autre jour!

11:00 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie, ridha kéfi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/01/2011

En direct de Tunis lundi 17 janvier par Ridha Kéfi

24281684.jpgFace aux évènements qui se déroulent en Tunisie, nous sommes entrain d’assister à la naissance d’une nouvelle démocratie en Afrique du Nord. Les enjeux politiques sont nombreux et ce nouveau modèle de démocratie en devenir en Afrique du Nord semble créer une certaine tension auprès des pays voisins voire auprès de toute la région où gouvernent des Présidents au pouvoir unique et inique. Juste après la chute du dictateur Ben Ali le chaos a commencé à s’installer dans le pays. Des milices armées sèment la panique sans savoir vraiment qui les emploie. Certains y voient une main étrangère. Il est vrai qu’aucun pays arabe ne voit avec un bon oeil l’arrivée de cette nouvelle liberté qui s’est emparée du peuple tunisien. Pour comprendre et accompagner cette révolution, j’ai demandé à mon ami le tunisien Ridha Kéfi(*), écrivain et journaliste émérite, directeur du portail d’information Kapitalis de me livrer un témoignage quotidien pendant une semaine sur le vif en direct de Tunis.

Le printemps tunisien en plein hiver
Carthographie Hachette Tourisme.jpgLa Tunisie offre aujourd’hui l’image d’un pays qui se réveille d’une griserie révolutionnaire et prend conscience de l’ampleur de la tâche qui l’attend pour restaurer la paix civile, reconstruire la scène politique, détruite par 23 ans de dictature atroce, faire redémarrer la machine économique, grippée depuis près d’un mois, et rétablir la confiance des populations dans les institutions de l’Etat, largement discréditées par les dérives de l’ancien pouvoir.
La situation est certes encore moyennement agitée. Les sbires de Ben Ali – parmi les membres de l’ancien service de sécurité présidentielle et de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique progressiste (RCD) – continuent de terroriser les populations civiles.
Hier soir, des échanges de tirs nourris ont été enregistrés dans plusieurs quartiers de Tunis et d’autres villes. Des éléments incontrôlables poursuivent leurs actes de pillage et de dégradation, ciblant des propriétés et des biens de la famille du président déchu, mais aussi des établissements publics et privés.
Les citoyens, qui ont décidé de reprendre aujourd’hui leur travail, sont écœurés par le spectacle désolant des destructions commises ces derniers jours.
Le réveil est brutal, mais des éléments positifs sont enregistrés, qui dénotent une normalisation progressive de la situation.
L’armée, déployée dans tout le pays, est très bien accueillie par la population. Les comités de quartiers veillent à l’ordre public et collaborent étroitement avec les forces de l’ordre dans la traque des éléments réfractaires de l’ancien régime. 
Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi va annoncer ce matin la composition du gouvernement d’union nationale où les principales forces poTunisie 1.jpglitiques et mouvements de la société civile seront représentés.  
Les médias, longtemps muselés, sont repris en main par les journalistes et contribuent aujourd’hui à l’effort national de stabilisation. La télévision nationale sert de courroie de communication entre le peuple et l’armée, informant en temps réel sur la situation dans toutes les régions et contribuant à la traque des mercenaires (dont plusieurs tireurs d’élite européens) à la solde du président déchu.
L’approvisionnement en produits de première nécessité (carburants, produits alimentaires…) est assuré par les commerces de proximité qui commencent à ouvrir, profitant du début d’accalmie. Les banques, les administrations, les entreprises et les divers établissements reprennent ce matin leur activité normale.
Les touristes européens, qui ont quitté précipitamment ces derniers jours les stations balnéaires du pays,Tunisie 3.jpg ne tarderont pas à revenir pour profiter de nouveau de la qualité de l’offre touristique tunisienne: l’hospitalité des gens, les équipements hôteliers haut de gamme, les plages de sable fin, les vestiges historiques et le patrimoine culturel… Car les Tunisiens sont un peuple modéré, civilisé et pacifiste. Il a horreur de la violence et du sang. Il a été acculé à se soulever pour se débarrasser d’une dictature atroce qui l’oppresse et le prive de liberté. Il l’a fait les mains nues, en manifestant pacifiquement dans la rue.
Ce peuple, qui a le sens de la mesure et du compromis, ne tardera pas à rétablir la paix civile et à se remettre au travail. Il reconstruira rapidement ce qui a été détruit et repartira de bon pied, inaugurant une nouvelle ère de liberté, de paix et d’ouverture sur le monde. 
Dans ce processus, les pays occidentaux, y compris la Suisse, auront un rôle important à jouer, notamment en soutenant la démocratie naissante en Tunisie. Ce soutien peut s’exprimer de diverses façons: en aidant la nouvelle direction à reconstruire le champ politique et en appuyant la reprise économique, par la relance des échanges, des investissements et des flux touristiques.
Ridha Kéfi de Tunis

(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres.

Et demain est un autre jour!

10:49 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ridha kéfi, tunis, tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook