07/03/2011

Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme

965145778-ssssss1111.jpgDe retour de Tunis où il était convié avec une poignée de journalistes suisses à un voyage de travail à l’invitation de l’Office du Tourisme tunisien, le journaliste et écrivain Alain Bossu a bien voulu partager avec PLANETE PHOTOS, son carnet de voyage.
Aujourd’hui, il nous fait une synthèse de l’interview qu’a donné Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme à Tunis. Dans le prochain article il nous livrera son témoignage sur la manifestation de Tunis du 26 février qui a fait cinq victimes.

Sauver la saison et travailler le long terme
«Thank you Facebook », la révolution lui doit en effet énormément. A Tunis, les panneaux sont couverts de ces slogans qui ont fait vibrer les manifestants tout au long de ces dernières semaines. Reste que les réseaux sociaux véhiculent tout autant les rumeurs. Celle de la démission, il y a quelques jours, du nouveau ministre du Commerce et du Tourisme Mehdi Houas, en fait partie.
Qui est donc cet homme de 51 ans né à Marseille, génie des mathématiques appliquées et qui a fondé l’entreprise Talan, société de conseil spécialisée dans l’intégration des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) dans les relations clients ?

Un monde de rumeur!
Il n’a pas la langue dans sa poche et répond tranquMehdi Houas-ssssss1111.jpgillement à toutes les questions. «La Tunisie est un monde de rumeurs en ce moment, reconnaît-il, mais nous avançons.» Il sait que sur la Toile, les messages abondent. Des bons : « Bon courage, monsieur le Ministre » ou « C’est pas parce que le mot Dégage a réussi à renvoyer Ben Ali qu’on doit dégager tout le monde. » Souvent du plus désagréable : «Tu as vu son CV, tu crois que ce monsieur a besoin d’un salaire de ministre en Tunisie» ou «La priorité pour eux est de sauver la saison touristique, non pas le pays, quelle honte !»
Voilà, on entre dans le tourisme. Mehdi Houas est clair. «Mon boulot n’est pas de passer mon temps à me justifier. Je ne suis pas là pour préparer une future carrière politique. J’ai le profil de l’homme de la situation. Je structure des projets de remise en route, d’autres prendront ensuite le relais. S’il n’y a pas de tourisme, il n’y a pas d’économie. Alors, il faut se retrousser les manches et travailler. Nous devons faire en sorte que l’économie redémarre au plus tôt.»

Il faut sauver la saison!
Mehdi Houas a déjà rencontré un grand nombre de professionnels du tourisme, tunisiens et étrangers. «Oui, il faut sauver la saison d’été et c’est en hiver que ça se prépare. D’où le lancement de la campagne I love Tunisia. Nous devons dialoguer, rassurer, avancer, travailler sur le long terme en même temps qu’agir sur les leviers immédiats.»
Le ministre comprend les craintes actuelles des touristes. « Nous souhaitons que ceux qui ont l’habitude de venir participent à un acte sentimental plus que citoyens. Mais il ne faut pas se tromper de cible. Ce sont des familles qui veulent un accueil et une tranquillité, pas se trouver au cœur d’un problème. Mais je crois que nous pouvons être confiants. L’axe de développement majeur de notre pays est le tourisme. Il faut bousculer les choses. Nous étions sans doute trop statiques. Les touristes, eux, ne le sont plus.»

25 hôtels pour le clan Ben Ali-Trabelsi!
Au fait, que dire des hôtels du giron Familles Ben Ali et Trabelsi ? «La famille Ben Ali avait des liens partout, même dans le marché de la fripe. Si, aujourd’hui, on ne veut pas toucher à ce qu’a touché Ben Ali, on fait une croix sur la Tunisie. Dans le malheur, nous avons un peu de chance. Ils étaient plus actionnaires que gestionnaires. Ils comptaient seulement les dividendes, ça simplifie la tâche. Nous coupons donc le cordon capitalistique. Ils sont présents directement dans 25 hôtels. Mais nous avons la responsabilité de conserver l’emploi. Nous avons donc débranché l’actionnaire pour nommer un administrateur judiciaire. Mais l’hôtellerie doit fonctionner.»
Propos recueillis par Alain Bossu

17:25 Écrit par Haykel dans Tunisie, Voyages | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : mehdi haouas, alain bossu, tunisie, tourisme tunisien | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/03/2011

Où va la Tunisie?

photo-3.jpgLes nouvelles sont inquiétantes. Depuis la chute du dictateur Ben Ali il ne se passe pas un jour sans une manifestation, sans des contestations de tout bord. La télévision d’état, reflet du quotidien tunisien est devenue le porte parole de la population. Depuis la révolution du jasmin les programmes sont bouleversés. Au menu: débats politiques interminables et de temps en temps quelques documentaires animaliers pour se distraire. Plus tard des films tunisiens sont venus suppliés les journalistes débordés par l’actualité citoyenne. Chacun plaide pour lui-même, pour ses affaires... La musique est interdite sauf les chansons patriotiques, nouvelle version. La publicité aussi, mais là qui s’en plaindra? Le sport est banni. Seules les échéances internationales sont respectées, mais pas d’images. Et si un match amical local ait lieu c’est à huis clos. La foule fait peur! Et on respecte le deuil des martyrs de la révolution! Jusqu’à quand?

L'anarchie?
Ce n’est pas l’anarchie mais ça y ressemble. La rue a certes pris le pouvoir mais elle ne mesure pas l’étendue de l’effet néfaste qui en découle si on ne respecte pas les règles les plus élémentaires du savoir vivre ensemble. La démocratie a ses limites, ses règles et ses exigences. Mais en l’absence d’une quelconque expérience dans le domaine et de repères démocratiques c’est difficile d’aller de l’avant. photo-1.jpgLes revendications sont nombreuses, les attentes aussi. Ben Ali a malheureusement fait le vide autour de lui. L’opposition a toujours existé mais sans grand effet. Plutôt connue à l’étranger qu’à l’intérieur du pays elle ne bénéficie que d’un semblant de légitimité venu d’ailleurs. Banalisé, stigmatisé, traqué, harcelé, peu connu auprès du grand nombre le militantisme made in Tunisia qui a pourtant tout donné à son corps défendant pour montrer le vrai visage du pays pendant la dictature n’a hélas que très peu de poids auprès de l’opinion publique. Un exemple parmi tant d’autres: le très médiatique exilé en France, Moncef Marzouki a été à son retour conspué et chassé de Kasserine le lieu du départ de la révolution et de la Kasbah,  fief du gouvernement. Revenu au pays après un long exil Moncef Marzouki et il n’est pas le seul il faut le noter passe inaperçu. En Tunisie, il n y ‘a point de sondage politique. Et Marzouki ainsi que Ghanouchi, l’islamiste tant craint passent les deux comme des parias. Absence de légitimité,  manque de visibilité et l’adage nul n’est prophète en son pays trouve tout son sens dans ces deux cas. Ni l’un ni l’autre n’a une légitimité populaire et les deux ne fédèrent aucun vrai consensus autour de leur personnalité auprès des tunisiens de l’intérieur.

photo-4.jpgTout, tout de suite!

Bon nombre de tunisiens veulent faire des raccourcis. Quelques jours seulement après le départ forcé de Ben Ali et sa clique ils veulent comptabiliser cash et engranger les bénéfices de la révolution. Tout, tout de suite et à n’importe quel prix. Les tensions sociales qui se manifestent par des grèves sans fin et par des manifestations des fois violentes desservent le peuple et gangrènent l’économie du pays. Des exactions sont commises nous dit-on par des milices pro Ben Ali et le fort syndicat UGTT qui a collaboré jadis avec l’ancien gouvernement continue à manipuler les foules. Le pouvoir au peuple pourquoi pas mais pas de cette façon. Des élections sont programmées pour le mois de juillet pourrait-on patienter jusque là?

"Ras-le-bol"

Tous les ministres qui ont travaillé avec Ben Ali ont été remerciés, limogés, démissionnés, congédiés. Le dernier à partir est le Premier Sans titre2.jpgministre Mohamed Ghannouchi qui a démissionné dimanche suivi par Elyes Jouini ministre chargé des Réformes et de la coordination, de Afif Chelbi ministre de L’industrie et de la Technologie et de Faouzia Charfi secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur. Le successeur de Ghannouchi, Béji Caïed Essebsi ex ministre sous Bourguiba n’a pas encore eu le temps de chauffer son siège que déjà des voix s’élèvent pour le faire remplacer. Heureusement ils ne sont pas nombreux à vouloir son départ du moins pour le moment. La fronde s’organise maintenant autour de ceux qui ont “ras-le-bol” de la “dictature de la rue” et de la main mise du Président de la puissante UGTT, Abdessalam Jrad pour contester à tout va la légitimité de tel ou tel autre membre du gouvernement. Le salut de la Tunisie viendra certainement de ce mouvement qui commence petit à petit à prendre forme.

Photos 1, 2 et 3 prises la semaine dernière à Tunis par Nabil

Photo 4: Mohamed Ghannouchi donne sa démission en direct à la télévision.

Et demain est un autre jour!

00:30 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/02/2011

La Tunisie championne d’Afrique des Nations

Sans titre-2.jpgAprès la révolution du jasmin, la révolution footbalistique!

Sur le vif 21h45. Un exploit oui un exploit. Sans compétition depuis la fin du mois de décembre cause: “Révolution du Jasmin”, les “Aigles de Carthage” ont remporté haut la main la deuxième édition du Championnat d’Afrique des nations des joueurs locaux de foot-ball ce soir au Soudan sous une température de 34 degrés. Avec un staff 100% tunisien, la Tunisie qui n’a joué qu’un seul match amical avant le début de cette compétition a évolué  avec les tripes pour offrir ce trophée à la Révolution et le dédier aux martyres. Sans titre.jpgPartie perdante sur le papier pour absence de préparation et surtout pour les évènements qui sont survenus en Tunisie l’équipe surnommée les “Aigles de Carthage” s’est surpassée sur le terrain et a donné une formidable leçon de courage à la planète foot. Un parcours exceptionnel avec un seul match nul 1 à 1 contre l’Angola qu’elle a retrouvé en finale pour la battre par un cinglant 3 à 0, la Tunisie a gagné tous ses matchs avec panache. Bravo la Tunisie! Le bronze revient au Soudan qui a battu l’Algérie 1 à 0. Ce triomphe doit rester modeste hélas car nos amis libyens souffrent actuellement de la folie des Kadhafi. J’ose espérer que la chute du dictateur Roi des Rois précédera l’arrivée des Aigles de Carthage sur le sol tunisien...pour une fête amplement méritée!

Photo 1: copie d'écran à partir du match à la TV

Photo 2: site internet de la CAF

Et demain est un autre jour!

21:49 Écrit par Haykel dans Sports, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tunisie, sport | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/02/2011

L’ambassadeur dérape et la rue réagit, sacrés tunisiens!

Sans titre 2.jpgLe nouvel ambassadeur de la France à Tunis, Boris Boillon dérape à son arrivée au pays de la révolution du jasmin. Parlant un arabe approximatif, un mélange de plusieurs dialectes avec des mots empruntés à la langue arabe classique, l’ambassadeur qui débarque de l’Irak s’emmêle les pinceaux avec la langue tunisienne et comprend mal la question d’une journaliste locale. Brutalement, il met fin à l’interview télévisée et écarte avec un mouvement de dépit le micro. Son geste n’est pas passé inaperçu. Facebook a relié l’information avec la séquence incriminée et la colère des tunisiens a trouvé une nouvelle cible. Plusieurs mouvements se sont créés sur le réseau social pour protester contre un ambassadeur qui leur paraît arrogant et peu respectueux des usages et de l’hospitalité légendaire des tunisiens. Les clichés sur le colonialisme ont refait surface et la rue a de nouveau réagi. Hier environ 500 personnes ont scandé devant l’ambassade de France à Tunis des slogans hostiles au nouvel ambassadeur tels que “La Tunisie tu la respectes ou tu dégages”, “Boris dégage”, “Casse toi pauvre Boillon”...
Voici la transcription de l’entretien qui a provoqué l’ire des tunisiens. Sans titre-5.jpg
La journaliste: en arabe :”L’avenir des relations politiques entre la Tunisie et la France comment va-t-il se développer surtout après la réaction française inattendue depuis le début de la révolution tunisienne que ce soit de la part du Président Sarkosy ou de la Ministre des affaires étrangères Michèle Alliot Marie?”
L’ambassadeur: en arabe”La France veut ouvrir une nouvelle page avec la nouvelle Tunisie dans le cadre d’une nouvelle ère. La France est confiante quant à l’avenir de la Tunisie. La France est avec la Tunisie et à côté du peuple tunisien.
La journaliste: en arabe “Pour corriger ses erreurs envers sa position sur la Tunisie, le président Sarkosy dont vous êtes très proche vous a nommé ici”
L’ambassadeur: rire, merci
La journaliste: en arabe “L’ancien ambassadeur Pierre Ménat à Tunis a été critiqué de ne pas avoir su analyser l’ampleur de la révolte tunisienne, des inquiétudes vous concernent au sujet de votre relation privilégiée avec Sarkosy, votre jeune âge et la nature de votre mission qui consiste à renouveler la confiance entre les peuples tunisiens et français quelle est votre réponse pour ces inquiétudes?”
L’ambassadeur: en arabe “Pourquoi des inquiétudes, je ne comprends pas. Ce sont des extrapolations à mon encontre et je ne mérite pas ça. Laissez-moi commencer mon travail”
La journaliste: en arabe “Ce sont des inquiétudes et non un jugement à l’avance”
L’ambassadeur: en arabe Sans titre 3.jpg“Pourquoi inquiétudes, je ne comprends pas inquiétudes, ce ne sont pas des insultes contre moi, comment vous pouvez me dire ça. Je suis un nouveau ambassadeur. Je viens d’arriver. Je ne veux pas une telle question. Respectez-moi un peu. Geste pour éloigner le micro. Respectez moi, c’est quoi inquiétude!!! Inquiétude quoi? C’est fini.
La journaliste: en français “Vous ne pouvez pas comprendre ce genre d’inquiétude?”
L’ambassadeur: en français “C’est fini. Merci au revoir”. Et il se lève. Pourquoi vous me parlez de ça c’est lamentable, c’est nul!
La journaliste: en français “Même pas par rapport à ce contexte.”
L’ambassadeur: en français: “Pourquoi vous me parlez de ça, c’est lamentable, c’est nul”
Un repas au goût amer!
Un peu avant cette interview, Boris Boillon a convié jeudi les journalistes à un repas dans sa résidence à la Marsa (Banlieue de Tunis). Morceaux choisis de son langage à table en plein repas qui a sidéré les journalistes tunisiens: en français “N’essayez pas de me coincer avec des trucs à la con...
N’essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles franchement, franchement, vous croyez que j’ai ce niveau-là? Vous croyez que je suis dans la petite phrase débile moi je suis là pour exposer une philosophie, Sans titre 8.jpgje ne suis pas là pour me mettre dans des situations il a dit ça...”
Mea culpa
Hier soir à la télévision tunisienne le même ambassadeur est venu s’excuser platement, présenter son  mea culpa, tout en reconnaissant ses erreurs. Est-ce suffisant pour faire oublier sa lamentable première sortie? Les tunisiens qui ont récemment appris à descendre promptement à la rue pour défendre toute attaque qui touche à leur dignité sont vigilants et ne pardonneront pas un éventuel écart de ce diplomate au langage nullement diplomatique! Même pas une semaine en Tunisie et déjà une polémique avec les journalistes, une manifestation contre lui et des excuses à la télévision. Son mandat fera date dans les milieux diplomatiques!

Pour voir la vidéo en entier, ici

 

Et demain est un autre jour!

20:41 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : boris boillon | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/02/2011

Les suisses de retour en Tunisie

1902963240.jpgAprès l’Allemagne et la France c’est autour de la Suisse de lever partiellement les restrictions de voyages vers la Tunisie. Le Département fédéral des affaires étrangères emboite le pas à son homologue français en émettant les mêmes recommandations. Tunis et les stations balnéaires situées sur la côte peuvent de nouveau accueillir les touristes suisses à condition d’observer les précautions d’usage et qui consistent à éviter les manifestations et les rassemblements de foule et de respecter le couvre feu. Cette nouvelle a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme de la part des voyagistes suisses qui ont perdu beaucoup d’argent depuis la fin du mois de décembre à cause de l’interdiction de voyager en Tunisie mesure prise par le DFAE depuis le début de la “Révolte du jasmin”.
Nous avons contacté M. Abdennaceur Jerbi directeur de l’Office du tourisme tunisien à Zurich  pour avoir sa réaction à chaud. Ce dernier dubitatif nous a annoncés les prochaines actions qu’il compte entreprendre pour ramener les touristes à reprendre le chemin de la Tunisie. 1787045548.jpgTout d’abord, un voyage de presse sera organisé du 26 février au 2 mars pendant lequel les médias à grand tirage et à large diffusion seront invités à visiter Tunis, Gammarth, Sousse et Hammamet. Pendant le mois de mars un méga tour avec une centaine d’agents de voyages sera mis sur pieds pour visiter une ou plusieurs régions en Tunisie, la date n’est pas encore fixée et le programme est encours d’élaboration. Des workshop seront également agendés en Suisse pour aider les grands tours opérateurs spécialisés sur la Tunisie à reconquérir un marché qui a souffert ces deux derniers mois d’un déficit d’image et de la désertion d’une partie de la clientèle qui était détournée sur d’autres destinations. Monsieur Jerbi se réjouit de recevoir prochainement son budget annuel consacré à la publicité dont il compte en faire un bon usage. Il a déjà plusieurs idées mais préfère garder le secret pour le moment en attendant d’accomplir d’abord les missions citées plus haut.

 

Et demain est un autre jour!

08:41 Écrit par Haykel dans Suisse, tourisme, Tunisie, Voyages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie, suisse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/02/2011

I love tunisia

ilovetunisia1402.jpgTel est l’un des slogans et le nouveau logo dévoilé aujourd’hui par le ministre tunisien du tourisme, Mahdi Houas pour attirer les touristes. Une vaste campagne de communication lancée en ce jour béni qu’est “la Saint-Vallentin” pour relancer la destination Tunisie avec un ton décalé. Un mois jour pour jour après la chute de la dictature les autorités tunisiennes misent sur les réseaux sociaux pour faire revenir les touristes au pays du jasmin. Facebook a énormément contribué à la révolte tunisienne pour faire passer les messages et communiquer en toute liberté. C’est un nouveau pari que vient de prendre le ministre tunisien et les responsables du tourisme. Misé sur Twitter et Facebook c’est bien mais est-ce suffisant pour donner l’envie aux touristes de visiter la Tunisie? Après la “Révolte du jasmin” place au nouveau concept marketing qui va certainement faire école.
A rappeler que les français ont repris depuis samedi 12 février les voyages à destination de la Tunisie principalement pour les villes touristiques telles que Djerba, Hammamet, Sousse ou encore Monastir. Quant aux autorités Suisses, ils continuent d’interdire cette destination en distillant leur recommendation au jour le jour.
PS: le secteur du tourisme en Tunisie représente à lui seul 6,5 % du produit intérieur brut et fait travailler directement environ 350.000 personnes.

Nouvelle mise à jour le 15.02.2011: Levée partielle de l'interdiction de voyager en tunisie par le DFEA. A lire: "Tunis et la côte peuvent à nouveau  être visités annonce la DFAE"

Et demain est un autre jour!

19:27 Écrit par Haykel dans Genève, Tunisie, Voyages | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ilove tunisia | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/02/2011

A quoi sert la Fédération Suisse des Agences de Voyages?

829671530.7.jpgLe 14 janvier le régime de Ben Ali s’est effondré grâce au courage du peuple tunisien. Le 15 janvier, le Département fédéral des affaires étrangères émet dans sa section “Conseils aux voyageurs” un avis défavorable sur la destination Tunisie où il déconseille tout voyage pour des raisons de sécurité. Depuis cette date rien de nouveau, les mêmes recommandations sont reconduites tous les jours par le DFEA qui ne constate aucune amélioration malgré une évolution certaine sur le terrain.

Information de première main sur la Tunisie et l'Egypte
Hier, les voyagistes affilés à la Fédération Suisse des Agences de Voyages (FSAV)  (850 membres actifs et 120 passifs) ont reçu de sa part un mail d’information de première main concernant la Tunisie et l’Egypte où son directeur explique qu’il a réévalué la situation avec la plupart des voyagistes et reconduit à son tour les mêmes recommandations que la DFEA. Jusque là tout va bien. A part que faire l’amalgame entre deux pays, l’un sur le chemin de la stabilité et l’autre en pleine révolte n’est pas passé inaperçu est c’est un grand tour opérateur romand, Le Must Air Marin spécialiste entre autre de la Tunisie et de l’Egypte qui vient tirer la sonnette d’alarme. Lettre ouverte à la Fédération Suisse des Agences de Voyages, concertations avec les autres voyagistes romands dont ces 2 destinations constituent le principal marché et interpellation des médias. Mise à part ce malencontreux amalgame, on reproche à la FSAV dont le siège est à Zurich de s’éloigner de sa base en ne prenant en considération que l’avis des deux Sans titre.jpgpremiers tours opérateurs du pays basés en suisse allemande.

Lettre ouverte

Dans sa lettre ouverte à la FSAV, le directeur du Must Air Marin écrit:”vous vous permettez de faire référence à la plupart des voyagistes. Or, après vérification, aucun des voyagistes romands réalisant tout de même plus de 50% du trafic touristique sur ces destinations n’a été contacté, que ce soit ces derniers jours et même depuis le début de ces crises.”

La FSAV loin de faire l'unanimité
Il y a comme un décalage entre les agences de voyages, les tours opérateurs et leur fédération qui est censée défendre la profession. En parlant avec de nombreuses personnes de la branche j’ai constaté que la FSAV ne fait pas l’unanimité. Certains trouvent qu’elle est inutile puisqu’elle n’a même pas pu négocier la disparition des commissions versées par les compagnies aériennes, la même chose concernant l’encaissement sans rétribution par les voyagistes des taxes d’aéroport. Et la liste des griefs est loin d’être close. La FSAV est dans sa tour d’ivoire, isolée à Zurich aux ordres des voyagistes de la région alémanique est déconnectée de la romandie et du tessin m’explique un directeur d’agence de voyages qui ne voit aucune utilité à payer et à être membre d’une Fédération bonne à organiser des concours imposés à ses membres ou à réaliser des statistiques qui ne servent à rien. Une autre personne m’a confié qu’à part, les voyages organisés dans des pays exotiques à moindre frais de temps en temps à l’occasion de l’assemblé1888706398.jpge générale, le logo de la FSAV fait bonne figure sur les cartes de visites qu’elle distribue à sa clientèle et c’est tout le bénéfice qu’elle lui trouve. Un autre exemple, le monde du voyage passe par des périodes difficiles et ponctuelles et des fois durables à cause des facteurs qui n’ont rien avoir avec le professionnalisme et la gestion des affaires. Aucune structure d’aide pour les voyagistes en difficultés. Certains voyagistes spécialisés sur la Tunisie ou sur l’Egypte ont un grand besoin d’aide à cause du manque à gagner qu’ils subissent actuellement. Et une fédération qui se place à leur côté leur apportant soutien, accompagnement et ébauche de solutions est d’un grand réconfort! A quand une révolution chez la FSAV?

Et demain est un autre jour!

23:25 Écrit par Haykel dans Suisse, tourisme, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : voyage, fsav, tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/01/2011

Mohamed Bouazizi, le déclencheur de la révolte du jasmin aura son film

800px-Mohamed_Bouazizi_candle.jpgLa radio privée tunisienne Mosaïque fm vient de décrocher un scoop. Le célèbre producteur tunisien Tarek Ben Ammar qui a produit une soixantaine de films dont quelques chefs-d’œuvre a annoncé aujourd'hui sur les ondes de cette radio locale très suivie à Tunis qu’il réalisera un film sur Mohamed Bouazizi. Le symbole de la révolte tunisienne, celui qui par son immolation a déclenché la révolution du jasmin fera l’objet d’un film avec lequel le producteur de la “Traviata” ou encore des “Pirates” compte participer au prochain Festival de Cannes. Il s’est engagé à verser tous les bénéfices qu’il récolterait à la famille de Bouazizi et à la région de Sidi Bouzid. Sans titre.jpgPour immortaliser son nom et donner un sens à son geste, Bouazizi aura un premier hommage...cinématographique en attendant d’autres reconnaissances du peuple et du gouvernement tunisien! Depuis le début de la révolte tunisienne une page facebook dédiée à Bouazizi (9674 fans) réclame le changement de toutes les Places 7 novembre (pratiquement dans chaque ville il y en a une)  en les baptisant par le nom du “martyre de la liberté”. A signaler que Wikipédia consacre déjà une page à ce vendeur ambulant qui sans le savoir a fait germer l’esprit de révolte chez les tunisiens qui ont chassé la dictature.

Photo 1 (Yasmine-G1): Sit-in sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis en hommage à Mohamed Bouazizi

Photo 2: Tarek Ben Ammar

Et demain est un autre jour!

18:51 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : mohamed bouazizi, tarek ben ammar, révolte du jasmin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Gel des avoirs tunisiens, nouvelle adaptation de la DFAE

mehdi-trabelsi-dans-sa-bout.jpgDu nouveau dans la liste controversée des avoirs en Suisse de certaines personnes originaires de la Tunisie et qui ont un lien avec l’ancien régime.


Le Département fédéral des affaires étrangères (Dfea) vient d’apporter vendredi 28 janvier une adaptation à sa première liste publiée le 19 janvier.

Les Trabelsi au complet
Mehdi Trabelsi, patron d’Omega Distribution, représentant de Lacoste en Tunisie, grossièrement signalé comme fils de Belhassen Trabelsi, alors que les deux hommes n’ont aucun lien de parenté et ont presque le même âge, ne figure plus sur la liste incriminée. L’erreur, qui aurait pu avoir des conséquences graves, a donc été réparée.   
Six autres personnes de la famille Trabelsi viennent de faire leur entrée. Il s’agit de Moncef Ben Mohamed Trabelsi, Mohamed Ennacer Ben Mohamed Trabelsi, Mohamed El Adel Ben Mohamed Trabelsi, Moez Ben Moncef Trabelsi, Houssem Ben Mohamed Ennacer Trabelsi et Jalila Bent Mohamed Trabelsi.
La dernière modification concerne la famille Ben Yedder dont on a reformulé leur présence dans la liste. Un exercice de style dont on ne saisit pas la pertinence. Dans la liste du 19 janvier, le Dfea a commencé par le groupe Amen et après il a donné les noms. Dans celle du 28 janvier, il a tout simplement fait le contraire.
Les membres de la famille cités sont Brahim Ben Yedder, fondateur du groupe Amen au début du siècle, Béchir Ben Yedder, fils de Brahim, et Rachid Ben Yedder, fils de Brahim qui ont développé ce groupe.
Le groupe Amen est constitué de plusieurs pôles: Finance (Amen Bank, Amen Invest), Assurances (Comar et Hayett), santé (Clinique El Amen, Clinique la Marsa), agroalimentaire (café, huilerie, négoce), hôtellerie (hôtel Magestic, hôtel Dar Saïd et le restaurant Dar Zarrouk à Sidi Bou Said, hôtel Palace au centre ville), Biens d’équipement (Parenin concessionnaire de Caterpillar, Atlas Copco et John Deere).

Il n’y a pas le feu au lac
Dans un communiqué lacunaire et toujours au sujet de cette liste, le Département fédéral des Affaires étrangères indique qu’il ne communiquera pas d’informations supplémentaires sur les raisons de ces modifications.
Bonjour la transparence! Et pour les autres personnes innocentes signalées dans cette liste, et qui ont saisi les autorités suisses par divers moyens leur demandant de revoir leur copie... ça peut attendre... comme on dit ici, il n’y a pas le feu au lac!

Photo Mehdi Trabelsi (Kapitalis) la seule personnalité tunisienne à avoir quitté la liste de la DFEA

Article paru dans Kapitalis

Et demain est un autre jour!

10:25 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gel des avoirs tunisiens | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/01/2011

Tunisie. Des noms livrés en pâture!

1324851665.2.jpgL’ordonnance émise le 19 janvier par le Conseil fédéral suisse au sujet du gel des avoirs de certaines personnes originaires de la Tunisie continue de faire des vagues. Des personnalités tunisiennes figurent injustement sur cette liste truffée d’erreurs.
Cinq jours après la chute de Ben Ali, la Confédération a publié dans la précipitation une liste de noms sans avoir au préalable vérifié leur exactitude. Résultats: plusieurs hommes d’affaires, qui n’ont rien avoir le clan de Ben Ali-Trabelsi, sont livrés à l’invective populaire.

Règlements de comptes et manipulations

La télévision tunisienne a montré, avant-hier, au télé-journal du soir, l’histoire d’une personnalité connue dans le monde des affaires qui a été injustement incriminée la veille pour un détournement de terrain, alors qu’elle est complètement innocente. 
Il y a des gens qui profitent actuellement de la situation pour régler des comptes avec la société! Cette personnalité connue  des Tunisiens ne figure pas dans la liste incriminée. Mais d’autres se démènent depuis le 19 janvier pour prouver leur innocence à coup de communiqués, de lettres au Conseil fédéral et à l’ambassade de Suisse en Tunisie. Ça devient tellement pathétique que ces personnes passent leur journée à se justifier au lieu d’apporter leur soutien à une économie qui a besoin en ce moment de toutes les forces vives du pays.
Je prends un exemple et un nom. 1263230600.jpgMohamed Ben Jemâa, héritier et directeur de la Société Ben Jemâa Motors, concessionnaire de BMW. Une société prospère depuis 1967. Je lui ai posé quelques questions sur sa présence dans la liste du Conseil fédéral. Et voici sa réponse. «Je ne possède aucun avoir en Suisse, ni de biens immobiliers. Mon dernier déplacement en Suisse remonte à mars 2000 où j’ai passé quelques heures à Genève en transit avant de poursuivre mon voyage». Il ajoute: «J’ai été victime à plusieurs occasions du système du clan Ben Ali-Trabelsi (racket, usurpation et menaces) et je ne comprends pas la légèreté dont a fait preuve le Conseil fédéral en publiant une liste qui comporte des inexactitudes».

Vérification «difficile et complexe»

Pour connaître la position officielle suisse sur cette question, nous avons contacté les services du Département fédéral des Affaires étrangères (Dfae) afin d’avoir des précisions sur la publication d’une nouvelle liste probablement corrigée et mise à jour. Voici la réponse du porte-parole du Dfae, Pierre-Alain Eltschinger: «La liste n’a pas été adaptée jusqu’à présent. Certaines personnes mentionnées ont contacté le Dfae et ont fait valoir des imprécisions prétendues ainsi que des raisons qui militeraient, à leurs yeux, pour une suppression de leur nom de la liste. Le Dfae vérifie ces indications soigneusement et sur la base des informations disponibles en ce moment. Comme la situation en Tunisie n’est pas encore tout à fait normalisée, cette vérification peut s’avérer difficile et complexe. S’il devait être effectivement établi, qu’un nom apparaît à tort sur la liste, le Dfae prendra bien-sûr les mesures qui s’imposent».
Sur quel critère la Confédération suisse s’est basée pour établir sa liste? Comment a-t-elle enquêté et auprès de qui elle a puisé ses informations? Réponse de M. Eltschinger: «La liste contenue dans l’annexe de l’ordonnance du Conseil fédéral a été établie sur la base des informations disponibles sur les personnes ayant des contacts directs ou indirects avec l’ancien régime tunisien».
Réponse évasive s’il en est et qui ne dénote pas d’une réelle conscience des difficultés dans lesquelles les responsables suisses ont mis des hommes d’affaires et des groupes tunisiens, avec une légèreté qui frise l’inconscience. Berne peut botter en touche et en appeler à la confusion de la situation tunisienne pour justifier ses ratés, les personnes injustement éclaboussées par la publication de la fameuse «liste suisse» ne l’entendent pas de cette oreille.

Et demain est un autre jour!

18:45 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mohamed ben jemâa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

24/01/2011

Fier de ma Tunisie!

Sans titre-2.jpgIncroyable, il y a quelques jours seulement la Tunisie n'évoquait pour beaucoup que les plages de sables fins. Et en ces jours de basse saison où les touristes se font rares, la Tunisie n'a jamais été aussi présente sans effort marketing. Présente partout, dans les esprits, dans les espoirs de beaucoup de peuples opprimés, dans l'inquiétude du monde occidentale qui voit une révolte à ses portes... Présente aussi dans les médias et même les blogs de cette plateforme transformée à cette occasion en support spécialisé es-Tunisie. Tous se lèvent pour cette démocratie naissante et découvrent au passage une dictature “invisible” et bien accommodante quand on emprunte l'avion pour aller bronzer à moindre frais à moins de 2 heures de la Suisse.
Une révolte disaient les uns, pour d'autres c'est un ras-le bol collectif, un soulèvement au lendemain incertain prédisait la plupart. Le terme révolution tunisienne est très peu utilisé du moins au début, on ne va pas faire de l'ombre à Ché Guevara ou à la patrie des droits de l'homme. Plus tard, quand la dictature a abdiqué, la Tunisie a enfin eu sa revanche. Maintenant c'est la révolte du Jasmin! Oui il fajUJ.jpgut toujours une étiquette, c'est plus simple à retenir quand ça vient de l'extérieur. Les tunisiens peuvent s'estimer heureux. La révolte, leur révolte malgré les martyrs est parfumée et porte le Jasmin comme symbole. Ils auraient au moins échappé à d'autres stéréotypes moins glorieux du genre la révolte du couscous, du dromadaire ou de l'harissa.
La couverture médiatique des premiers jours est tout simplement catastrophique. Je prends comme exemple et pas par hasard le téléjournal de TF1 du 12 janvier, l'une des premières chaines francophones à avoir eu la permission de filmer en Tunisie. Ce soir-là, l'envoyé spécial de la chaîne Olivier Santicchi, privé de reportage à l'extérieur a transmis à son siège des vidéos tournées par des amateurs tunisiens et postées auparavant sur Facebook. Après avoir rendu l'antenne, la séduisante Laurence Ferrari a présenté ses "félicitations à toute l'équipe en déplacement pour la qualité de la couverture des évènements en Tunisie". Merci Facebook.  Heureusement que PPDA est parti sinon il aurait récupéré ces images amateurs pour les mettre à son actif!
167628_493048348954_636258954_5855165_102653_n.jpgOUI  Le Tunisien est fier de ce qu'il vient de réaliser et personne ne pourra lui reprendre cette liberté pour laquelle il a si longtemps combattu en silence. Dernièrement, un des opposants les plus en vus vivant en France, Moncef Marzouki, de retour au pays a voulu commencer à mon avis prématurément sa compagne électorale à Kasserine, il en a été empêché par les habitants de cette ville  héroïque. La récupération ne passera pas par Kasserine.
Autre décor, j'ai remarqué avec plaisir ces derniers jours en Tunisie l'émergence d'une nouvelle liberté d'expression concrétisée par des caricatures à la "Canard Enchainé" et des vidéos à la "Karl Zéro"...la nouvelle liberté d'expression à la tunisienne est rafraîchissante! La télévision nationale découvre le débat citoyen et l'objectivité a pris le dessus sur la langue de bois. Depuis la fin du mois de décembre et à ce jour, les manifestations ne se sont pas arrêtées. Ce vent de liberté fait du bien aux tunisiens...Ils le valent bien!

166858_144841542237243_100001341957314_209775_6377818_n.jpg
167538_193860983962301_152866604728406_756289_1036155_n.jpg
167385_1857793328856_1361560615_2153167_3796662_n.jpg
164848_493724688954_636258954_5866149_2507186_n.jpg

167101_494302828954_636258954_5875711_6711676_n.jpg
168549_493181403954_636258954_5857432_4895074_n.jpg
164054_1840443452081_1270384199_2191514_6339817_n.jpg
Illustrations: internet

Et demain est un autre jour!

13:18 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tunisie, politique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/01/2011

La Tunisie au Salon des vacances, voyages et loisirs

1.JPGLe Salon des vacances, voyages et loisirs vient de fermer ses portes ce dimanche 23 janvier après avoir drainé la foule durant tout le week-end à Palexpo (Genève). “Lucerne et le Lac des Quatres-cantons” sont l’hôte d’honneur de ce salon dédié aux vacances. Le Pérou aussi a eu son heure de gloire avec une exposition impressionnante. Mais c’est surtout la Tunisie qui a attiré tous les regards. Ce pays qui vient de vivre sa révolution avec la chute de sa dictature qui gouvernait sans partage pendant plus de 23 ans connaît actuellement des soubresauts sans fin. Ce qui a conduit le Département fédéral des affaires étrangères à déconseiller momentanément les voyages en Tunisie. DSC02904-ssssss.jpgDans son bulletin consacré à la Tunisie et actualisé le 15 janvier, le DFEA donne son analyse  et nous indique que ses conseils sont valables jusqu’au 23 janvier. Nous sommes le 23 janvier et aucun changement sur le site de la DFAE. Une interrogation qui se traduit par une certaine méfiance de la part des voyageurs potentiels pour cette région du Maghreb.
L’office du tourisme tunisien, la compagnie Tunisair ainsi que les tours opérateurs spécialisés ont reçu dans leur stands plusieurs demandes d’informations émanants de personnes intéressées par cDSC02902-ssssss.jpgette destination. L’un des ses spécialistes propose même une réduction de 15% sur le prix brochure. Mais rien d’exceptionnel. Dans les foires, les tours opérateurs ont l’habitude de baisser en moyenne leur prix de 10%. Malgré la morosité du marché des vacances en cette période de l’année et l’incertitude qu’engendre les manifestations quotidiennes sur la sécurité, les responsables et les organisateurs tunisiens sont confiants quant à la reprise de cette destination très prisée par les voyageurs suisses.
Merci à la lectrice qui m’a envoyé ces photos.

Lundi 24 nouvelle mise à jour de la part du DFEA: maintien des recommandations valables pour ce jour.

DSC02899-ssssss.jpg
DSC02907-ssssss.jpg
DSC02906-ssssss.jpg
DSC02909-ssssss.jpg
DSC02912-ssssss.jpg
163440_10150396951835604_766790603_17425667_2721548_n.jpg
Et demain est un autre jour!

18:56 Écrit par Haykel dans tourisme, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : salon des vacances, voyages et loisirs, tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/01/2011

La photo du jour!

Pour soutenir la révolution tunisienne une vingtaine de personnes se sont données rendez-vous à la Place du Molard entre 17h00 et 18h00

IMGP3298.JPG
Et demain est un autre jour!

23:38 Écrit par Haykel dans Photos, Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie, politique, révolutions | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/01/2011

Gel des avoirs tunisiens: la liste de la Confédération truffée d’erreurs

Sans titre.jpgLa Confédération Suisse vient de publier le 19 janvier une “ordonnance instituant des mesures à l’encontre de certaines personnes originaires de la Tunisie”. Une liste impressionnante qui  comporte bon nombre d’erreurs et d’omissions. Selon le portail d’informations Kapitalis qui s’est adressé directement à l’ambassade Suisse à Tunis une correction sera faite pour supprimer des noms injustement épinglés par l’ordonnance du 19 janvier. Un amalgame qui porte préjudice à des hommes d’affaires qui n’ont rien avoir avec le clan Ben Ali-Trabelsi.
Des questions s’imposent: sur quel critère la Confédération Suisse s’est basée pour établir sa liste? Comment elle a enquêté et auprès de qui elle a puisé ses informations? La Suisse pourtant réputée pour ses statistiques ne dispose pas d’informations plus crédibles et plus récentes sur les avoirs tunisiens en Suisse! Le dernier recensement de la Banque Nationale Suisse remonte à 2009! A qui profite ce manque d’empressement pour mettre ses données à jours? Le pouvoir des banquiers...suisses...au service des dictatures?

Et demain est un autre jour!

14:24 Écrit par Haykel dans Politique, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : tunisie 2011, kapitalis | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/01/2011

En direct de Tunis jeudi 20 janvier par Ridha Kéfi

L’histoire est cousue de fil blanc. De l’intox pur et simple. C’est pourtant l’Elysée qui l’a glissée dans l’oreille d’un journaliste du ‘‘Monde’’ accrédité auprès de ses services, qui l’a diffusée sans vérifier. A quoi joue la France? par Ridha Kéfi. Une quatrième correspondance en direct de Tunis.

1295504703.jpgLes lingots d’or de Leila ou le jeu trouble de la France

L’histoire des lingots d’or que Leïla Ben Ali aurait réussi à faire sortir de la Banque centrale de Tunisie (Bct) et à porter avec elle dans son exil doré à Dubaï a été formellement démentie par les responsables de la Bct.

L’Elysée souffle à l’oreille des journalistes

Cette histoire a été soufflée par l’Elysée dans l’oreille du journaliste Arnaud Leparmentier, accrédité du quotidien ‘‘Le Monde’’ auprès de la présidence de la république française. Le journal l’a publiée sans prendre le soin de la vérifier. Toute la presse française et mondiale l’a reprise pieusement. 
L’Elysée a-t-il été trompé par ses services secrets? Ces services ont-ils voulu mettre l’huile sur le feu, en sortant cette histoire abracadabrante, en vue de faire échouer une révolution qu’ils n’ont pas vue venir? Piètre vengeance en somme… 
Les services secrets français, complètement hors du coup, et bidonnant à volonté comme de mauvais journalistes, ont raconté comment Leïla Trabelsi, la femme de l’ex-Président, se serait rendue à la Bct pour chercher des lingots d’or. L’ex-gouverneur Taoufik Baccar aurait refusé. Mme Ben Ali aurait appelé son mari, qui aurait d’abord lui aussi refusé, avant de céder. 
«Il semblerait que la femme de Ben Ali soit partie avec de l’or», explique un responsable politique français. «1,5 tonne d’or, cela fait 45 millions d’euros» (80 millions de dinars tunisiens), poursuit-il. 
Un conseiller de l’Elysée, l’air de celui qui en sait plus qu’il n’en dit, ajoute: «L’information vient essentiellement de source tunisienne, en particulier de la Banque centrale. Cela a l’air relativement confirmé.» 
Cette histoire archi-fausse a été soufflée par l’Elysée à Leparmentier, qui l’a d’abord rapportée sur son blog (où, curieusement, elle ne semble plus figurer). Elle s’est retrouvée lundi, sous sa signature, dans le journal papier (assortie d’un démenti d’un responsable de la Bct).

Sans titre.jpgLes services français piégés par Slim Bagga

Problème: la même anecdote des lingots, exactement la même, était rapportée par le site de l’opposition tunisienne Tunisnews, dès le… 3 janvier, sous la signature de Slim Bagga, opposant tunisien notoire exilé en France depuis près de 20 ans, comme raconté par Kapitalis.
Notre journal a en effet écrit, le 17 janvier, prenant ses distances vis-à-vis de ces informations: «Sauf à croire que notre collègue Slim Bagga, qui vit depuis près de 20 ans en exil en France, possède des sources sûres au sein de la Bct ou des renseignements tunisiens, on doit prendre ces affirmations avec les réserves requises.» 
Si on est indulgent, on peut dire que les services français sont d’une telle incompétence qu’ils ont cherché leurs informations sur des sites internet, ne prenant même pas le soin de les vérifier. 
On peut cependant se poser des questions sur l’attitude de l’Elysée et de ses services. Et si la France, non contente d’assister à une révolution qu’elle n’a pas vu venir, cherchait à la faire échouer, en donnant en pâture aux journalistes des informations destinées à ajouter de l’huile sur le feu.

20110113144359__bct.jpgLes tentatives de désinformation française

L’histoire des lingots d’or n’est pas une tentative isolée de désinformation française sur ce qui se passe en Tunisie. Paris avait cherché, auparavant, à faire accréditer la thèse d’un putsch militaire en Tunisie, dans une volonté évidente de mettre en doute la loyauté de l’armée nationale. 
Des experts es-catastrophe islamiste, qui ont longtemps émargé sur l’Agence de la communication extérieure (Atce), tel l’inénarrable Antoine Sfeir, sans parler des membres du lobby pro-Ben Ali dans la classe politique française, ont aussi cherché à brandir l’épouvantail islamiste. La vieille rengaine de «Ben Ali rempart à l’islamisme», souvent agitée par les dirigeants politiques français, et à leur tête le président Nicolas Sarkozy. 
Quand on connaît l’ampleur des intérêts liant les grands groupes français aux membres de la famille de Ben Ali, on peut se poser des questions sur la position de la France, dont les réactions officielles à la révolution tunisienne, telles celle de Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, proposant l’aide de la France à la Tunisie en maintien de l’ordre, sont d’un pitoyable ridicule.

Ridha Kéfi de Tunis

24281684.jpg(*)Ridha Kéfi a collaboré avec plusieurs journaux et magazines. Il s’est fait un nom en Tunisie et sur le continent africain. Ces dernières années, il a travaillé comme responsable du service cultuel du quotidien Le Temps (Tunis), comme rédacteur en chef délégué à Jeune Afrique entre 1994 et 2006 avant de créer le magazine hebdomadaire L’expression. Actuellement, il est l’un des trois rédacteurs en chef de NewAfrican, un bimestriel basé à Paris et à Londres et directeur du portail d'informations Kapitalis.

Photo 1: Leila Ben Ali épouse de l'ex président tunisien (Photo AFP)

Photo 2: Slim Bagga

Photo 3: Banque centrale de Tunisie

En rapport avec cette note:

Et demain est un autre jour!