01/05/2011

Tunisie, allons-y maintenant!

Une information PLANETE PHOTOS

20110429_6552-s.jpgSi vous passez par l'aéroport ces prochains jours et jusqu’au 31 mai impossible de ne pas remarquer la nouvelle campagne publicitaire sur la Tunisie. Douze grandes affiches recto verso invitent à partir "Maintenant ” au pays du jasmin. Tous les voyageurs en partance de Genève passent devant ce matériel promotionnel. Sur un passage obligé devant les guichets d'enregistrement et ceux de la sécurité ces affiches attirent l'attention et invitent les voyageurs à penser à leur prochaine destination qui ne peut être qu'évidemment la Tunisie. Derrière cette initiative le Tour opérateur Le Must Air Marin. Planète Photos a pu rencontrer son PDG, l'hyper actif Tahar Khadraoui (voir la vidéo en bas). 

Sans titre.jpgTahar Khadraoui, le pionnier du tourisme tunisien
Toute sa vie, il l'a vouée au tourisme. Non plutôt à l'amour de la Tunisie. Le pays qui l’a vu naître où il a fait ses premières armes. C'est difficile de faire un résumé de la vie oh combien riche et enrichissante d'un des piliers du tourisme tunisien. Tahar Khadraoui est un NOM. Un NOM qui brille dans le firmament des personnalités qui poussent la Tunisie vers le haut.
Après une brillante carrière chez Tunisair qu'il serait difficile d'étaler ici par manque de place, Tahar Khadraoui a ouvert un tour opérateur à Genève histoire de continuer de perpétuer son histoire d'amour avec la Tunisie. Et ça lui a bien réussi. Premier tour opérateur suisse romand sur la destination Tunisie, Tahar Khadraoui s'est diversifié au fil des ans et sa force de frappe couvre maintenant plusieurs pays. Mais c'est toujours la Tunisie qui l'attire et qui accapare une bonne partie de son énergie. Sa dernière action malgré le marasme ambiant qui règne dans le secteur des voyages est de relancer la destination de ses origines. Il vient de mettre le paquet pour réaliser l'opération la plus originale post-révolution avec ses partenaires de toujours Tunisair et l'Office du tourisme tunisien (ONTT). Il a réussi à convaincre la direction de l'aéroport de Genève de décorer le niveau enregistrement et le niveau départ par des affiches géantes qui invitent à se rendre en Tunisie maintenant...avec la guerre en Libye et le dernier attentat survenu à Marrakech. Pari risqué, pari courageux? Tahar Khadraoui suit le raisonnement du coeur. Il y croit dur comme fer au retour à la normale dans le pays du Jasmin et ce dans les meilleurs délais. D'ailleurs pour célébrer cette révolution bénite Le Must Air Marin, le nom de son tour opérateur vient de sortir une nouvelle brochure sur la Tunisie qui sent...le jasmin. De grands investissements peut-être bien à perte...mais qu'importe qu'est-ce qu'on ne fait pas pour l'amour de ce pays qui nous est très cher.

Article paru sur Kapitalis le 2 mai 2011

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Tahar Khadraoui PDG du Must Air Marin, Jerbi Abdennaceur directeur de l'Office du tourisme tunisien en Suisse et Béchir Ben Sassi Représentant général de Tunisair en Suisse
Et demain est un autre jour!

16/04/2011

Sihem Ben Sedrine à Genève à la rencontre des tunisiens!

217320_2020730602186_1361560615_2413011_2597501_n.jpgLa militante tunisienne des droits de l'homme Sihem Ben Sedrine vient de passer quelques jours à Genève. Un week-end studieux. Invitée à un congrès à Montreux avec d’autres acteurs de la société civile pour  parler de la Tunisie la fondatrice du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT)  qui est également journaliste a tenu à rencontrer les tunisiens de Genève. Ce n'est pas son premier voyage à destination de la cité de Calvin. Dans le cadre de ses activités de militante Sihem Ben Sedrine est passée à plusieurs reprises à Genève où elle compte de nombreux amis pour témoigner devant la commission des droits de l'homme de l'ONU des crimes de l'ancien régime. Mais ce voyage le premier en Suisse depuis la chute de Ben Ali a un goût de liberté. Une liberté empreinte d’inquiétude puisque beaucoup reste à faire pour reconstruire un pays sur des bases solides.
A l'invitation de nombreux tunisiens vivant à Genève un débat a été organisé vendredi soir au Bar Le Chic propriété de Jalel Matri dans le quartier des Pâquis. Animé par Ridha Ben Boubaker la rencontre suivie par une cinquantaine de personnes a été l'occasion de faire le point sur l'évolution de la situation en Tunisie. 215267_2020730922194_1361560615_2413012_5871012_n.jpgSihem Ben Sedrine et la juge Wassila Kaabi ont répondu aux nombreuses questions et inquiétudes de l'assistance en cette période de transition. Le constat des deux intervenantes est sans appel. Méfiance et vigilance et il y a de quoi! Méfiance face aux anciens réflexes qui tentent certains et vigilance car les vieux démons ne sont jamais très loin. Preuve à l'appui: les arrestations arbitraires, la torture et les procès truqués n'ont pas totalement disparu et quelques anciens caciques du régime Ben Ali rodent encore et essaient de déstabiliser la révolution si chèrement acquise. Un moment d’émotion a saisi l’assistance quand Madame Wassila Kaabi a évoqué son calvaire sous l’ancien régime. Et pour terminer sur une note positive tous sont unanimes à reconnaitre que l’assemblée constituante aura lieu à la proportionnelle avec une parité hommes-femmes exemplaire. Une parité entre les deux sexes que bien de vieilles démocraties envient à la nouvelle Tunisie.

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Photos Ali Zghal
Article paru dans Kapitalis

Et demain est un autre jour!

20:23 Écrit par Haykel dans Genève, Résistance, Solidarité, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sihem ben sedrine, jalel matri, ridha ben boubaker | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/04/2011

Une centaine de milliers de livres pour la Révolution tunisienne!

logo_payot.gifDepuis maintenant 3 ans la plus grande librairie en Suisse Payot qui détient 11 succursales à travers le pays organise une collecte de livres destinée à alimenter les bibliothèques de certains pays africains et associations d’entraides helvétiques. Cette opération débutera cette année le 15 avril et se terminera 8 jours plus tard, le 23 avril précisément, décrétée  par l’UNESCO Journée mondiale du livre.
La nouveauté pour cette édition est le choix de la Tunisie comme principale bénéficiaire de cette action de solidarité avec l’Hospice général. Une amicale Tuniso-Suisse vient d’être créée à cet effet pour faciliter les échanges entre les deux pays dans un esprit animé par un engagement citoyen, dépourvu de toute arrière pensée politique. Aider la Tunisie dans cette période difficile et consolider les liens avec les tunisiens surtout avec ceux des régions qui ont été constamment abandonnées par l’Etat. Tel est le but de cette amicale dont c’est la première initiative.
Ridha Ben Boubaker.jpgPLANETE PHOTOS a pris contact avec l’un de ses membres fondateurs, Ridha Ben Boubaker qui travaille dans le domaine culturel dans la commune de Meyrin, banlieue de Genève. Emballé et porté par ce projet dès le départ, Ben Boubaker insiste sur le travail collectif qui s’est mis en route entre tunisiens et suisses afin de réussir cette opération jamais réalisée en faveur de la Tunisie. Il va y avoir entre 100’000 et 110’000 livres à collecter et ensuite à acheminer vers Sidi-Bouzid, Kasserine, Le Kef ou Gafsa. Une grande opération qui nécessitera une conjugaison d’efforts et de moyens entre plusieurs protagonistes. En frappant à toutes les portes, Ridha Ben Boubaker a réussi à mettre sur pied cette extraordinaire opération, aidé il est vrai par la Mission tunisienne auprès de l’ONU à Genève. Du côté Suisse, il y a bien sûr, les livres de la Librairie Payot, ceux de la bibliothèque de la Cité de Genève et ceux qui seront collectés  par la commune de Meyrin. Ensuite l’acheminement en camions  vers le Port de Gênes se fera avec l’aide de la Mairie de Meyrin qui payera le transport. Côté tunisien la CTN (Compagnie tunisienne de navigation) se chargera de les transporter jusqu’à Tunis, ensuite des transporteurs tunisiens seront appelés à les acheminer vers leur destination finale le tout sous le contrôle du Ministère de l’Education et celui de la culture. Tunisair fournira par la suite des billets d’avion à la délégation qui partira en Tunisie pour superviser sur place l’acheminement et un tour opérateur tunisien Le Must Air Marin s’occupera de l’hébergement et fournira son assistance.
Chez l’Amicale Tuniso-Suisse on croise les doigts et on compte les jours pour fêter comme il se doit ce premier acte citoyen envers ce pays qui nous est très cher.

Cet article a paru également dans Kapitalis

Et demain est un autre jour!

00:25 Écrit par Haykel dans Culture, Lettres, Livre, Suisse, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : amicale tuniso-suisse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/04/2011

Tunisie: la fête de ce vendredi est un succès, Vive la Révolution!

208719_1994189295631_1270384199_2447669_6179422_n.jpgA l’initiative de l’association "Citoyens solidaires" dont c’est la première action, un concert de soutien à la révolution tunisienne s’est tenu à la salle Alhambra hier soir. Salle comble et presque à guichet fermé les artistes tunisiens ont évolué devant un public connaisseur dans une ambiance bon enfant. L’organisation est impeccable et la soirée a duré un plus que le créneau horaire qu’on lui a attribué. Un débordement d’horaire qui n’a fait que des heureux parmi l’assistance. 
Patrice Mugny, Conseiller administratif  responsable de la culture à la Ville de Genève ainsi qu'Abdennaceur Jerbi, Représentant de l’Office du Tourisme tunisien en Suisse (ONTT)  ont fait le déplacement à l’Alhambra, le premier pour marquer l’attachement et le soutien de la Ville de Genève qui a mis à disposition  gracieusement la salle de spectacle à cette action citoyenne pour soutenir l’après révolution tunisienne et le second  pour rappeler que le pays du jasmin est une destination touristique bien prisée par les suisses et qu’il est temps de retrouver les bons réflexes pour repartir dans ce beau pays.
Sans titre-1.jpgPlusieurs artistes tunisiens se sont produits lors de cette soirée parmi lesquels on peut citer Mounir Troudi, Soraya Ksontini, Ghalia Ben Ali, Youssra Dhahbi...et l’humoriste Lotfi Abdelli qui a fait un carton. Il est vrai que pendant la révolution cet acteur de talent s’est exprimé en premier pour soutenir le mouvement spontané des tunisiens. Ce qui l’a obligé à vivre en cachette pendant toute la période du soulèvement par peur de représailles. 
Une salle décorée de lumières rouges et blanches avec plusieurs drapeaux tunisiens, la révolution made in tunisia a ravivé chez les tunisiens leur esprit patriotique. A la fin du spectacle l’hymne national tunisien a été entonné par l’assistance dans un frémissement patriotique.
La soirée fut certes festive mais les différents artistes ont à maintes reprises rendu hommage à la révolution tunisienne et aux martyrs. Signalons que les fonds récoltés seront reversés entièrement à la région déshéritée de Thala. Au delà de ces 20’000 chf récoltés l’équivalent de 30’000 dinars tunisiens c’est l‘esprit de solidarité qui a animé cette initiative qu’il faut saluer. Genève pour avoir proposé gratuitement la Salle Alhambra, son personnel et son infrastructure, les artistes qui ont joué en renonçant à leur cachet et en acceptant pour certains de loger chez leurs compatriotes, la compagnie Tunisair pour les avoir transportés, l’ONTT pour avoir fourni la victuaille et les boissons du bar de l’Alhambra et surtout cette jeune association “Citoyens solidaires” qui pour son premier coup d’essai a réussi son pari! A suivre.

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Photos Nabil Darragi
Et la contribution photos et vidéos d'Ali Zghal:
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Et sur Kapitalis

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23:09 Écrit par Haykel dans Culture, Genève, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : citoyens solidaires | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/04/2011

La révolution tunisienne (mal) racontée aux Français

Ecrit à la hâte, “Vivre libre”, petit livre de Claire Gallois, consacré à la révolution tunisienne, est pleins d’imprécisions voire d’intox. Haykel Ezzeddine, Genève

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Après avoir inspiré plusieurs «rues arabes», la révolution tunisienne investit le monde des livres. Le dernier à trouver le chemin des libraires est “Vivre libre” de Claire Gallois publié par les éditions L’Editeur.
Livre court (une vingtaine de pages) écrit visiblement dans l’urgence pour restituer les derniers jours de Mohamed Bouazizi et la fin de règne de l’ex-président Ben Ali. Romancé à souhait, jouant sur le conditionnel pour masquer l’absence de vérifications des faits et à la limite superficiel, ce livre ne fera pas date. Et pour cause : il embrouille plus qu’il n’informe.

 

Fausses fuites à propos de la fuite de Ben Ali  
“Vivre libre” se lit en un seul trait en une dizaine de minutes et ne nous apprend rien hélas à part le fait que son auteur, qui n’est pourtant pas un débutant, se contente de relayer des rumeurs sans prendre la peine de vérifier les informations  présentées.
On a prélevés au moins quatre erreurs, qui concernent le départ précipité du dictateur Ben Ali vers son exil en Arabie Saoudite. L’auteur de “La vie n’est pas un roman” (Grasset 1978) écrit: «L’avion (présidentiel l’A340) compte parmi les biens volés au peuple dont la restitution est exigée suite au mandat d’arrêt international lancé contre le président criminel»). Et poursuit sur sa lancée: «Ben Ali n’a emporté que le strict nécessaire pour un honnête voyageur: une tonne et demie d’or et de bijoux», avant de continuer quelques lignes plus loin: «on raconte aussi que son pilote attiré aurait refusé de prendre les commandes de l’avion et que le fils de celui-ci aurait été tué en représailles. On ne sait pas».

Le pilote de Tunisair qui a ramené Ben Ali à Djeddah
Et bien, nous à Kapitalis, on le sait. On a co20110402_6372-ssssss1111.jpgntacté ce pilote qui est en fait un commandant de bord chevronné doublé d’un instructeur connu et reconnu. Sa longue carrière atteste de ses compétences et de son dévouement à son employeur Tunisair. Sur son lieu de travail et parmi ses amis, on ne tarit pas d’éloges à son égard. Employé modèle, sérieux et honnête, ce commandant de bord, qui veut rester loin des feux de l’actualité plus par modestie que par peur de s’exposer, nous a confirmé ce que nous savons déjà. L’avion présidentiel est à Tunis 24h00 après avoir fait le voyage vers l’Arabie-Saoudite et c’est un Boeing et non l’Airbus. Donc, parler de restitution est le moins que l’on puisse dire incorrecte et archi-faux. Pour ce qui est de son refus supposé de conduire l’ex-président déchu vers son exil, c’est également faux. Faux aussi, la tonne et demie d’or et de bijoux dans la soute de l’avion qui est parti vers Djeddah et, enfin, le fils du pilote, dieu merci, continue de piloter les avions de Tunisair. Claire Gallois parle de l’A340 alors que c’est le Boeing 737-700 qui a été utilisé.
Ce genre de littérature, il faut s’en méfier et rester vigilant pour que la chronique de la révolution tunisienne ne soit pas atteinte par l’imprécision et la rumeur véhiculée pas seulement par la rue et relayée comme des vérités par des écrivains soucieux de surfer sur la vague de l’actualité.

Article paru dans Kapitalis le 7 avril

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12:16 Écrit par Haykel dans Livre, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre sur la révolution tunisienne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/04/2011

Le match de la honte!

CA-ZAMALEK-020411-OUT.jpgSur le vif. Toute la Tunisie est sous le choc. Le Club Africain de Tunis l’une des équipes les plus prestigieuses en Afrique et dans le monde arabe s’est déplacée en Egypte pour jouer le match retour contre Ezzamelek une équipe également au passé prestigieux dans le cadre des éliminatoires de la Ligue des champions africaine. A l’aller le Club Africain l’a remporté avec un score de 4 buts à 2. Au Caire, à deux minutes de la fin de la rencontre alors que les locaux  menaient 2 à 1 et en supériorité numérique après l’expulsion d’un joueur tunisien en début de la deuxième mi-temps des centaines de supporters égyptiens ont envahi le terrain et ont agressé les joueurs tunisiens ainsi que l’arbitre algérien qui a refusé un but à Ezzamelek pour un hors jeu flagrant confirmé par le juge de touche et le ralenti des chaînes de télévision. En gagnant 2 à 1 l’équipe égyptienne n’avait aucune chance de disputer le tour suivant.
Sans titre.jpgLe sang a coulé, des joueurs ont été hospitalisés d’autres sous le choc racontent en direct cette agression gratuite à la radio. Il ne fallait pas plus pour que des réactions en chaîne se font remarquées sur Facebook. Inquiétude, incompréhension et interrogation de la part des tunisiens qui se sentent trahis par des égyptiens à qui ils ont ouvert la frontière avec la Libye et aidé à rentrer chez eux pendant ce conflit entre Kadhafi et les insurgés.
En regardant les chaines de télévisions égyptiennes on apprend que l’entraineur d’Ezzamelek n’a pas arrêté de jouer les provocateurs dans les médias pendant toute la semaine en invitant même les supporters à envahir le terrain. Pourtant tout a bien commencé avec la signature hier d’un protocole de jumelage entre les deux équipes. La bêtise humaine l’a encore une fois remporté grâce ou à cause des extrémistes! Les tunisiens ont pu sortir du stade avec une escorte militaire et se dirigent actuellement vers l’aéroport pour regagner Tunis. Ce match, personne ne l’oubliera de si tôt aussi bien les tunisiens que les égyptiens qui réagissent actuellement à travers la télévision étatique de leur pays.
PS: Depuis la fin du mois décembre pour les tunisiens et un peu plus tard pour les égyptiens le sport a été mis entre parenthèses. Seules les échéances internationales sont respectées.

Photos: Mosaique FM

A lire: Les excuses égyptiennes

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23:55 Écrit par Haykel dans Sports, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : club africain, ezzamelek, foot ball | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/04/2011

Une rue Mohamed Bouazizi à Genève?

bouazizi-gen.jpgUn ancien député socialiste suisse, membre influent de son parti, section Genève, Christian Brunier, propose de dédier une rue dans la cité de Calvin à Mohamed Bouazizi. Haykel Ezzeddine, Genève


Un éventuel Prix Nobel de la Paix, un film retraçant sa vie, une place en son nom à Paris: Mohamed Bouazizi, héros des temps modernes, continue de susciter les bonnes actions. Son geste désespéré, dont les échos ont fait le tour du monde, lui vaut une consécration hélas posthume.

Bouazizi contre WikiLeaks!
Depuis son auto-immolation par le feu, le 17 décembre dernier, le martyr Mohamed Bouazizi rafle tous les honneurs... à titre posthume. On a proposé son nom pour le titre suprême du Prix Nobel de la Paix, mais faute de vrais sponsors sérieux et de lobbyistes de poids, le projet pourrait-il aboutir? Il y a de forte chance cependant que notre Bouazizi national figure parmi les 241 nominés de l’actuelle édition. Quelle chance aurait-il face à WikiLeaks et son gérant Julian Assange, la grande révélation de l’année 2010? Le mystère est mince. Qui ne connaît pas WikiLeaks? Qui connaît Mohamed Bouazizi et son sacrifice? C’est à l’aune de cette épreuve de reconnaissance que va se jouer le prix Nobel de la Paix 2011. Vu que le précédent gagnant est un dissident chinois, il y a de forte chance que le Tunisien par l’impulsion qu’il a donné par son acte désespéré et héroïque à la révolution tunisienne, puisse être récompensé à titre posthume.
Le cinéma s’intéresse également à Bouazizi. Et le producteur international Tarek Ben Ammar a exprimé son désir de porter à l’écran la vie du déclencheur de la révolution tunisienne. Il l’a promis et on ne peut que lui faire confiance.

Le geste désespéré qui a créé l’espoir
Troisième acte symbolique à la portée helvétique. L’ancien député socialiste et membre influent de son parti, section Genève, Christian Brunier, propose de dédier une rue dans la cité de Calvin à Mohamed Bouazizi pour souligner «le réveil de la rue tunisienne» et surtout récompenser «le geste désespéré qui a éveillé les consciences et créé l’espoir, ouvrant la voie à l’émancipation des peuples arabes».
Dans son blog qui porte son nom sur la plateforme de ‘‘La Tribune de Genève’’,  Brunier écrit: «Genève, Cité de la paix et des droits humains, doit rendre hommage à ce symbole de démocratie. Une rue, une place ou un pont de notre canton doit être baptisé Mohamed Bouazizi pour que Genève soit à la hauteur de sa réputation. Notre ville internationale doit rester un label de la défense des libertés.»
Quelle chance aurait pour Bouazizi de voir son nom immortalisé à Genève? Une chance sur mille comme diraient les parieurs! Dans une ville où l’extrême droite gagne de plus en plus de terrain lors de chaque élection il est fort à parier que le souhait du socialiste Brunier reste lettre morte. Mais déjà proposer le nom de Mohamed Bouazizi pour un tel honneur, fut-il posthume, est un geste qui ne passe pas inaperçu chez les Tunisiens de Genève en cette période électorale!

Article paru dans Kapitalis vendredi 1er avril 2011

10:52 Écrit par Haykel dans Genève, Résistance, Solidarité, Suisse, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : mohamed bouazizi, christian brunier | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/03/2011

Révolution Tunisienne – Une Révolution 2.0 ?!

Picture 434-s.jpgHier soir s’est tenue à la Maison des Associations un meeting de soutien à la révolution tunisienne et aux révolutions arabes, meeting organisé sous l’égide du syndicat Solidarités. Jean Batou, Anis Mansouri et Ahlem Belhadj représentante du Front du 14 Janvier ont animé le débat, dans une salle comble et investie par une foule arabo-suisse composée de jeunes et de moins jeunes mais surtout très enthousiaste.  
Les débatteurs ont passé en revue l’historique des révolutions arabes, initiées par la Tunisie et ont été tous unanimes à se féliciter des révoltes arabes.
Certes la révolution tunisienne est une vraie révolution et Ben Ali est bien tombé, néanmoins nous devons rester vigilants car le système est toujours présent et le gouvernement provisoire ne représente par vraiment les aspirations du peuple.
Picture 430-s.jpgAhlem Belhadj a fait remarquer que le peuple tunisien a dissous les municipalités de l’ancien régime et nommé dans tout le pays des comités populaires pour gérer les villes et les villages. Elle espère que ces comités populaires finiront par se structurer au niveau national et se trouver une direction et prendre partie dans l’élaboration d’une assemblée constituante. Un autre exemple a été rappelé par Ahlem c’est que les paysans travaillant dans les immenses propriétés agricoles appartenant à l’état et que l’ancien régime louait pour des clopinettes à quelques privilégiés, ces travailleurs agricoles ont pris le contrôle de ces terres domaniales et les auto-gèrent dorénavant eux-mêmes et pour leur propre compte.
Picture 437-s.jpgLes débatteurs ont aussi rappelé que ces révoltes arabes qui véhiculent un message universel ont fait des émules jusqu’aux ÉTATS-UNIS où au moment où Moubarak tombait on a vu des manifestants américains camper plusieurs semaines durant dans le capitole du Wisconsin exigeant le départ de ‘HOSNI WALKER’, surnom donné au gouverneur ‘Tea partiste’ Scott Walker, qui menaçait de faire appel aux gardes républicains pour disperser les manifestants protestant contre la suppression de leurs acquis sociaux.
A la fin du débat une minute de silence a été tenue à la mémoire des martyrs de la révolution arabe non sans quelques frictions verbales entre les débatteurs et quelques assistants à-propos du support ou non à l’action de la ‘Coalition’ en Libye.

Texte et photos: Nabil Darragi

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Et demain est un autre jour!

22:17 Écrit par Haykel dans Résistance, Solidarité, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/03/2011

La fille de Lazhar Chraiti récompensée à Genève

Chraiti.jpgDjemâa Chraiti, la fille du célèbre fellaga Lazhar Chraiti, exécuté en 1963, sera l’une des 7 femmes qui recevront le Prix “Femme exilée, femme engagée” à Genève.


Ce n’est pas un poisson d’avril: le premier jour du quatrième mois de l’année, 7 femmes recevront à Genève le Prix honorifique de “Femme exilée, femme engagée” destiné à rendre hommage aux femmes de toutes nationalités «capables de rester debout quand tout les pousse sous l’eau» pour reprendre les mots d’Alba Viotto, fondatrice du prix.
Un prix que remettra la maire socialiste de Genève Sandrine Salerno. Pour cette édition, une Suissesse d’origine tunisienne sera parmi les 7 lauréates. Il s’agit de Djemâa Chraiti, la fille du célèbre syndicaliste Lazhar Chraiti, exécuté en 1963. La Tuniso-suisse, Djemâa Chraiti, femme engagée, blogueuse patentée sur la plate-forme de la ‘‘Tribune de Genève’’ et écrivaine de talent mérite ce titre qui fait d’elle la première tunisienne voir arabe à remporter ce prix.
Haykel Ezzeddine, Genève.

09:35 Écrit par Haykel dans Résistance, Solidarité, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : djemâa chraïti | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/03/2011

Tunisie: La révolution pour un avenir meilleur!

Concert Tunisie.jpgUne Tunisie debout

Après la chute du dictateur Ben Ali et malgré un passage à vide qui heureusement n’a pas duré, la Tunisie est restée debout grâce à ses hommes et ses femmes de l’intérieur et à son importante communauté vivant à l’étranger. Tous les tunisiens sans exception ont œuvré de concert et tout naturellement par amour du pays, par respect à la patrie et par reconnaissance aux 300 martyrs et aux 700 blessés pour que ce pays reste la tête haute. Fiers de cette révolution pacifique pour la liberté et la dignité.

Les tunisiens de Genève
Les tunisiens de Genève qui ne sont pas restés inactifs pendant la révolution entament une nouvelle page avec la mère Patrie. Après la résistance et la traque des biens illicites du clan Ben Ali-Trabelsi place maintenant à la solidarité avec les plus démunis. Une nouvelle association vient de voir le jour dans la cité de Calvin forte d’une vingtaine de membres actifs pour accompagner les tunisiens dans leur longue marche vers la démocratie. « Citoyens Solidaires » c’est son nom. La Tunisie est son étendard et son but est le soutien à tous ceux qui aspirent à une citoyenneté active dans la dignité et la liberté.

"Citoyens Solidaires" made in Tunisia
La première action citoyenne de « Citoyens Solidaires » est l’organisation à Genève le vendredi 8 avril d’une grande soirée dédiée à la nouvelle Tunisie. Dans la mythique salle de l’Alhambra une brochette de vedettes tunisiennes tiendra l’affiche de 19h30 à minuit dans le but de divertir mais surtout de collecter des fonds pour venir en aide à l’une des villes les plus défavorisées et les plus oubliées par l’ancien régime et celui qui l’a précédé. Rattachée au gouvernera de Kasserine qui a payé un lourd tribut  à la révolution du 14 janvier, la ville de Thala (6 martyrs et 9 blessés par balles) comme bon nombre d’autres villes a souffert d’un déficit chronique de manque de sollicitation et ce depuis toujours.

Thala, l'oubliée

Les villes loin du littoral n’existent que suSans titre.jpgr la carte géographique du pays. C’est une excellente initiative que de tendre la main à Thala, l’oubliée. Vu le sérieux qui anime les membres de l’association « Citoyens Solidaires » et les garanties qu’on nous présente telles que suivi et traçabilité en tout temps de l’argent qui sera récolté nous ne pouvons qu’adhérer à ce projet et apporter notre soutien. Parmi les artistes qui seront présents à Genève le 8 avril prochain on peut citer Lotfi Abdelli, Mounir Troudi, Yousra Dhahbi, Ghalia Benali, Moufadhel Adhoum et Azzedine Jazouli, Emel Mathlouthi, Solam et Soraya...tous ont accepté de se produire gratuitement. L’office National du Tourisme Tunisien en Suisse s’occupera du transport et en attendant de trouver des sponsors pour l’hébergement déjà quelques artistes ont accepté de loger chez leurs compatriotes à Genève. Ce n’est pas beau la solidarité!


A la Maison des Associations
Par ailleurs, à signaler que ce vendredi 25 mars à la Maison des Associations aura lieu un débat avec la participation de Hamma Hammami militant tunisien porte parole du PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie) et Ahlem Belhadj (ex-Présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates). Le groupe de reggae tunisien Brabra Roots conclura la soirée avec un petit concert.

Et demain est un autre jour!

12:20 Écrit par Haykel dans Solidarité, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : citoyens solidaires, tunisie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/03/2011

La Suisse annonce une aide à la Tunisie et à l’Egypte

tunisie-suisse.jpgLe Conseil Fédéral suisse vient de décider plusieurs mesures pour aider la Tunisie et à l’Egypte dans leur transition démocratique. Haykel Ezzeddine, Genève


Dans cette période décisive que traversent la Tunisie et l’Egypte, la Suisse veut marquer le coup en y prenant une part active. Pendant la transition et d’ici les élections, le pays du jasmin et celui des pharaons vont profiter de l’expérience démocratique des Suisses, de leur savoir-faire dans la gestion des consultations politiques et surtout de leur apport financier.
Parmi les aides que compte apporter en urgence la Confédération Suisse aux Tunisiens et aux Egyptiens le déblocage de 12 millions de francs suisses (18,2 millions de dinars tunisiens) et l’envoi de 14 spécialistes dans le domaine humanitaire pour suppléer Tunisiens et Egyptiens en tant que pays d’accueil des migrants fuyant la Libye. La ville de Benghazi aussi est concernée par cette aide. Et ce n’est pas fini. La Direction du Développement et de la Coopération suisse continuera sur sa lancée pendant cette année et celle qui vient en apportant son soutien sur le terrain avec un budget estimé entre 20 et 30 millions de francs suisses (de 30,3 à 45,4 millions DT).
La Suisse est généreuse certes mais son action, en cette année électorale, s’inscrit dans une approche de realpolitik. Aider la Tunisie, la Libye et l’Egypte c’est atténuer l’effet déstabilisant d’une immigration incontrôlée qui menacerait ses frontières.

Article paru dans Kapitalis le 14 mars 2011

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12/03/2011

Un blog tunisien lauréat du prix “Reporters sans frontières”

Sans titre-2.jpgUne date à retenir, aujourd’hui c’est la Journée mondiale contre la cyber-censure initiée depuis 2008 par “Reporters sans frontières”. Et c’est l’occasion de rappeler dans l’ordre la censure qui existe dans bon nombre de pays autocrates et le pouvoir de plus en plus accru exercé par les blogueurs. Le journalisme citoyen gagne du terrain chaque jour et fait reculer les frontières des dictatures. Le rapport de RSF est sans appel. Liberté bafouée, internautes emprisonnés, harceler le net-citoyen est maltraité dans une soixantaine de pays. C’est énorme!
Un petit bilan provisoire, à ce jour, 119 citoyens utilisateurs d’internet sont emprisonnés arbitrairement danSans titre.jpgs des pays comme l’Iran, la Chine, le Vietnam... La liste des ennemis d’internet est longue mais le combat continue. Le box office de cette année comporte des récidivistes tels que: l’Arabie saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l’Iran, l’Ouzbékistan, la Syrie, le Turkmenistan et le Vietnam. Tous sans exception ont reçu le prix ex-égo du bourreau du net.
Après le bilan place aux récompenses. Pour 2011 “Reporters sans frontières” a choisi un blog collectif tunisien Nawaat (noyau) créé depuis 2004 par Sami Ben Gharbia et Riadh Guerfali. Ce blog citoyen a joué un rôle important dans la révolution du jasmin en couvrant les évènements qui ont eu lieu dernièrement en Tunisie mais aussi en donnant la parole aux militants et aux intellectuels muselés par le régime de Ben Ali. Ce prix encourage l’initiative d’informations citoyennes et rend hommage à tous ceux qui prennent des risques au nom de la liberté d’expression.

Sans titre-1.jpg
Illustration 1: Pictogrammes de la "Journée mondiale contre la cyber-censure"
2: logo du blog Nawaat
3: cartographie mondiale de la cyber-censure
Et demain est un autre jour!

11/03/2011

En attendant le retour des touristes en Tunisie

389378639.jpgLe tourisme, Alain Bossu c’est son domaine. Après l’interview de Mehdi Houas ministre du Commerce et du Tourisme tunisien, son reportage sur  la manifestation de tunis le 26 février et le portrait d'un hôtelier Suisse établi à Sousse l'auteur de "La demoiselle de Guisanbourg" nous livre ici un regard objectif sur le présent et les attentes des professionnels tunisiens du tourisme local.

épices Sousse-ssssss1111.jpgLa Tunisie se prépare comme pour une compétition
Si les agents de voyages et les voyagistes européens visitent la Tunisie pour préparer la relance touristique, les Tunisiens qui travaillent dans le tourisme ne voient pas venir grand-monde pour l’instant, ce qui ne les empêche pas de se préparer à reprendre leur place.
Certes, le calme règne sur les sites balnéaires, mais les visiteurs attendent un véritable retour à la normale. «C’est vrai que le taux de remplissage des hôtels est faible, reconnaît Karim Ben Hassine Bey, directeur de l’hôtel de charme Dar Saïd à Sidi Bou Saïd, mais, par chance, c’est aussi la basse saison. Nous espérons que tout reprendra très vite. Nous avons bon espoir. »

Espoir?
marché Sousse-ssssss1111.jpg

Bon espoir, c’est un peu le message général. Chacun estime que l’été ne sera pas mauvais. De gros efforts sont planifiés ou déjà réalisés  pour que les professionnels comme les vacanciers n’oublient pas que la Tunisie joue une grande place dans le tourisme en Méditerranée. Mohamed Jerbi, Commissaire Régional au Tourisme de Tunis, sait qu’un retour rapide permettra de retrouver la forme dans tous les secteurs  qui font la force de la capitale et de sa région, c’est-à-dire le tourisme d’affaires, le balnéaire et le bien-être. Ajoutons les atouts de la plus grande médina d’Afrique et la grandeur culturelle avec Carthage et le musée du Bardo (en rénovation).


Un moment historique?

« La région, se réjouit-il, connaît un fort développement touristique, je pense au golf, à Cap Gammarth avec son port de plaisance. L’avenir n’est pas un psouks déserts à Sousse-ssssss1111.jpgroblème, je ne suis pas inquiet pour ce qui est du retour des touristes. C’est ce début de saison qui est encore en points de suspension. Nous vivons un moment historique. Il faut en profiter pour la formation et la vision à long terme. Nous travaillons sur des hébergements de charme supplémentaires dans la médina qui abrite environ 500 bâtiments historiques. Nous devons les faire vivre.»
Du côté de Sousse, la confiance est de mise également… pour l’avenir en espérant qu’il arrivera le plus vite possible. Mais il suffisait, il y a quelques jours, de se promener dans les souks, de visiter le Ribat ou les centres de shopping, comme le Soula Center, pour comprendre que les touristes étaient encore très frileux.

Bientôt la reprise?

A Port El Kantaoui, la pluie ajoutait à Bonjour Tristesse. Il n’empêche, les professionnels sont présents et travaillent. En charge du marketing du Groupe Sousse Nord, Jawhar Mlika ne peaufine pas que ses dossiers. Il s’investit à fond sur tous les marchés. «Nous sommes prêts pour la relance, nous avons des budgets pour communiquer  et, Wahid BenYoussef, Sadok Kouka et Abdennaceur Jerbi-ssssss1111.jpgsurtout, nous sommes confiants, vraiment confiants. Cette période nous permet de prendre du recul pour mieux positionner notre offre qui correspond à l’attente des touristes avec une belle hôtellerie et para-hôtellerie, des animations, la marina, les restaurants, le golf.»
Wahid Ben Youssef est le Commissaire Régional au Tourisme de Sousse. Il compte sur une reprise prochaine, avant la saison d’été. Il ne vise pas seulement le tourisme européen. «Les Algériens sont aussi une clientèle importante. Mais nous pensons que la clientèle européenne va revenir rapidement. Et nous saurons l’accueillir.»
Manager du fameux restaurant La Daurade à Port El Kantaoui, Sadok Kouka garde le moral. Il faut dire que l’homme sait ce que le mot compétition veut dire puisqu’il fut champion du monde de karaté en 1986. Il vit cette période comme un entraînement pour enchaîner sur une grande compétition. Et il sait que cette compétition aura lieu. Il pense même que la Tunisie peut remporter son pari.

Alain Bossu texte et photos

Dernière photo: Wahid Ben Youssef, Sadok Kouka et Abdenaceur Jerbi

 

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Abdenaceur Jerbi, Directeur de l'Office du Tourisme tunisen à Zurich
Et demain est un autre jour!

11:26 Écrit par Haykel dans tourisme, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : alain bossu, tourisme tunisien | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/03/2011

Peter J. Schönenberger, Suisse et hôtelier à Sousse

965145778-ssssss1111.jpg

Le journaliste et écrivain Alain Bossu continue son périple en Tunisie. Après l’interview de Mehdi Houas ministre du Commerce et du Tourisme tunisien et son reportage sur la manifestation de tunis le 26 février, l'auteur de "La demoiselle de Guisanbourg" nous livre le témoignage d'un hôtelier Suisse établi à Sousse.

«La Tunisie est le top du tourisme pour le rapport prix/prestations
A Sousse, le Suisse Peter J. Schönenberger, directeur général du Mövenpick Resort & Marine Spa, est confiant. «Certes, la vie n’a pas été facile ces dernières semaines, avoue-t-il en ajoutant que le taux d’occupation était de 13% au lieu de 35-40% pour une période creuse normale. Mais chacun a été professionnel. Toute l’équipe de notre établissement, qui compte 450 employés, a accepté de prendre des congés sans solde, management compris.  Nous avons dû fermer une aile de l’hôtel qui compte 618 chambres. Franchement, je suis très fier que l’équipe soit aussi soudée.»
La situation – d’un côté une plage de rêve, de l’autre la ville – est plus un atout qu’un handicap. D’autant que s’il y a eu des manifestations à Sousse, elles se sont déroulées dans le calme. «Etre en ville, Sousse est la troisième du pays, nous a permis aussi Peter Schönenberger-ssssss1111.jpgde profiter de la fidélité de la clientèle locale dans nos restaurants et cafés. Maintenant, il faut se retrousser les manches. N’oublions pas que nous n’avons qu’un an d’ouverture. La première année a été bonne, il faut fidéliser. Nous ne sommes donc pas du tout inactifs.»
Pour Peter J. Schönenberger, la confiance n’est pas seulement un mot. «A Sousse, nous avons vécu l’exemple d’une  population mature qui a envie d’avancer, de se réaliser. J’ai vraiment confiance dans l’avenir. Pas seulement pour nous. La Tunisie, c’est le top du tourisme pour ce qui est du rapport prix/prestation. Les touristes en tiennent compte. Ils savent qu’ils vont voir une population qui s’est libérée, qui est très bien formée et qui a des visions pour son avenir. Le pays, qui n’a jamais été fermé, saura faire face, je n’en doute pas une seconde.»

Alain Bossu

Prochain article: "En attendant le retour des touristes"

09:53 Écrit par Haykel dans Suisse, tourisme, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alain bossu, peter j. schönenberger | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/03/2011

Retour sur la manifestation de Tunis du 26 février

965145778-ssssss1111.jpgDe retour de Tunis où il était convié avec une poignée de journalistes suisses à un voyage de travail à l’invitation de l’Office du Tourisme tunisien, le journaliste et écrivain Alain Bossu a bien voulu partager avec PLANETE PHOTOS, son carnet de voyage.
Après une synthèse de l’interview qu’a donné Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme à Tunis dans cet article il nous livre son témoignage sur la manifestation de Tunis du 26 février qui a fait cinq victimes.


Des mondes parallèles
Hôtel The Residence à Gammarth. Un petit groupe de presse suisse vient d’arriver. L’établissement, comme la plupart des hôtels tunisiens, est quasiment désert. Nous sommes trois à désirer nous rendre en ville. Les taxis refusent de nous conduire vers l’avenue Bourguiba. «Notre véhicule est notre outil de travail…»DSC_0439-ssssss1111.jpg
Nous finissons par trouver un chauffeur. Il nous dépose et attend au niveau des bâtiments de l’ONTT. Les forces de l’ordre nous expliquent que c’est dangereux et qu’il vaut mieux ne pas aller plus loin. Une rue détournée et nous sommes sur l’avenue Bourguiba. Nous montons jusqu’à la cathédrale et l’ambassade de France entourée de barbelés tout neufs.

Des slogans...

Le long de l’avenue, des slogans immortalisent la révolution du Jasmin. «Démocratie et laïcité », « Thank you Facebook », « Fiers d’être Tunisiens » « La femme tunisienne est libre et le restera ». On assiste à un scénario de va-et-vient. Les manifestants descendent de la médina et avancent, la sécurité recule. Elle remontera dans quelques instants.  Elle doit protéger le ministère de l’Intérieur.
DSC_0438-ssssss1111.jpgTout va très vite, une valse à effets lacrymogènes intensifs. Tirs à balles en caoutchouc, en l’air. Nous nous trouvons entre les deux parties, ça va de plus en plus vite. «Trop dangereux maintenant, mettez-vous à l’abri, intime un policier ou un militaire, pas le temps de se rendre compte. Il indique l’entrée d’une galerie marchande. Le ministère de l’Intérieur est pratiquement en face. Nous entrons dans la galerie marchande. Des gens regardent, discutent. Des boutiques, un restaurant sont saccagés.

Des pneus qui brûlent....

A l’intérieur, on cherche des issues, elles sont bloquées, il faut revenir vers celle de l’avenue Bourguiba. Dehors, en haut, il y a de la fumée noire. « C’est l’hôtel International, avoue une dame sur la foi d’un message SMS. » Rumeur. Impossible, il est juste à une centaine de mètres, on le verrait. Des pneus qui brûlent dans une rue, plus haut? Peut-être. Une bombonne de gaz explosera aussi.
DSC_0441-ssssss1111.jpgAu milieu des manifestants, jeunes, d’autres sont plus…dangereux. Ils sont là pour casser. Et pire encore. «Regarde, dit la dame,  ces cagoules, ce sont les milices. » Milices Ben Ali ? « Oui, milices Ben Ali. Ils n’ont que des yeux, des yeux de haine.

Notre chauffeur a peur pour nous
Nous sortons de la galerie. Le chauffeur est à notre recherche. Il a peur pour nous. Nous revenons à la voiture. La place du 7 novembre est déjà débaptisée. Une plaque « 14 janvier 2011 » a déjà pris sa place. Mais tout le monde l’appelle place Bouazizi du nom du martyr qui s’est immolé par le feu et qui est le symbole de cette révolution. La voiture reprend la route de Gammarth. Juste de l’autre côté de la place, une fois passé le cordon de sécurité, la vie semble normale. Les kiosques des fleuristes sont ouverts. Les cafés aussi. Hôtel The Residence, le retour. Musique, un mariage tunisien. Quelques rares touristes sortent du centre de tahalasso.
Ce soir-là, il y aura cinq morts avenue Bourguiba.

Alain Bossu

Place du 14 janvier 2011Tunis-ssssss1111.jpg
Et demain est un autre jour!

23:55 Écrit par Haykel dans Tunisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manifestation du 26 février à tunis | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook