25/11/2016

Opinion: Les Emplois de solidarité, un échec presque total!

© pixarno - Fotolia.com.jpgQui dit Emploi de solidarité, dit précarité. Avec un salaire mensuel à partir de 2900.- net on ne peut aller loin. Au contraire, on accumule les dettes sans pour autant entrevoir le bout du tunnel. Pas d’avenir pour ce genre d’employés « au rabais » qui font le même travail que d’autres employés payés des fois le double. Ils sont des centaines à Genève à galérer, leur nombre avoisine les 800 et travaillent dans des associations ou institutions privées à but non lucratif qui font de leur mieux pour contenir les frustrations générées par ce statut. Pas de plan de carrière et pour certains qui sont animés par une ambition de gravir les échelons c’est l’enterrement. D’ailleurs ce n’est pas le but des EDS d’offrir un plan de carrière.

Le département de l'emploi, des affaires sociales et de la santé dont dépend les EDS bouge mais il a les mains liées. Le conseiller d’État Mauro Poggia a mis la pression sur les employeurs afin que ces derniers instaurent des programmes de formations pour permettre aux employés en EDS de se former, de changer d'orientation professionnelle et enfin de retrouver un emploi sur le marché ordinaire. Facile sur le papier! Une partie des personnes en Emploi de solidarité peut physiquement et eds,emploi de solidarité,précarité à genèveintellectuellement s’investir dans des formations, alors que l’autre catégorie est rattrapée par l’âge. Comme on le sait à Genève comme ailleurs, les quinquagénaires ont peu de chance d’intégrer le marché ordinaire de l’emploi même s’ils sont qualifiés. Combien sont-ils dans ce cas? Un bon nombre.  Ils sont condamnés à rester dans ce système et attendre l’âge de 60 ans pour avoir une gratification de 250.- chf par mois! D’ici là déjà fragilisés ils augmentent les statistiques de l’absentéisme à coup de dépression, de maladie et d’accident! Les Emplois de solidarité ont montré leur limite et à défaut de sauver ce système complètement miné par la politique il faut avoir le courage de le supprimer car on est entrain de pérenniser la précarité.
On peut se poser des questions au sujet du maintien de ce magnifique marché parallèle de l’emploi qui offre de la main d’œuvre bon marché à des employeurs qui font de l’utilité publique leur fond de commerce. Je cite  un article publié par la Tribune de Genève le 5 janvier 2016. « Sous eds,emploi de solidarité,précarité à genèvel’injonction du Secrétariat fédéral à l’économie (SECO) et à la demande du Conseil d’Etat, le Grand Conseil a retiré à l’Etat, le 18 septembre, la responsabilité de fixer lui-même le niveau des salaires des EDS. Afin que Berne considère que ce sont de «vrais emplois» (ce qui donne droit potentiellement aux indemnités de chômage), c’est donc aux employeurs de s’y atteler. ». A ce jour, aucune augmentation de salaire de qui que ce soit n’a été enregistrée.
Les dirigeants des entreprises qui emploient les EDS sont réduits par manque de moyens à proposer à leurs employés de recourir à une carte de réduction chez Caritas pour s’approvisionner en denrées alimentaires à moindre coût. Précaire tu es, précaire tu resteras.  

A ceux qui pensent q4.jpgue c’est un système provisoire qui permet aux personnes fragilisées une insertion socio-professionnelle pour un retour sur le marché principal de l'emploi c’est faux. Rares ceux qui retrouvent un emploi dans le circuit ordinaire, ils représentent en moyenne moins de 15%. Le salaire minimum de 2900.- net est attribué aux employés sans qualifications. Mais la qualification ne tient compte que d’un seul critère, la possession d’un CFC ou équivalent. L’équivalent veut dire entamer de longues démarches d’équivalences couteuses ou avoir un « CFC d’équivalence européenne de préférence d’un pays où on connait le système éducatif ». L’expérience passe à la trappe! Vous avez beau travailler pendant une vingtaine d’années dans le privé par exemple avec un poste de cadre mais une fois tomber au chômage puis accepter un 1.jpgtravail en EDS tout le parcours professionnel est effacé d’un seul coup. Et vous voilà avec un salaire minimum de 2900.-. Comment peuvent-ils vivre à Genève avec un tel salaire sans perdre sa dignité ou devenir tricheur?  Certains ont choisi la filière de l’Hospice qui offre à ses bénéficiaires le payement du loyer, de l’assurance maladie et une somme décente pour vivre en contrepartie d’un travail à 50% dans une association ou institution privée à but non lucratif. Ceux qui refusent le confort de cette aide sociale se retrouvent en EDS avec un vrai faux emploi qui demande énormément d’investissement...pour 2900.- net par mois. Est-ce raisonnable? Le sort de ces employés de solidarité n’intéresse personne. La population genevoise va bientôt atteindre les 500.000 habitants, les 800 personnes occupant un emploi de solidarité ne pèsent pas lourds dans la balance!

Et demain est un autre jour!

09:14 Écrit par Haykel dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : eds, emploi de solidarité, précarité à genève | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Excellent billet Quand on vit seul et handicapé on aime favoriser certains jeunes soi disant ceci ou cela mais qui une fois leurs dettes remboursées laisseront l'isolé encore plus embarrassé car n'ayant plus personne pour l'aider
Une jeune pédicure à domicile a fait le coup du lapin par deux fois à une personne qui ne peut plus sortir de chez elle !
Et c'est pas la première arnaque du genre ces comportements ont malheureusement tendance à se généraliser et dans divers domaines
Mais quand on sait la lenteur des services de l'Etat pour ne serait-ce qu' écarter des médecins indélicats ,faut pas rêver car il est plus facile d'interdire de fumer dans les bistrots , d'exiger de trier et recycler là au moins leur efficacité peut paraître bien réelle
Très belle journée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 25/11/2016

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Cet article est un ramassis d'inexactitudes et d'idées préconçues.

Tout d'abord, depuis le 1er janvier 2016, les EdS sont employés à part entière des institutions qui les engagent. Ces dernières sont libres de fixer leurs salaires, avec toutefois la recommandation de l'Office Cantonal de l'Emploi de pratiquer des rémunérations comprises entre 3,250 et 4,250 francs brut, selon le niveau de qualification des employés. Depuis janvier 2016, l'OCE subventionne 80% du montant des salaires totaux payés l'année précédente.

Cela étant, la position consistant à critiquer ce système qui donne pourtant une réelle possibilité à des chômeurs en fin de droit de se réinsérer dans le monde du travail, c'est vraiment nul.

Et il est absolument faux d'affirmer que le sort des EdS n'intéresse personne. Il au contraire au centre des préoccupation des institutions qui les emploient, qui les soutiennent et les aident à développer des options pour un futur professionnel plus clément.

Écrit par : Déblogueur | 25/11/2016

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Cet article est loin d'être un ramassis. Au contraire il est très bien informé et résume merveilleusement le ressenti des employés en EDS.
Vous écrivez: "Depuis janvier 2016, l'OCE subventionne 80% du montant des salaires totaux payés l'année précédente." Faux la subvention est juste mais elle existe depuis la création des EDS.
Vous écrivez encore: "Tout d'abord, depuis le 1er janvier 2016, les EdS sont employés à part entière des institutions qui les engagent." Depuis le lancement de ce système les EDS ont toujours été des employés à part entière des associations et autres institutions. En aucun cas ces dernières ne peuvent augmenter leur salaire car elle n'ont pas les moyens, c'est pour ça qu'ils sont engagés.
Pour le reste c'est du blabla cher, Déblogueur

Écrit par : leblogueur | 25/11/2016

Après avoir effectué un apprentissage de commerce et travaillé dans le domaine bancaire, j'ai repris des études sur le tard comme on dit. J'ai obtenu un master en droit, un autre en sciences politiques, un postgrade en droit européen, et depuis hier un MBA de l'université de Genève. Après avoir effectué mon stage d'avocat, j'ai occupé des postes à responsabilités. J'ai même été procureur, mais depuis 12 mois, je suis au chômage et avec la célébration de mon cinquantième anniversaire en janvier prochain, je suis presque résigné. Je viens du secteur public et donc espérer faire le chemin en direction du privé, c'est quasi impossible. Si le public n'engage plus à 50 ans, le privé c'est encore pire. La directrice de Manpower Suisse a expliqué dans une conférence qui s'est tenue la semaine dernière relatée par la NZZ, que son entreprise ne transmettait même plus les CV des personnes qui ont 50 ans et plus.

Le système mis en place par l'OCE ne fonctionne pas à tous les niveaux. Ainsi, la directive du Conseil d'Etat qui donne la préférence aux chômeurs pour les postes mis au concours au sein de l'Etat n'est même pas appliquée par l'ensemble des services. Une quantité non négligeable de postes disponibles ne sont même pas annoncés à l'OCE, contrairement à ce qu'affirme M. Poggia. Sans compter que ces postes étatiques ne sont pas accessibles par le demandeur d'emploi. Seul le placeur peut les voir sur son ordinateur. Avec 130 dossiers par conseiller, vous pensez bien que ce dernier n'a matériellement pas le temps de regarder au quotidien si un poste vous correspondrait. Résultat, au lieu d'avoir un statut privilégié au moment de votre postulation, vous vous retrouvez parmi d'autres chercheurs d'emploi. Or, être au chômage, même au sein de l'état bien que les responsables RH devraient avoir été sensibilisés à cette problématique, constitue toujours un handicap majeur pour pouvoir obtenir un poste. Il y a un moment donné, on doit savoir penser de manière transversale. Un chômeur qui n'est pas engagé est potentiellement une personne qui risque d'émarger à l'aide sociale. Cela va donc coûter très cher à l'Etat. Or, comme le souligne le blogueur, plus on est éloigné du marché primaire de l'emploi plus le retour devient impossible. C'est pourquoi, ces emplois solidarité ne servent pas à grand chose, sauf à se donner bonne conscience. La classe politique est complètement absente sur ce débat. On s'écharpe pour une hausse de 20 centimes du ticket des TPG et pendant cela 13'000 personnes sont au chômage et plusieurs milliers sont à l'aide sociale. On se demande où sont les priorités ?

Écrit par : Jérôme Gasser | 26/11/2016

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Vous etes vous déja retrouvé dans la situation d`un chomeur en fin de droit, surtout si ce chomeur n`est plus tres jeune, monsieur Haykel? Moi oui et je peux vous dire qu`alors on est bien content de bénéficier d`un EDS, meme avec les inconvénients que vous décrivez bien. Que cela plaise ou pas, nous vivons actuellement dans un monde régi par la loi du profit et dans un tel environnement toxique, le systeme suisse de l`EDS est un nec plus ultra. Il faudra probablement attendre le revenu minimum universel (http://www.consoglobe.com/finlande-revenu-minimum-universel-cg) pour faire un nouveau pas en avant mais je ne pense pas qu`il faille attendre longtemps en Suisse car, avec quelques autres pays, celui-ci est a la pointe de l`évolution sociale. Ou alors, que proposez-vous pour améliorer le systeme?

Écrit par : Jean Jarogh | 26/11/2016

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Déjà augmenter les salaires, les rendre décent. Intégrer le personnel à l'organigramme des fonctionnaires de l'Etat.

Écrit par : Haykel | 26/11/2016

Augmenter significativement l`EDS signifierait que beaucoup voudraient s`y installer au lieu de chercher un emploi qui risquerait de ne pas rapporter beaucoup plus. Or, pour que l`EDS garde sa capacité d`accueillir constamment de nouveaux "bénéficiaires", il ne doit pas s`engorger. Les fonds publics ne sont d`ailleurs pas infinis et un EDS se rapprochant des 4.000,- signifierait moins d`argent ailleurs (éducation, santé, etc.). La population serait-elle prete a une augmentation des impots pour améliorer le social? On connait la réponse. En politique comme en tout, il y a les reves et il y a la réalité. Tant que les économies seront basées sur la logique du profit et qu`a dessein on appellera "démocratie" le systeme social que cela détermine forcément, il continuera d`exister un sacré vide entre reve et réalité. En Hongrie, le pays ou je vis actuellement, les prix a la consommation ne sont guere inférieurs a ceux pratiqués en Suisse (ou j`ai vécu la plus grande part de ma vie) mais le salaire mensuel EDS se monte a environ 200.- (deux cent francs)...

Écrit par : Jean Jarogh | 27/11/2016

Avec 2900.- net par mois nul ne s'en sort comme parfaitement établi.

En passant... une pensée au sondage concernant la rente universelle se "montant", pour le dire ainsi, à 2500.- (sans autres précisions) par mois: s'en sortirait-on nettement mieux sachant que tout le monde ne retrouverait pas un emploi complémentaire!?

Autrefois les emplois de solidarité concernaient des bénévoles notamment venant des paroisses dont on disait qu'ils avaient une vocation.

Mariés le conjoint travaillant bien pour deux ou fortunés.

Cette vocation dite signe de l'amour du Christ pour les malades ou les démunis, dépressifs, etc.

Autre temps mais les personnes exerçant cette activité aujourd'hui devraient gagner leur vie de manière é pouvoir non sous-vivre ou survivre mais vivre. Ce travail demande une vocation humaniste que le CFC ne garantit pas (de même qu'en temps de crise de chômage on disait particulièrement aux femmes ne retrouvant pas d'emploi de suivre un bref cours de la Croix-Rouge afin de travailler dans un EMS ce qui ne favorisait pas davantage ou ne garantissait pas forcément comme allant de soi le respect et la patience ABC des soins aux personnes âgées.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 26/11/2016

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Faut pas exagérer. Je connais bien Geneve, il y a toujours plein de "petit" boulots a quatre mille balles/mois mais en général, évidemment, il faut suer alors qu`avec l`EDS -disons le franchement- on peut se permettre en général d`oublier le rendement. Par ailleurs, vous savez bien que les fonds publics ne servent pas qu`a "sauver les stades". Quant au niveau de vie de la Hongrie, il est en effet tres bas mais c`est en grande partie du a ce que l`argent publique est régulierement volé ou dilapidé, alors soyez heureux de vivre dans un pays ou les politiques font de leur mieux dans l`intéret du bien public plutot que de se remplir les poches.

Écrit par : Jean Jarogh | 27/11/2016

M. Jarogh,
Le pourcentage de retrouver un emploi dans le circuit ordinaire ne dépasse pas les 15% pour plusieurs raisons dont l'âge de plusieurs candidats qui dépasse les 40 ans. Un EDS est un vrai travail avec contraintes, obligations...Certains de ces employés et ils sont nombreux ne pourront jamais quitté ce système à cause de leur âge. Certains organismes emploient des personnes qui ont des dépendances avec l'alcool ou la drogue. Rien de très méchant mais de quoi mettre une tension supplémentaire sur les autres collègues qui n'ont aucun problème comportemental.
Pour le reste il ne faut pas comparer le niveau de vie de la Suisse avec la Hongrie.
Vous dites: "Les fonds publics ne sont d`ailleurs pas infinis et un EDS se rapprochant des 4.000,- signifierait moins d`argent ailleurs (éducation, santé, etc.)." Vous pensez que sauver un stade de la faillite est plus important que de sortir 800 personnes et leur famille de la précarité?

Écrit par : Précaire | 27/11/2016

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