15/05/2012

La République etc. (Première partie) par Karl Grünberg

1424484813.jpgNicolas Sarkozy s’en va et laisse sa place à François Hollande. C’est le moment qu’a choisi Karl Grünberg d’ACOR SOS Racisme pour dresser le bilan de la droite française tout en égratignant au passe l’immobilisme voir le double jeu de la gauche. D’autres analyses de l’auteur viendront compléter cette première partie. Encore un regard édifiant sur la racisme ambiant en Europe...

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Pendant sept ans, Nicolas Sarkozy et les siens ont multiplié les éclats racistes et les œillades au Front national. La gauche a regardé l’islamophobie se répandre comme s’il s’agissait d’une épidémie. Grâce au faux nez de la laïcité, l’hostilité contre l’islam a trouvé un autre ton que celui de Jean-Marie Le Pen et des soudards de l’Algérie française. Marine a adopté ce nouveau look.
De mâles accents brandis au secours de la République
Le 18 juin 2009, 58 députés suivent le député communiste André Gérin qui veut une commission pour étudier la question du niqab. Le 22 juin, Sarkozy la lui donne. La commission Gérin aura six mois pour rendre sa copie.
Pour mémoire : Le 29 novembre 2009, 57,5% des citoyennes et citoyens suisses ont voté l’interdiction de construire des minarets après une violente campagne pour leur faire croire que « l’islam, dans son dogme, est incompatible avec l’élaboration d’une démocratie quelle qu’elle soit » .
Le 24 mars 2010, Sarkozy se lâche : « Trop longtemps nous avons supporté les atteintes à la laïcité, à l'égalité de l'homme et de la femme, les discriminations. Ce n'est plus supportable. Le voile intégral est contraire à la dignité de la femme. Le gouvernement déposera un projet de loi d'interdiction du voile».
13 juillet 2010, 335 députés votent la loi
Selon le Monde, «Le texte a été approuvé par toute la droite et 20 députés de gauche, dont Manuel Valls (PS) et André Gerin (PCF). La quasi-totalité de l'opposition (PS, PCF et Verts), tout en étant résolument opposée au port du niqab et de la burqa, a refusé de prendre part au vote. Les quatre députés Verts n'ont pas voté contre le texte comme ils l'avaient annoncé, suivant les conseils de leur toute nouvelle collègue Anny Poursinoff qui a mis en avant le risque d'apparaître pro-burqa. Seul le villepiniste Daniel Garrigue a voté contre car, selon lui, "pour combattre un comportement extrémiste, on prend le risque de glisser vers une société totalitaire". D'autres proches de Dominique de Villepin ont refusé de participer au scrutin ».
Une guérilla législative s’abat contre de prétendues menaces musulmanes dénoncées au nom de la défense des femmes ou des enfants.
Le 25 octobre 2011, la sénatrice chevènementiste Françoise Laborde dépose un projet de loi po© jean-luc sillieres - Fotolia.com.jpgur interdire le port du voile dans les structures de la petite enfance. Le 17 janvier 2012, le Sénat adopte une proposition de loi pour interdire aux assistantes maternelles le port du foulard à l'intérieur même de leur domicile.
Le Front de Gauche ajoute sa pierre à l’entreprise de démolition. Assurant chasser « Toute ségrégation de genre ou communautaire de l’espace public », son programme veut interdire « le choix du sexe du médecin à l’hôpital public ». Droit élémentaire, ce libre choix est stigmatisé sous le prétexte fallacieux qu’il introduirait une ségrégation de genre !
Mercredi 2 mai 2012 à la veille de son élection contre un Sarkozy déjà battu, François Hollande, donnait des gages de continuité. Avec lui, aucune cantine scolaire ne servira de viande halal, aucune piscine municipale ne proposera des horaires différents pour hommes et pour femmes.
Comment en est-on arrivés là ?
La gauche, n’a pas de tradition anticolonialiste, antiraciste. Le fameux Programme du Conseil national de la Résistance sur lequel elle cale la résistance à l’entreprise de démolition sociale, civile et politique de la classe dominante se bornait à revendiquer « Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales ». Le 8 mai 1945, des Algériens ont manifesté leur espoir que les promesses du combat en commun contre le fascisme et le nazisme seraient tenues. A Guelma, à Setif, à Kherrata ils tombèrent par milliers sous les balles du nouveau régime … issu de la Résistance.
En finir avec Renan et sa conception raciste de la nation
Les clameurs de la politique française et les postures de ses stars évoquent la laïcité, la république, l’identité, la classe moyenne pillée et sa colère qui effraie. Bientôt, la cruelle vie quotidienne s’imposera à nouveau. Comment résister à l’austérité ? Comment, enfin, engager le combat contre le nationalisme et tordre le cou à l’analyse qu’a imposée Ernest Renan sans « commettre la plus grave des erreurs, (confondre) la race avec la nation et attribuer à des groupes ethnographiques ou plutôt linguistiques une souveraineté analogue à celle des peuples réellement existants » .
Aimé Césaire et son «Discours sur le colonialisme» (1955) dévoilent ce galimatias?
«Nous aspirons, non pas à l’égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire une loi.» Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe en pleine sauvagerie hurlante. Qui parle ? J’ai honte à le dire : c’est l’humaniste © Ivonne Wierink - Fotolia.com.pngoccidental, le philosophe «idéaliste». Qu’il s’appelle Renan c’est un hasard. Que ce soit tiré d’un livre intitulé : La Réforme intellectuelle et morale en dit long sur les mœurs bourgeoises.
«La régénération des races inférieures ou abâtardies par les races supérieures est dans l’ordre providentiel de l’humanité. (…) La nature a fait une race d’ouvriers, c’est la race chinoise, d’une dextérité de main merveilleuse sans presque aucun sentiment d’honneur ; gouvernez-la en prélevant d’elle un ample douaire au profit de la race conquérante, elle sera satisfaite ; une race de travailleurs de la terre, c’est le nègre ; soyez bon pour lui et humain, et tout sera dans l’ordre; une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. Réduisez cette noble race à travailler dans l’ergastule comme des nègres et des Chinois, elle se révolte. (…) Or, la vie qui révolte nos travailleurs rendrait heureux un Chinois, un fellah, êtres qui ne sont nullement militaires. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait, et tout ira bien.»
Karl Grünberg
ACOR SOS Racisme

Photo 1: Haykel

Illustration 2: © jean-luc sillieres - Fotolia.com

Illustration 3: © Ivonne Wierink - Fotolia.com

19:11 Écrit par Haykel dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : karl grünberg, nicolas srkosy, francois hollande, la droite, la gaucheracisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

L'islam n'est pas une race, mais une idéologie politique totalitaire. Que M. Grünberg se refuse à le reconnaître n'y changera rien. Son texte est un chef d'oeuvre d'amalgames tous azimuts. Il invoque Renan, il ne manque plus que d'appeler Nietzsche à la rescousse (un admirateur de Mahomet et de l'islam - par haine du christianisme, mais surtout aussi parce que l'islam est esclavagiste).

Une lecture utile sur l'islam en Europe :

http://blog.sami-aldeeb.com/

Écrit par : Johann | 16/05/2012

La controverse, cette forme du dialogue, appelle l'argument. Faute d'argument, Johann, mieux vaut ne pas s'y lancer. Présenter comme un "amalgame tous azimuts" une suite d'événements documentés avec précision, des fruits du racisme islamophobe, est faible. Pour exister, le racisme n'a, pas besoin de l'existence de prétendues races. Le philosophe Albert Memmi expliquait en 1964 que "le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression".
Le racisme stigmatise des groupes de personnes au moyen d'attributs péjoratifs pour justifier la discrimination qu'il leur inflige. Affirmer, par exemple, que l'islam est une idéologie politique totalitaire est bel et bien du racisme islamophobe.

Écrit par : Karl Grünberg | 16/05/2012

Discours connu. Discours convenu. Votre idéologie du "racisme" est réactionnaire. En reprenant votre définition du racisme, affirmer, par exemple, qu'"affirmer que l'islam est une idéologie politique totalitaire est bel et bien du racisme islamophobe" est du racisme islamophobophobe.

Toujours en partant de votre définition et de votre idéologie réactionnaire, affirmer que le nazisme est une idéologie politique totalitaire est bel et bien du racisme nazophobe. Etes-vous un raciste nazophobe?

A titre de rappel :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Racisme

Vous confondez ce que sont des êtres humains et qu'ils ne peuvent changer (cible du racisme) et ce qu'ils pensent et qu'ils peuvent changer. Ah, mais c'est vrai les musulmans ne peuvent pas quitter leur religion sans s'exposer à se faire tuer pour apostasie. Il s'agit bien d'une idéologie politique totalitaire qui se prétend supérieure à toutes les autres. Et Voltaire serait donc un raciste islamophobe. Et Nietzsche un raciste islamophile.

Vous faites du terrorisme idéologique contre tous ceux qui critiquent une idéologie. Reprenez donc votre définition du "racisme" et lisez le coran, informez vous ici par exemple sur l'islam réel :

http://blog.sami-aldeeb.com/

et vous constaterez - si vous êtes honnête - que l'idéologie de l'islam est viscéralement "raciste" : les soumis sont promis au paradis (valorisation) et tous les autres sont des menteurs ou des mécréants promis à l'enfer (dévalorisation).

Analysons :
"la valorisation, généralisée et définitive,"
généralisée : c'est écrit à travers tout le coran, il y a les soumis et les autres; définitive : c'est la parole de la divinité, donc définitevement intouchable selon les adorateurs de ce livre

"de différences réelles ou imaginaires,"
comme dit précédemment, il y a les soumis d'un côté et tous les autres de l'autre, ces autres qui sont qualifiés de menteurs ou de mécréants; cette différence est la colonne vertébrale du coran.

"au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression"
La guerre d'agression de l'islam a pour nom le djihad. Vous ne le saviez pas? L'islam considère la Suisse, par exemple, comme appartenant au dar-el-harb.

Selon votre définition, définitivement, l'islam est un "racisme". CQFD.
D'où vient donc votre complaisance pour un tel "racisme"?


Quant aux arguments, vous n'en présentez aucun. Juste une liste de décisions qui vous ont fâché. Amalgames : Sarkozy, FN, PCF, Front de Gauche, 8 mai 45, Hollande, etc. Et finalement invoquer Renan pour asseoir votre discours, c'est pour le moins ringard.

Écrit par : Johann | 16/05/2012

L'islamophobie est une forme de racisme. Elle n'est hélas évidemment pas la seule. Je m'en prends ici à l'islamophobie car elle est fréquente dans la France et la Suisse d'aujourd'hui et qu'elle s'est puissamment développée au moyen de slogans du type de ceux auquel vous recourez, Johann: l'islam serait une idéologie politique totalitaire qui menacerait la laïcité, etc.
Je vous reconnais le pouvoir de tenir vos propos. Je me limite à nommer leur signification. Et je serais terroriste ce faisant? Ha ha ha!
Vous me reprochez de citer Renan. Comme c'est curieux. Renan n'a-il pas donné cette définition raciste de la nation qui justifie la colonisation? Sa définition est largement reconnue et cet aveuglement ne contribuerait-il pas à expliquer la facilité avec laquelle se répand l'islamophobie? Cette acceptation du colonialisme ne contribuerait-elle pas à expliquer que le Programme du Conseil national de la Résistance, dont les progressistes continuent de se réclamer, ne l'ait pas non plus refusé?

Écrit par : Karl Grünberg | 21/05/2012

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